Archives mensuelles : septembre 2015

5 mètres 80 et bien d’autres choses, de Nicolas Deveaux, poétique 3D

Girafe deveaux

Nicolas Deveaux, on le connaît avant de le connaître, c’est à dire qu’on voit ses oeuvres avant un jour de découvrir qu’il est aux commandes. Artiste 3D, réalisateur, visiblement fou d’animaux, il commence en 2003 avec 7tonnes2. Rend récemment public un conte de Noël pour Cartier qui explique d’où viennent les cadeaux au pied du sapin. Ah, si seulement ! Tous (presque ?) ses films produits par Cube Creative, un producteur et studio d’animation 2D/3D qui poursuit le projet de toujours de ses fondateurs, être créatif et haut de gamme. 5mètres80, c’est une histoire de girafes à la piscine, librement inspirée de cette vidéo indique Nicolas Deveaux.

Ce qui charme dans le travail de Nicolas Deveaux, c’est sa faculté à rassembler en quelques instants une histoire, un spectacle étonnant et une vision poétique du monde. C’est le propre du cinéma réussi pourra-t-on dire, mais encore faut-il vouloir et savoir tendre les ressorts. A voir, à suivre.

 

 

 

Le porteur d’histoire, d’Alexis Michalik, tourbillon éblouissant

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Au Studio des Champs Elysées le vendredi 25. Le Porteur d’histoire. Deux femmes disparaissent d’un petit village algérien. Dans la nuit sous la pluie, un homme cherche le village des Ardennes où vivait son père qui vient de mourir. Et puis on va remonter le temps, revenir au présent, repartir, changer de lieu, d’époque, de continent, rencontrer Alexandre Dumas, entendre l’écho très lointain de thèmes dont naguère le Da Vinci Code avait fait son miel, …. Présent et passé s’imbriquent, c’est à dire que dans une même scène le personnage au temps présent côtoie le personnage dans un autre temps, joué par un autre acteur. Le sujet de la pièce : la force de l’imaginaire.

Il y a 5 comédiens sur scène, avec une distribution qui tourne. Ce soir là : Michel Scotto di Carlo, Justine Moulinier, Charles Lelaure, Julien Jacob et Mounya Boudiaf. Cinq qui ne se sont pas trompés en trouvant leur vocation. Actrices et acteurs virtuoses. Ils passent d’un personnage à l’autre, d’un costume à l’autre, ils changent d’époque et d’état émotionnel en un clin d’oeil. Sans forcer, sans à-coup, sans trébucher. C’est une virtuosité qui n’est pas gratuite, pas démonstrative. A ce niveau, le théâtre est tellement fluide qu’il en devient presque de la musique. On sentait la concentration totale de la salle. Alexis Michalik est-il musicien ?

Curieusement, après le spectacle, l’émotion est arrivée encore plus forte. Comme une vague qui m’aurait rattrapé. Spectacle très fort. A voir, à voir, à voir. Ou à revoir avec une autre distribution, pour voir.

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Rogue Nation, de Christopher McQuarrie, contrepied

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Au bout de 10 secondes, Rogue Nation nous prend à contrepied, nous fait comprendre en une image que ce nouvel opus de Mission Impossible n’est pas comme les précédents. Effectivement, on va rire et en rire, tout en savourant le mélange d’action spectaculaire et de faux-semblants imbriqués au besoin qui est la marque de fabrique de la maison IMF. A la limite de la parodie par instant. Difficile d’en dire plus sans risquer de gâter le plaisir d’un futur spectateur.

Tous les comédiens très bons. Renner roublard. Cruise dont l’Ethan est délicieusement à la peine. Baldwin qui à force va vraiment finir directeur de la CIA. Et Rebecca Fergusson qui s’impose par son style, son charme, sa fragilité et sa brutalité explosive. A voir.

