Libres !, d’Ovidie et Diglee, tenir pépère par la bite

Le sous-titre du livre, découvert en écoutant Pop pop pop d’Antoine de Caunes sur France Inter, c’est « Manifeste pour s’affranchir des diktats sexuels ».
En 15 chapitres, Ovidie examine quinze comportements sexuels auxquels les femmes sont invitées à se soumettre : épilation intégrale, fellation, sodomie, … Ce qu’elle dénonce, ce ne sont pas les comportements sexuels en tant que tels, c’est qu’ils soient aujourd’hui devenus des diktats, des injonctions, des pratiques obligatoires pour être une femme, une amante performante. Et elle invite les femmes à se poser la question de leur consentement, de leur désir, et de leur soumission.
J’ai aimé l’écriture simple, argumentée, directe, drôle, vivante.
J’ai bien aimé aussi les planches de BD et les illustrations de Diglee, légères et marrantes.
J’appris ce qu’est le S.I.F., dont aucune profession libérale rencontrée jusqu’à présent ne m’avait parlé.
Mais ce que j’ai surtout apprécié, c’est l’esprit d’ouverture d’Ovidie, sa simplicité, sa tolérance, sa révolte.
J’ai laissé traîner le livre sur la table basse du salon.

 

Blade runner 2049, de Denis Villeneuve, kind of boring

L’histoire se passe 20 ou 30 ans après la première histoire nous apprend un texte introductif. Il y a eu une catastrophe éco-nucleo-planétaire. Il y a toujours des répliquants. Des anciens qui se sont rebellés et qui sont traqués. Et des nouveaux, dociles, dont les blade runners chargés de « retirer » les rebelles. Au cours d’une mission d’élimination d’un Nexus 8, un blade runner – notre héros, l’officier K – fait une découverte propre à bouleverser l’équilibre fragile de la société. Le film est lancé.

Qu’est ce que j’ai aimé ?
D’abord la bande son, assez extraordinaire, impressionnante, grinçante parfois, qui affirme le caractère oppressant de l’environnement dévasté.
Et aussi les décors, magnifiques, radicaux, sauf peut-être les locaux de la Wallace Corporation que j’ai trouvé quelque peu bon marché.
Les acteurs, solides, surtout Ryan Gosling et Ana de Armas.
Certaines des trouvailles du film et beaucoup de très jolies scènes : K et sa compagne avatar, les scènes entre ces deux là, les figures géantes publicitaires, la survie d’une célèbre marque française, ….
La question que le film travaille : Qu’est ce qui fait « âme » chez une créature ?

Pourquoi je me suis ennuyé au final ?
Je pense que c’est du à la lente accumulation d’invraisemblances et de facilités dans le récit. A toutes ces choses, petites ou grandes, qu’il faut admettre pour continuer à y croire. Chez moi ça fait hysteresis. C’est à dire que passé un certain point je décroche, et qu’il en faudrait alors des tonnes pour me faire raccrocher.
Et puis je suis sorti du Trianon avec l’impression que le sujet – que j’aurais du mal à définir – n’avait pas été traité, comme si les concepteurs du film avaient voulu en donner à tout le monde.

Dommage, dommage.

Bon, tout est réuni pour une suite. Non ?

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A ne pas regarder si vous êtes seul chez vous ou si avez peur du noir

Voici un premier film saisissant :

Et un autre encore plus saisissant :

 

C’est fou ce qu’on peut faire peur avec un film quand on est doué (et qu’on a aussi un fond de sadisme pour le spectateur)  !

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Je vous salue, de Sarah Valente, c’était dans l’air

En regardant le travail d’un chef-opérateur – Nicolas Blusson -, je tombe sur ce court métrage mis en ligne il y a un an à peu près. Il y a un an !

C’est bien raconté, bien filmé, bien joué. C’est pile poil dans l’air du temps si on peut résumer ça à ça. Mais on ne le peut pas. « agression sexuelle » fait maintenant partie de mes tags. Sarah Valente, à suivre.

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The square, de Ruben Östlund, civilisation

Christian est le conservateur d’un important musée d’art contemporain en Suède. Il prépare une nouvelle et importante exposition intitulée « The square ». Dans une Suède hantée par la pauvreté, l’exposition traite de questions fondamentales comme ce qu’est l’humanité, la compassion, l’indifférence aux autres. Un couple de pickpocket va faire dérailler sa carrière.

