Archives mensuelles : mai 2017

War Machine, de David Michôd, pas mal

Après quelques succès en Irak, le général Glen McMahon est nommé en Afghanistan. Sa mission ? Officiellement, régler la situation au plus vite. Officieusement, ne pas faire de vagues. Il va en faire. Il va se faire virer.

Incarné par un Brad Pitt vieilli, raide, sportif et grimaçant, le général Glen McMahon – personnage fictif mais proche du vrai général Stanley McChrystal – se débat, sans jamais les surmonter, dans les contradictions de sa mission : gagner une guerre anti-insurrectionnelle dans un pays dont les habitants ne veulent ni la présence des soldats américains, ni les supposés bienfaits du nation building, ni les dollars qui vont avec. « Leave, leave » répètent-ils. Dans un pays où les subventions du congrès américain ne peuvent aller à la culture du coton car ça ferait concurrence à des états du Sud : conséquence, les paysans continuent à cultiver du pavot. Dans un pays où tuer un insurgé revient à en fabriquer 5 de plus. Dans un pays où les marines ne peuvent faire la différence entre un insurgé et un paisible autochtone. Où ils sont décorés quand ils décident de ne pas tirer, ce qui les plonge dans une certaine confusion. Alors même qu’ils sont de redoutables machines de guerre. Aujourd’hui, la guerre continue. Évidemment, sans but de guerre clair, pas de victoire possible.

Bon, c’est un film Netflix. C’est à dire un film tout court. Avec des comédiens peu connus et quelques vedettes internationales au casting. C’est assez drôle. Pas aussi percutant dans le cynisme que Lord of War. Pas aussi émouvant que Lions et agneaux. Ca dure deux heures et je ne me suis pas ennuyé à défaut d’être captivé. War Machine gagnerait-il à être vu en salle ? Je ne sais pas. Quoi qu’il en soit, cinéastes du monde entier, le niveau monte chez Netflix ! Les sentez-vous vos pieds mouillés ?

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Le Havre, la veille des 500 ans, frappant

Une journée au Havre le vendredi 26 mai 2017, la veille du début des festivités du 500ème anniversaire de la fondation de la ville par François 1er.

Dans la ville, des œuvres spectaculaires, parfois monumentales, attirent les promeneurs. Comme la double arche de containers de la photo, un torii revisité en blanc sur la plage, des cabines de bains peinturlurées, un mobile rouge dans l’église Saint Joseph, … nous n’avons pas tout vu.

Dans la ville, dans l’espace qui était autrefois la vieille ville, comme des espaces vides entre les quartiers avec, tout à coup, un quadrilatère rempli de commerces, ou alors piéton, au alors présentant un bâtiment remarquable : le volcan, Saint-Joseph, l’hôtel de ville,…. Et aussi l’écho de la volonté d’un ordre urbain et humain original, rythmé par les 6,24 mètres d’Auguste Perret, à qui le Ministère de la Reconstruction et de l’Urbanisme avait confié après guerre le soin de reconstruire la ville détruite. Un regret, ne pas avoir visité « l’appartement témoin », qui nous en aurait dit long sur la vie de l’époque. Architectes en herbe ou en devenir, allez visiter Le Havre !

Dans la ville, ici et là, quelques rares immeubles en brique ayant survécu aux bombardements alliés de l’opération « table rase », lancée le 5 septembre 1944, et destinée à détruire la poche de résistance allemande. En quelques heures, les 150 hectares du centre ville n’auront plus qu’un mètre de haut. 3000 civils périrent. C’est plus comme ça qu’on fait la guerre ? Parmi ces immeubles, la « maison de l’armateur » reconstitue la vie d’un armateur dans ce port au 18ème. Déjà la question de l’abolition. Déjà la question de la mondialisation. Puits de lumière très original.

Au sud, les docks Vauban réhabilités abritent les grandes chaînes de la consommation. Pas grand intérêt. Vélizy 2 en petit sur Seine.

Au-dessus de la ville, les jardins suspendus, endroit magique créé dans un ancien fort en 2005. Vue imprenable sur la ville dont on comprend l’organisation, et aussi sur l’estuaire. Sérénité. Coins d’Asie, d’Australie, de Nouvelle Zélande, d’Amérique du Nord, … Des bancs pour s’installer,  lire, rêver. Y’en a même qui se bécotent.

Le lendemain, nous tentons d’aller à Etretat. Sur des centaines de mètres avant l’entrée de la ville, des voitures garées sur les bas côtés. Nous faisons demi-tour. 500 mètres plus loin, on tourne à droite vers la valleuse d’Antifer. On se gare. On marche un kilomètre. On déboule sur une petite plage de galets avec pas grand monde, ni goéland pour vous piquer vos frites. On trempe les pieds dans l’eau. 14 degrés ? Y’en a même qui se baignent.

Le Havre, à refaire un jour. Chambre d’hôtes, une très bonne adresse : la villa Neustries.

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Quand sort la recluse, de Fred Vargas, associations

Le commissaire Adamsberg confond un meurtrier, démasque un violeur, voit sur l’écran de l’ordinateur de l’un des membres de sa brigade l’image d’une araignée recluse. Ca commence à le gratter. Et ce d’autant plus que trois personnes âgées viennent de mourir à la suite d’une morsure de cette araignée, dont le venin cette année aurait des effets nécrotiques démultipliés, en raison de la chaleur disent les uns, à cause de mutations induites par les pesticides disent les autres. Sans en référer à sa hiérarchie, et en dehors de toute procédure, Adamsberg commence à enquêter, en dépit du scepticisme de ses troupes.

