Archives de l’auteur : Antoine

Les veuves, de Steve McQueen (II), noir

Ca se passe à Chicago. Harry Rawlins, le mari de Veronica, gangster de haut vol, est mort avec ses trois complices en braquant la trésorerie des frères Manning, gangsters de terrain. Problème, Jamal Manning qui se présente aux élections locales contre le fils du sortant, Jack Mulligan, avait besoin de cet argent pour financer sa campagne électorale. Jamal donne un mois à Veronica pour liquider ses affaires et le rembourser. Veronica met la main sur un carnet où Harry notait la préparation de ses coups. Alors que Jatemme Manning, tueur impitoyable, rôde, que va faire Veronica ?

J’étais parti pour voir ce que je croyais être une comédie de gangsters. C’était en fait un film noir sur la corruption des mœurs politiques, l’émancipation féminine, et l’héroïsme par le braquage. Ca tourne bien. Les personnages principaux (féminins for once) sont riches et intéressants. Les méchants sont vraiment des salopards de première. Le couple père-fils des Mulligan a une intensité rarement vue. Donc tout ça fait un beau film. Avec un rayon de soleil quand même.

Dernier film vu en 2018.

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Une affaire de famille, d’Hirokazu Kore-eda, désincarcération

Une famille japonaise, – mais quels sont les liens qui unissent vraiment ses membres ? – vit dans une petite maison coincée dans la ville. Le père et le fils – mais est-ce son fils ? – chapardent dans les magasins selon des techniques bien éprouvées. Il fait froid. Une petite fille est recueillie dans la rue. On se rend compte qu’elle est maltraitée, on ne la ramène pas chez elle.  Personne ne la cherche, … jusqu’à ce qu’on la cherche. Lent glissement de la famille pour qui “ce qui est dans un magasin n’appartient encore à personne”.

Quand je me suis glissé dans le fauteuil du Gaumont Convention, j’ai eu l’impression que quelqu’un me prenait dans ses bras. J’étais épuisé. Il faisait bon. J’ai perdu de vue quelques minutes du film. Pas assez pour ne pas suivre cette famille à rebours de l’imagerie sociale traditionnelle sur le Japon et les japonais. Des japonais voyous, oui les Yakuzas tout le monde connaît. Des politiciens corrompus : “Des valises de billets apportées par mon chauffeur ? Je n’en ai aucun souvenir”, j’en avais entendu parler par Takako. Mais je restais persuadé de l’honnêteté foncière des japonais, tenus par un pacte social d’acier, au prix de leur vie au besoin (le suicide d’un conducteur de train quelques jours après un déraillement imputé à son ivresse à Kobe au printemps 84 m’avait particulièrement frappé). Dans cette Affaire de famille, point de contrat social,  mais des petites gens, des pauvres, une exploitée consommable, des chapardeurs aussi astucieux qu’affectueux. Et aussi, surtout, des gens clairvoyants, capables de distinguer instinctivement, immédiatement, le mal du bien, et de prendre leurs responsabilités. Ce dont la société est incapable, comme l’indique le film dans sa dernière partie.

Le rythme est lent. On est au plus près des personnages. Qui mangent et remangent leurs nouilles à grands coups de slurps appuyés et prolongés. J’ai aimé sans être particulièrement ému. Je n’ai pas tout compris notamment ce qui se passe entre Osamu et Shota à la fin. Je vous recommande le film, vous m’expliquerez, SVP.

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Edmond, d’Alexis Michalik, d’énergie

La scène se passe au Trianon de Sceaux. Avant-première d’Edmond, en présence du réalisateur et de deux de ses acteurs : Lucie Boujenah ( a fait ses études à Marie Curie apprendra-t-on) et Thomas Solivérès. Alexis Michalik raconte qu’à l’origine Edmond était un scénario, devenu une pièce, puis redevenu un scénario en raison du succès de la pièce. Tout cela a pris quelques années. Mais que raconte son Edmond ?

