Archives mensuelles : juillet 2015

Sorcerer, le convoi de la peur, de William Friedkin, action et aventures

Sorcerer - poster

Sorcerer, Le convoi de la peur en français, de William Friedkin, date de 1977, ressort en salles à Paris ces jours-ci. Inspiré du roman Le salaire de la peur dont fût tiré le film éponyme de Clouzot.

Dans un pays d’Amérique latine indéterminé, où règne un dictateur, et où une compagnie pétrolière américaine est à l’oeuvre sans trop d’états d’âme, trois hommes en fuite (un financier français, un truand américain et un palestinien poseur de bombes) survivent en travaillant à l’extraction pétrolière. Pour éteindre un puits en feu, des explosifs instables doivent être convoyés par camion sur près de 300 km à travers la jungle. Une forte récompense est promise aux chauffeurs. Y voyant une occasion inespérée, les trois sont volontaires. Qui en réchappera se demande le spectateur ?

Très bon film d’action, très prenant, très spectaculaire avec une belle photo. On se demande si le danger n’était pas aussi au tournage. Bruno Crémer proche de son meilleur ainsi que Roy Scheider. En 1977, le film devait certainement faire controverse pour sa description sans fard de la violence américano-pétrolo-latine. Si vous aimez les films d’aventures, avec de l’action, avec des héros qui s’en prennent plein la gueule, et traversés par un pessimisme certain, allez voir Sorcerer.

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My old lady, d’Israël Horowitz, family thing

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Le new-yorkais Jim arrive à Paris après la mort de son père. Il pense hériter d’un appartement. Il se découvre acheteur d’un viager, 400 peut-être 500 m2 dans le Marais avec un jardin de la même taille. Mathilde a 92 ans et est en pleine forme. Elle vit avec sa fille, vieille fille. Jim est fauché et ne pourra pas assurer la rente.

Le film commence comme une comédie, vire au drame, et revient à la comédie, alors que des affaires de famille se dévoilent, s’embrouillent et se débrouillent. C’est surtout les dialogues qui font le charme du film. C’est normal, il est adapté d’une pièce de théâtre. Savoureux Kevin Kline. Savoureuse Maggie Smith. Drôle mais à la limite du cas d’école. A voir.

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M.A.S.H., de Robert Altman, érosion

MASH

M.A.S.H. se passe en Corée pendant la guerre de Corée, dans un hôpital de campagne (Mobile Army Surgical Hospital ) non loin du front. Des hélicoptères apportent par vagues des blessés. Deux chirurgiens appelés, bientôt rejoints par un troisième, viennent ajouter à la décadence des lieux : ils draguent les infirmières, ils baisent, ils boivent, ils jouent au golf, ils imaginent des blagues de potaches, et ne manquent pas une occasion de manifester leur mépris pour la chose militaire, tout à fait certains que l’armée ne voudra pas se passer de leurs talents chirurgicaux, tellement les besoins sont immenses.

En 1970, le film met en lumière le talent de jeunes acteurs tels Donald Sutherland, Robert Duvall (vite sorti de l’histoire) ou encore Elliot Gould. En pleine guerre du Vietnam, cette comédie satirique sidère et enthousiasme par son sujet, sa liberté de ton, de moeurs, de réalisation, et aussi par son humour corrosif. Palme d’or à Cannes.

Ado, je l’avais vu au lycée avec ma classe. Le film m’avait fait forte impression. 45 ans plus tard, je me suis légèrement ennuyé. Pourquoi ? Parce que je suis devenu con, réac et coincé ? Non papa, me disent les enfants, braves petits ! Plutôt parce que le film n’est pas porté par une histoire. C’est une série de péripéties qui aujourd’hui paraissent moins audacieuses. La satire n’est pas aussi forte. Et l’intérêt s’érode progressivement. Même si certaines scènes sont toujours aussi fascinantes comme le suicide du dentiste. Curiosité satisfaite.

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Inside out, Vice versa en français, de Pete Docter, délicieux

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Le titre anglais Inside out présente le sujet du film, et le titre français Vice versa se rapporte plutôt à son message.

L’action se passe dans le cerveau d’une petite fille où les cinq émotions de base se conjuguent pour l’accompagner et la guider dans son développement. Joie mène la danse mais quand Joie et Tristesse se perdent, la situation déraille. Ca, c’est le sujet.

Une vraie histoire. Des trouvailles délicieuses. Un graphisme inventif et sans esbroufe. Un appel à ce qui reste en nous de l’enfant que nous étions. De l’émotion surtout quand Joie et Tristesse découvrent qu’elles se complètent, s’aident, s’épaulent.  Ca, c’est le message.

