Archives mensuelles : octobre 2015

Seul sur Mars, de Ridley Scott, sur ma faim

Seul sur mars

L’affiche dit tout de l’histoire. Tous les ingrédients de ce film m’attiraient. Mais je suis resté sur ma faim. Quelques impressions :

• Le personnage de Watney (Matt Damon pour une fois pas complètement convaincant) est monolithique. Il tombe de cheval, il se relève, se remet en selle. Il tombe de cheval, il se relève, se remet en selle. Il tombe de cheval, il se relève, se remet en selle…. Faut revoir Rio Bravo.

• Les scènes sur terre sont les plus intéressantes, sans doute parce qu’il y a de l’enjeu, des enjeux, des conflits, ….

• L’histoire est un poil téléphonée. On pressent rapidement ce qui va se passer. Et ça se passe.

• Les souvenirs de Gravity, d’Apollo 13, de Seul au monde, de Space Cowboys ou même de Robinson Crusoé font concurrence au film, et le dépassent.

• Enfin, mauvaise nouvelle, à l’époque où se déroule l’histoire (2050 ?), il n’y a semble-t-il plus d’industrie spatiale européenne que l’on pourrait mentionner, et les chinois sont les quasi égaux des américains en la matière (quasi faut pas pousser non plus c’est un film américain). Il faut bien draguer les spectateurs chinois, plus nombreux que ces européens décadents qu’on peut, dès maintenant, mettre à l’amende, écouter, espionner, ….

Bon, c’est beau, c’est spectaculaire, c’est intéressant, parfois drôle, et vaguement ennuyeux.

 

 

 

 

 

Réparer les vivants, de Maylis de Kerangal, réparer un lecteur

reparer-les-vivants

Je rentre dans la librairie en bas de la rue. Je dis à la libraire. Je n’arrive plus à lire. Je traîne depuis des semaines avec La princesse de Clèves. Je n’y arrive pas. C’est grave docteur ? Elle me dit. Sans réfléchir, un livre que vous avez aimé. Je réponds Corniche Kennedy. Elle me tend Réparer les vivants.

Réparer les vivants de Maylis de Kerangal fait le récit sur moins de 24 heures de la mort d’un jeune homme et des résurrections que cette mort va permettre, via le don de ses organes.

Ce que j’aime le plus dans la lecture de ce roman, c’est le sentiment d’être toujours connecté à l’histoire, aux personnages, aux décors, à leur vie. J’ai toujours le sentiment d’y être. J’ai le sentiment de les connaître. Et puis, il y a de la lumière dans les lignes ! Merci à la libraire de La librairie écarlate, merci à l’auteure.

PS : Vous qui lisez ces lignes, merci de me signaler des livres que vous avez aimés. La convalescence ne fait que commencer.

 

 

L’homme irrationnel, de Woody Allen, laborieux

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L’homme irrationnel fait un récit rétrospectif à deux voix, celles de Jill et d’Abe. Abe, professeur de philosophie, arrive dans une université américaine du Connecticut. Brillant et coureur de jupons, sa réputation le précède. Il est en fait semi-alcoolique, dépressif et légèrement bedonnant, en panne d’inspiration, de libido, de désir de vivre. Son état émeut une étudiante – Jill -, et une de ses collègues – Rita -. Elles s’amourachent de lui. Un jour, Abe est amené à former un projet criminel qui lui paraît moralement juste. Ce projet lui redonne goût à la vie. Et si vous voulez connaître la suite, il faut lire des critiques ou aller voir le film.

Pourquoi me suis-je autant ennuyé ?

+ c’est un film de parlotte à 99%. Tout avance par la parole. C’est purement intellectuel. Un genre de roman photos filmé. Au moins dans les Tarantino, entre deux parlottes, on a du sadisme et/ou de l’action. Ca réveille.

+ la mise en scène (on a le droit de dire un mot de travers sur la mise en scène d’un maître du cinéma quand on est un moustique ?) des parlottes finit par sembler fastidieuse (quand on s’ennuie, on regarde les coutures), avec les comédiens qui viennent obligeamment se placer là où il faut pour que le mouvement de caméra soit chouette et le cadre bien composé. Y’a pas à dire d’ailleurs, les comédiens sont tous très bons. Une scène est à la limite du ridicule : Jill et son petit copain discutent dans la bibliothèque, et tour à tour prennent et remettent des livres dans les rayonnages, en les regardant à peine, tout ça pour rendre leur conversation un peu moins statique. Enfin, le moustique imagine que c’est pour ça.

+ l’histoire reste très sage, sans folie, sans dérapage. Un peu tiède à mon goût.

Bon, dans l’assemblée que nous étions, mon sentiment était assez (tout à fait) minoritaire. Je suis un genre de lanceur d’alerte !

 

 

Le poisson belge, de Confino par Schaub, de miel et d’encre

Lavoine Martineau - Le poisson belge

Vu au Théâtre de la Pépinière. Sur un banc, une petite fille affamée se colle à un homme. Puis il la laisse s’inviter chez lui. Qui est-elle ? Qui est-il ? Qui sont-ils l’un pour l’autre ? C’est le sujet de la pièce où l’on parlera pas mal de poissons. C’est drôle, c’est surprenant, c’est émouvant.

Découverte de Géraldine Martineau dont le jeu est fascinant : physique de petite fille, des allures de schtroumpfette, un grain de voix un peu étrange, regard étonnant, plasticité totale, énergie à revendre, …. Elle a le génie de son rôle. Marc Lavoine est juste et touchant.

Après le féroce Ring, ou le corrosif Building, Léonore Confino explore à nouveau les fêlures des âmes et des corps. Avec Le poisson belge, elle a mis un peu de miel dans son encrier, et c’est bon ! A voir. Mise en scène par Catherine Schaub.

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