Archives mensuelles : février 2017

Narcos, de Netflix, sanglant

Par un agent de la DEA, le récit  de la vie et de la mort de Pablo Escobar, narcotrafiquant colombien. En 2 saisons de 10 épisodes sur Netflix.

Ce qui m’a vraiment plu :

  • le charisme de Wagner Moura ( vu dans Elysium ),
  • le casting très bon,
  • le talent de reconstitution et le mélange d’archives et de fiction,
  • l’impression de voyage dans le temps,
  • le générique du début, amis motion artists, allez voir,
  • la musique,
  • la scène avec le père.

Ce qui m’a déplu :

  • trop de sang,
  • la mort de Maritza,
  • trop d’empathie pour Escobar.

Est-ce que regarder des séries en binge ça fait grossir ? A voir même si oui.

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Split, de M. Night Shyamalan, frissons

Trois jeunes filles sont enlevées et enfermées dans un sous-sol par un homme étrange. Ajoutant à l’angoisse des filles, leur ravisseur a une personnalité changeante, tour à tour monomaniaque, gamin de 9 ans, jeune femme, etc. Casey, une des trois filles, trouve dans ses souvenirs d’enfance des forces pour affronter son ravisseur. De son côté, la psychothérapeute du ravisseur, qui est elle plutôt en relation avec Barry, styliste, reçoit par mail des demandes urgentes de rendez-vous. Chaque fois, face à elle, Barry minimise les choses. Ça l’inquiète de plus en plus…. A juste titre pour le bonheur du spectateur.

Split, ça fait peur, mais pas trop, ça inquiète mais pas trop, ça impressionne, mais pas trop. Pas trop, ça veut dire qu’à aucun moment je ne me suis caché derrière mon écharpe.

Split, ça tourne bien. Pas de faille dans la manière dont l’histoire nous est racontée. Et on s’intéresse à la question que pose le film : dans la schizophrénie les personnalités qui coexistent dans un même corps peuvent-elles changer ce corps, jusqu’à lui donner des caractéristiques propres à la personnalité en question ?

Split, c’est aussi trois comédiens très intéressants : James McAvoy (que les fans d’X-Men connaissent), Anya Taylor-Joy au regard fascinant, et surtout Betty Buckley qui est l’incarnation du courage.

Voilà, Split, à classer entre Incassable, Signes et Le sixième sens, un peu au-dessus de Le village, très au-dessus de Phénomènes. A noter, le clin d’œil final fait à un autre de ses films, à croire que M. Night Shyamalan se prend pour Marvel.

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Moonlight, de Barry Jenkins, éclosion

A Miami, un enfant harcelé par d’autres collégiens rencontre un dealer et sa compagne. Du père on ne sait rien, la mère est accro au crack. Puis l’enfant devient adolescent et découvre sa sexualité. Devenu un jeune adulte, éloigné de Miami, il retrouvera son ami d’enfance.

Moonlight, c’est une histoire sur l’identité. L’identité qu’on reçoit, celle que l’on se découvre, celle que l’on assume. C’est un film sur ce qu’on décide d’être. Un film sur ce qu’on reconnaît chez les autres de soi et qui vous rapproche d’eux. C’est aussi une histoire d’amitiés et d’amour. C’est assez lent. Beaucoup dans les silences, les regards. La possibilité d’une matérialisation de la violence sous-jacente crée une tension qui monte dans le film. C’est beau. C’est très éloigné du cinéma de distraction. C’est à voir.

PS : Au Trianon, une nouveauté : lors de la séance, présentation par un des membres de l’équipe d’un film à venir. Il est filmé dans la salle. Il est enthousiaste avec la pointe de maladresse qui rend convaincant. Cool.

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Silence, de Martin Scorsese, épreuves

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XVIIème siècle. Deux jeunes jésuites portugais décident de se rendre au Japon pour retrouver le père Ferreira, un missionnaire qui les a formés et dont on reçoit des nouvelles inquiétantes et troublantes. Mais, au Japon, les chrétiens sont persécutés et, dans le meilleur des cas, passés au fil de l’épée s’ils refusent d’abjurer leur foi. Un matin,  guidés par Kichijiro un pêcheur pour le moins tourmenté, les pères Rogrigues et Garupe débarquent sur une petite plage. La vraie mise à l’épreuve de leur foi va bientôt commencer.

