Archives mensuelles : février 2018

Jusqu’à la garde, de Xavier Legrand, frissons

Dans le bureau d’une juge aux affaires matrimoniales ( c’est comme ça qu’on dit ? ), un couple vient régler la question de la garde des enfants. On écoute la juge lire le témoignage du fils de 11 ans. On écoute l’avocate de la femme. On pense que c’est cuit pour le mari. Son avocate prend la parole. Peut-être pas si cuit.

C’est un film sur la menace. Qui ne cesse de grandir. C’est aussi un film sur le jugement que l’on peut porter sur les choses, sur la difficulté qu’il y a à juger les choses. C’est un film sur le courage. Et aussi une description de ce qu’est un pervers narcissique, et de comment il se conduit quand il est blessé de voir sa proie lui échapper.

Ce film est très beau, très intéressant, très construit, très maîtrisé. De longues scènes. Des scènes géniales comme l’audience du début,  la visite de l’appartement, le concert vu par la fille, le test de grossesse, … Des plans fixes envoutants. Oui, on peut faire des plans fixes qui racontent mille choses. Le bruit comme moteur de la situation, comme signe du dérèglement et de l’oppression : l’alarme de ceinture de sécurité, le bruit de l’ascenseur, …. C’est aussi un premier long métrage, mais pas un premier film puisqu’avec un court-métrage sur le même thème, et la même distribution, Avant que de tout perdre, Xavier Nicolas avait récolté de nombreux prix.

J’ai aimé toute la distribution : Léa Drucker, Denis Ménochet (massif, terrifiant, fragile) et Thomas Giora, le fils de onze ans qui affronte son père pour protéger sa mère, et les autres.

C’est assez universel comme histoire me semble-t-il. On attend maintenant avec envie le prochain film de Xavier Legrand qui lui sait raconter une histoire, et où placer sa caméra pour la raconter. Mais, comme par hasard, c’est aussi un acteur. A voir.

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Le retour du héros, de Laurent Tirard, marrant et vite oublié

1812. Pour guérir sa jeune sœur qui dépérit d’être sans nouvelles du capitaine Neuville, lequel est parti à la guerre le jour même où il a demandé sa main mais ne lui a jamais écrit comme promis, Elisabeth Beaugrand se lance dans une fausse correspondance décrivant les aventures extraordinaires du capitaine. Elle finit par le faire passer de vie à trépas dans une dernière lettre. Deux ans plus tard, alors que sa sœur s’est finalement consolée et mariée, Elisabeth tombe sur un Neuville clochardisé, de retour au pays. Gros problème.

C’est très marrant. On se demande comment les acteurs ont réussi à garder leur sérieux au tournage. Mais, le lendemain, j’avais presque complètement oublié le film. Pourquoi ? Quelques hypothèses :

+ il y a beaucoup de facilités dans le récit comme, par exemple, la rencontre des deux protagonistes. Pourquoi Elisabeth (Mélanie Laurent) déballe-t-elle tout si ce n’est pour arranger les billes des deux scénaristes ? Moi, spectateur lambda, ça m’a échappé. Et, ce genre de gêne,  n’y a-t-il personne pour la ressentir, pour leur en parler avant même la production ? Question de finalités peut-être. Donc, on a un film avec une bonne histoire, mais pas une super histoire qui impressionne, qui imprime.

+ les imperfections du récit sont massivement gommées par le jeu des acteurs, mais ils sont tellement bons que paradoxalement, ils révèlent les pistes inabouties de l’histoire comme, autre exemple, l’érotomanie de la petite sœur. Au delà des rôles principaux, il faut regarder l’extraordinaire travail d’Evelyne Buyle et aussi celui de Fabienne Galula qui dit des choses avec des petits mouvements de ses doigts.

+ je suis bien en peine de dire ce qu’il aurait fallu faire, mais il m’a semblé que la mise en scène, la façon de filmer, tout cela était un peu plat, ne faisait pas tant d’effet que cela.

