Archives mensuelles : novembre 2017

Libres !, d’Ovidie et Diglee, tenir pépère par la bite

Le sous-titre du livre, découvert en écoutant Pop pop pop d’Antoine de Caunes sur France Inter, c’est « Manifeste pour s’affranchir des diktats sexuels ».
En 15 chapitres, Ovidie examine quinze comportements sexuels auxquels les femmes sont invitées à se soumettre : épilation intégrale, fellation, sodomie, … Ce qu’elle dénonce, ce ne sont pas les comportements sexuels en tant que tels, c’est qu’ils soient aujourd’hui devenus des diktats, des injonctions, des pratiques obligatoires pour être une femme, une amante performante. Et elle invite les femmes à se poser la question de leur consentement, de leur désir, et de leur soumission.
J’ai aimé l’écriture simple, argumentée, directe, drôle, vivante.
J’ai bien aimé aussi les planches de BD et les illustrations de Diglee, légères et marrantes.
J’appris ce qu’est le S.I.F., dont aucune profession libérale rencontrée jusqu’à présent ne m’avait parlé.
Mais ce que j’ai surtout apprécié, c’est l’esprit d’ouverture d’Ovidie, sa simplicité, sa tolérance, sa révolte.
J’ai laissé traîner le livre sur la table basse du salon.

 

Blade runner 2049, de Denis Villeneuve, kind of boring

L’histoire se passe 20 ou 30 ans après la première histoire nous apprend un texte introductif. Il y a eu une catastrophe éco-nucleo-planétaire. Il y a toujours des répliquants. Des anciens qui se sont rebellés et qui sont traqués. Et des nouveaux, dociles, dont les blade runners chargés de « retirer » les rebelles. Au cours d’une mission d’élimination d’un Nexus 8, un blade runner – notre héros, l’officier K – fait une découverte propre à bouleverser l’équilibre fragile de la société. Le film est lancé.

Qu’est ce que j’ai aimé ?
D’abord la bande son, assez extraordinaire, impressionnante, grinçante parfois, qui affirme le caractère oppressant de l’environnement dévasté.
Et aussi les décors, magnifiques, radicaux, sauf peut-être les locaux de la Wallace Corporation que j’ai trouvé quelque peu bon marché.
Les acteurs, solides, surtout Ryan Gosling et Ana de Armas.
Certaines des trouvailles du film et beaucoup de très jolies scènes : K et sa compagne avatar, les scènes entre ces deux là, les figures géantes publicitaires, la survie d’une célèbre marque française, ….
La question que le film travaille : Qu’est ce qui fait « âme » chez une créature ?

Pourquoi je me suis ennuyé au final ?
Je pense que c’est du à la lente accumulation d’invraisemblances et de facilités dans le récit. A toutes ces choses, petites ou grandes, qu’il faut admettre pour continuer à y croire. Chez moi ça fait hysteresis. C’est à dire que passé un certain point je décroche, et qu’il en faudrait alors des tonnes pour me faire raccrocher.
Et puis je suis sorti du Trianon avec l’impression que le sujet – que j’aurais du mal à définir – n’avait pas été traité, comme si les concepteurs du film avaient voulu en donner à tout le monde.

Dommage, dommage.

Bon, tout est réuni pour une suite. Non ?

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A ne pas regarder si vous êtes seul chez vous ou si avez peur du noir

Voici un premier film saisissant :

Et un autre encore plus saisissant :

 

C’est fou ce qu’on peut faire peur avec un film quand on est doué (et qu’on a aussi un fond de sadisme pour le spectateur)  !

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Je vous salue, de Sarah Valente, c’était dans l’air

En regardant le travail d’un chef-opérateur – Nicolas Blusson -, je tombe sur ce court métrage mis en ligne il y a un an à peu près. Il y a un an !

C’est bien raconté, bien filmé, bien joué. C’est pile poil dans l’air du temps si on peut résumer ça à ça. Mais on ne le peut pas. « agression sexuelle » fait maintenant partie de mes tags. Sarah Valente, à suivre.

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The square, de Ruben Östlund, civilisation

Christian est le conservateur d’un important musée d’art contemporain en Suède. Il prépare une nouvelle et importante exposition intitulée « The square ». Dans une Suède hantée par la pauvreté, l’exposition traite de questions fondamentales comme ce qu’est l’humanité, la compassion, l’indifférence aux autres. Un couple de pickpocket va faire dérailler sa carrière.

Comme je l’ai compris, The square met en lumière les contradictions d’une élite cool et branchée, à savoir les organisateurs de la culture, la bourgeoisie fortunée qui finance ces activités et jouit des animations privilégiées dont elle bénéficie en retour, et aussi leurs serviteurs divers et variés comme le petit personnel, l’agence de com et ses créatifs, etc. Christian est le véhicule de ces contradictions. Quand le monde réel vient contredire ses déclarations d’intention, son égoïsme et son indifférence aux autres prennent le dessus sur les principes qu’il affiche.

C’est intéressant, drôle pendant une heure, ça s’essouffle doucement avec beaucoup de pistes inabouties. Le monde réel reste pas mal hors champ. Il m’a semblé qu’une Palme d’or devrait susciter plus d’émotion que ce film ne le fait. Mais peut-être que le jury cannois a été atteint du syndrome de « la confiture aux oreilles de truies confites » (voir Astérix chez les Helvètes). C’est à dire qu’ils en ont tellement vus, tellement entendus, qu’il leur faut un film iconoclaste pour obtenir d’eux un peu d’intérêt.

Bon, j’ai vu la Palme d’or.

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