Archives mensuelles : octobre 2017

Mindhunter, de David Fincher, intéressant

Fin des années 70 aux Etats-Unis. Un jeune agent du FBI, Holden Ford, est amené à s’intéresser à la psychologie de certains criminels. Il fait bientôt équipe avec un agent plus expérimenté, Bill Tench, et l’entraîne dans cette nouvelle direction. A l’insu de leur hiérarchie, ils vont interviewer un homme condamné pour plusieurs crimes à caractère sexuel. « Comment attraper les fous si on ne sait pas comment pensent les fous ? » diront-ils pour leur défense. Ils seront rejoints par le Dr Carr, universitaire criminologue, rigoureuse et pénétrante.

Ce qui est très intéressant dans cette série c’est de voir se construire de manière pratique, et parfois douloureuse, une nouvelle approche en matière de criminologie. A l’époque, le concept de tueurs en série n’existait pas, et ils vont l’inventer.

L’histoire avance sur un rythme assez lent. S’y mêlent leur apprentissage, forcément lent, leurs difficultés, leurs découvertes conceptuelles et pratiques, les quelques enquêtes auxquelles ils participent. Les couleurs sont sombres, un peu grisâtres, un peu beige. Les crimes sexuels, c’est pas la joie nous rappelle ainsi le réalisateur alors que le rôle de là mère dans l’apparition des déviances meurtrières hante les premiers épisodes.

Jonathan Groff un peu doucereux je trouve, Holt McCallany apporte une maturité virile en contrepoint, et Anna Torv ne se laisse pas marcher sur les pieds.

A voir sur Netflix.

PS : Je n’aime pas du tout le générique dont le montage façon « images subliminales » m’agresse.

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La frontière introuvable, d’Olivier Ravoire principalement, vue de haut

© CG92/Olivier Ravoire

Dans le parc de Sceaux, l’allée qui va de l’Orangerie à l’esplanade du château accueille régulièrement des expositions photos, sous l’égide du département des Hauts de Seine, le parc relevant du département et non de la ville.

En ce moment s’y trouve une exposition intitulée Hauts de Seine/Yvelines, la frontière introuvable. Une vingtaine de photos explorent la manière dont les deux départements se jouxtent, s’entremêlent, se prolongent, se confondent.

Pour la plupart, il s’agit de vues aériennes, piquées ou plus rasantes. C’est à la fois informatif, saisissant et très beau. On a immédiatement envie de prendre sa voiture pour aller explorer quelques boucles de la Seine dont on ne savait rien. On est surpris de découvrir autant de champs cultivés à vol d’oiseau des tours de La Défense. Et on découvre que certaines photos tiennent par un détail infime : la silhouette d’un oiseau par exemple.

J’aurais bien aimé faire la visite avec Olivier Ravoire qui signe la quasi totalité des photos. Pour avoir des explications. Pour lui demander à quelle hauteur il travaille. Pour connaître l’heure des prises de vues, comprendre pourquoi il se met en contre jour, etc. Bref dire mon admiration au photographe et prendre un cours de photo aérienne au sol.

A voir jusqu’au 14 décembre 2017.

PS : Cher responsable de tout ceci au département, si tu lis ce billet, et si un jour un vernissage est organisé, peux-tu m’inviter s’il te plaît ? Mille mercis.

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Picasso devant la nature, dans le château du parc de Sceaux, approfondissement

Je cite le site my.hauts-de-seine.fr qui résume bien les choses :

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En 1932, Picasso déclare au sujet de la nature :

Ce n’est pas d’après elle que je travaille, mais devant elle, avec elle.

Avec environ quatre-vingt œuvres issues des collections du musée national Picasso-Paris (dessins, estampes et documents d’archives de toutes les périodes) l’exposition propose de démontrer que la nature est un puissant ferment de l’imaginaire et de la création de Picasso et non un simple décor secondaire.

Invitant les visiteurs à découvrir cet aspect rarement évoqué de l’œuvre de Picasso, le parcours de visite s’articule autour de quatre grandes thématiques :

  • la représentation de la nature dans son œuvre ;
  • l’utilisation d’éléments naturels dans ses réalisations ;
  • l’illustration d’un grand ouvrage scientifique sur la nature, L’Histoire naturelle de Buffon ;
  • la place de la femme-fleur dans la production artistique de Picasso.

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Au début de l’exposition, 3 photos en noir et blanc de petits villages espagnols prises au début du 20ème siècle, sauf erreur. On les sent écrasés de soleil, on devine la nature aride, semi-désertique, on imagine la simplicité, la dureté de la vie. On voit les lignes, les angles, les façades et les toits comme autant de parallélogrammes gris. Et puis on se tourne vers les premiers tableaux cubistes de Picasso. Correspondance frappante. Qui a inspiré quoi ? Les photos les tableaux, ou les tableaux les photos ? La question fait débat chez les historiens de l’art. Pour moi, difficile pourtant de ne pas pencher pour la photo influençant la peinture, le réel le partage du réel.

Très jolie exposition qui trouve sa place dans le décor du château du Parc de Sceaux, et ça aussi c’est une prouesse. Jusqu’au 31 décembre 2017.

PS : Pour les parisiens, une station d’Autolib à 10 minutes à pied du château, et à partir des gares du RER B (Sceaux ou parc de Sceaux), marcher 15 minutes.

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Le sens de la fête, de Toledano et Nakache, marrant

Max, la soixantaine, est dans l’évènementiel, les mariages. La journée commence mal avec des clients rapiats qu’il envoie sur les roses. Puis on le suit tout le long du mariage de Pierre et d’Héléna, qui va avoir lieu dans un château 17ème où ses équipes s’installent.

C’est très marrant. Bien observé. Un peu méchant mais pas trop. Les comédiens sont très bons. Jean-Pierre Bacri fascinant. Jean-Paul Rouve costaud. Eye Haidara que je découvre. L’histoire se déroule comme une mécanique bien huilée où tous les éléments prennent leur place au bon moment.

Alors pourquoi ce sentiment que c’est marrant sans plus ? Et moins touchant que Nos jours heureux pour comparer avec un film précédent des deux mêmes ?

Je ne sais pas trop. Trop bien huilé ? Pas assez profond ? Trop rapide ? Trop de péripéties et pas assez d’histoire ? Pas assez d’enjeux pour Max qui dit jouer sa vie, mais ça en fait on ne le voit pas vraiment tant il est désabusé ? Va savoir docteur.

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