Archives mensuelles : octobre 2016

L’Odyssée, de Jérôme Salle, distrayant

odyssee

L’Odyssée fait le récit de la vie de Jacques-Yves Cousteau, en commençant juste avant l’acquisition de la Calypso, et en finissant juste après la mort de son fils Philippe en 1979.

Le film montre un Jacques-Yves Cousteau très sympathique, plein d’énergie, d’idées, de charme, de conviction. Et égrène quelques défauts : infidélité, égoïsme, égocentrisme, tendances histrioniques, indifférence, …. Il montre comment – après avoir été financé pendant des années par l’industrie du pétrole – Cousteau se convertit à l’écologie, sous l’influence de son fils Philippe (Pierre Niney), montré comme une sorte de décalque du père, avec un soupçon d’idéalisme.

C’est ça qui a sans doute le plus intéressé Jérôme Salle. Faire l’éloge de l’écologie. Et de Cousteau un de ses champions. Et de conclure son film là-dessus. Et Lambert Wilson, immense, musclé, bronzé, élégant, charmant arrive à rendre Cousteau pas totalement antipathique même quand il l’est franchement.

Donc L’Odyssée c’est un biopic distrayant, avec de très belles images et des trouvailles de photographie sous-marine. Mais à la fin on se demande de quelle étoffe était faite l’histoire qu’on nous a racontée. Moins d’admiration. Un peu de méchanceté. Ca aurait été peut-être mieux.

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L’ère du complotisme, la maladie d’une société fracturée, de Marie Peltier, très intéressant

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Marie Peltier, historienne, chercheuse et enseignante, se penche dans ce court livre sur le complotisme.

Elle en retrace rapidement l’histoire même si elle place le point de départ du complotisme contemporain au 11 septembre 2001. Elle en analyse les mécanismes. Elle étudie les relations entre propagande et complotisme, et aussi les liens entre djihadisme et complotisme qui ne sont pas ceux que je croyais ( les djihadistes n’aiment pas que l’on attribue au Mossad ou à la CIA leurs actions ! ).

Elle se penche enfin sur les moyens de combattre le complotisme lequel se nourrit de nos contradictions et de nos paradoxes. Conclusion : qu’il nous faut, c’est plus de cohérence et plus de sens. Vaste programme !

Un livre, précis, clair, documenté, très intéressant. De l’intelligence productive. De l’intelligence qui aide. De l’intelligence roborative. A lire.

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Juste la fin du monde, de Xavier Dolan, puissant et bouleversant

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Après 12 ans d’absence, Louis, devenu écrivain, revient dans sa famille pour leur dire adieu. Il est malade, s’attend à mourir bientôt, mais eux ils ne le savent pas. Sa famille : sa mère, sa soeur (si jeune quand il est parti qu’elle ne se souvient qu’à peine de lui), son frère aîné et sa femme (qu’il ne connaît pas non plus). Son retour réveille les sentiments, l’amour, les douleurs, les ressentiments. Peut-il leur dire ce pourquoi il est venu ? Peuvent-ils traverser tout ça, mourir ou renaître ?

En sortant du cinéma, je me suis dit que j’avais vu l’oeuvre d’un génie créatif. Avec un parti pris de réalisation au moins aussi fort que celui de Mommy.

En se mettant au plus près de ses personnages, Dolan nous entraîne dans leur regard, dans leur respiration, dans leur rythme, dans leur sincérité absolue. Un seul regard fait basculer le film.

A ce jeu, j’ai trouvé Marion Cotillard sublime ( si je dis que ça m’a surpris, je passe pour un abruti ? ), Nathalie Baye d’une force incroyable, meilleure de film en film, Léa Seydoux bouleversante, Vincent Cassel plus juste tu meurs, Gaspard Ulliel  tout en vibrations ( Meryl Streep sors de ce corps !).

Go for it !

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Victoria, de Justine Triet, en surface

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Victoria est avocate. Elle a deux filles. Très occupée. Vie sexuelle via des sites de rencontres. Elle cède à l’insistance d’un ami qui lui demande de le défendre : il est accusé d’avoir porté un coup de couteau à sa compagne lors d’un mariage. Dans le même temps, pour remplacer son baby sitter démissionnaire, elle accepte les services, gratuits, d’un jeune et sympathique ancien client qui veut devenir juriste, tournant le dos à son passé de dealer. On sait que la situation va tourner au vinaigre, c’est l’introduction du film, mais quoi, comment, pourquoi … ça va nous être raconté.

Victoria ça démarre comme une comédie. Au début, je me suis délecté de l’enchaînement des malheurs de l’héroïne. Mais petit à petit, j’ai perdu pied. Je me suis surpris avec du temps de cerveau disponible pour m’interroger sur la nature du film. Comédie psychologique ? Comédie sentimentale ? Chronique de nos années bobos, modernes et égocentriques ? Je ne sais toujours pas et mon enthousiasme du début est peu à peu retombé, en dépit de l’engagement de Virginie Efira, du charme de Vincent Lacoste dont il me semble bien qu’il a un potentiel vénéneux en tant qu’acteur, et de quelques situations très drôles.

On peut ne pas voir comme on dit dans le Canard.

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Guibord s’en va-t-en guerre, de Philippe Falardeau, trop drôle

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Débarque un matin dans la vie de Steve Guibord, député fédéral indépendant de Prescott-Makadewà-Rapides-aux-Outardes – vaste territoire-, un jeune stagiaire en sciences politiques venu de Port-au Prince, dénommé Souverain. Peu de temps après, Steve se retrouve détenir une voix décisive à la veille d’un vote au parlement canadien sur l’entrée en guerre du pays aux côtés des USA dans un conflit moyen-oriental. Coaché, guidé, conseillé par Souverain dont la culture politique est largement supérieure, Steve annonce qu’il voit là « une fenêtre de démocratie directe » et décide de consulter ses électeurs, lesquels ont quelques conflits locaux en cours, entre amérindiens, mineurs, routiers, bûcherons, autres élus locaux et commerçants. Aidé par sa femme qui est plutôt pour, et par sa fille qui est carrément contre, et face au Premier ministre qui tente de l’influencer, que choisira de voter Guibord, et pour quelles raisons ?

Pourquoi aller voir Guibord s’en va-t-en guerre séance tenante?

Parce que vous allez rire. Parce que vous allez tomber sous le charme de Guibord, à qui pas grand chose n’est épargné,  et de sa famille. Parce que vous allez vous régaler de ce Québec un peu inventé, et hyper dépaysant de mon point de vue. Parce que ce film traite avec humour le grave sujet de la guerre en Irak (et aussi pour nous français celle de l’intervention en Libye) et la manière dont les gouvernants embarquent leur pays avec cynisme. Parce que dans ce film il y a, entre autres trouvailles, celle de faire regarder la situation en cours par la famille et les amis de Souverain. En politique, ce sont des connaisseurs.

Allez-y !

Et allez visiter le site internet du député Steve Guibord

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