Archives de l’auteur : Antoine

Ni juge, ni soumise, de Jean Libon et Yves Hinant, dignité

A Bruxelles, dans le bureau de la juge d’instruction Anne Gruwez, prévenus, témoins, collaboratrices et policiers se succèdent. Incarcération, remise en liberté, la juge doit prendre des décisions. Parallèlement, une affaire de viols et de meurtres est réactivée après 20 ans.

Aux commandes du film, les deux auteurs de l’émission Striptease. C’est à dire que c’est un documentaire, filmé sans interviews, au naturel, les caméras se faisant oublier.

Au début, j’ai ri. Du naturel de la juge. De l’embarras des prévenus, pas très sympas, bien fait pour eux. J’ai pensé à Jos Houben qui explique lors de ses conférences d’où provient le rire : d’une perte de dignité par rapport à un référentiel commun. Et là, les sarcasmes de la juge font perdre leur dignité à beaucoup, sarcasmes teintés parfois d’une touche d’autodérision et, aussi, d’histrionisme (je viens d’inventer le mot, débrouillez-vous).

Progressivement, je commençais à saisir la psychologie de la juge : indulgente avec ceux qui semblaient avoir conscience de la gravité de leurs actes, au moins un peu, impitoyable avec d’autres chez qui transparaissait de la toute-puissance.

Mais, petit à petit, j’ai moins ri, alors qu’au Trianon une grande partie de la salle continuait à se gondoler. Cette misère humaine qui défile devant la juge, c’est vraiment drôle ? C’est vraiment un spectacle de les voir à nu ces types, de les voir, des connards pour la plupart, patauger, s’enfoncer encore plus ? Et quasiment pour seuls plans d’interséquence ces plans de militaires, de gens d’ordre lourdement armés, ça voulait dire quoi ? Qu’il y a un lien entre des délinquants belges d’origine étrangère, allez, majoritairement proche-orientaux ou maghrébins, et ces casques, ces fusils d’assaut, ces gilets pare-balles ?  Va savoir ce que Jean Libon et Yves Hinant veulent dire, ou pas.

Bon, à la fin, on ne rit plus du tout. Mais alors plus du tout. Cette mère de famille musulmane qui a vu Satan dans son fils de 8 ans, qui l’étrangle, le poignarde, et l’enterre sous un arbre en ville. Et qui raconte ça doucement à la juge. Sans s’énerver. Sans regrets. Glaçant. Et la juge qui la fait venir auprès d’elle, elle qui refuse au début du film de serrer la main d’un malfrat. Ça dit quoi cette proximité avec la super givrée infanticide ? Que la juge est une super pro qui garde son sang-froid en toute circonstance ? Ou qu’elle est elle aussi, à sa manière, dans la toute puissance ? Je ne sais pas.

Bon, à la fin, on ne sait toujours pas qui a tué ces deux prostituées il y a 20 ans, et c’est un peu frustrant.

On peut voir et se faire son avis.

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Three billboards outside Ebbing, Missouri, de Martin McDonagh, réjouissant

Près d’un an après le viol et le meurtre de sa fille Angela, crime non élucidé, Mildred Hayes interpelle le shériff et ses concitoyens en mobilisant 3 panneaux d’affichage publicitaire le long d’une petite route. Ce n’est pas le shériff qui sera le plus dérangé de cette initiative tonitruante.

En rentrant du cinéma, j’ai tout d’abord voulu situer Ebbing et le Missouri. Le Missouri existe, je le confirme, au milieu des Etats-Unis un peu à l’est (mais c’est à l’ouest du Mississippi donc il fait partie du Midwest). Mais pas Ebbing, fruit de l’imagination de Martin McDonagh. Ebbing, c’est une ville proprette, typique je ne sais pas, dans un très joli environnement boisé, vallonné et verdoyant. (en vrai le film a été tourné à Salva Caroline du Nord merci Wikipédia).

3 billboards, c’est d’abord une histoire solide, non prévisible, cohérente. Une histoire bien ficelée, sans facilités. Même si je ne suis pas sûr d’avoir clairement compris le dénouement. Ca fait du bien anyway. Une histoire avec son mystère, une histoire qui vous emmène en haut, en bas, une histoire qui vous fait croire des choses, une histoire avec de l’ironie dramatique, tout en finesse. Une histoire qui vous branche sur l’âme des personnages.

