Annihilation, d’Alex Garland, anxiogène

Sur la côte est des Etats-Unis, une zone entourée d’une frontière transparente sur laquelle se forment des effets d’irisation et de miroitement s’étend lentement. Les autorités ont fait le vide dans la région. Rien n’en est jamais ressorti : animal, drone, humain …  sauf Kane, membre des forces spéciales, qui y avait été envoyé avec quelques hommes, et qui en ressort gravement malade, sans que son mal puisse être bien défini.

Sa femme Lena, biologiste et militaire, désireuse de tout faire pour sauver son mari, se joint à quatre autres femmes, toutes scientifiques. Leur mission : se rendre au phare où tout a commencé.

Le film est construit comme un retour en arrière, et dans ce retour en arrière il y aura d’autres retours en arrière. Les décorateurs et les spécialistes d’effets spéciaux ont fait un très beau travail pour créer une nature perturbée, et parfois dangereusement perturbée. Le rythme est assez lent, et s’accélère brusquement chaque fois que l’équipe s’enfonce un peu plus dans le cauchemar. Comme on sait par avance que Lena va en ressortir, et pas les autres, ça crée beaucoup d’ironie dramatique à leurs dépends. Ironie qui finira par aller beaucoup plus loin.

J’ai lu après avoir vu le film qu’il reflétait admirablement la vision de la dépression vu de l’intérieur. Je l’ai trouvé angoissant, anxiogène, comme beaucoup de programmes sur Netflix d’ailleurs. Une précision, Annihilation n’est pas une production originale de Netflix. C’est un film que la Paramount n’a pas voulu distribuer tel quel, et dont le producteur a préféré faire affaire avec Netflix pour sa sortie.

Si vous êtes à la recherche de légèreté, passez votre chemin. Si vous voulez pouvoir dire dans les dîners en ville que “Décidément, Netflix bouscule le cinéma !”, regardez-le. Curiosité, goût pour le fantastique, appétit pour toute forme de narration, … plein d’autres raisons de voir ce film.

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