Archives mensuelles : août 2016

Stranger things, des frères Duffer, j’ai ma dose

strangers

Hawkings, Indiania, 1983, les années Reagan. Un soir, en rentrant chez lui, Will un jeune garçon fait une rencontre terrifiante et disparaît. Sa mère – Winona Rider, méconnaissable –  supplie le shérif d’entamer des recherches sérieuses. De leur côté, les copains le cherchent et tombent sur une jeune fille étrange aux cheveux ras, avec un 11 tatoué sur le bras. Dans la petite ville d’Hawkings, les événements étranges se succèdent. La saison 1 fait 8 épisodes sur Netflix.

J’ai bien aimé :

+ tous les personnages que j’ai trouvé justes, authentiques pas caricaturaux,

+ le visage de Millie Bobby Brown,

+ les multiples références à des oeuvres antérieures, d’E.T. à Super 8 en passant par Alien (je spoile pas là !)

+ la nervosité du récit,

+ les décors, naturels ou inventés, avec soin.

Voilà, c’est très bien fait, c’est distrayant, ça ne dit pas grand chose sur quoi que ce soit, et  j’ai un peu ma dose de Netflix pour l’instant.

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Jason Bourne, de Paul Greengrass, essorage

Bourne

Le fait d’avoir pris le nom du héros comme titre de ce nouveau film ne me disait rien qui vaille, à moi qui peut voir et revoir sans me lasser les 3 premiers films « dans la peau ». Comme si ce choix impliquait qu’il fallait tenir pour acquis les talents du héros et son indestructibilité.

Et bien, comme redouté, ça ne marche pas aussi bien qu’avant. C’est trop linéaire. Pour ne pas trop ressembler aux situations précédentes ça va plus loin, plus vite, plus fort, c’est plus mortel. On ne respire pas. On ne ressent rien sauf la difficulté à reprendre son souffle entre deux scènes d’action époustouflantes. On ne tremble jamais pour le héros même quand sa vie ne tient qu’à un fil.

Voilà. Il manque quelque chose à ce film. De la fragilité ? Du silence ? De la sincérité ? Je ne sais pas. On peut voir ou ne pas voir.

PS : Adieu Nicky, je t’aimais bien.

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Bigre, de et avec Pierre Guillois, au Théâtre Tristan Bernard, so much fun !

Bigre

3 minuscules chambres de bonne les unes à côté des autres, ouvertes à nos yeux. Trois intérieurs qui laissent imaginer la personnalité de leurs trois occupants. Ils arrivent. Vite, on se rend compte qu’il y a en fait au moins 6 personnages sur le plateau tant humains et décors interagissent sans cesse, et il faut ajouter à cette distribution quelques animaux, et aussi le vent jouant avec des vêtements.

L’histoire ? Il n’y en a pas. C’est une tranche de vie partagée, une chronique de ces 3 jeunes adultes avec leurs espoirs, leurs projets, leurs succès et, surtout, leurs échecs.

Pourquoi aller voir Bigre ?

Parce que c’est très drôle, très inventif, toujours surprenant.

Parce que c’est un spectacle total où se conjuguent effets spéciaux, bruitage, musique, chant, facéties des décors et jeux d’acteurs à grande vitesse.

Parce que les comédiens (Pierre Guillois, Agathe L’Huillier, Olivier Martin-Salvan) en disent beaucoup, sans quasiment prononcer aucune ligne de dialogue. C’est le masque revisité. Une bonne manière d’aller à l’essentiel et de nous embarquer.

Parce que l’air de rien Bigre ouvre des portes et nous suggère quelques petites choses sur les absurdités et la cruauté de nos temps. On entend ou on n’entend pas, comme on veut.

A noter la grande hospitalité du Théâtre Tristan Bernard qui a prévu des petites bouteilles d’eau à un euro à l’entrée, des ventilateurs puissants et silencieux dans la salle, et des verres d’eau fraîche à la sortie plus que bienvenus. On a l’impression d’être chez quelqu’un. Un grand merci donc à ce quelqu’un. Et un grand merci à Anne G. pour m’avoir signalé se spectacle.

Allez voir Bigre et dites-moi en quelle langue est le deuxième karaoké !

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The get down, de et par Baz Luhrmann, time machine

thegetdown

Ca se passe en 1977, dans le Bronx, le disco est a son apogée. Zeke, ado orphelin qui ne sait pas très bien ce qu’il veut écrit des poèmes et est amoureux de Mylene, qui elle veut chanter mais son papa pasteur ne veut pas alors que son oncle riche entrepreneur communautaire dur à cuire l’encouragerait bien. Zeke est notamment copain avec Marcus (le frère d’une des copines de Mylene), graffeur émérite, qui admire un autre graffeur, Shaolin Fantastic qu’il n’a jamais rencontré.

Un soir, Zeke et ses copains rencontrent Shao. Ils découvrent alors une autre forme de musique naissante, faite de rythmes empruntés à d’autres morceaux sur lesquels des « forgeurs de mots » balancent leurs rimes. Pour Zeke c’est une révélation. Mais dans un Bronx qui est comme un panier de crabes où toujours quelqu’un te fait retomber dans le panier, ont-ils lui ou Mylene la moindre chance de vivre leur musique ?

Le plus étonnant dans cette série c’est l’appel constant à des images d’archives dans lesquelles on croise des silhouettes qui sont telles les personnages de l’histoire. Comme une façon de dire au spectateur : vous voyez, c’est vraiment arrivé, ils ont vraiment existé !

Le plus intéressant, c’est la présence de la ville, du Bronx avec ses immeubles en ruine, ses immeubles qui brûlent parce que l’assurance rapporte plus que les loyers, ses rames de métros graffitées et porteuses de messages. Une ville symbolisée par une maquette porteuse de tous les espoirs, si on veut bien comprendre qu’il ne faut pas confondre « home » et « housing ».

Le plus réjouissant, c’est la musique, omniprésente, originale ou inventée – Set me free – , et c’est aussi l’explication de ce qu’est le hip hop, et aussi le disco.

Le plus rafraîchissant, c’est l’élan vital des protagonistes, en dépit de tout.

Le plus drôle, ce sont les personnages de Jacky Moreno et de Francisco Cruz.

Le plus profond c’est la réflexion sur la création, comme un nouvel opus en 6 épisodes de Lettre à un jeune poète.

Voilà, c’est sur Netflix en 2016 et ça m’a été conseillé par Eric S.. Alleluïa. A voir !

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La tortue rouge, de Michaël Dudok De Wit, bouleversant

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Un naufragé s’échoue sur une île déserte sous les tropiques. Pas de Robinson, mais des crabes, des mouettes, des otaries, des petites tortues, des prairies d’herbes hautes et une forêt de bambous grâce auxquels l’homme construit un premier radeau. A peine le récif corallien passé, une force sous-marine mystérieuse détruit le radeau. Une deuxième, puis une troisième tentative échouent de la même manière. Bientôt l’homme est confronté à la créature qui contrecarre ses projets d’évasion.

C’est un film sans langage parlé, mais pas sans dialogue. C’est un film très beau visuellement, comme en témoigne les deux affiches jointes; je préfère la japonaise. C’est un film qui raconte une histoire simple et poétique. Évidemment, c’est truffé de symboles mais il vaut mieux ne pas les voir et se laisser bercer par l’histoire. En sortant, je suis submergé par l’émotion, comme par une vague qui me rattrape. Pleurer à la sortie, c’est une option. Je suis tombé dans le film ou c’est le film qui est tombé en moi ? Vivement recommandé.

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