Dheepan, de Jacques Audiart, prenant

Dheepan

Dheepan, ancien des Tigres tamouls qui ont été défaits, passe en France accompagné d’une jeune femme – Yalini – laquelle a trouvé dans leur camp de réfugiés une orpheline Illayaal. Les trois reconstituent la famille détruite de Dheepan ce qui leur donne plus de chance d’obtenir le droit de rester à leur arrivée. Ca marche, même si Yalini aurait préféré aller rejoindre sa cousine en Angleterre. En attendant leurs papiers, Dheepan devient le gardien d’une barre HLM dans une cité où des dealers font la loi et la police.  On ne verra jamais les clients (lesquels n’habitent pas là comme chacun sait). Illayaal est scolarisée. Yalini trouve du travail : assistante de vie du père (du frère aîné ?) du chef des dealers. Les trois ont fuit la guerre; ils vivent avec le secret de leurs fausses identités; la violence va les rattraper car les dealers, en commerçants simples et radicaux, règlent leurs différents marketing pistolet au poing.

Dheepan est un récit à la jointure de plusieurs univers, de plusieurs cultures, de plusieurs langues. Comme Un prophète, c’est un cinéma de tectonique des plaques. Les plaques se rencontrent, la tension monte, la terre tremble et un monde nouveau émerge des décombres. L’exposition est rapide, visuelle, forte, toute en action.

Dheepan est prenant, captivant. Curieusement, le vrai protagoniste est moins Dheepan que Yalini. C’est plus elle qui agit, provoque, rencontre, désire. Il y a dans le titre du film et certaines de ses affiches quelque chose qui n’est pas complètement fidèle à l’histoire. A voir.

Ce qui ne me tue pas, Millenium 4, de David Lagercrantz, l’espoir fait lire

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Ce qui ne me tue pas raconte une nouvelle aventure de Lisbeth Salander et Mikael Blomkvist, entre hacking de haut vol, autisme savant, intelligence artificielle, existence de Dieu, avenir de l’humanité, maltraitance, NSA et crime organisé international. Les méchants sont très méchants et les héros vraiment supers, un peu trop même. L’auteur a décidé de mettre de la lumière où Stieg Larsson avait laissé les choses dans l’ombre. Dans le dernier quart du livre, il ne cesse de procéder par retours en arrière alors que l’action se déploie, comme pour s’assurer que le lecteur va bien continuer. Pas forcément les meilleurs choix.

Le livre se lit, sans passionner, sans impressionner, sans émouvoir, sans ennuyer non plus. Ils voulaient le faire, ils pouvaient le faire, ils l’ont fait. Maintenant, nous les lecteurs des trois premiers Millenium, laissez-nous tranquilles s’il vous plaît !

Hell’s Club new mashup d’AMDS Films, démonstration

Hell’s club, c’est du mash-up, c’est à dire un montage à partir de sources diverses provenant en général de films de long-métrages connus.

Ici l’action se passe dans un club, le Hell’s club. C’est hyper bien fait, image, couleurs, trucages, son et musique. Une démonstration de savoir-faire en terme de montage et de narration.

L’auteur se nomme Antonio Maria Da Silva. A suivre sur son Vimeo ou Youtube.

Merci à Eric Scherer pour me l’avoir fait découvrir.

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Le tout nouveau testament, de Jaco Van Dormael, déception

letoutnouveautestament

L’affiche de Le tout nouveau testament l’annonce, Dieu habite à Bruxelles, dans un trois pièces sinistre dont ni lui, ni sa femme ni sa fille ne sortent. Sur une étagère une statuette de JC, le fils qui a mal tourné. En pyjama incertain et peignoir à carreaux, Dieu tyrannise sa famille et jouit de faire le malheur du genre humain. Sa fille, 10 ans, s’échappe, va sur terre à la recherche de 6 nouveaux apôtres. Il se lance à sa poursuite. Donc là c’est début du film et on s’attend à une histoire ébouriffante, surprenante, riche d’une cosmologie inédite.

Hélas, pas grand chose ne vient. L’histoire patine. Le film s’enfonce dans la répétition. Ni les trouvailles visuelles et poétiques de l’auteur, ni la justesse des comédiens, n’ont réussi à me sortir de l’ornière. Au final une déception.