Archives de catégorie : Autres

Le Havre, la veille des 500 ans, frappant

Une journée au Havre le vendredi 26 mai 2017, la veille du début des festivités du 500ème anniversaire de la fondation de la ville par François 1er.

Dans la ville, des œuvres spectaculaires, parfois monumentales, attirent les promeneurs. Comme la double arche de containers de la photo, un torii revisité en blanc sur la plage, des cabines de bains peinturlurées, un mobile rouge dans l’église Saint Joseph, … nous n’avons pas tout vu.

Dans la ville, dans l’espace qui était autrefois la vieille ville, comme des espaces vides entre les quartiers avec, tout à coup, un quadrilatère rempli de commerces, ou alors piéton, au alors présentant un bâtiment remarquable : le volcan, Saint-Joseph, l’hôtel de ville,…. Et aussi l’écho de la volonté d’un ordre urbain et humain original, rythmé par les 6,24 mètres d’Auguste Perret, à qui le Ministère de la Reconstruction et de l’Urbanisme avait confié après guerre le soin de reconstruire la ville détruite. Un regret, ne pas avoir visité « l’appartement témoin », qui nous en aurait dit long sur la vie de l’époque. Architectes en herbe ou en devenir, allez visiter Le Havre !

Dans la ville, ici et là, quelques rares immeubles en brique ayant survécu aux bombardements alliés de l’opération « table rase », lancée le 5 septembre 1944, et destinée à détruire la poche de résistance allemande. En quelques heures, les 150 hectares du centre ville n’auront plus qu’un mètre de haut. 3000 civils périrent. C’est plus comme ça qu’on fait la guerre ? Parmi ces immeubles, la « maison de l’armateur » reconstitue la vie d’un armateur dans ce port au 18ème. Déjà la question de l’abolition. Déjà la question de la mondialisation. Puits de lumière très original.

Au sud, les docks Vauban réhabilités abritent les grandes chaînes de la consommation. Pas grand intérêt. Vélizy 2 en petit sur Seine.

Au-dessus de la ville, les jardins suspendus, endroit magique créé dans un ancien fort en 2005. Vue imprenable sur la ville dont on comprend l’organisation, et aussi sur l’estuaire. Sérénité. Coins d’Asie, d’Australie, de Nouvelle Zélande, d’Amérique du Nord, … Des bancs pour s’installer,  lire, rêver. Y’en a même qui se bécotent.

Le lendemain, nous tentons d’aller à Etretat. Sur des centaines de mètres avant l’entrée de la ville, des voitures garées sur les bas côtés. Nous faisons demi-tour. 500 mètres plus loin, on tourne à droite vers la valleuse d’Antifer. On se gare. On marche un kilomètre. On déboule sur une petite plage de galets avec pas grand monde, ni goéland pour vous piquer vos frites. On trempe les pieds dans l’eau. 14 degrés ? Y’en a même qui se baignent.

Le Havre, à refaire un jour. Chambre d’hôtes, une très bonne adresse : la villa Neustries.

Facebooktwittergoogle_plusredditpinterestlinkedinmailby feather

SCAM, soirée Tendances 2017, roboratif

A la SCAM, ce mercredi 10 mai, soirée Tendances 2017 des films institutionnels et muséographiques : quelques impressions.
11 films ont été sélectionnés. Sauf pour 3 d’entre eux, on n’en verra que des extraits. Donc, ce soir là, pas toujours facile de juger de la pertinence d’un propos, d’un scénario, d’une construction. Toutefois, …
J’ai beaucoup aimé :
Ensemble ! de Güldem Durmaz et Stéphane Malandrin (le programme détaillé dans le lien ci-dessous) Un film projeté dans un cube sur 5 des faces (10×10 mètres) . Ce soir, on a une image en croix, le cube étant déplié. C’est intéressant cette juxtaposition d’images carrées. « Effets miroir, inversions, compléments, ça nous a ouvert un champ d’expérimentations formelles » disent les auteurs. Aux spectateurs aussi je suppose.
J’ai été frappé par :
Eugène et Alexandre, l’un pour l’autre (Philippe Boig), Un temps pour danser (Alessandra Celesia) et par Habiter, Libres (Sébastien Jousse). Cinéma d’un réel qui demande du temps si on n’est pas rétif à l’imprégnation. Cinéma des fragilités et de la force d’âme.
J’aurais voulu voir en entier :
La mauvaise petite voix (Cédric Havenith) et A la lumière (Franck Littot) pour satisfaire ma curiosité et mon appétit.
J’ai apprécié :
Total anti-fraudulous campus (Aymeric Colletta, Mathieu Dupont et Pauline Rémond), la compliance par l’humour, assez décapant, en stop-motion.  Astuce :   45 plans tournés en 3 jours permettront de monter 4 films.
M’a laissé un peu perplexe :
Par où commencer  (de Justine Emard), compilation créative de fragments d’oeuvres des pensionnaires de la Villa Médicis, par une artiste plasticienne peu embarrassée de conventions cinématographiques, et dont la créativité a tapé dans l’oeil du jury, qui lui décernera le prix de L’oeuvre institutionnelle ou muséographique de l’année.
J’ai bien aimé aussi la bienveillance des membres du jury présentant les oeuvres.

