Archives mensuelles : janvier 2018

David Letterman, Mon prochain invité n’est plus à présenter, chouette

Un type barbu que je ne connais pas parle au téléphone. Puis on le retrouve sur la scène d’un théâtre, en chemise. Il explique qu’il est là grâce à Netflix. Il joue un peu le type dépassé par l’époque. Le public rit. Il demande si quelqu’un a deviné qui va être son prochain invité. Quelqu’un lance “William Clinton” ! En coulisse un homme rit. C’est Barack Obama. Il fait son entrée en souriant sous les applaudissements. Le barbu remet sa veste. C’est David Letterman, animateur très connu aux Etats-Unis, et pas connu des humains dans un rayon d’un mètre autour de mon clavier. C’est parti pour près d’une heure d’une discussion détendue et intéressante.

Obama dit des choses sur sa mère, son éducation, la manière dont sa mère lui a parlé de son père, son père absent. Sur les inégalités économiques qui se creusent, et leurs conséquences négatives, sur la très faible participation électorale aux États-Unis, sur la question raciale aussi. Rien sur le changement climatique. Rien directement sur Trump. Des choses aussi sur les bulles créées par les réseaux sociaux, qui confortent chacun dans ses croyances. Il cite un sénateur américain, de mémoire : “chacun est libre de choisir ses opinions, mais pas de choisir les faits”. Ils parlent aussi de la chance qu’il faut avoir et que tout le monde n’a pas.

L’entretien est ponctué par des mini-reportages qui viennent compléter, approfondir le propos. Au bout d’une petite heure de programme, sans doute moins dans la réalité, quelqu’un glisse dans l’oreillette de Letterman qu’il faut libérer Obama lequel, en sortant, montre l’homme d’images qu’il est aussi.

A voir par les Netflixiens et pas que.

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Le brio, d’Yvan Attal, pas tant que ça

Premier cours de sa première année à Assas pour Neïla Salah. Elle arrive 5 minutes en retard. Le prof, Pierre Mazars, l’humilie devant l’amphi et ses centaines d’étudiants. Mais ses propos, provocateurs, limites, finissent en ligne. Scandale. Le président d’Assas, ami de Mazars, a une idée. Que Mazars coache Neïla pour le concours annuel d’éloquence, et le conseil de discipline qui le convoque s’en trouvera amadoué. Mais que va-t-il se passer ?

Ce que j’ai aimé :

  • Les deux personnages, leur affrontement.
  • Le naturel de Camélia Jordana. Le cynisme de Mazars (Daniel Auteuil).
  • Les vannes et les provocations de Mazars.
  • Les réparties de Neïla.
  • La famille et les amis de Neïla.
  • D’en apprendre un petit peu sur les stratagèmes de l’éloquence.
  • La dénonciation d’une forme de victimisation.

Ce que j’ai moins aimé :

  • La superficialité de l’ensemble. Ca pourrait aller beaucoup plus loin il me semble. J’ai eu sans arrêt l’impression que le film ouvrait des portes, les laissait ouvertes, restait  à leur seuil, sans explorer, sans aller plus avant, avec beaucoup d’implicite du genre “vous comprenez ce qu’on veut vous dire, hein ?”. Moi, j’aime bien quand ça va au bout des choses. Chacun sa cuisine.
  • L’ellipse sur les progrès de Neïla.
  • Le démarrage foudroyant de l’histoire, un peu capillotracté, qui atténue le conflit intérieur de Mazars. C’est l’acte un le plus rapide que j’ai jamais vu.
  • Les dernières scènes qui laissent penser que les auteurs ne savaient pas très bien en fait où ils voulaient nous emmener avec leur film et ce qu’ils avaient à nous dire sur la transmission, les immigrés, la culture, les banlieues, la bêtise du monde, etc.

Dommage. On serait passé de bon à très bon, voire captivant ! On peut voir. Ou pas.

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Downsizing, d’Alexander Payne, fun et mélancolie

Alors que la crise écologique mondiale s’accentue, mais on n’en voit pas les effets dans le film, des savants norvégiens mettent au point une technique permettant de rétrécir les organismes vivants. On y voit bientôt une solution à la surpopulation : l’empreinte écologique d’un humain rétréci est divisée par 100 ou plus. A l’inverse, son pouvoir d’achat est multiplié par 1000 ! C’est à vrai dire ce qui attire Paul et Audrey Safranek, américains moyens coincés dans une vie un peu étriquée, avec leurs soucis financiers et la frustration latente de voir leurs projets repoussés. Mais, dans le bus qui les emmène vers leur nouvelle vie de petits humains, Audrey a l’impression d’avoir oublié quelque chose….

C’est un film un peu inclassable, qui démarre comme une comédie d’anticipation, et qui prend un tour plus social, grave, voire apocalyptique, teinté de mélancolie.

Quel regard porte-t-on sur sa vie ? C’est la question amenée par ce film. A quel moment les humains réagiront-ils pour sauver la planète ? Jamais sous-entend le film, parce qu’il n’y a que quand la mort est proche que l’on voit les choses avec suffisamment d’acuité. Autrement dit, ce n’est que quand les gens n’ont plus le choix qu’ils renoncent à leur connerie. Donc trop tard. Enfin, la plupart du temps ( rien ne m’afflige plus que de voir des gens immobiles dans leur douleur, dont souvent ils jouissent par ailleurs, mais ça ils refusent de l’admettre ).

Matt Damon touchant dans son personnage de semi-looser indécis. Kristen Wiig parfaite. Christoph Walz gentiment sardonique. Hong Chau prend la lumière. Film à voir. C’est fun et mélancolique.

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