Archives mensuelles : décembre 2018

Narcos Mexico S1, par Chris Brancato et Doug Miro, sur Netflix, épopée

Années 80, Mexique. Rafael un est un agriculteur un peu particulier, c’est un spécialiste de la marijuana. Supprimant les plants mâles du champ, il crée une variété sans graines, plus facile à fumer, plus concentrée, meilleure quoi, c’est la Sensamilla dont les consommateurs américains vont raffoler. Son associé et ami Félix, qui remise son uniforme de policier, unifie les narcotrafiquants mexicains jusqu’à créer le cartel de Guadalajara. Félix voit toujours plus grand, car “si on ne contrôle pas le monde, c’est lui qui vous contrôle”. Il propose aux cartels colombiens de faire passer leur cocaïne. Parallèlement débarque à l’antenne locale de la DEA Enrique Camarena, agent tenace et décidé à en découdre. Félix et Kiki vont devoir faire face à la corruption de l’Etat mexicain, chacun de son côté, chacun à sa manière.

Jusqu’à la moitié des 10 épisodes, j’ai trouvé que les deux héros manquaient un peu de charisme, et n’avaient pas l’épaisseur de leurs personnages. Puis, petit à petit, je me suis laissé prendre par l’histoire. Petit à petit, j’ai trouvé la réalisation de plus en plus sophistiquée, précise, surprenante. Et, en même temps – une expression qui risque de perdre de son momentum -, les personnages secondaires prenaient corps, comme Rafa et Don Neto, particuilèrement allumés. J’ai particulièrement aimé revoir Pablo Escobar et les autres personnages de la saison originelle, même brièvement.

A celles et ceux qui ne comprennent pas ce qu’est un état corrompu,  je les invite à regarder la série. A celles et ceux qui fument et s’en mettent dans le nez, je les invite à réfléchir à la “chaîne de valeur” qui précède leurs émois psychotropes, une chaîne qui commence dans le sang, la violence, l’esclavage, la corruption, la pauvreté persistante, la mort. Enfin, je me suis demandé si un jour Netflix produira un “Narcos Marocco”, avec go fast, tarifs de groupe, logistique de quartiers, Etat français pris dans ses intérêts contradictoires, et élites françaises stipendiées. Ca serait marrant, non ?

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