Archives de l’auteur : Antoine

Isle of dogs, de Wes Anderson, aventures

L’histoire se passe au Japon. Dans la ville de Megasaki, une épidémie de grippe canine frappe les chiens, lesquels ne cessent d’éternuer, entre autres désagréments. Le maire – descendant d’une lignée qui a des comptes à régler avec la gent canine –  décide de déporter les chiens sur une île voisine qui sert de dépotoir : l’île poubelle. Pour l’exemple, il y envoie son propre chien Spot. Sur l’île, les chiens laissés à eux-mêmes mènent une vie misérable, fouillant les détritus, ressassant leur confort perdu, se battant pour des peaux de banane. Mais, bientôt, arrive sur l’île Atari, le neveu du maire, à la recherche de Spot. Début des aventures.

D’où vient pour moi  le charme du film ?

• De l’anthropomorphisme des chiens, adapté parfaitement à leur condition,

• D’un ensemble d’éléments sous-jacents qui font résonner des inquiétudes et des peurs en nous : épidémie, effondrement d’un système social, pollution, massacre de masse, …. Entre Thanos et permaculture, le destin de l’humanité inspire fortement les artistes.

• Des voix des personnages, humains ou chiens, provenant d’un casting d’élite.

• Du style de l’animation, entre stop-motion et graphisme.

• Des décors japonais dont je ne me lasse pas.

Voilà, suite à une observation de Lucie, jeune fille d’une grande finesse d’esprit, qui s’y connaît en anglais en en plein d’autres choses, j’ai acheté une île anglaise. Je l’ai appelée YOU. Vous me suivez ? Prouvez-le en laissant un commentaire (sans divulgâcher bien sûr).

A voir.

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L’éveil de la permaculture, de Adrien Bellay, perspectives

Soirée-débat au Trianon de Sceaux. Je suis arrivé au dernier moment. La salle était pleine. Un documentaire pour expliquer ce qu’est la permaculture et faire le point sur son développement en France.

Permaculture. Je connaissais le nom. J’avais entendu parler de la ferme du Bec Hellouin en Normandie. Je croyais que la permaculture c’était l’art d’associer des plantes pour plus d’efficacité dans un jardin. On m’aurait demandé, j’aurais dit que mes beaux-parents étaient des permaculteurs qui s’ignoraient et que, vu la tête de nos jardinières sur notre mini-terrasse, nous aussi étions nous aussi à notre échelle microscopique des genres de permaculteurs. Bon, trêve de plaisanterie.

Donc, après quelques minutes de film, mes préjugés volent en éclats et mon ignorance est révélée. La permaculture, c’est une science et un art. Née de l’observation de la nature. La permaculture, c’est surtout le fruit d’un processus de design, c’est à dire d’analyse de l’existant, du terrain, de son évolution dans le temps, des besoins d’une communauté, de son organisation, etc.

Le chiffre le plus frappant est celui de la comparaison avec l’agriculture intensive : elle consomme 14 calories pour en produire une, contre une calorie en générant 25 pour la permaculture.

En sortant, on se dit quoi ?

Que c’est un peu le même sujet qu’Infinity war, sans effets spéciaux.

Que ça provoque un mélange de révolte, de mélancolie et d’espoir.

Qu’on a envie, non pas d’en savoir plus, mais d’essayer.

Que s’intéressent au sujet non pas (non plus) des bobos new age mais des gens de tous horizons, et de plus en plus des CSP + (médecins, ingénieurs, …), et des professionnels de l’agriculture ( ces derniers ont déjà la terre, l’expérience, et la possibilité de mettre en œuvre rapidement des choses ).

Qu’il faut envoyer un message incitatif à l’agriculture industrielle intensive en soutenant celles et ceux qui produisent la nourriture autrement.

Qu’il ne faut rien attendre, ou pas grand chose, de l’Etat ou des collectivités locales rendues largement impuissantes, par exemple sur des sujets comme les déchets traités par des technostructures hors d’atteinte des citoyens, mais qu’il faut agir à son niveau. Et tout de suite.

Qu’il faut refuser de se trouver en permanence défié par l’égoïsme, la cupidité et la duplicité, devenus des valeurs exemplaires : tu mens, tu trompes, tu voles, tu empoisonnes, tu dissimules, tu manipules, tu épuises, tu fabriques des produits qu’on ne peut pas réparer, tu ruines l’eau, les sols, l’air ? Tes pubs font rêver ? Tes marges explosent ? Tu optimises ta fiscalité pour ne pas participer au financement des infrastructures, des hôpitaux, de la protection de l’environnement, etc. Tu es un héros des temps modernes. Tu questionnes ce comportement ? Tu es au mieux un rêveur, mais plus certainement un ringard. Qui ne veut pas jouer le game, tant pis pour toi. Tu sens la loose. Tu portes malheur.

