Archives mensuelles : mai 2016

Le porteur d’histoire, d’Alexis Michalik, mise en scène Christelle Pontié, beau travail !

porteur

C’est Christelle Pontié qui m’a fait découvrir Le porteur d’histoire, pièce captivante d’Alexis Michalik, vue en septembre 2015 au Studio des Champs Elysées.

Quand au même moment elle m’a annoncé vouloir monter la pièce avec l’un des trois ateliers amateurs qu’elle anime à Sceaux, je me suis dit, je me suis dit, je me suis dit … je ne me suis rien dit parce que connaissant sa détermination, je pensais bien qu’elle arriverait au bout de son projet.

Christelle Pontié a obtenu à titre exceptionnel l’autorisation de l’auteur. Et après des mois de travail, la première a eu lieu ce samedi. Je suis allé voir mes anciens compagnons de théâtre : Bassam Almoussa, Anne et Vincent Flipo, Bénédicte Nadaud, Béatrice Paillat, Béatrice Robert, et tous les autres.

Beau travail ! Enorme travail ! Ca se tient bien. Christelle a eu l’idée d’ajouter quelques repères visuels pour faciliter la compréhension de la situation. Ca marche. Elle met constamment en abîme le récit, en juxtaposant sur le plateau la narration et la reconstitution, ça marche. Les comédiens et comédiennes se succèdent dans les mêmes rôles, il en faut pour tout le monde, un dress code simple, et ça marche aussi ! Des décors sont projetés sur un écran en fond de scène … elle aurait pu en mettre plus ! … Christelle Pontié met en scène !

Et sur le plateau, comédiens et comédiennes assurent, chacun là où il en est de son art théâtral. Grand plaisir à les voir ou revoir.

Deux autres représentations sont prévues : le dimanche 29 mai à 17h00, et le vendredi 1er juillet à 20h30, à l’Agoreine de Bourg-la-Reine. Allez-y !

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Dalton Trumbo, de Jay Roach, brillant

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Dalton Trumbo est un des meilleurs scénaristes d’Hollywood. Ancien correspondant de guerre, il est aussi communiste. Après la seconde guerre mondiale, alors que s’installe la guerre froide, des membres du Congrès américain font la chasse aux communistes, et à tous ceux soupçonnés dès lors de mener des activités anti-américaines. Ils sont sommés de dénoncer leurs camarades. Trumbo ne cède pas et est emprisonné. A sa sortie de prison, alors qu’a été constituée une liste noire, notamment sous l’égide de personnalités du cinéma comme John Wayne, Trumbo ne peut plus travailler que sous des noms d’emprunt. Justice lui sera-t-elle rendue ?

Quand on a vu Johnny got his gun, Spartacus ou Exodus, trois films parmi les plus connus écrits par Trumbo, on a envie de voir Dalton Trumbo. Et ce Dalton Trumbo, c’est l’art du biopic dans lequel le cinéma américain excelle, parce que les scénaristes de ces biopics savent toujours mener de conserve les différents niveaux de récit, et savent toujours où ils vont. Ce Dalton Trumbo, c‘est aussi une invitation à rester vigilant quand nos gouvernements et politiciens à court d’idées, de visions, de projets et de courage agitent peurs et frayeurs pour tenter d’empêcher leur barque de sombrer.

Bryan Cranston très bon. Helen Mirren odieusement méchante. A voir.

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Café Society, de Woody Allen, il est partout

CaféSociety

Dans les années 30, le jeune Bobby quitte New-York et sa famille pour Hollywood où travaille son oncle, Phil, un imprésario des plus influents, lequel l’accueille à contrecœur, et le confie aux bons soins d’une de ses assistantes, la très jolie Vonnie. Bobby tombe amoureux de Vonnie. Laquelle a un petit ami, dénommé Doug dit-elle. La suite, je vous la laisse découvrir.

Actrices et acteurs à croquer, dialogues brillants, humour cinglant et unique, mais j’ai quand même quelques problèmes avec ce film.

