Archives mensuelles : novembre 2015

L’hermine, de Christian Vincent, contre la toux

hermine_affiche

Dans L’hermine, Michel Racine a beaucoup de soucis. Il a la grippe. Sa femme l’a mis dehors. Il s’apprête à présider en assises le procès d’un infanticide. Ses collègues médisent. Les journalistes le décrivent comme un juge impitoyable. Et parmi les jurés se trouve une femme qu’il a jadis rencontrée ( et qui lui fait de l’effet) . Ca fait beaucoup pour un seul homme.

L’intérêt du film vient de la description de la mécanique de la cour d’assises, de la qualité de jeu des seconds rôles, aussi justes qu’inconnus, et du plaisir qu’on a à voir Sidse Babett Knudsen, belle et lumineuse, et aussi le grand Fabrice Luchini. Lequel n’est pas aussi impitoyable qu’annoncé.

Bon j’ai trouvé que ce film manquait de ressort.

 

 

 

The lobster, de Yórgos Lánthimos, pas de deux

Lobster

Dans le monde de The Lobster, la norme sociale est d’être en couple, avec un « partner ». Elle est si impérieuse que la police veille. Les célibataires sont envoyés dans un hôtel accueillant d’autres esseulés pour y trouver un « match ». Ils ont 45 jours. Faute de quoi ils sont transformés en l’animal de leur choix.  La grande difficulté est de trouver quelqu’un qui vous ressemble : c’est ce qui va fonder le couple, que l’on cimentera en lui adjoignant un enfant au besoin. Le héros – Colin Farrel –  arrive à l’hôtel avec son chien en laisse, son frère. Tout ce petit monde a l’air d’avoir beaucoup de mal à éprouver des sentiments. Faut-il tricher pour s’en sortir ?

Une fois par semaine, les pensionnaires vont chasser des solitaires dans les bois. On découvrira qu’il s’agit de célibataires qui refusent la norme sociale, prônant l’individualisme, l’absence de solidarité, le refus de la vie en couple. Ils défendent leur propre règle avec une extrême cruauté. Léa Seydoux absolument glaçante.

Colin – David – va passer d’un monde à l’autre. Finira-t-il par trouver l’amour, le vrai ? Allez voir le film !

C’est un film fantastique, une forte de fable d’anticipation sociétale. De quoi est-ce la métaphore ? Et bien l’intérêt du film c’est que justement cette question n’est que partiellement fléchée. Les portes sont ouvertes. Maintenant si vous cherchez une comédie sentimentale distrayante et souriante, passez votre chemin !

Prix du Jury du 68ème Festival de Cannes