A la suite d’un concours de circonstances, et de l’intervention de Sarah Bernhardt, Edmond Rostand, poète sans grand succès, dispose de trois semaines pour écrire “une comédie” lui demande-t-on. Le film fait le récit de ces trois semaines, et montre comment l’inspiration vient à Edmond, au gré des rencontres, des situations, des hasards. On y croise le monde du théâtre de l’époque, Feydeau et Courteline qui ont eux du succès, et aussi Tchékhov, et même Mélies. On voit comment se construit, évolue, est remis en cause, s’enrichit Cyrano de Bergerac.

Que peut-on dire ? Que c’est bourré d’énergie. Que Thomas Solivérès même moustachu est un poil jeune pour le rôle mais fait oublier cette jeunesse par son engagement. Que ça va à toute vitesse. Que c’est très souvent drôle. Que c’est bien filmé et qu’on ne se pose pas la question d’ailleurs. Que tous les rôles existent : Clémentine Célarié, Mathilde Seigner, Olivier Gourmet, Tom Leeb, …. Que les deux producteurs tenanciers de bordel sont très réussis, etc, etc. C’est très simple, d’Edmond on ne peut dire que du bien.

J’ai aimé Edmond, qui va rejoindre Shakespeare in love ou Molière (de Tirard), au panthéon des films qui nous font voyager dans le cœur et dans le temps des auteurs. Et ça c’est pas facile à faire, non ?

Narcos Mexico S1, par Chris Brancato et Doug Miro, sur Netflix, épopée

Années 80, Mexique. Rafael est un agriculteur un peu particulier, c’est un spécialiste de la marijuana. Supprimant les plants mâles du champ, il crée une variété sans graines, plus facile à fumer, plus concentrée, meilleure quoi, c’est la Sensamilla dont les consommateurs américains vont raffoler. Son associé et ami Félix, qui remise son uniforme de policier, unifie les narcotrafiquants mexicains jusqu’à créer le cartel de Guadalajara. Félix voit toujours plus grand, car “si on ne contrôle pas le monde, c’est lui qui vous contrôle”. Il propose aux cartels colombiens de faire passer leur cocaïne. Parallèlement débarque à l’antenne locale de la DEA Enrique Camarena, agent tenace et décidé à en découdre. Félix et Kiki vont devoir faire face à la corruption de l’Etat mexicain, chacun de son côté, chacun à sa manière.

Jusqu’à la moitié des 10 épisodes, j’ai trouvé que les deux héros manquaient un peu de charisme, et n’avaient pas l’épaisseur de leurs personnages. Puis, petit à petit, je me suis laissé prendre par l’histoire. Petit à petit, j’ai trouvé la réalisation de plus en plus sophistiquée, précise, surprenante. Et, en même temps – une expression qui risque de perdre de son momentum -, les personnages secondaires prenaient corps, comme Rafa et Don Neto, particuilèrement allumés. J’ai particulièrement aimé revoir Pablo Escobar et les autres personnages de la saison originelle, même brièvement.

A celles et ceux qui ne comprennent pas ce qu’est un état corrompu,  je les invite à regarder la série. A celles et ceux qui fument et s’en mettent dans le nez, je les invite à réfléchir à la “chaîne de valeur” qui précède leurs émois psychotropes, une chaîne qui commence dans le sang, la violence, l’esclavage, la corruption, la pauvreté persistante, la mort. Enfin, je me suis demandé si un jour Netflix produira un “Narcos Marocco”, avec go fast, tarifs de groupe, logistique de quartiers, Etat français pris dans ses intérêts contradictoires, et élites françaises stipendiées. Ca serait marrant, non ?

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La ballade de Buster Scruggs, des frères Coen, sur Netflix, plombé

Un cowboy chantant, un hors la loi, un entrepreneur de spectacle et son artiste phare, un chercheur d’or, une caravane de pionniers, une diligence crépusculaire. 6 courtes histoires de l’Ouest américain, à une époque où les indiens attaquaient encore, qui forment un tout.