Le premier, c’est que j’ai l’impression de voir et d’entendre Woody Allen dans la bouche de tous les personnages, à un moment ou à un autre. Ils sont tous brillants, drôles, rapides, … mais existent-ils vraiment ? Se donner la faculté de rentrer dans son film à tout moment, en prenant possession d’un personnage le temps d’une réplique, c’est chouette pour Woody,  mais un peu déstabilisant pour moi spectateur. J’ai mis une bonne heure à accepter la situation.

Le deuxième, c’est que j’ai très souvent l’impression que le réalisateur n’est pas toujours très inspiré pour réaliser. Voir par exemple le premier plan du film. On dirait que ce n’est pas vraiment son problème. Je ne sais pas ce qu’il aurait du faire, mais je ressens parfois de l’inconfort devant ce que je perçois comme une certaine platitude. Un peu de Cameron dans l’Allen, ce serait le pied.

Le troisième, c’est le manque d’émotion que ça me procure, ce sujet éternel de la fidélité aux amours de jeunesse. J’ai le souvenir que Splendor on the grass m’avait fait beaucoup plus d’effet.

Bon, c’est chouette quand même !

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Fritz Bauer, un héros allemand, de Lars Kraume, ne jamais céder à la tyrannie

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Je savais qu’Adolf Eichmann avait été enlevé par le Mossad en Argentine, avant d’être jugé puis pendu en Israël. Fritz Bauer, un héros allemand raconte ce qui se passe avant l’arrestation.

La soixantaine, Fritz Bauer est procureur général, juif, socialiste et aussi homosexuel à une époque où les « relations contre nature » sont un crime en Allemagne. Il dirige les enquêtes spéciales menées contre les anciens nazis. Sans succès notable depuis douze ans que la guerre est finie. Il faut dire que ses propres services, la police, les renseignements fédéraux et aussi le gouvernement sont truffés d’anciens nazis qui veulent passer sous les radars, et protéger les nazis fuyards, alors même qu’Adenauer mène une politique de réconciliation nationale. Les coups les plus tordus sont permis. Un jour, une lettre d’Argentine met Fritz sur la piste d’Eichmann. Sans soutien des renseignements et du gouvernement allemands, il se tourne vers le Mossad. Mais il ne pourra vraiment compter que sur l’aide d’un jeune procureur qui, bientôt, se trouve lui aussi sur la corde raide. Les faits ne seront connus que 10 ans après la mort de Fritz Bauer.

C’est très bien joué. Très intéressant. Donne envie d’entendre de l’allemand. Et de bien faire la différence entre le sens de compromis, et celui de compromission. A voir.

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Civil war, Anthony et Joe Russo, civil avec un s

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La dernière intervention des Avengers pour empêcher le vol d’un virus mortel fait des victimes collatérales. Scandale. Les Nations-Unies veulent mettre les Avengers sous tutelle. La moitié d’entre eux est pour, dont Iron Man travaillé par une culpabilité ancienne, l’autre contre, dont Captain America pour qui on peut bien en sacrifier quelques uns pour sauver le plus grand nombre. L’un et l’autre n’ont pas la même idée de ce qu’est la responsabilité. Et les Avengers de se désunir, et bientôt s’affronter, alors même que le Soldat de l’hiver fait des siennes. A moins que tout cela ne soit qu’un élément dans une manipulation plus vaste ? Ah ah !

Pourquoi aller voir un Marvel ? Pour se distraire. Pour rire. Et  parce que les problématiques sous-jacentes sont parfois intéressantes. Mais on n’y va pas pour être la proie d’un questionnement dérangeant. Oui, on ne nous l’avait pas dit, mais dans les opus précédents les victimes civiles se comptaient par dizaines, par centaines, par milliers. Mais elles n’étaient pas à l’image. Et je n’y avais pas pensé, zut alors, quel idiot dénué d’empathie, quasi psychopathe, suis-je. Tout à coup, les victimes se trouvent en plein milieu du sujet du film. Civil war, c’est donc aussi la guerre contre les civils. C’est peut être le vrai sens du titre du film. Donc dans les Marvel, il n’y a pas que les méchants ou les gentils qui meurent. Il y a aussi tout un tas de morts qui pèsent pas lourd en pixels. Je ne sais pas si cette idée va me faire apprécier les prochains.

Bonne prestation de l’araignée.

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