+ dans Neuville (Jean Dujardin), je me demandais parfois si je ne voyais ou n’entendais pas Hubert (les afficionados ont compris), et à quelques instants, FX ! (il se reconnaîtra 😉 ) Ca trouble un peu ce sentiment au beau milieu d’une scène se déroulant du début du 19ème siècle.

Pour résumer, Le retour du héros, c’est marrant, ça aurait pu être un chef d’œuvre, un nouveau film culte, et puis en fait non. Dommage.

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Occupied, saison 2, page turner

Occupied de retour sur Arte ! J’ai découvert ça fortuitement en zappant comme un zombie ! La diffusion en était à l’épisode 5 ! Arghhh ! Mais là, merveilleuse surprise, on peut regarder tous les épisodes de la saison 2 sur le site d’Arte, disponibles jusqu’à la mi mars (2018). Arte, chaîne merveilleuse.

Donc, deux ans après la prise de contrôle de l’industrie du Oil & Gas norvégienne par les russes, avec la bénédiction et même commanditée par une Union Européenne affamée d’énergie, les russes sont toujours en Norvège où ils n’auraient du rester que 6 mois. Et la plupart des Norvégiens n’aiment pas ça.

Alors que Jesper Berg (Henrik Mestad), l’ancien premier ministre norvégien réfugié en Suède est sur le point de reprendre le pouvoir, le Parlement nomme au poste son ancienne chef de cabinet et amante, l’encore jeune Anita Rygg (Janne Heltberg). Une priorité pour elle, que le sang ne coule pas, alors que sa principale interlocutrice est la redoutable ambassadrice russe, Irina Sidorova (Ingeborga Dapknaite), et que si la sécurité intérieure collabore, d’autres aident la résistance.

C’est vraiment passionnant et réussi. Réussi surtout parce que c’est subtil, et absolument pas manichéen. C’est très fort parce que toutes les scènes ou presque sont des duels. Parce que le comportement de tous les personnages est questionnable. Parce qu’ils se salissent les mains, ou trahissent leur idéal, ou sont fidèles à eux mêmes en dépit de tout, ou font semblant de l’être. Trois beaux personnages : l’ambassadrice russe, Bente (Ane Dahl Torp) qui a vendu son restaurant pour acheter un hôtel de luxe fréquenté par des Russes et aussi le commissaire européen ( Hippolyte Girardot) qui se dévoilera en nous parlant de Marius Trésor. D’autres personnages très présents, les pays : la Russie, la Norvège, la Finlande, la Pologne et même la France.

Une petite interrogation. On passe sans arrêt d’un lieu à un un autre, d’un pays à l’autre, et chaque fois un court titre nous  l’indique. Il me semble que l’intensité de ce découpage est juste à la limite de ce que moi je pouvais supporter, avant de réclamer de pouvoir suivre plus longtemps tel ou tel personnage.

A la fin de la saison 2, qui semble bien dénouer l’histoire, je me suis demandé si j’étais plutôt une Anita Rygg ou un Jesper Berg. Bonne question. Vous qui me connaissez, vous en pensez quoi ? Et vous, de quel côté auriez-vous été ? Quoi qu’il en soit, merci aux créateurs de la série et aux scénaristes de nous interroger. A voir, à voir.

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Le Bac 68, de Philippe Caubère, contrasté

© Sébastien Marchal

Il est 4 heures du matin. La mère de Ferdinand rentre dans sa chambre pour le morigéner, lui parler d’un tas de choses, de son grand-père, des métiers qu’il peut faire, des comédiens qui sont tous des tatas et du bac qui se profile à l’horizon. Elle rembarre Isabelle, la sœur de Ferdinand, en chemise de nuit et pataugas, et qui elle non plus ne dort pas. On est en 1968. Il n’y a qu’un acteur sur scène. Philippe Caubère.

C’est la première partie du spectacle. Une heure, une voix un peu monocorde, des histoires pas si intéressantes que ça, des spectateurs qui rient à l’évocation des pignoles à répétition de Ferdinand. Le Pape est en scène. Un spectateur s’en va. Caubère fait remarquer que chaque soir un spectateur s’en va quand le Pape est en scène. Peut-être n’a-t-il pas la bonne causalité, et que personne n’ayant son oreille ne lui dit que l’heure qui vient de passer n’était pas des plus palpitantes.