Comme je l’ai compris, The square met en lumière les contradictions d’une élite cool et branchée, à savoir les organisateurs de la culture, la bourgeoisie fortunée qui finance ces activités et jouit des animations privilégiées dont elle bénéficie en retour, et aussi leurs serviteurs divers et variés comme le petit personnel, l’agence de com et ses créatifs, etc. Christian est le véhicule de ces contradictions. Quand le monde réel vient contredire ses déclarations d’intention, son égoïsme et son indifférence aux autres prennent le dessus sur les principes qu’il affiche.

C’est intéressant, drôle pendant une heure, ça s’essouffle doucement avec beaucoup de pistes inabouties. Le monde réel reste pas mal hors champ. Il m’a semblé qu’une Palme d’or devrait susciter plus d’émotion que ce film ne le fait. Mais peut-être que le jury cannois a été atteint du syndrome de « la confiture aux oreilles de truies confites » (voir Astérix chez les Helvètes). C’est à dire qu’ils en ont tellement vus, tellement entendus, qu’il leur faut un film iconoclaste pour obtenir d’eux un peu d’intérêt.

Bon, j’ai vu la Palme d’or.

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Mindhunter, de David Fincher, intéressant

Fin des années 70 aux Etats-Unis. Un jeune agent du FBI, Holden Ford, est amené à s’intéresser à la psychologie de certains criminels. Il fait bientôt équipe avec un agent plus expérimenté, Bill Tench, et l’entraîne dans cette nouvelle direction. A l’insu de leur hiérarchie, ils vont interviewer un homme condamné pour plusieurs crimes à caractère sexuel. « Comment attraper les fous si on ne sait pas comment pensent les fous ? » diront-ils pour leur défense. Ils seront rejoints par le Dr Carr, universitaire criminologue, rigoureuse et pénétrante.

Ce qui est très intéressant dans cette série c’est de voir se construire de manière pratique, et parfois douloureuse, une nouvelle approche en matière de criminologie. A l’époque, le concept de tueurs en série n’existait pas, et ils vont l’inventer.

L’histoire avance sur un rythme assez lent. S’y mêlent leur apprentissage, forcément lent, leurs difficultés, leurs découvertes conceptuelles et pratiques, les quelques enquêtes auxquelles ils participent. Les couleurs sont sombres, un peu grisâtres, un peu beige. Les crimes sexuels, c’est pas la joie nous rappelle ainsi le réalisateur alors que le rôle de là mère dans l’apparition des déviances meurtrières hante les premiers épisodes.

Jonathan Groff un peu doucereux je trouve, Holt McCallany apporte une maturité virile en contrepoint, et Anna Torv ne se laisse pas marcher sur les pieds.

A voir sur Netflix.

PS : Je n’aime pas du tout le générique dont le montage façon « images subliminales » m’agresse.

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La frontière introuvable, d’Olivier Ravoire principalement, vue de haut

© CG92/Olivier Ravoire

Dans le parc de Sceaux, l’allée qui va de l’Orangerie à l’esplanade du château accueille régulièrement des expositions photos, sous l’égide du département des Hauts de Seine, le parc relevant du département et non de la ville.

En ce moment s’y trouve une exposition intitulée Hauts de Seine/Yvelines, la frontière introuvable. Une vingtaine de photos explorent la manière dont les deux départements se jouxtent, s’entremêlent, se prolongent, se confondent.

Pour la plupart, il s’agit de vues aériennes, piquées ou plus rasantes. C’est à la fois informatif, saisissant et très beau. On a immédiatement envie de prendre sa voiture pour aller explorer quelques boucles de la Seine dont on ne savait rien. On est surpris de découvrir autant de champs cultivés à vol d’oiseau des tours de La Défense. Et on découvre que certaines photos tiennent par un détail infime : la silhouette d’un oiseau par exemple.

J’aurais bien aimé faire la visite avec Olivier Ravoire qui signe la quasi totalité des photos. Pour avoir des explications. Pour lui demander à quelle hauteur il travaille. Pour connaître l’heure des prises de vues, comprendre pourquoi il se met en contre jour, etc. Bref dire mon admiration au photographe et prendre un cours de photo aérienne au sol.

A voir jusqu’au 14 décembre 2017.

PS : Cher responsable de tout ceci au département, si tu lis ce billet, et si un jour un vernissage est organisé, peux-tu m’inviter s’il te plaît ? Mille mercis.

