Archives mensuelles : avril 2015

Le révizor, mise en scène Paula Giusti

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Vu au Théâtre des sources. Mise en scène et comédiens virtuoses au service d’une histoire dont je me suis senti un peu éloigné. Le matin, atelier avec Paula Giusti qui nous initie au travail avec un faux nez, proche du masque.

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Les armoires normandes, par Les chiens de Navarre, à voir !

Les illusions et les faux-semblants du couple. Théâtre déjanté, gracieux, inventif et hilarant. Choral et précis. Où le naturel des comédiens chasse l’outrance, l’excès et même l’audace. Remplacés sur le champ par de l’évidence et du rire. Joue encore quelques jours, si vous pouvez, s’il reste des places, allez-y ! Et pour savoir où ça se rejouera un jour. Merci à Patrick de me l’avoir signalé.

Temps glaciaires, de Fred Vargas, de l’Islande à Robespierre

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Une nouvelle enquête du commissaire Adamsberg par Fred Vargas. Par curiosité et gourmandise. Pour celles et ceux qui ne connaissent pas Vargas et qui aiment les polars, commencez par Ceux qui vont mourir te saluent, et suivez la piste. Pour les autres, les mêmes ingrédients pour une nouvelle et bonne recette, qui vous emmène de l’Islande à Robespierre, en passant par “Le Creux” et ses pommes de terre paillasson. Décidément, Vargas aime les enquêtes bien faites, et n’est pas du côté du manche. Ah, une citation de Robespierre glanée dans le livre, food for thoughts en ces temps de big brother envahissant : “Je dis que quiconque tremble en ce moment est coupable; car jamais l’innocence ne redoute la surveillance publique”.

L’enquête, de Vincent Garenq, bien faite

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Fiction quasi documentaire et adroite sur le travail du journaliste Denis Robert à propos de Clearstream. Où il est question de comptes dissimulés, de comptes jumelés, de transactions effacées,…. Si vous avez envie de vous rafraîchir la mémoire et de rassembler les pièces d’un puzzle passablement embrouillé, allez-y. Pour une fois que le cinéma français traite d’un sujet politico/économique contemporain !

Inherent vice, de Paul Thomas Anderson, déception

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La bande-annonce, avec sa promesse d’un film déjanté et palpitant, Joaquin Phoenix que j’avais aimé dans The Yards, Gladiator, Signs et Her, et le souvenir de “films de détective” comme Le grand sommeil, Le privé ou même Chinatown, m’avaient donné envie de voir Inherent vice, et je me promettais une séance du tonnerre. Hélas ! De rythme point. Mais des péripéties. Des scènes de parlotte pour tenter de relancer l’histoire. Une voix-off fastidieuse. Une scène d’action pour le moins bâclée. De surprenant, le film est, en dépit des acteurs qui font le boulot, devenu amusant, puis pittoresque, puis lassant, puis ennuyeux. Enfin, après 2h30, et 2149 joints, le générique de fin n’est pas une délivrance mais un peu quand même. Bon, je l’ai vu, je peux en parler.

American sniper, êtes-vous un loup, un mouton ou un chien de berger ?

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Portrait psychologique d’un tireur d’élite chargé de protéger les soldats américains des attaques des insurgés irakiens, hommes, femmes et enfants. Terriblement tourmenté par l’idée d’abandonner ses camarades en Irak, chaque retour au pays auprès de sa famille lui est plus difficile.

Ce héros, c’est pour moi une nouvelle forme de l’inspecteur Harry lequel lutte violemment contre les loups pour protéger les moutons. Mais cette fois-ci sans la crispation des mâchoires ni l’opprobre de ses concitoyens. J’y ai vu plus une nouvelle dénonciation par Eastwood de l’indifférence ( à la guerre, à ses causes, à ses conséquences, au sort de ceux qui la font ou la subissent ) qu’une apologie de la guerre où “si tu hésites, tu meurs”. Le paradoxe étant que moins tu meurs, plus ça tue. A voir pas que pour les fans de Clint.

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Les merveilles, d’Alice Rohrwacher, joli et inattendu

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Film inattendu dans une campagne italienne très reculée. Beau portrait d’une famille que le père, apiculteur, une sorte de radical (de gauche) égocentrique, psycho-rigide et tyrannique cherche à isoler du monde et de ses compromissions. La fille aînée a très envie de prendre un peu l’air et l’occasion se présente avec le tournage dans la région d’une émission de télé-réalité (assez misérable, il faut bien le dire). Très jolis rapports de l’aînée avec sa cadette. Très belle apparition de Monica Belluci. Pas le Grand Prix de Cannes pour rien.

Edge of tomorrow, bien joué !

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Ils m’avaient dit : “si tu as aimé Un jour sans fin et Starship Troopers (et aussi Le jour le plus long), alors tu aimeras Edge of tomorrow“, et ils avaient raison. Et ça pourrait bien s’appliquer à vous.

The cut, de Fatih Akin, bouleversant

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1915, débute le génocide arménien. 1918, un forgeron rescapé des travaux forcés et des massacres part à la recherche de ses deux filles, toujours vivantes lui a-t-on dit. Il ira beaucoup plus loin qu’il ne l’avait imaginé. Magnifique, émouvant. Une des rares représentations au cinéma du génocide arménien, abîme de cruautés. L’absolue détermination d’un père. L’idée que la barbarie n’est jamais très loin, et en annonce toujours d’autres, quelle que soit la longitude. L’idée aussi que partout peuvent se trouver des justes. J’y suis allé sans trop savoir, j’en suis sorti bouleversé.