J’ai beaucoup aimé l’élégance constante du récit, la manière dont les choses vous arrivent, avec une sorte de tact et de justesse, même quand c’est violent.

J’ai trouvé les paysages japonais envoutants.

Je me suis intéressé aux débats entre la subtile, patiente et sadique inquisition japonaise et les prêtres.

J’ai aimé comment la prise au pied de la lettre des évangiles par les paysans japonais semble parfois bousculer les prêtres, et j’aurais aimé que ça aille plus loin.

J’ai scruté les visages des acteurs japonais, que j’ai trouvés plus intéressants que les occidentaux.

Je n’ai pas tellement ressenti le silence et la souffrance du silence dont il est question.

J’ai été un peu gêné par l’utilisation de l’anglais par tous les personnages.

J’ai pensé qu’il faudrait partir à la recherche d’entretiens avec Scorsese pour bien apprécier son propos, et ça c’était pas bon signe.

En sortant, je me suis souvenu de La controverse de Valladolid, et aussi du Nom de la rose. Il me semble que j’avais bien plus été pris.

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La La Land, de Damien Chazelle, et pourtant

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Dans La La Land, tout est bien : le charme fou des deux interprètes principaux, l’image, les décors, les chorégraphies, la musique, la mise en scène …. Et pourtant. Et pourtant je n’ai pas été transporté. Pourquoi ? Je ne sais pas trop.  Peut-être parce que l’histoire met longtemps à démarrer. Peut-être parce qu’on est trop concentré sur les deux héros. Parce que peut-être qu’en fait l’histoire se termine là où elle aurait pu commencer et se développer, sur la question de la fidélité à l’amour de jeunesse. Cette question est assez expédiée, brillamment, mais expédiée quand même.

Bon, on se ressouvient de quoi ? De Splendor on the grass ? De New York, New York ? C’était bien plus bouleversant ou je me fais vieux ?

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Gimme Danger, de Jim Jarmusch, No Fun

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Dans Gimme Danger, James Osterbeg se raconte. Comment il jouait de la batterie dans la caravane familiale, les lettres de 25 mots pas plus, le clown à la télé, son groupe au lycée, comment il devient assez bon batteur pour faire des concerts avec des pros, comment un jour il en a marre de voir le cul des autres, comment il devient chanteur et monte son premier groupe avec les frères Asheton, leurs deux premiers albums, leurs concerts déjantés, la drogue, leur mode de vie, les hauts et les bas, la rencontre avec Bowie et son manager, l’enregistrement à Londres de Raw Power, etc.

Gimme Danger n’est pas un grand documentaire. Le film ne transporte pas par son récit. C’est assez attendu dans sa structure. Ce qui touche, c’est surtout les à côtés, comme par exemple les quelques paroles de James Osterberg sur ses parents et leur caravane. Le message des Stooges comme groupe légendaire, fondateur, inspirateur, ouvrant la voie au punk rock, et aujourd’hui au panthéon du rock and roll me semble plus un élément de langage pour pitch ou critique de cinéma feignant qu’une réalité de l’histoire de la musique. Un peu étrange aussi le manque de questionnement sur les oripeaux nazis en concert des Asheton version des débuts.

Quoiqu’il en soit, les Stooges au panthéon du rock ou pas, on s’en contrefout. L’important c’est leur musique. Surtout pour moi celle de Raw Power, album qu’ils ont enregistré livrés à eux mêmes à Londres ( le film ne parle pas du mixage de l’album). Une musique qui remplit tout l’espace, mais avec plein de détails. Une musique sincère et puissante. C’est la brutalité de ce geste artistique qui touchait dans les années 70, et encore aujourd’hui.

Pourquoi je suis allé voir ce film ? Parce qu’au lycée Voltaire, en 1977 ou en 78 je ne sais plus, j’ai chanté Search and destroy  lors d’un concert dans la salle de cinéma du lycée. On avait répété deux ou trois fois chez Ribac avec des gars que je connaissais à peine. Je ne sais plus comment je m’étais retrouvé dans ce plan. C’était dans l’esprit, je crois. Mais j’avais pas sauté dans la foule. Aujourd’hui, en réécoutant Gimme Danger, je trouve que ça annonçait vraiment la suite d’Iggy Pop.

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