Archives mensuelles : novembre 2018

En liberté, de Pierre Salvadori, déception

Yvonne est la maman d’un petit garçon auquel elle raconte chaque soir pour l’endormir les aventures enjolivées de son papa, lui aussi inspecteur de police, et dont elle est veuve. Elle découvre un jour que son défunt mari était un ripou des plus méprisables, et qu’un de ses coups tordus a expédié en prison pour huit ans un innocent qui est sur le point de finir sa peine. Rongée par la culpabilité, Yvonne décide de veiller sur le libéré. Mais est-ce une bonne idée ?

C’est burlesque, loufoque, assez rigolo. Mais en dépit de plein de trouvailles, je n’ai pas été emporté par le tourbillon que des échos saisis ça et là me promettaient. Des yeux écarquillés, un gentil sourire, et une élocution sans faille ne fond pas d’Adèle Haenel une amoureuse crédible à mes yeux. Enfin si elle est convaincante, moi je n’ai pas été convaincu. J’ai aussi trouvé que la mise en scène de certaines scènes clés était d’une grande platitude, et qu’il fallait être vraiment bon public pour y croire comme la scène de la découverte de la corruption du défunt, ou celle de la déclaration d’amour de Louis sur fond d’épave de Ferrari, etc. Très souvent, il y a un petit quelque chose qui manque, et plus il y a d’enjeu, plus il y a de manque.

Bon c’est sûrement très sévère comme retour. Mais quand on fait trop appel à mon bon fond de spectateur indulgent, on finit par décevoir. Et après c’est fichu. Mécanisme d’hystérésis de base. Allez-y, je vous aurais prévenus.

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Bodyguard, de Jed Mercurio, commence bien, finit mal

David Budd rentre de week-end en train avec ses enfants. Pas de bol, il tombe au beau milieu d’une attaque terroriste, et il parvient à empêcher un massacre. Faut dire qu’il est policier au service de protection des personnalités et doté d’un sang-froid à toute épreuve. Repéré (en bien), il est affecté à la protection de Julia Montague, la jolie Ministre de l’Intérieur, déterminée à faire passer un nouveau projet de loi intitulé RIPA 18, permettant la surveillance de masse des activités numériques. Julia et son projet n’ont pas que des amis.

Les deux premiers épisodes sont très intéressants. David Budd, ancien de l’Afghanistan, aux graves fêlures et cicatrices, borderline de chez borderline, est assez fascinant en garde du corps quasi robotisé, qui scrute, surveille, ne se laisse jamais distraire, et déroule la mécanique de protection de manière implacable. A la fin du deuxième épisode, il y a quelque chose de vénéneux qui s’est construit, de très érotique, et l’on croit que l’on va assister à une variation moderne sur le thème maîtresse et valet, entre internet, violence djihadiste et politique, guerre des polices et complotisme.

Et puis, les choses se dégonflent doucement, à croire que la production a viré le premier scénariste, ou que celui-ci a changé, en mal, le dosage de ses éventuels anti-dépresseurs.

Petit à petit, on n’y comprend plus rien, ou on croit comprendre mais en fait c’est pas ça. David, de plus en plus borderline démontre qu’il a vraiment du sans-froid à revendre, mais alors des tonnes. Arrive le dénouement. Le bien triomphe. Les méchants ne sont pas ceux qu’on croit mais en fait si. La paix et l’amour règnent dans les familles.

Dommage. C’était pourtant bien parti. Faudrait tout reprendre à partir de la fin du deuxième épisode.

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