Voilà, on attend avec impatience en France l’annonce de mise en œuvre de permaculture sur de grandes surfaces agricoles.

A suivre. A voir.

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Infinity war, de Joe et Anthony Russo, mélancolie

Thanos a un projet : rétablir l’équilibre dans un univers qui court à sa perte, en raison de la surpopulation et de l’exploitation effrénée des ressources. Thanos est un écolo visionnaire. Pour ce faire, une solution, supprimer la moitié de la population. Thanos est un meurtrier de masse. Pour y arriver en un claquement de doigts, il lui faut réunir les pouvoirs de 5 pierres, dont deux sont sur notre bonne planète Terre. Entrée en scène des Avengers.

Infinity war, c’est un film drôle, un bon film d’action, et aussi un film mélancolique traversé par une habile ambiguïté. Le méchant est très méchant, mais ses motivations, nous les partageons (pas ses solutions). Les gentils sont eux très courageux, mais ils n’opposent rien au constat du méchant, ils ne proposent rien, ils n’en parlent pas.

D’où une position difficile pour moi spectateur : je suis en partie d’accord avec le méchant, et les gentils peinent à me faire adhérer à leur cause. Tout ça et la fin engendrent, me semble-t-il, une forme de mélancolie. Et, après tout, on l’aurait pas un peu mérité, non ? (on = l’espèce humaine)

Bon, sans divulgâcher, j’avais hésité à y aller, cœur d’artichaut que je suis, parce que j’avais lu un article du Figaro spéculant sur la mort de 3 ou 4 personnages au cours de l’histoire, dont mes figures héroïques préférées. Je dois avouer qu’à un moment du film, j’étais au bout de ma vie …. Voilà, Thor et son lapin, très bons ! Et Hulk peut se vexer. Vous savez tout ce qu’il y a à savoir avant d’y aller.

A voir.

PS : Considérations purement théoriques. Ou exercice de maths au baccalauréat 2018 ( ça ferait le buzz ! ). Sachant qu’il y a sur notre planète une grande disparité des empreintes écologiques des populations (voir répartition dans le document joint), la solution de Thanos, à savoir zigouiller au hasard un humain sur deux, permettrait-elle de rétablir la soutenabilité de l’humanité sur la Terre ? Oui ? Non ? Argumentez.

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Bob, de Stéphane Crouzet, message

BOB, c’est une allégorie. Une allégorie qui ne se laisse pas faire. Mais sur qui tapons-nous, tous les jours, jusqu’à blesser, gravement, sans s’en rendre compte, avec bonne conscience ? Sur BOB, born in the USA. Sur des groupes, sur des minorités, sur nous-mêmes ? Stéphane Crouzet a des choses à dire, et c’est à nous de les découvrir, de les imaginer. Nous voilà transformés en chassoeuf. Vraie piste, fausse piste, un extrait du discours de Kennedy sur les droits civils de 1963 se glisse dans le film.

BOB, c’est beau et ça parle, c’est donc de l’art. Un art mystérieux, et j’aime suivre le chemin proposé, s’éloignant de la narration explicative, chemin sur lequel Stéphane Crouzet s’est bien entouré : de Louis (that I know) qui propose des choses fortes, de 31dB (that I do not know) qui aime audiblement le travail bien fait, d’une très jolie voix aussi.

Voilà, dans Lipstick, il y avait un personnage. Dans BOB, il y en a deux. Je parie que dans le prochain Crouzet, il y en aura plus. Can’t wait. Bravo.

220418

Player one, d’Ernest Kline, comparatif

Je suis d’abord allé voir le film de Spielberg. J’ai posté un lien vers mon billet de blog sur FB, et Eric S. m’a recommandé la lecture du livre.

Petites réflexions en pagaille.

Roman, film, ce n’est pas tout à fait la même histoire. Celle du livre est plus sombre, plus pessimiste, plus dure. Elle est centrée sur Wade, pas sur l’équipe. Lequel Wade vit et parle de choses qui sont parfois très éloignées de l’univers enfantino-adolesco-aseptisé du film.

Le déroulé de la chasse est différent. La mécanique de résolution est différente, beaucoup plus attachée à la connaissance de la culture Pop, et Wade n’est pas forcément leader en la matière. C’est plus intéressant psychiquement, culturellement, que spectaculaire comme dans le film.