Puis tout change. Ferdinand et sa maman, prodigieusement accoutrée, rendent visite à M. Bellanger, professeur du lycée, et examinateur supposé de Ferdinand car, cette année là, le Bac ça sera à l’oral. Là il se passe quelque chose. Là, entre papillons et ornithorynque,  ça devient intéressant. Et drôle. De plus en plus intéressant et drôle, jusqu’à l’examen du bac, morceau de bravoure et de virtuosité. Le prof qui dit regarder le fruit de son travail, vraie trouvaille.

J’avais vu les Enfants du soleil il y a 25 ans, je crois, à Paris, avec Diane. Je crois que nous n’avions pas cessé de rire durant tout le spectacle. A n’en plus pouvoir respirer. J’ai depuis manqué tous les autres épisodes de la série. Ce soir Caubère en appelle plusieurs fois à un certain entre soi, réunissant celles et ceux qui connaissent bien son œuvre, toutes ces pièces depuis 37 ans dit-il. Pour moi, il y a un monde entre mon souvenir et ce que je viens de voir ce soir aux Gémeaux. Je vieillis, n’est-ce pas ?

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Les heures sombres, de Joe Wright, lumineux

Début mai 1940. L’armée allemande envahit la Hollande, la Belgique puis la France. Le 10 mai Churchill, seul candidat de son camp acceptable par le camp d’en face, est nommé Premier ministre, après la démission de Neville Chamberlain. Il ne voit d’autre issue que la guerre, alors que dans son camp Halifax et Chamberlain prônent l’engagement de pourparlers de paix avec Hitler. 300.000 soldats anglais sont coincés à Dunkerque. Que va décider Churchill ? Qui le soutiendra ?

On connaît la fin de l’histoire. On a déjà vu Le discours d’un roi et Dunkerque. Pourquoi aller voir Les heures sombres ?

Pour Gary Oldman, méconnaissable, si ce n’est par instant son regard, ses yeux pleins d’énergie. Pour en savoir plus sur Churchill, cité par tous en exemple, aujourd’hui presque plus qu’hier. Pour réentendre quelques phrases devenues célèbres : “On ne négocie pas avec un tigre quand on a la tête dans sa gueule !”. Pour voir quelques très belles scènes, comme le coup de téléphone de Churchill à Roosevelt, la visite du roi, et les conseils de sa femme Clémentine. Et aussi pour se demander ce qui fait une nation. De quoi est fait le sentiment d’appartenance à un pays ? Sujet traité, retraité, rabâché par le cinéma américain. Et pas ou peu ici.

A côté de moi deux anglaises. Deux groupies. Elles riaient à une phrase sur deux. J’aurais bien aimé pouvoir faire comme elles !

A voir.

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Peaky Blinders, saison 4, goût italien

Peaky Blinders saison 4. Le principe reste le même. Deux ans ont encore passé et la famille Shelby va devoir affronter un ennemi encore plus puissant, encore plus cruel, encore plus déterminé, puisqu’il s’agit là de vengeance, de vendetta venue d’outre-atlantique.

Les italo-américains de la saison nous rapprochent encore un peu plus du Parrain. Mais c’est dans la philosophie d’un gangster juif que Thomas Shelby trouvera son salut.

Toujours aussi crédible, menaçant et beau. Même si bien sûr les méchants parlent toujours trop au lieu d’agir, et sinon il n’y aurait pas de série, ça ne finirait tout de suite. La fin ouvre de nouvelles perspectives, vers des prédateurs toujours plus gros.

A voir sans l’ombre d’une hésitation. Plus qu’un an à attendre pour la saison 5, annoncée comme la dernière.