C’est assez sombre, assez cruel, toutes ces histoires qui se retournent toujours contre quelqu’un, de manière surprenante ou téléphonée. Un peu comme dans Fargo. C’est tellement sinistre et répétitif que ça en devient un peu lassant. Pour moi, même pas le plaisir d’une joie mauvaise à voir un personnage se traîner à terre et recevoir de surcroît quelques coups de pied dans les côtes. Bon, j’ai bien aimé l’histoire avec James Franco, au sadisme un peu burlesque. Et celle du chercheur d’or, surtout par l’imagerie d’un espèce d’Eden momentanément perturbé, qui m’a vaguement rappelé le plateau du Cuscionu.

Les frères Coen au sommet de leur art claironne dans le métro l’affiche du film en citant les Zinroks. Au sommet de l’ennui, j’ai envie de dire. 6 histoires plombées quelque peu plombantes, au budget qui semble aller diminuant.

La diffusion sur Netflix a fait l’objet d’un débat, le film n’étant pas diffusé en salle du moins en France. Me serais-je moins ennuyé dans une salle de cinéma ? Pas sûr. C’est pas le meilleur des Coen. C’est pas le meilleur de Netflix. Loin s’en faut.

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En liberté, de Pierre Salvadori, déception

Yvonne est la maman d’un petit garçon auquel elle raconte chaque soir pour l’endormir les aventures enjolivées de son papa, lui aussi inspecteur de police, et dont elle est veuve. Elle découvre un jour que son défunt mari était un ripou des plus méprisables, et qu’un de ses coups tordus a expédié en prison pour huit ans un innocent qui est sur le point de finir sa peine. Rongée par la culpabilité, Yvonne décide de veiller sur le libéré. Mais est-ce une bonne idée ?

C’est burlesque, loufoque, assez rigolo. Mais en dépit de plein de trouvailles, je n’ai pas été emporté par le tourbillon que des échos saisis ça et là me promettaient. Des yeux écarquillés, un gentil sourire, et une élocution sans faille ne fond pas d’Adèle Haenel une amoureuse crédible à mes yeux. Enfin si elle est convaincante, moi je n’ai pas été convaincu. J’ai aussi trouvé que la mise en scène de certaines scènes clés était d’une grande platitude, et qu’il fallait être vraiment bon public pour y croire comme la scène de la découverte de la corruption du défunt, ou celle de la déclaration d’amour de Louis sur fond d’épave de Ferrari, etc. Très souvent, il y a un petit quelque chose qui manque, et plus il y a d’enjeu, plus il y a de manque.

Bon c’est sûrement très sévère comme retour. Mais quand on fait trop appel à mon bon fond de spectateur indulgent, on finit par décevoir. Et après c’est fichu. Mécanisme d’hystérésis de base. Allez-y, je vous aurais prévenus.

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Bodyguard, de Jed Mercurio, commence bien, finit mal

David Budd rentre de week-end en train avec ses enfants. Pas de bol, il tombe au beau milieu d’une attaque terroriste, et il parvient à empêcher un massacre. Faut dire qu’il est policier au service de protection des personnalités et doté d’un sang-froid à toute épreuve. Repéré (en bien), il est affecté à la protection de Julia Montague, la jolie Ministre de l’Intérieur, déterminée à faire passer un nouveau projet de loi intitulé RIPA 18, permettant la surveillance de masse des activités numériques. Julia et son projet n’ont pas que des amis.

Les deux premiers épisodes sont très intéressants. David Budd, ancien de l’Afghanistan, aux graves fêlures et cicatrices, borderline de chez borderline, est assez fascinant en garde du corps quasi robotisé, qui scrute, surveille, ne se laisse jamais distraire, et déroule la mécanique de protection de manière implacable. A la fin du deuxième épisode, il y a quelque chose de vénéneux qui s’est construit, de très érotique, et l’on croit que l’on va assister à une variation moderne sur le thème maîtresse et valet, entre internet, violence djihadiste et politique, guerre des polices et complotisme.

