Archives mensuelles : avril 2015

Daredevil, la série, premier épisode très réussi

Gamin je lisais Pif Gadget, puis jeune ado la BD Marvel avec Hulk, Spiderman, les 4 fantastiques, X-men et aussi Daredevil.

Daredevil, le film fut une déception. Mais le premier épisode de la nouvelle série sur Netflix donne envie de voir ceux qui suivent. Le plus surprenant ce sont les combats très sombres et très longs, où l’utilisation des sens hyperdéveloppés du héros sont parfaitement rendus. On sent aussi que le personnage est très très fêlé, et que les méchants sont très très méchants, c’est exactement ce dont on raffole.

Enfin, pour les amateurs de graphisme animé, beau générique où les décors rouge sang se construisent du haut vers le bas en dégoulinant. Un peu beurk mais beau quand même.

Vivement les prochaines vacances pour trouver le temps de goûter à l’ensemble !

Ps : je me rends compte que je vais devoir ajouter une autre catégorie/rubrique. Comment l’appeler ? Séries TV ? Web séries ? Séries tout court ? Please help.

Cadres noirs, de Pierre Lemaitre, serrage de couilles et craquements de doigts

cadresnoirs

Terrible roman noir qui raconte l’histoire d’Alain Delambre, 57 ans, DRH au chômage depuis 4 ans, qui accepte de participer à une vraie-fausse prise d’otages destinée à évaluer des cadres supérieurs, comédie qui sert aussi à le tester lui en vue d’un éventuel recrutement.

Descente aux enfers morale et financière d’un homme prêt à tout, dans une première partie oppressante, presque suffocante. La suite, je ne la raconte pas.

Critique féroce de la férocité d’un certain management, où les gens sont vus « par les yeux du tableur ». On en croise parfois de ces managers qui semblent n’être là que parce qu’ils ont tué tous les autres.

A ne pas lire si votre dernier entretien d’évaluation s’est mal passé … ou alors au contraire !

Que lire d’autre de Pierre Lemaitre ?

Facebooktwittergoogle_plusredditpinterestlinkedinmailby feather

Citizenfour, de Laura Poitras, Oscar du meilleur documentaire, wake up !

citizenfour

Avant, c’était comme dans les (vieux) films d’espionnage. Les gouvernements faisaient du renseignement ciblé avec des méthodes plus ou moins limites. C’était l’essence des choses.

Aujourd’hui, le gouvernement américain via la NSA (et d’autres) écoute, enregistre tout le monde et tout : les sites internets visités, les achats en ligne, les requêtes sur des moteurs de recherche, les likes, les posts, les partages sur les réseaux sociaux, …, partout dans le monde. Non seulement les métadonnées, c’est à dire qui tu appelles, combien de temps tu parles, où tu étais quand tu as téléphoné, … (et qui en disent très long sur ta vie), mais aussi de plus en plus le contenu des choses. Et puis, si d’aventures tu es impliqué dans une activité criminelle ou terroriste, on revient en arrière pour tout savoir tout de toi, et on te surveille en temps réel.

Avant, cet espionnage sans équivalent dans l’histoire humaine était fait au nom de la lutte contre le terrorisme post 11 septembre.

Aujourd’hui, c’est fait surtout pour la promotion des intérêts américains et la répression de tous ceux qui dénoncent ces abus de pouvoir gouvernementaux.

C’est le sujet de ce documentaire, centré autour des quelques jours où Edward Snowden fait ses révélations, grâce à des journalistes, et se met en pleine lumière. Passionnant. Terrifiant aussi. Vous ne regarderez plus vos appareils électroniques de la même façon. A voir. Et ce d’autant plus au moment où le gouvernement français, toujours au nom de la lutte contre le terrorisme, veut faire une chose semblable en France.

Le film pose plein de questions, j’en retiens deux :

Quand il n’y a plus de vie privée, il y a-t-il encore de la liberté et ne nous sommes pas déjà rentré dans un monde d’autocensure sourde, donc une sorte de dictature ?

Qui sont les vrais patriotes, ceux qui dénoncent les abus de pouvoir gouvernementaux, ou ceux qui gouvernent en violant les lois et la constitution ?

J’en rajoute une : si Hitler avait disposé d’un tel outil d’espionnage massif, combien de temps aurait-il mis à liquider tous les juifs d’Europe, et tous ceux qui auraient voulu les aider, et tous ceux qui leur devaient de l’argent, … une semaine, deux semaines ?

Allez voir ce film. Mais ne payez pas votre ticket avec votre carte bleue, n’en parlez ni sur internet ni au téléphone, et ne likez pas cet article !

Facebooktwittergoogle_plusredditpinterestlinkedinmailby feather

 

Portugal, de Cyril Pedrosa, très, très beau livre de BD

Portugal portugal-7

Il y a des livres qu’on vous offre et que l’on ouvre bien plus tard. Par hasard ou le moment venu. Quand c’est mûr, quand on est prêt à entendre ou à goûter ce que ces livres ont à vous dire. Un graphiste français part assister à un festival de BD au Portugal. Là il croise l’écho de son enfance. Il va décider de remonter aux origines de sa famille. Il lui manquait quelque chose pour être entier. Pour connaître le vrai désir de vivre.