Bon, je ne me sens ni la capacité ni l’envie de faire une étude comparée des deux œuvres. J’ai trouvé le livre intéressant, et le film distrayant. Reste que ni l’une ni l’autre ne voient dans la réalité virtuelle un moyen de remédier à la crise écologique, mais juste un moyen de s’y soustraire psychiquement, comme on ferait avec un psychotrope.

Ah, IOI, c’est l’anagramme du nom des méchants. Dans 2001, il fallait voir dans HAL le reflet d’IBM (par un simple décalage ordinal). Dans IOI, il y a-t-il quelque chose à voir ? Please tell me.

220418

 

La casa de papel, saison 2, miam !

Eric R., érudit des séries et de bien d’autres choses, m’a expliqué qu’en fait il n’y avait qu’une saison à l’origine et que c’est Netflix qui en avait fait deux saisons, et remonté des choses au passage.

Anyway, j’attendais avec impatience la suite et de savoir comment ce braquage allait tourner. La question étant, vont-ils se faire capturer/tuer ou pas ? Cameroun ou Brésil ?

Cette deuxième saison se concentre sur l’affrontement entre Raquel et Salva, entre l’inspectrice et le professeur. La tension n’est pas la même que dans la première saison. Il y a quelque chose de plus humain, de plus personnel. Ca se regarde, ça se déguste, comme une bonne bouteille d’un vin léger dont on redemande.

Trois petites critiques :

+ les scènes d’affrontement sont quand même peu réalistes,

+ je suis resté un peu sur ma faim, j’attendais plus de profondeur dans la piste donnée par le Bella Ciao final de la première saison. Résistants, résistants, un peu vite dit.

+ la fin sent l’écurie – je veux dire le désir d’en finir avec l’histoire -. Le montage est quelque peu mensonger, le destin de Raquel n’est pas très clair et les retrouvailles sortent un peu de nulle part. Un peu dommage ces dernières minutes pas complètement abouties.

A voir quand même, amigos.

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Annihilation, d’Alex Garland, anxiogène

Sur la côte est des Etats-Unis, une zone entourée d’une frontière transparente sur laquelle se forment des effets d’irisation et de miroitement s’étend lentement. Les autorités ont fait le vide dans la région. Rien n’en est jamais ressorti : animal, drone, humain …  sauf Kane, membre des forces spéciales, qui y avait été envoyé avec quelques hommes, et qui en ressort gravement malade, sans que son mal puisse être bien défini.

Sa femme Lena, biologiste et militaire, désireuse de tout faire pour sauver son mari, se joint à quatre autres femmes, toutes scientifiques. Leur mission : se rendre au phare où tout a commencé.

Le film est construit comme un retour en arrière, et dans ce retour en arrière il y aura d’autres retours en arrière. Les décorateurs et les spécialistes d’effets spéciaux ont fait un très beau travail pour créer une nature perturbée, et parfois dangereusement perturbée. Le rythme est assez lent, et s’accélère brusquement chaque fois que l’équipe s’enfonce un peu plus dans le cauchemar. Comme on sait par avance que Lena va en ressortir, et pas les autres, ça crée beaucoup d’ironie dramatique à leurs dépends. Ironie qui finira par aller beaucoup plus loin.

J’ai lu après avoir vu le film qu’il reflétait admirablement la vision de la dépression vu de l’intérieur. Je l’ai trouvé angoissant, anxiogène, comme beaucoup de programmes sur Netflix d’ailleurs. Une précision, Annihilation n’est pas une production originale de Netflix. C’est un film que la Paramount n’a pas voulu distribuer tel quel, et dont le producteur a préféré faire affaire avec Netflix pour sa sortie.

Si vous êtes à la recherche de légèreté, passez votre chemin. Si vous voulez pouvoir dire dans les dîners en ville que “Décidément, Netflix bouscule le cinéma !”, regardez-le. Curiosité, goût pour le fantastique, appétit pour toute forme de narration, … plein d’autres raisons de voir ce film.

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Chappie, de Neill Blomkamp, variation

Dans un futur proche en Afrique du Sud, la police est débordée. Elle s’équipe d’auxiliaires robots très efficaces pour lutter contre les gangs qui redoublent de violence. Parmi ces robots, le scout #22 qui se prend pain sur pain et qui, DU COUP, est un habitué de la maintenance. Dans l’usine, l’ingénieur Deon, le créateur des scouts, aimerait bien passer à la vitesse supérieure et tester un programme d’intelligence artificielle. Sa patronne s’y refuse. Et un de ses collègues, adepte d’une manière encore plus forte, voudrait lancer un nouveau modèle de robot de combat, terrifiant de puissance. Tout est sous contrôle. Pas pour longtemps.