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Pentagon Papers, de Steven Spielberg, however

1971, la guerre du Vietnam fait rage, Nixon est à la présidence. Katharine Graham, propriétaire et directrice de la publication du Washington Post, prépare l’introduction en bourse du journal, en vue de rassembler des fonds pour son développement. Ben Bradlee, le rédacteur en chef, qui tient fermement Katharine éloignée des décisions rédactionnelles, se demande ce qu’un des journalistes vedettes du New-York Times prépare. La réponse tombe le lendemain : c’est le début de la publication d’un rapport confidentiel contenant une évaluation de la politique américaine au Vietnam, et qui dévoile ce faisant les mensonges des gouvernements successifs depuis 1947, et l’impossibilité qu’il y a à gagner la guerre.

Le gouvernement américain fait interdire la publication des documents. Le Washington Post se les procure. Publier ou ne pas publier ? En dernier ressort, la décision revient à Katharine Graham, alors que ses conseils lui disent que cette publication pourrait compromettre son entrée en bourse, et que c’est l’un de ses amis qui a commandé ce rapport secret.

Ce que j’ai trouvé le plus étonnant, le plus admirable dans le film, c’est qu’il n’y a ni gras ni maigre. Tous les personnages sont compréhensibles, défendent leur bifteck, sont justes. C’est fluide. Les enjeux sont posés de manière nette.

Ce que j’ai trouvé le plus jouissif, c’est le personnage de Katharine Graham. Richissime veuve et héritière, mais considérée comme un peu falote. Elle se redresse et s’affirme tout le long du film. Jusqu’à cet “however” d’anthologie, cristallin, presque  susurré, qui accompagne sa prise de décision. C’est juste un moment de jeu merveilleux. Un million de mercis à Meryl Streep pour ce seul mot.

J’ai eu du mal à reconnaître Tom Hanks dans Ben Bradlee. Coupe de cheveux, visage un peu empâté et ramolli, de son âge peut-être. Je ne sais pas. Il campe un journaliste d’une grande fermeté.

A l’heure des fake news, et alors que la plupart de nos journaux sont la propriété directe ou indirecte de milliardaires, dont aucun n’a démontré la vertu de Katharine Graham, (je ne fais pas la liste, vous la trouverez partout sans peine, pensez seulement à l’exemple le plus grotesque du moment, La Provence, achetée par Tapie avec l’argent de l’arbitrage Crédit Lyonnais/Adidas), ne perdons jamais de vue que la première ligne de défense de nos libertés, c’est une presse indépendante, curieuse, qui fait son boulot de questionnement.

Film à voir, of course.

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Peaky Blinders, saison 3, goût russe

Deux ans ont à nouveau passé. Les affaires de la famille Shelby ont prospéré. Elles sont de plus en plus légales. Thomas se marie. Mais une dispute avec des italiens de Birmingham, et surtout une affaire en cours avec des russes blancs, en lutte contre les bolcheviques, affaire à laquelle est mêlée une sombre organisation politique, et aussi le gouvernement anglais, vont lui compliquer la vie. Un peu, beaucoup, tragiquement.

Le pardon, le compromis, les excuses, tout cela a-t-il une place dans nos vies .? En général oui. Ce qu’il y a de bien avec les Shelby, c’est qu’ils rejettent en bloc ces notions, en bloc ou pas tout à fait ce qui ouvre la porte à quelques conflits intrafamiliaux croustillants.

Les russes blancs de cette saison sont bien décadents, pour ne pas dire dégénérés. Les italiens trop arrogants. Les méchants sont encore plus méchants, puissants et brutaux. Les personnages devenus un peu faiblards sont éliminés sans pitié (scénariste, c’est comme jardinier, il faut savoir tailler dans l’histoire ). Ici pas de place pour la niaiserie ou même pour l’idée de quiétude.  A l’inverse, les personnages les plus forts montent en puissance, comme celui d’Alfie Salomon, gangster juif philosophe et caractériel. Polly, de plus en plus magnifique.

Ce que j’ai le moins aimé ? La fin. Ça se fait pas.

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Visiteurs de Versailles, guidé par Marguerite, fluide

Je n’arrive pas à me souvenir de ma dernière visite à Versailles. J’ai du y aller gamin, avec l’école ou le lycée. Ma famille ? L’occasion de se forger un nouveau souvenir se présente avec l’exposition Visiteurs de Versailles. Ses concepteurs ont choisit cet axe, celui de la visite, pour présenter Versailles, de Louis XIV jusqu’au départ de Louis XVI pour les Tuileries, emmené de force par le peuple le 6 octobre 1789.