Très très joli film. Stimulant. Encourageant. A voir. Et pas que par les petites filles, jeunes, grandes, cinquantenaires, ou carrément vieilles.

Rappel pour les scénaristes qui visiteraient ces lieux : Les 22 règles de Pixar pour raconter une histoire

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Une seconde mère, d’Anna Muylaert, tendre, subversif et subtil

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Val est, comme on dit aujourd’hui, employée de maison. Elle travaille depuis très longtemps pour une famille aisée – bourgeoise disait-on –  de Sao Paulo. On comprend qu’elle est pour Fabinho le fils unique une seconde mère. Il y a entre eux une grande tendresse. Val fait son travail avec dévouement et fierté, ce qui n’empêche pas la lucidité : « S’ils te proposent quelque chose qui est à eux, refuse, car c’est par politesse, ils ne s’attendent pas à ce que tu acceptes ». Ces « ils » ce sont ses patrons, Monsieur Carlos et Madame Barbara. Arrive Jessica, la fille de Val, qu’elle n’a pas pu, pas voulu, élever. Monsieur Carlos et Madame Barbara ont accepté de l’héberger quelques jours. Jessica vient à Sao Paulo passer un examen pour la fac d’architecture. Comme Fabinho.

Cette proximité intellectuelle fait que Jessica commence par être traitée comme une invitée, comme une égale. Ce qui place sa mère en porte-à-faux. Mais les faux semblants vont bientôt être difficiles à supporter, et les choses vont se dérégler dans cette famille où tout allait de soi. De leur côté, Val et Jessica ont aussi un compte à régler.

Regina Casé joue Val et est tout à fait extraordinaire. Camila Márdila joue Jessica avec une grande justesse. Et Karine Teles incarne une bourgeoise dont le « bien dans sa peau » est un vernis qui ne demande qu’à s’écailler; le désir d’humilier et de rabaisser n’étant jamais très loin. Une seconde mère, c’est plus qu’un joli film. C’est plus qu’un film tendre. C’est un film subversif et subtil. A voir.

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Fist of legend, de Gordon Chan avec Jet Li, mieux vaut tard que jamais

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En 1972 sort La fureur de vaincre. J’ai 11 ans et dans mon milieu familial et scolaire, Bruce Lee et les films de karaté appartiennent à un sous-genre à dédaigner et que l’on ignore.

En 1994 sort Fist of legend, remake de La fureur de vaincre. Je suis alors majeur et vacciné et je n’ai aujourd’hui aucun souvenir de ce film. Erreur !

Fist of legend se déroule en 1937 en Chine. Le pays est la proie des grandes puissances, et en partie occupé par le Japon. C’est l’histoire d’un étudiant chinois (Jet Li) qui revient du Japon à l’annonce de la mort de son maître de kung-fu sur laquelle il va enquêter. Le film dénonce le militarisme, le colonialisme, le chauvinisme. C’est aussi un appel à la tolérance, et à la résistance. L’histoire se tient. De très bons et beaux combats, assez brutaux, et assez naturels, quoique très spectaculaires. En particulier l’affrontement devant le tombeau du maître. Jet Li est déjà aussi bon comédien qu’expert en art martiaux. Certains aficcionados disent même que Fist of legend est le meilleur film de kung-fu à ce jour !

Film vu sur Arte hier soir. Mieux vaut tard que jamais.

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Les minions, de Pierre Coffin et Kyle Balda, tournent en rond

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Alléché par le buzz et aussi par des propos louangeurs entendus au Masque et la plume, je suis allé voir Les minions.

Mais après 20 minutes et quelques rires, les prouesses d’animation n’ont pu pallier au manque criant d’une histoire qui tienne la route, qui intéresse, qui séduise, qui surprenne, qui emporte, …. L’originalité des personnages est inversement proportionnelle à celle de l’histoire. L’ennui au bout du ticket de cinéma (fois quatre). Et des attaché(e)s de presse méritant(e)s.

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Spy, de Paul Feig, fun !

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Film d’espions déconnatoire et très marrant. Je devrais plutôt dire film d’espionne car l’histoire est centrée sur une analyste de la CIA qui devient agente de terrain, après la mort de l’agent qu’elle supervise.

Déconnade, grivoiseries, scatologie, action, non-sense, la recette est réussie. Jason Statham est hilarant dans un « sur-emploi ». Jude Law très bon et aussi très con. Melissa McCarthy est  souvent touchante, tant elle encaisse de méchancetés. Le reste de la distribution est aussi réjouissant. A voir ! (et pas que pour les ados)

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