Chappie, sorti en 2015, et que je découvre sur Netflix, c’est une variation sur le thème de l’intelligence qui vient à la machine. Ici, c’est plus que l’intelligence, c’est la conscience. Plutôt séduisant de voir Chappie – c’est le nom qui sera donné au scout 22 AI-upgraded – tiraillé entre ses différents éducateurs.

Petit à petit, quelque chose de familier est venu me chatouiller. Oui, je reconnaissais quelque chose de la patte d’un réalisateur. Celui de District 9 ? Gagné ! Vérification faite, c’était bien lui. Alors, cette patte, sa patte, de quoi est-elle faite ? Un goût pour l’action violente, pour les effets spéciaux très aboutis, pour les personnages de laissés pour compte qui se reprennent, pour les méchants qui abusent de leur pouvoir, pour le sens du sacrifice des héros. Et aussi pour un style visuel que je ne pourrais définir qu’au prix d’une observation plus attentive.

Dans la distribution, des vedettes : Sigourney Weaver (avec un petit rôle), Hugh Jackman qui pour une fois fait le méchant, et Dev Patel qui fait le héros. Et aussi l’acteur fétiche de Neill Blomkamp : Sharlto Copley qu’on ne voit pas mais qui anime Chappie.

Pas aussi réjouissant que District 9, mais solidement intéressant.

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Ready Player One, de Steven Spielberg, codes

Quand les jours sans vent se succèdent, il faut savoir lâcher sa pagaie. Je suis allé voir Ready Player One.

2045. Columbus, Ohio. La réalité virtuelle est partout, tant la réalité est chaotique, et surtout celle du quartier des “Piles”, sorte de bidonvilles verticaux où s’empilent mobil-homes, caravanes, camionnettes, ….

Comme presque tous les terriens, Wade, adolescent orphelin, fréquente L’OASIS, gigantesque monde virtuel aux possibilités infinies. Son créateur, Halliday, est mort il y a quelques années. Il a légué L’OASIS à quiconque y trouvera l’œuf de Pâques numérique qu’Halliday y a dissimulé. Depuis des années, beaucoup cherchent, dont Sorrento patron de la puissante société IOI, concurrente de L’OASIS, et psychopathe à ses heures. Mais personne jusque ici n’a rien trouvé. Wade, dont l’avatar s’appelle Parzival, poursuit ses recherches. Une rencontre dans L’OASIS lui ouvre un jour de nouvelles perspectives. Pour Wade et Parzival, c’est le début d’ennuis en mode démultiplié.

C’est bien tout : écrit, filmé, joué, visuellement, FXement, etc. C’est beau, c’est hyper distrayant. On peut même y trouver un message si on veut. Et il me semble que les connaisseurs de jeux vidéo – dont je ne fais pas partie – y trouveront encore plus de plaisir que moi. Question de culture et de codes.

Ceci dit, il y a deux ou trois petites choses dans l’histoire que je n’ai pas comprises. Par exemple, le rôle de l’ancien associé d’Halliday. Ou encore le personnage d’I-R0k dont j’ai attendu vainement l’arrivée dans le monde réel. Mais pourquoi avait-il donc un torticolis dont il est plusieurs fois question ? Bon, c’est pas bien grave. Je demanderai à mes enfants de m’expliquer quand ils iront le voir. Ou alors je demanderai à Eric R.

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The disaster artist, de James Franco, rigolo

1998. A San Francisco, dans un cours d’art dramatique, un apprenti comédien coincé – Greg – rencontre un autre apprenti, un peu plus âgé, et plutôt extraverti – Tommy – . Ils se soutiennent l’un et l’autre dans leurs rêves d’une carrière de comédien et un jour ils partent pour Los Angeles dans la Mercedes blanche de Tommy, Tommy pour qui l’argent n’est pas un problème.

Les mois passent. Les déconvenues s’amoncèlent. Pour s’affranchir du désir des autres, Tommy décide d’écrire, de réaliser, et de produire son propre film, dans lequel lui et Greg joueront. Il s’agit de The room. Le film a vraiment existé, on le comprend grâce à la séquence introductive, les personnages aussi.

D’abord, c’est super bien joué, notamment par un James Franco méconnaissable avec son accent indéfinissable, ta tête de vampire violeur, sa manière de friser constamment avec la grande folle sans jamais franchir le pas. Mais, petit à petit, on prend conscience de rire aux dépends de vraies personnes, et ça devient moins facile. Trop plein d’empathie peut-être.

Bref, j’ai admiré la performance des comédiens, et celle du metteur en scène. Je n’ai pas été fasciné par l’histoire de cette amitié, et je ne suis pas sûr d’avoir un jour envie d’aller voir The room pour rire aux dépends de Tommy Wiseau. Et puis voilà.

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