Récit émouvant et juste, où rien n’est téléphoné. Très beau travail graphique, sur la couleur, les couleurs, du jour et de la nuit, du matin, des sentiments. Très beau travail sur les superpositions. Très beau découpage aussi, d’une telle fluidité qu’on se croirait dans un film. (pas dans tous les films, suivez-mon regard). A lire, et pas que par les amateurs de BD. Je pars à la découverte de l’oeuvre de Pedrosa, c’est décidé !

Facebooktwittergoogle_plusredditpinterestlinkedinmailby feather

Palestine, de Joe Sacco, une bonne découverte, à lire

Palestine3

Palestine, de Joe Sacco, est un livre de « BD-journalisme » à la première personne. Ce journaliste américain a passé deux mois et demi à l’hiver 1991 dans les Territoires occupés. Il a rencontré des palestiniens, recueilli nombre de témoignages, pris des notes et des photos, et transformé toute cette matière en un récit de bande dessinée avec une forme narrative et visuelle très intéressante.

Je savais, je croyais connaître, la dureté de la vie dans les territoires occupés. J’avais tort. J’ai découvert de nouveaux endroits intéressants sur terre comme Ansar III, et de chouettes concepts comme « la pression modérée ». Ce que Joe Sacco décrit dépasse tout ce que j’avais imaginé. Dans la dernière partie du livre, il témoigne aussi de la manière dont le caractère insupportable de la situation est refoulé par ses connaissances israéliennes. Tout ça les fatigue.

C’était en 1991. Est-ce que la situation s’est améliorée ? Je ne suis pas un fin connaisseur du Proche-Orient, mais tout porte à croire que non. Livre à lire et à recommander.

Journal d’une femme de chambre, de Benoît Jacquot

Premiere-affiche-intrigante-du-Journal-d-une-femme-de-chambre-avec-Lea-Seydoux_portrait_w532

Nouvelle adaptation du célèbre roman d’Octave Mirbeau publié en 1900, et plusieurs fois porté à l’écran et à la scène. En dépit de la force potentielle du sujet (la violence des rapports de classe fin 19ème, début 20ème; la domesticité comme une forme d’esclavage, la cruauté faite aux femmes, la passion et le désir, …), et du talent des deux interprètes principaux (Léa Seydoux et Vincent Lindon), je me suis laissé gagner par l’ennui. Pourquoi cet ennui ? Parce que chaque fois que j’ai voulu me laisser emporter par le film, quelque chose dans le film est venu s’opposer à cet abandon et me maintenait à distance : la manière de montrer les choses, des moments de jeu approximatif, une déconnexion avec Célestine, ….

Selma, d’Ava DuVernay, la lutte des noirs pour le vote

selma-page-ok

Récit du combat politique mené par Martin Luther King pour convaincre le président Johnson, tout occupé par le Vietnam et ne voulant pas se faire contraindre, de passer une loi supprimant tous les freins au vote des noirs. La non-violence comme fer de lance de la communication politique. Toujours intéressant. Souvent émouvant. Le film montre les hésitations et les moments de faiblesse de King. Il montre aussi le caractère foncièrement brutal et criminel du racisme et de la ségrégation. Et nous, ici, je me demandais au cours de la projection, que faisons-nous pour résoudre nos problèmes ? A voir aussi alors que les taux d’abstention continuent à battre des records.

Facebooktwittergoogle_plusredditpinterestlinkedinmailby feather

 

Big eyes, de Tim Burton

bigeyes

En allant voir Big eyes, dont j’avais vu la bande annonce maintes fois, me revenait par bribes le film d’Orson Wells Vérités et mensonges. Et je me demandais ce que Tim Burton allait faire de cette histoire de peinture et d’imposture. Au final, une comédie amusante qui repose sur les deux comédiens, et surtout sur l’abattage de Christoph Waltz qui, comment dire, devrait prendre garde à ne pas finir à ressembler à lui-même.

La mégère apprivoisée, adaptée par Mélanie Leray, aux Gémeaux

photo_lamegereapprivoisee_christianberthelot-2carrousel © Christian Berthelot

Transposée dans un univers kitch (60-70 ?) avec chant, caméras sur le plateau, en coulisse et dans les cintres avec retransmission géante en fond de scène, un peu de nudité, pas mal de work-out des comédiens, la mégère qui gueule plus qu’elle ne parle, …. Pour résumer, c’est très bien … et légèrement ennuyeux. Donc, the question is : pourquoi tant de talents et d’invention finissent-ils par créer de l’ennui ? Je propose : parce qu’ils finissent par prendre le pas sur l’histoire qui ne nous parvient plus. A débattre.

Birdman, j’ai pas tout compris et c’est bon

birdman

Aux nez du Revizor succède le nez de Keaton, voire le bec …
Une icône du cinéma tente un retour théâtral pour retrouver quelque chose de lui. Il est très très fêlé et schizophrène…et les pistes se brouillent. Récit par une succession de plans séquences ce qui oppresse un peu et envoûte beaucoup. Forcément, je me suis amusé à repérer les coutures. Pourquoi aller voir Birdman ? Parce que c’est surprenant, émouvant, très bien joué, … et que bien sûr je n’ai pas tout compris et que c’est bon.