3 billboards, c’est aussi des personnages forts, mais pas monolithiques, pas stéréotypés. Des personnages complexes, avec leurs faiblesses, leurs mensonges, leur courage, leurs désirs. Mildred Hayes en a assez de ce qu’elle vit comme un second et lent enterrement de sa fille, avec une enquête à l’arrêt. Elle n’a pas froid aux yeux et le montrera à maintes reprises. Le shériff William Willoughby n’est pas tout à fait l’homme qu’on croit. Et son adjoint, le brutal, raciste, et apparemment semi-simplet Dixon non plus. Pleins de seconds rôles subtils : Peter Dinklage, Caleb Landry Jones, John Hawkes, ….

3 billboards, c’est un film sur le combat du courage contre la lâcheté, de la force d’âme contre la résignation, de la révolte contre l’indifférence, de l’amour contre l’abus de pouvoir, de la colère contre la bienpensance.

Frances McDormand ( Mildred ) a été oscarisée. Sam Rockwell ( Dixon ) aussi. Woody Harrelson ( le shériff ) y est mille fois plus intéressant que dans les Hungergames ou dans Le retour de la revanche du commencement de la bataille finale de la planète des singes.

Ah ! Le titre français est trompeur, il ne reflète pas l’histoire, car il n’y a pas de vengeance dans ce film. J’ai pas pris comme image l’affiche française. Shame on celles et ceux qui ont choisi ce titre.

Vous voulez aller au cinéma ? C’est le bon choix. C’est LE choix pour un film qui va m’accompagner un bout de temps.

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L’insulte, de Ziad Doueiri, blessures

Des travaux de voirie ont lieu dans une rue de Beyrouth. Le chef de travaux veut faire réparer une gouttière comme c’est la loi. Le propriétaire s’y oppose violemment. “Sale con”, lance le contremaître. C’est un réfugié palestinien. L’autre un libanais chrétien. Il porte plainte. Début de l’histoire.

Très beau film, inattendu et prenant. A la fois une comédie, un drame, un film psychologique et aussi politique. Le sujet : la fierté, l’orgueil, les blessures qui ne passent pas, qui passent mal, qui se rouvrent. Jolie réflexion aussi sur les victimes oubliées. Sur les victimes qui deviennent des bourreaux et vice et versa. Sujet libanais, et aussi universel. Jolie trouvaille dans l’opposition des deux avocats.

Tous les comédiens sont lumineux, beaux, avec des regards exceptionnels. L’histoire, très bien construite, m’a emporté, avec ses surprises, ses contrepieds, sa profondeur. En fait, quand j’y pense, les films proche-orientaux ont souvent plus de goût que bien d’autres.

Une question irrésolue pour moi. Au début du film, la femme du personnage chrétien, enceinte, lui indique qu’elle aimerait bien s’installer dans la région d’origine de son mari, le village de Damour. Il refuse catégoriquement. Pour un libanais, ou pour un connaisseur de l’histoire du Liban, ça fait sens : Damour est le lieu d’un des pires massacres commis en janvier 1976 par des milices palestiniennes. D’où sans doute sa haine des palestiniens qui ressurgit lors de sa rencontre avec le contremaître. Mais pour moi, au moment où je vois le film, cette information ne fait pas sens. Je ne la comprends que bien plus tard dans le film. Ma question c’est, qu’est ce que ça aurait changé pour moi spectateur d’intégrer la profondeur de cette information pour comprendre les personnages ? Aurais-je perçu le film, aurais-je compris le film différemment ? Pour trouver une réponse, il faudrait aller le revoir.

Anyway, je guetterai le prochain film de Ziad Doueiri.

A voir sans hésiter.

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Black Panther, de Ryan Coogler, mouais

L’histoire se passe au Wakanda, royaume africain qui grâce au vibranium – le métal le plus dur sur terre, vous savez celui dont est fait le bouclier de Captain America – a développé une avance technologique considérable sur le reste de l’humanité, mais qui a choisi de vivre caché, à l’abri du monde, de ses conflits et de ses cruautés.

Alors que le prince T’Challa accède au pouvoir après la mort de son père, un complot se trame pour le renverser et mettre fin à l’indifférence wakandienne aux malheurs des Noirs du monde en les aidant à prendre le pouvoir partout où ils sont opprimés (grâce aux super armes wakandiennes).