Et puis, les choses se dégonflent doucement, à croire que la production a viré le premier scénariste, ou que celui-ci a changé, en mal, le dosage de ses éventuels anti-dépresseurs.

Petit à petit, on n’y comprend plus rien, ou on croit comprendre mais en fait c’est pas ça. David, de plus en plus borderline démontre qu’il a vraiment du sans-froid à revendre, mais alors des tonnes. Arrive le dénouement. Le bien triomphe. Les méchants ne sont pas ceux qu’on croit mais en fait si. La paix et l’amour règnent dans les familles.

Dommage. C’était pourtant bien parti. Faudrait tout reprendre à partir de la fin du deuxième épisode.

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Le grand bain, de Gilles Lellouche, lâcher prise

Bertrand, cadre dépressif, très dépressif, dont un des tiroirs de sa cuisine est rempli de médicaments, se trouve un jour fasciné par une équipe masculine de natation synchronisée observée à la piscine municipale. Il rejoint l’équipe, entraînée par Delphine, une ancienne championne. Quand une équipe sportive se constitue, elle doit se donner un objectif. La suite dans vos salles.

Je suis sorti du film avec le sourire, reconnaissant envers les auteurs du film de ce bon moment, de cette histoire, de ce regard sur leurs personnages.

J’ai eu envie de remercier ces comédiens qui nous font don de leurs corps quelque peu flasques, à rebours des canons de la beauté. De tous, c’est sans doute Philippe Katerine le plus brillant, le plus clown de la bande. On a aussi envie de remercier Benoît Poelvoorde, qui maîtrise le volcan en lui et qui n’écrase pas les autres.  Et Jean-Hugues Anglade, en looser harmonieux et assumé. Et aussi Leïla Bekhti, qui invente une entraîneuse paraplégique que même des légionnaires endurcis pourraient redouter. Enfin, je parie que quelques répliques du film vont devenir cultes. Moi je les utilise déjà, mais je ne dirai pas lesquelles ne voulant pas passer pour un psychopathe.

L’histoire est bien racontée ? Oui. L’histoire est parfaitement racontée ? Non. Il y a des ellipses arrangeantes ? Oui. Certains personnages sont un peu sous-exploités ? Oui. Le passage de relais entre les deux entraîneuses n’est pas très clair ? Oui, il ne l’est pas. Mais on s’en fout. Ce film cadeau-gâteau, je le mange comme il est.

Ce qui m’a particulièrement intéressé, c’est comment le film se construit, à travers la peinture à petites touches de ses personnages, qui tous – ou presque – commencent par s’enfoncer plus ou moins doucement dans leurs difficultés. Et ce plutôt qu’une construction classique, où l’on voit le recrutement de l’équipe dont on connaît dès le départ la mission (Les sept mercenaires, Les douze salopards,…), etc.

Ce qui m’a particulièrement touché, c’est aussi le message du film – moi j’en ai trouvé un – . Pour réussir quelque chose de grand, il faut lâcher prise. Il faut prendre le risque du dénuement. Il ne faut pas se conformer à ce qu’on attend de soi. Il faut être capable de s’abandonner.

Vivement le prochain Lellouche dont je connaissais très mal la carrière et l’œuvre avant de lire pas mal d’articles consacrés à ce film.

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Nos batailles, de Guillaume Senez, touchant

Olivier est chef d’équipe dans un immense entrepôt logistique dédié à la VPC. Deux enfants, Elliot et Rose, sa femme Laura. Laura, dont on sent la fragilité, s’en va sans prévenir, sans explications. Olivier, aidé par sa mère puis par sa sœur, doit faire front.