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Picasso devant la nature, dans le château du parc de Sceaux, approfondissement

Je cite le site my.hauts-de-seine.fr qui résume bien les choses :

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En 1932, Picasso déclare au sujet de la nature :

Ce n’est pas d’après elle que je travaille, mais devant elle, avec elle.

Avec environ quatre-vingt œuvres issues des collections du musée national Picasso-Paris (dessins, estampes et documents d’archives de toutes les périodes) l’exposition propose de démontrer que la nature est un puissant ferment de l’imaginaire et de la création de Picasso et non un simple décor secondaire.

Invitant les visiteurs à découvrir cet aspect rarement évoqué de l’œuvre de Picasso, le parcours de visite s’articule autour de quatre grandes thématiques :

  • la représentation de la nature dans son œuvre ;
  • l’utilisation d’éléments naturels dans ses réalisations ;
  • l’illustration d’un grand ouvrage scientifique sur la nature, L’Histoire naturelle de Buffon ;
  • la place de la femme-fleur dans la production artistique de Picasso.

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Au début de l’exposition, 3 photos en noir et blanc de petits villages espagnols prises au début du 20ème siècle, sauf erreur. On les sent écrasés de soleil, on devine la nature aride, semi-désertique, on imagine la simplicité, la dureté de la vie. On voit les lignes, les angles, les façades et les toits comme autant de parallélogrammes gris. Et puis on se tourne vers les premiers tableaux cubistes de Picasso. Correspondance frappante. Qui a inspiré quoi ? Les photos les tableaux, ou les tableaux les photos ? La question fait débat chez les historiens de l’art. Pour moi, difficile pourtant de ne pas pencher pour la photo influençant la peinture, le réel le partage du réel.

Très jolie exposition qui trouve sa place dans le décor du château du Parc de Sceaux, et ça aussi c’est une prouesse. Jusqu’au 31 décembre 2017.

PS : Pour les parisiens, une station d’Autolib à 10 minutes à pied du château, et à partir des gares du RER B (Sceaux ou parc de Sceaux), marcher 15 minutes.

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Le sens de la fête, de Toledano et Nakache, marrant

Max, la soixantaine, est dans l’évènementiel, les mariages. La journée commence mal avec des clients rapiats qu’il envoie sur les roses. Puis on le suit tout le long du mariage de Pierre et d’Héléna, qui va avoir lieu dans un château 17ème où ses équipes s’installent.

C’est très marrant. Bien observé. Un peu méchant mais pas trop. Les comédiens sont très bons. Jean-Pierre Bacri fascinant. Jean-Paul Rouve costaud. Eye Haidara que je découvre. L’histoire se déroule comme une mécanique bien huilée où tous les éléments prennent leur place au bon moment.

Alors pourquoi ce sentiment que c’est marrant sans plus ? Et moins touchant que Nos jours heureux pour comparer avec un film précédent des deux mêmes ?

Je ne sais pas trop. Trop bien huilé ? Pas assez profond ? Trop rapide ? Trop de péripéties et pas assez d’histoire ? Pas assez d’enjeux pour Max qui dit jouer sa vie, mais ça en fait on ne le voit pas vraiment tant il est désabusé ? Va savoir docteur.

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Otez-moi d’un doute, de Carine Tardieu, ADN

Erwan, dont la fille attend un enfant et refuse d’en rechercher le père, découvre un jour que son père – Bastien – n’est pas son père biologique. Une détective le retrouve. « Il est vivant, s’appelle Joseph, et habite à 20 kilomètres de là » lui explique-t-elle. Erwan prend sa voiture.

Ce qui est frappant dans ce film, très drôle, c’est la stature et la subtilité des comédiens, François Damiens en tête, dont j’avais à l’esprit une figure plutôt loufoque. On est loin de ça. André Wilms campe un Joseph étonnant. Guy Marchand un vieux singe émouvant. Et Cécile de France est d’une justesse et d’un charme à tomber.

J’ai trouvé quand même qu’il y avait une facilité de scénario, entre le lancement de la piste initiale, et son infléchissement au bout d’une heure et demi au détour d’une réplique. Autre facilité, la scène de la nacelle, sortie un peu de nulle part, histoire de faire avancer l’histoire. Dommage. On s’amusait bien de cet entrelacis générationnel.

La veille j’avais entendu Guillaume Canet indiquer qu’à son sens les scénarios des films français n’étaient pas assez travaillés. C’est peut-être ce qui manque à Otez-moi d’un doute pour monter quelques marches dans le panthéon du cinéma. Mais se regarde avec grand plaisir quand même !

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