Ce que j’ai aimé :

+ La manière dont l’univers du film est dessiné en deux minutes habiles au début, qui donnent les règles et lancent l’histoire.

+ La reprise d’un thème marvellien qui serait celui de la faute originelle, de l’injustice fondatrice de l’histoire, injustice qu’il faut purger (comme ici) ou pas (Iron Man 3).

+ Le personnage et les combats avec lance de la Générale Okoye.

Ce que j’ai moins aimé :

+ L’humour qui tombe à plat avec des vannes assez attendues.

+ Wakanda, aux décors beaux mais peu compréhensibles

+ L’histoire, qui m’a un peu ennuyé

Ce qui m’a laissé perplexe :

+ Tout ce que j’ai lu sur le film après coup, lequel cartonne alors que moi je l’ai trouvé limite ennuyeux, pas à la cheville des Gardiens de la Galaxie, d’un Logan, d’un Deadpool, d’un Iron Man 3, ou même d’un Blade.

Bon, on peut ne pas tout aimer, n’est ce pas ?

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Jusqu’à la garde, de Xavier Legrand, frissons

Dans le bureau d’une juge aux affaires matrimoniales ( c’est comme ça qu’on dit ? ), un couple vient régler la question de la garde des enfants. On écoute la juge lire le témoignage du fils de 11 ans. On écoute l’avocate de la femme. On pense que c’est cuit pour le mari. Son avocate prend la parole. Peut-être pas si cuit.

C’est un film sur la menace. Qui ne cesse de grandir. C’est aussi un film sur le jugement que l’on peut porter sur les choses, sur la difficulté qu’il y a à juger les choses. C’est un film sur le courage. Et aussi une description de ce qu’est un pervers narcissique, et de comment il se conduit quand il est blessé de voir sa proie lui échapper.

Ce film est très beau, très intéressant, très construit, très maîtrisé. De longues scènes. Des scènes géniales comme l’audience du début,  la visite de l’appartement, le concert vu par la fille, le test de grossesse, … Des plans fixes envoutants. Oui, on peut faire des plans fixes qui racontent mille choses. Le bruit comme moteur de la situation, comme signe du dérèglement et de l’oppression : l’alarme de ceinture de sécurité, le bruit de l’ascenseur, …. C’est aussi un premier long métrage, mais pas un premier film puisqu’avec un court-métrage sur le même thème, et la même distribution, Avant que de tout perdre, Xavier Nicolas avait récolté de nombreux prix.

J’ai aimé toute la distribution : Léa Drucker, Denis Ménochet (massif, terrifiant, fragile) et Thomas Giora, le fils de onze ans qui affronte son père pour protéger sa mère, et les autres.

C’est assez universel comme histoire me semble-t-il. On attend maintenant avec envie le prochain film de Xavier Legrand qui lui sait raconter une histoire, et où placer sa caméra pour la raconter. Mais, comme par hasard, c’est aussi un acteur. A voir.

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Le retour du héros, de Laurent Tirard, marrant et vite oublié

1812. Pour guérir sa jeune sœur qui dépérit d’être sans nouvelles du capitaine Neuville, lequel est parti à la guerre le jour même où il a demandé sa main mais ne lui a jamais écrit comme promis, Elisabeth Beaugrand se lance dans une fausse correspondance décrivant les aventures extraordinaires du capitaine. Elle finit par le faire passer de vie à trépas dans une dernière lettre. Deux ans plus tard, alors que sa sœur s’est finalement consolée et mariée, Elisabeth tombe sur un Neuville clochardisé, de retour au pays. Gros problème.

C’est très marrant. On se demande comment les acteurs ont réussi à garder leur sérieux au tournage. Mais, le lendemain, j’avais presque complètement oublié le film. Pourquoi ? Quelques hypothèses :

+ il y a beaucoup de facilités dans le récit comme, par exemple, la rencontre des deux protagonistes. Pourquoi Elisabeth (Mélanie Laurent) déballe-t-elle tout si ce n’est pour arranger les billes des deux scénaristes ? Moi, spectateur lambda, ça m’a échappé. Et, ce genre de gêne,  n’y a-t-il personne pour la ressentir, pour leur en parler avant même la production ? Question de finalités peut-être. Donc, on a un film avec une bonne histoire, mais pas une super histoire qui impressionne, qui imprime.