Dans La vie est belle, le héros est d’abord dépassé par les événements, et prend peu à peu conscience de son utilité, de ses responsabilités, de ce qu’il veut vraiment. Nos batailles, c’est un La vie est belle moderne, pas mélodramatique, ancré dans la terrifiante réalité professionnelle et sociale de l’entreprise où travaille Olivier. Une entreprise gérée au quotidien par les RH, les relations humaines, qui sont ici plutôt des RI, des relations inhumaines. Où chaque geste du travail est mesuré, enregistré, analysé, comparé, jaugé. Où l’on dégage toute personne sur qui plane l’ombre d’un doute. Où la moindre demande de bon sens se heurte à un “si t’es pas content tu t’en vas”. Où la fin justifie les moyens. A croire que les managers impitoyables d’aujourd’hui n’ont toujours pas assimilé la leçon des managers impitoyables qui les ont précédés : c’est une mission dont on finit toujours par se faire dégager, une fois le sale boulot fait, ou quand sur soi aussi vient planer l’ombre d’un doute, ou quand le boomerang vous revient en pleine poire.

Mais le plus intéressant, le plus touchant dans le film, ce n’est ni la peinture du boulot d’Olivier (Romain Duris), ni ses tourments intérieurs attisés par la figure syndicaliste paternelle, ce sont ses relations avec ses enfants – archi justes – , avec sa mère  (Dominique Valadié) – archi justes – , et surtout avec sa sœur (Laetitia Dosch) , comédienne, intuitive, qui trouve les mots pour ouvrir l’âme et le cœur d’un Olivier blessé, déboussolé, sous pression. Ce sont les séquences que j’ai préférées dans le film. Va savoir pourquoi. On a tous besoin d’une âme sœur sans doute. Ou d’un ensemble de morceaux d’âmes sœurs.

Voilà, Nos batailles c’est intéressant, c’est solide, c’est touchant.

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Thunder road, de et avec Jim Cummings (II), égocinéma

J’étais dans la file d’attente pour aller voir I feel good. Derrière moi, une dame voyant l’affiche de Thunder road dit à son compagnon : “Oh Thunder road, je l’ai vu à Deauville, c’est génial, si drôle, et si émouvant à la fois !”. Tenté, j’étais.

Jimmy Arnaud, officier de police dans une petite ville américaine, enterre sa mère, experte-comptable et professeur de danse. Il prend longuement la parole dans l’église. Pour rendre hommage à sa maman, chacun fait son deuil comme il peut, il esquisse quelques pas de danse.

On retrouve Jimmy dans sa vie de tous les jours. Jimmy a l’air quand même tout à la fois très émotif, assez tendu, un peu naïf, assez rigide, la tête près du bonnet. Et les ennuis commencent à s’accumuler, avec sa fille, sa femme qui veut divorcer, son chef, ses amis, etc.

Chère Madame qui allez au Festival du film américain de Deauville, je n’ai ni ri, ni pleuré, ni pleuré de rire. Les aspects comiques et mélodramatiques de l’histoire m’ont laissé de marbre, l’âge ou la fatigue de la journée peut-être. J’ai vu une œuvre tout à la fois écrite, réalisée et interprétée par Jim Cummings (II)  – je rajoute le (II), ça doit avoir son importance, je ne suis pas doué en prénoms américains -. Jim Cummings (II) braque la caméra sur lui et se filme dans de longs plans séquences où il soliloque. Ca fait des économies de montage me direz-vous. Régulièrement, il a une sorte de rictus quand l’émotion prend son personnage, le rictus qu’on a quand on fait semblant d’avoir envie de pleurer. De temps en temps, sans doute pour ne pas qu’on pense qu’il s’agit d’un spectacle de stand-up filmé, il nous montre les autres personnages qui attendaient patiemment d’y être. Définitivement sympas.

Quels sont les auteurs qui se sont abondamment filmés eux-mêmes ? Charlie Chaplin. Woody Allen. Jerry Lewis. Clint Eastwood. Jim Carrey. Je ne veux pas être désobligeant, mais Jim Cummings (II) ne me semble pas encore à la hauteur de ces grands hommes. Ca va peut-être venir. La MGM ne s’est pas faite en un jour.

Bon, en sortant, je me suis dit que j’avais vu de l’égocinéma. Et je n’étais pas mécontent de ma trouvaille linguistique que je partage ici. La soirée n’est pas fichue, c’est l’essentiel.

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