Qui visite Versailles ? Sous Louis XIV, tout le monde peut venir, du moins théoriquement, à condition de se vêtir de manière correcte. Versailles est un  lieu de visites. A l’entrée, des échoppes vendent guides, souvenirs, chapeaux, …. Déjà. “Versailles, jusqu’à 20.000 visiteurs par jour à l’époque” nous précise Marguerite Estienne, guide conférencière entourée ce jour là d’un groupe amical et familial.

Elle nous parle de l’évolution des manières monarchiques de Louis XIV à Louis XVI, de plus en plus éloignées du peuple.  Je découvre les placets, sortes de lettres de doléances qui étaient déposées par les visiteurs pour le roi. Je découvre aussi qu’il existait un statut de visiteur incognito, lequel permettait à des princes de venir à Versailles, d’y être reçus royalement, mais sans avoir à subir les contraintes protocolaires et les dépenses folles des visites officielles.

Dans une salle, une maquette reconstitue l’escalier des ambassadeurs, construit par Louis XIV, détruit par Louis XV. Ça me fait un peu penser à l’entrée de l’opéra Garnier. Plus loin, une salle entière consacrée à la visite de l’ambassadeur du Siam. Dans les écouteurs, la voix de Marguerite, toujours agréable, mettant les choses en perspective, précisant tel ou tel point. Elle nous parle d’une notion nouvelle pour moi, l’émergence du tourisme du désastre, après le départ de Louis XVI.

Quand retournerai-je à Versailles ? Au printemps ? Pour visiter les potagers ? On verra avec Marguerite.

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Peaky Blinders, saisons 1 et 2, substantiel

Birmingham, 1919. Un homme à cheval avance lentement dans une rue. Des deux côtés de la rue, ni commerces, ni habitations, mais les façades de ce qui semble être une usine. Des ouvriers s’affairent, des flammes et des étincelles jaillissent, des bruits d’explosion, de percussion, les ouvriers sont en maillot de corps, ici et là des tas de charbon. Au bout de la rue, un pub, le Garisson. Les gens saluent le cavalier qui passe sans un regard. Lui, c’est Thomas Shelby. le bientôt chef d’un gang local impitoyable, qui coupe la langue des bavards, le gang des Peaky Blinders. Thomas est allé se battre en France avec ses frères et d’autres membres du gang. Ils ont fait preuve de courage. Tommy a récolté deux médailles. Tous sont rentrés avec pas mal de cicatrices, de fêlures, et un courage physique démultiplié.

Alors voilà, Thomas a des projets. Il veut grandir. Il va falloir se frotter à d’autres. Et qui s’y frotte s’y pique.

Peaky Blinders, série créée par Steven Knight, c’est un peu comme un Parrain anglais, 50 ans avant. Des personnages très forts. Des complots, des pièges, des difficultés inouïes. Je me demandais, qu’est ce qui fait identification au héros principal, violent, sans merci, impitoyable, qui vit sur le dos des autres, qui rackette, menace, trompe, escroque, estropie, tue. Qu’est ce qui fait sympathie ? Le besoin de reconnaissance. La lutte contre le dédain, le mépris, l’indifférence dont la société l’accable ou l’accablerait s’il n’était pas le chef des Peaky Blinders. La difficulté de sortir de son milieu, de sa classe, sentiment peut-être plus aigu en Angleterre qu’ici.  A noter le personnage de Polly, servie par Helan McCrory, rayonnante. Et un Sam Neill sombre, torturé, méconnaissable. A noter aussi, la coupe de cheveux des frères. Si j’en croise un comme ça ici, je demande à faire un selfie avec !

C’est très beau : la caméra, la lumière, les décors. Une musique aux sonorités magnifiques, que j’enverrai bientôt à Louis B. pour un prochain projet. Des accents roboratifs.

A voir. By order of the Peaky fookin Blinders

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