+ les imperfections du récit sont massivement gommées par le jeu des acteurs, mais ils sont tellement bons que paradoxalement, ils révèlent les pistes inabouties de l’histoire comme, autre exemple, l’érotomanie de la petite sœur. Au delà des rôles principaux, il faut regarder l’extraordinaire travail d’Evelyne Buyle et aussi celui de Fabienne Galula qui dit des choses avec des petits mouvements de ses doigts.

+ je suis bien en peine de dire ce qu’il aurait fallu faire, mais il m’a semblé que la mise en scène, la façon de filmer, tout cela était un peu plat, ne faisait pas tant d’effet que cela.

+ dans Neuville (Jean Dujardin), je me demandais parfois si je ne voyais ou n’entendais pas Hubert (les afficionados ont compris), et à quelques instants, FX ! (il se reconnaîtra 😉 ) Ca trouble un peu ce sentiment au beau milieu d’une scène se déroulant du début du 19ème siècle.

Pour résumer, Le retour du héros, c’est marrant, ça aurait pu être un chef d’œuvre, un nouveau film culte, et puis en fait non. Dommage.

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Occupied, saison 2, page turner

Occupied de retour sur Arte ! J’ai découvert ça fortuitement en zappant comme un zombie ! La diffusion en était à l’épisode 5 ! Arghhh ! Mais là, merveilleuse surprise, on peut regarder tous les épisodes de la saison 2 sur le site d’Arte, disponibles jusqu’à la mi mars (2018). Arte, chaîne merveilleuse.

Donc, deux ans après la prise de contrôle de l’industrie du Oil & Gas norvégienne par les russes, avec la bénédiction et même commanditée par une Union Européenne affamée d’énergie, les russes sont toujours en Norvège où ils n’auraient du rester que 6 mois. Et la plupart des Norvégiens n’aiment pas ça.

Alors que Jesper Berg (Henrik Mestad), l’ancien premier ministre norvégien réfugié en Suède est sur le point de reprendre le pouvoir, le Parlement nomme au poste son ancienne chef de cabinet et amante, l’encore jeune Anita Rygg (Janne Heltberg). Une priorité pour elle, que le sang ne coule pas, alors que sa principale interlocutrice est la redoutable ambassadrice russe, Irina Sidorova (Ingeborga Dapknaite), et que si la sécurité intérieure collabore, d’autres aident la résistance.

C’est vraiment passionnant et réussi. Réussi surtout parce que c’est subtil, et absolument pas manichéen. C’est très fort parce que toutes les scènes ou presque sont des duels. Parce que le comportement de tous les personnages est questionnable. Parce qu’ils se salissent les mains, ou trahissent leur idéal, ou sont fidèles à eux mêmes en dépit de tout, ou font semblant de l’être. Trois beaux personnages : l’ambassadrice russe, Bente (Ane Dahl Torp) qui a vendu son restaurant pour acheter un hôtel de luxe fréquenté par des Russes et aussi le commissaire européen ( Hippolyte Girardot) qui se dévoilera en nous parlant de Marius Trésor. D’autres personnages très présents, les pays : la Russie, la Norvège, la Finlande, la Pologne et même la France.

Une petite interrogation. On passe sans arrêt d’un lieu à un un autre, d’un pays à l’autre, et chaque fois un court titre nous  l’indique. Il me semble que l’intensité de ce découpage est juste à la limite de ce que moi je pouvais supporter, avant de réclamer de pouvoir suivre plus longtemps tel ou tel personnage.

A la fin de la saison 2, qui semble bien dénouer l’histoire, je me suis demandé si j’étais plutôt une Anita Rygg ou un Jesper Berg. Bonne question. Vous qui me connaissez, vous en pensez quoi ? Et vous, de quel côté auriez-vous été ? Quoi qu’il en soit, merci aux créateurs de la série et aux scénaristes de nous interroger. A voir, à voir.

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Le Bac 68, de Philippe Caubère, contrasté

© Sébastien Marchal

Il est 4 heures du matin. La mère de Ferdinand rentre dans sa chambre pour le morigéner, lui parler d’un tas de choses, de son grand-père, des métiers qu’il peut faire, des comédiens qui sont tous des tatas et du bac qui se profile à l’horizon. Elle rembarre Isabelle, la sœur de Ferdinand, en chemise de nuit et pataugas, et qui elle non plus ne dort pas. On est en 1968. Il n’y a qu’un acteur sur scène. Philippe Caubère.

