BLACKkKLANSMAN, de Spike Lee, sur ma faim

Années 70, Colorado Springs. La police invite les minorités à présenter leur candidature. Ca tombe bien, Ron Stallworth a envie d’être policier. Il est embauché. D’abord affecté aux archives, où il se frotte au racisme ordinaire de ses collègues, il est promu au service des renseignements (Intelligence), l’équivalent local de nos anciens renseignements généraux. Et là, un beau jour, il décide d’appeler le numéro local du Ku Klux Klan pour voir ce que l’organisation traficote dans le coin. Mais, comme il est noir, ce sera un de ses collègues – qui se trouve être juif – qui établira le contact physique, lui se réservant les échanges téléphoniques. Comme l’intelligence des deux compères est bien au-dessus de la moyenne (du moins de celle des membres du Klan), il(s) est(sont) vite promis à un bel avenir dans l’organisation dont certains membres confits de haine préparent semble-t-il un mauvais coup : massacrer des Noirs, le rêve de toute une vie !

Dans ce film, j’ai aimé les comédiens, leur beauté, leur charisme. J’ai même trouvé que John David Washington (lumineux d’intelligence et de charme) et Adam Driver (solid as a rock) étaient un peu grands pour leurs personnages.

Mais je me suis un peu ennuyé. C’est venu petit à petit. Pourquoi ? Peut-être parce qu’il n’y a jamais vraiment de danger auquel on peut croire. Parce que les petits coups de pression apparaissent un peu artificiels, un peu fades. Parce que nos héros dominent en tout les méchants, écrasés chaque seconde par l’ironie dramatique de la situation. Parce que leurs conflits intérieurs sont un peu des tempêtes dans un verre d’eau. Parce qu’au final une certaine absence de nuance devient perceptible. Peut-être aussi parce que ce récit est d’abord pour l’auteur le moyen de nous faire passer un message : il y a une identité entre les thèmes de campagne de Donald Trump et la rhétorique du Ku Klux Klan. Par exemple, Make America great again équivaut à Make America white again. Bon, je me souviens que ça avait été dit avant l’élection américaine et que ça n’a pas empêché Trump d’être élu. On verra bien en novembre si, maintenant en toute connaissance de cause, les américains endossent la responsabilité de cette politique trumpienne désastreuse à tous égards. Tout ça pour dire que j’ai soif d’histoires surprenantes et bien cuisinées, pas de propagande, et que je préfère Inside man à Blackkkansman, Michael Moore au Spike Lee démonstratif.

On peut voir comme dit Le Canard.

PS : Je n’ai pas vu Naissance d’une nation. Je sais maintenant que c’est un film raciste.

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