Archives mensuelles : août 2018

Mission impossible : Fall out, de Christopher McQuarrie, parlotte

Ethan Hunt résout à nouveau de graves problèmes.

Au bout de combien de temps ce film m’a-t-il envoyé un signal négatif ?

Au bout de deux minutes. Ethan Hunt reçoit une nouvelle mission. De la parlotte à n’en plus finir. Ca se prend au sérieux. C’est mal parti, toutes ces paroles en lieu et place de scènes d’actions et de caractérisation convaincantes. De la parlotte, le film en est bourré. Pour faire avancer les choses, les débloquer, quand on n’a pas d’autres idées. Et on vous répète deux fois les mêmes choses pour être sûr que vous avez bien compris. Première déception.

Deuxième déception. Dans l’opus précédent, les auteurs avaient mis un soupçon d’autodérision présent dès le début. Ca donnait la note, c’était marrant. Là, même ingrédient, mais qui arrive à partir de la moitié du film. Trop tard. La mayonnaise ne prend pas, il me semble.

Troisième déception. Plus de 10 minutes de poursuite en voiture dans Paris. Un peu sans queue ni tête.  Pas aussi bien filmé que la poursuite de La mémoire dans la peau.

Quatrième déception. A force de vouloir faire compliqué, on ne comprend plus rien. Qui est qui ? Qui fait quoi ? Qui double qui ? Qui descend qui ? Il y a des moments où être bon public, voire très bon public, ne suffit plus.

Un espoir. Il y a deux personnages forts que l’on retrouve : Ilsa Faust (espionne sur le fil du rasoir) et Solomon Lane (super méchant à message). Espérons que les scénaristes du prochain épisode sauront mieux les mettre en valeur. Prions pour que ce prochain épisode soit plus inspiré et inspirant.

Homeland, saison 7, failles

On avait laissé Carrie trahie par la nouvelle présidente et son chef de cabinet, Saul et Dar en prison,  Quinn au cimetière.

La saison 7, c’est la suite, qui dépeint une intervention russe dans la politique américaine visant à saboter la présidence qui démarre.

C’est tellement d’actualité que ça fait peur. On aurait du passer la série aux américains avant l’élection de Trump. L’avenir nous dira s’il est juste un idiot utile ou un véritable asset des russes comme beaucoup le disent. Quoi qu’il en soit, on a déjà beaucoup perdu.

Carrie Mathison va résoudre au moins un de ses déchirants problèmes : élever une enfant ou sauver son pays. Plus d’actions que dans la saison 6, plus de scènes d’espionnage, plus d’interrogatoires intéressants aussi. Des personnages qui s’approfondissent comme Max et l’horrible Bret O’Keefe. Un dénouement à message à l’attention des citoyens US mais qui peut nous intéresser aussi ici. Une série qui nous en dit long sur nos failles, et sur la facilité qu’il y a à les exploiter, à les agrandir, à y verser du fiel.

Vivement la saison 8 avec le retour, il faut l’espérer, de Dar qui ici ne fait qu’une apparition.

Mamma Mia ! 2, de OI Parker, à la gélatine de porc

Sophie prépare l’inauguration de l’hôtel qu’aurait voulu sa mère – Donna – disparue il y a un an. Parallèlement, nous revivons les évènements qui ont conduit Donna sur l’île 20 ans avant, et la rencontre avec les trois pères de Sophie.

J’y suis allé beaucoup pour Meryl Streep, un peu pour l’île grecque où avait été tourné le premier film, un peu aussi pour Abba.

Déception sur toute la ligne ! Les trois premiers quarts d’heure les plus poussifs de l’histoire du cinéma. Meryl Streep absente jusqu’à une des dernières scènes. Cher telle une momie avec deux apparitions qui sentent bon les clauses de son contrat. La musique, les chorégraphies, les décors, on s’en fiche. Andy Garcia, qu’est-il allé faire dans ce navet ? Pierce Brosnan n’a plus la ligne, Colin Firth l’a gardée. Lily James, quelque chose de dur dans la mâchoire et le regard à mille lieues de sa mère de comédie (Meryl). Du quasi mélo et des bons sentiments que les quelques transgressions verbales des amies de Donna n’arrivent pas à pimenter. Et le tournage a eu lieu en Croatie et pas à Skopellos m’a expliqué Eric R. (qui s’y connaît).

Quand tu te dis que dans un bonbon il y a de la gélatine de porc, tu le recraches ! A fuir.

Fleuve noir, d’Erick Zonca, noir de noir

Un ado, Danny, disparaît. Le commandant Visconti enquête. Un voisin l’intrigue. La mère de l’ado le fascine. Et son fils à lui deale du côté de Pigalle. Ca va pas être une enquête facile, et ce d’autant moins que Visconti est au bout du bout du rouleau de sa vie.

Vincent Cassel est stupéfiant, en flic usé, alcoolique, laid, quasi difforme, mais dans lequel la flamme humaine et l’instinct policier ne sont pas tout à fait éteints. Romain Duris ne l’est pas moins en prof apprenti écrivain introverti et allumé. Et Sandrine Kimberlain en mère éplorée, éteinte, qui survit, l’est tout autant. Ils sont tous les trois sortis de leurs sillons. Dans des compositions, des quasi contre emplois. Et le reste de la distribution ne connaît pas de faille.

L’histoire tourne bien. C’est fluide. Comme un fleuve. On sait où on est. Il n’y a rien de superflu, pas de coquetterie de style. Pas de facilité de récit. C’est maîtrisé. Et c’est noir, noir, noir de noir. Comblera les amateurs de polars.

 

Lost in space, saison 1, de Zack Estrin et Matt Sazama, enfance

En route pour Alpha du Centaure, le vaisseau spatial Résolution rencontre un problème aussi inexpliqué que violent. Des groupes de colons se réfugient – chacun avec leur navette spatiale familiale, les Jupiter – sur une planète proche. Dont la famille Robinson, la mère, le père et leurs trois enfants. C’est une famille de colons. Ils ont tous passé avec succès des tests d’aptitudes et de résistance au stress. Sur cette nouvelle planète, ils vont être mis à l’épreuve. Et plutôt plus que moins.

J’ai regardé cette saison en trois ou quatre jours, profitant de l’absence des unes et des autres.  J’ai eu l’impression de regarder un conte pour enfants, à la sauce science-fiction. Un conte bien raconté. Sans niaiserie. Avec une sorcière. Avec un ogre que l’on domestique. Et pleins de conflits internes et externes à résoudre. Des relations familiales à la fois modernes et originales. Des adolescents pas stéréotypés. Un conte spectaculaire, intéressant et plaisant. Et des comédiens crédibles.

La fonction du conte, c’est, parait-il , d’aider les enfants à surmonter leurs frayeurs et leurs angoisses. Et moi, ça m’a fait quoi ?

On ne perd pas son temps à le regarder en attendant la saison 2 annoncée par Netflix. (si une saison ne marche pas assez, pas de suite avec Netflix, voir Marco Polo).

PS : En creusant un peu, j’ai appris l’existence et la carrière de Brian Steele, comédien spécialisé en monstres, robots, et créatures diverses.