C’est la première partie du spectacle. Une heure, une voix un peu monocorde, des histoires pas si intéressantes que ça, des spectateurs qui rient à l’évocation des pignoles à répétition de Ferdinand. Le Pape est en scène. Un spectateur s’en va. Caubère fait remarquer que chaque soir un spectateur s’en va quand le Pape est en scène. Peut-être n’a-t-il pas la bonne causalité, et que personne n’ayant son oreille ne lui dit que l’heure qui vient de passer n’était pas des plus palpitantes.

Puis tout change. Ferdinand et sa maman, prodigieusement accoutrée, rendent visite à M. Bellanger, professeur du lycée, et examinateur supposé de Ferdinand car, cette année là, le Bac ça sera à l’oral. Là il se passe quelque chose. Là, entre papillons et ornithorynque,  ça devient intéressant. Et drôle. De plus en plus intéressant et drôle, jusqu’à l’examen du bac, morceau de bravoure et de virtuosité. Le prof qui dit regarder le fruit de son travail, vraie trouvaille.

J’avais vu les Enfants du soleil il y a 25 ans, je crois, à Paris, avec Diane. Je crois que nous n’avions pas cessé de rire durant tout le spectacle. A n’en plus pouvoir respirer. J’ai depuis manqué tous les autres épisodes de la série. Ce soir Caubère en appelle plusieurs fois à un certain entre soi, réunissant celles et ceux qui connaissent bien son œuvre, toutes ces pièces depuis 37 ans dit-il. Pour moi, il y a un monde entre mon souvenir et ce que je viens de voir ce soir aux Gémeaux. Je vieillis, n’est-ce pas ?

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Les heures sombres, de Joe Wright, lumineux

Début mai 1940. L’armée allemande envahit la Hollande, la Belgique puis la France. Le 10 mai Churchill, seul candidat de son camp acceptable par le camp d’en face, est nommé Premier ministre, après la démission de Neville Chamberlain. Il ne voit d’autre issue que la guerre, alors que dans son camp Halifax et Chamberlain prônent l’engagement de pourparlers de paix avec Hitler. 300.000 soldats anglais sont coincés à Dunkerque. Que va décider Churchill ? Qui,le soutiendra ?

On connaît la fin de l’histoire. On a déjà vu Le discours d’un roi et Dunkerque. Pourquoi aller voir Les heures sombres ?

Pour Gary Oldman, méconnaissable, si ce n’est par instant son regard, ses yeux pleins d’énergie. Pour en savoir plus sur Churchill, cité par tous en exemple, aujourd’hui presque plus qu’hier. Pour réentendre quelques phrases devenues célèbres : “On ne négocie pas avec un tigre quand on a la tête dans sa gueule !”. Pour voir quelques très belles scènes, comme le coup de téléphone de Churchill à Roosevelt, la visite du roi, et les conseils de sa femme Clémentine. Et aussi pour se demander ce qui fait une nation. De quoi est fait le sentiment d’appartenance à un pays ? Sujet traité, retraité, rabâché par le cinéma américain. Et pas ou peu ici.

A côté de moi deux anglaises. Deux groupies. Elles riaient à une phrase sur deux. J’aurais bien aimé pouvoir faire comme elles !

A voir.

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Peaky Blinders, saison 4, goût italien

Peaky Blinders saison 4. Le principe reste le même. Deux ans ont encore passé et la famille Shelby va devoir affronter un ennemi encore plus puissant, encore plus cruel, encore plus déterminé, puisqu’il s’agit là de vengeance, de vendetta venue d’outre-atlantique.

Les italo-américains de la saison nous rapprochent encore un peu plus du Parrain. Mais c’est dans la philosophie d’un gangster juif que Thomas Shelby trouvera son salut.

Toujours aussi crédible, menaçant et beau. Même si bien sûr les méchants parlent toujours trop au lieu d’agir, et sinon il n’y aurait pas de série, ça ne finirait tout de suite. La fin ouvre de nouvelles perspectives, vers des prédateurs toujours plus gros.

A voir sans l’ombre d’une hésitation. Plus qu’un an à attendre pour la saison 5, annoncée comme la dernière.

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