Livre après livre, histoire après histoire, finit par se poser la question de l’existence d’ingrédients pour les polars de Fred Vargas, si singuliers, si intéressants. Plusieurs semblent émerger de la brume. Les meurtres viennent de loin, traversent le temps. Adamsberg se retrouve confronté à sa propre histoire personnelle, parfois enfouie. La théorie des 6 degrés de séparation est mise en pratique, avec bien moins de 6 degrés. Des pratiques archéologiques sont convoquées.

Dans Quand sort la recluse les fulgurances d’Adamsberg sont rationalisées.  Ses proto-idées – j’adore ce mot – , ses bulles d’idées, tout cela fonctionne selon le principe des associations d’idées, en mode quasi psychanalytique, pour aider à la résolution. Autre ligne de force, la dénonciation des violences sexuelles. Tout à coup une phrase très simple, citant les chiffres noirs en France : une femme violée toutes les 7 minutes, 1 à 2 % des auteurs condamnés.

Mort aux blaps ? On se pose la question. Me lasserais-je un jour de lire Fred Vargas ? Je ne crois pas. Je n’espère pas

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Les gardiens de la galaxie 2, de James Gunn, transition

Ce volume 2 des Gardiens de la galaxie résout bon nombre de questions laissées en suspens par le premier opus, sans que cette suspension ne m’ait gêné en quoi que ce soit. Tout ça sur fond de chapardages interplanétaires inconséquents, les héros n’ayant pas foncièrement changé. Un certain renouvellement dans les personnages avec des méchants en moins, de nouveaux méchants, des méchants qui deviennent bons, et des bons qui rencontrent l’amour. A l’honneur les personnages de Drax (un vrai duo clownesque avec Mantis), de Groot-le-jeune et de Yondu. Très drôles. Beaucoup d’action et de baston, évidemment. Et toujours cette BO attendrissante.

Bon, je dirais que c’est un film de transition vers le volume 3 dont les auteurs vont devoir faire preuve de beaucoup d’imagination et de talent. Si vous avez aimé le un (et comment aurait-on pu ne pas l’aimer ?), allez voir le deux. N’allez pas voir le deux sans avoir vu le un.

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SCAM, soirée Tendances 2017, roboratif

A la SCAM, ce mercredi 10 mai, soirée Tendances 2017 des films institutionnels et muséographiques : quelques impressions.
11 films ont été sélectionnés. Sauf pour 3 d’entre eux, on n’en verra que des extraits. Donc, ce soir là, pas toujours facile de juger de la pertinence d’un propos, d’un scénario, d’une construction. Toutefois, …
J’ai beaucoup aimé :
Ensemble ! de Güldem Durmaz et Stéphane Malandrin (le programme détaillé dans le lien ci-dessous) Un film projeté dans un cube sur 5 des faces (10×10 mètres) . Ce soir, on a une image en croix, le cube étant déplié. C’est intéressant cette juxtaposition d’images carrées. « Effets miroir, inversions, compléments, ça nous a ouvert un champ d’expérimentations formelles » disent les auteurs. Aux spectateurs aussi je suppose.
J’ai été frappé par :
Eugène et Alexandre, l’un pour l’autre (Philippe Boig), Un temps pour danser (Alessandra Celesia) et par Habiter, Libres (Sébastien Jousse). Cinéma d’un réel qui demande du temps si on n’est pas rétif à l’imprégnation. Cinéma des fragilités et de la force d’âme.
J’aurais voulu voir en entier :
La mauvaise petite voix (Cédric Havenith) et A la lumière (Franck Littot) pour satisfaire ma curiosité et mon appétit.
J’ai apprécié :
Total anti-fraudulous campus (Aymeric Colletta, Mathieu Dupont et Pauline Rémond), la compliance par l’humour, assez décapant, en stop-motion.  Astuce :   45 plans tournés en 3 jours permettront de monter 4 films.
M’a laissé un peu perplexe :
Par où commencer  (de Justine Emard), compilation créative de fragments d’oeuvres des pensionnaires de la Villa Médicis, par une artiste plasticienne peu embarrassée de conventions cinématographiques, et dont la créativité a tapé dans l’oeil du jury, qui lui décernera le prix de L’oeuvre institutionnelle ou muséographique de l’année.
J’ai bien aimé aussi la bienveillance des membres du jury présentant les oeuvres.

A l’année prochaine ?

http://www.scam.fr/detail/ArticleId/4980/Soiree-Tendances-2017

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Django, d’Etienne Comar, requiem

Le film nous invite à suivre deux ans de la vie de Django Reinhardt dans la France occupée. La guerre, « c’est une affaire de gadjo » dit-il au début. Il donne des concerts. Il est invité à faire une tournée en Allemagne. Il refuse. Cela ne lui plaît pas qu’on lui force la main. Le film c’est le récit de sa lente prise de conscience de la menace mortelle qui pèse sur le peuple tsigane et sur lui. C’est aussi un film sur sa musique, sur son style unique, sur son goût des rythmes rapides, et sur la musique comme moyen de communion.

Qu’est ce qui tient l’attention du spectateur alors que le personnage principal est presque jusqu’au bout passif, plus intéressé par la pêche et le jeu que par les drames autour de lui ?

La musique de Django Reinhardt, la manière dont elle est filmée, sa force, son caractère envoutant. Et aussi le jeu de de Reda Kateb qui a quelque chose à fleur de peau, quelque chose dans le regard qui attire, accroche, retient.

Message personnel  : aux deux tiers du film, un visage connu, Hugues Jourdain, qui trace son chemin.

Que vais-je faire maintenant ? Ecouter du Django Reinhardt.

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