A l’année prochaine ?

http://www.scam.fr/detail/ArticleId/4980/Soiree-Tendances-2017

Facebooktwittergoogle_plusredditpinterestlinkedinmailby feather

Légende(s), de Pascal Fellous, surprenant

« Corto », © Pascal Fellous

Pascal nous a donné rendez-vous au sous-sol de la Maison de la Tunisie de la Cité Universitaire. On franchit de lourds rideaux, téléphone à la main, torche allumée. C’est comme ça qu’il faut découvrir ses photos de la série Légende(s). Des photos ? Ces visuels au format carré 20 centimètres sur 20 ? Difficile à croire au premier abord. On croirait plutôt de la gravure. Ou alors un système inédit d’impression à partir d’un travail à l’encre de Chine. Ou encore du papier photo qu’il aurait torturé dans un bain de révélateur avec tout ce qu’il aurait trouvé dans sa cuisine. « C’est des photos, pas de Photoshop » répète Pascal aux visiteurs. Bon, il a pris des plaques de verre sur lesquelles il a travaillé de l’encre au pochoir et au pinceau , puis il les a photographiées ? Non.

Quoi qu’il en soit, l’essentiel n’est pas là. C’est très beau. C’est surprenant. Ce sont des paysages, des visages, des corps, des aurores boréales, des nuits d’hiver, des créatures, …. Ca ouvre des horizons, des univers, c’est intriguant avec un goût de vertige. Ca me plaît beaucoup.

A voir jusqu’au 30 avril. En attendant une autre exposition ou que Pascal Fellous, réalisateur et photographe, inspiré et inspirant, trouve un éditeur avec du flair; ce serait mérité.

Ah, je sais ce que c’est. Je le dis pas. Un indice. Les Légende(s) ont commencé un matin en bas de chez lui. Un salon de coiffure venait de fermer, et ….

Station de tramway Montsouris

Facebooktwittergoogle_plusredditpinterestlinkedinmailby feather

 

Pascal Kobeh, abstractions, fascinantes

kobeh

Mycedium, 2012 © Pascal Kobeh

A Mac Paris ( Manifestation d’Art Contemporain, jusqu’au 27/11/16 à l’Espace Champerret ), je redécouvre les œuvres abstraites de Pascal Kobeh. Ce sont des photos du vivant sous-marin mais en si gros plan, ou en de telles couleurs, qu’elles deviennent autre chose : des peintures, des tissus, des signes, des symboles, des vues aériennes de contrées lointaines … ou un détail de la jupe d’une cougar qui passe. Vraiment très beau. Très singulier. Parfois vertigineux.

Ces images me fascinent. Vous les retrouverez en ligne à :

http://www.pascalkobeh.com/portfolio/abstractions

Photographe, spécialisé dans la photo sous-marine, Pascal Kobeh est aussi, d’abord et surtout un artiste, c’est à dire quelqu’un dont la création vous parle, vous taquine, vous intrigue, vous illumine. A voir, en ligne ou sur place.

© Pascal Kobeh

© Pascal Kobeh

Ci-dessous, les mots de Pascal sur cette partie de son travail.

Pourquoi cette série ?

De prime abord, cette série montre des photographies abstraites, or comme les extrêmes se rejoignent, elles peuvent également se revendiquer de l’hyperréalisme.

A l’instar du peintre abstrait qui se lance dans une composition, se laisse porter par son imagination, sa sensibilité, son œuvre, lorsque je passe la tête de l’autre côté de la surface, je suis porté au sens propre d’abord par les éléments puis au figuré ensuite. L’élément liquide, « un », m’entoure, me submerge, s’ouvre pour que je m’y enfonce, pour que je m’y engloutisse. Je ne sais pas alors ce que je vais voir, découvrir. J’ignore ce qu’il va advenir. Cet « un » forme le tout. Et se multiplie, ou plutôt se démultiplie. Il donne naissance à la « multitude ». Ces abstractions sont comme une gélatine passée au révélateur chimique, sauf qu’ici il ne s’agit que de restituer, de rapporter leurs couleurs originelles à la lumière du jour.

Faune, flore, minéraux, c’est un monde entier qui se donne à voir. Une vie réelle, intense. Des « figures » font leur apparition. Chacune possède son propre caractère, présente ses couleurs, ses livrées. Il faut souvent un regard attentif et patient, un deuxième passage, un « arrêt sur image » pour les repérer, les comprendre et les capter. Sous l’eau les couleurs s’estompent : dès cinq mètres, le rouge disparaît, suivi de l’orange et du jaune vers vingt-cinq mètres, puis c’est au tour du vert à quarante-cinq mètres. Au-delà ne subsiste plus que le bleu, qui devient noir dans les grandes profondeurs. Je ne suis que le témoin d’un instant, le spectateur d’une représentation fugace. C’est ce qui me permet de saisir et retransmettre cette « œuvre éphémère », montrant des détails que l’on ne remarque pas forcément au premier abord : elles nous dévoilent un plaisir d’initiés.

Suis-je victime de l’ivresse des profondeurs ? Mon imagination ne se laisse-t-elle pas submerger par un monde inconnu ? Ces couleurs, ces livrées, ces formes sont-elles réelles ? Les restituer en un plan très rapproché, n’est-ce pas se raccrocher à quelque chose de connu, à quelque création accessible ? A une œuvre humaine ou un paysage familier ?

Ces photographies se rattachent-elles à un mouvement artistique ?

« Les choses visibles sont éphémères, les invisibles sont éternelles », Saint Paul. Je ne peux pas dire qu’il s’agit d’art éphémère, encore moins de « land art » qui aurait lieu sous l’eau. J’en suis même aux antipodes. Il y a une forme d’éternité dans ses images. Certaines formes, couleurs étaient là bien avant nous. Elles seront encore là quand nous aurons disparu. A mon échelle, c’est ce que je reproduis. Mon temps sous la surface est compté. L’éternité est pour elles, ces formes, ces couleurs. Je ne fais que passer jusqu’à ce que l’air me manque. Un raccourci de l’humanité.

Finalement, que voir ?

Nous avons tous tendance à rationaliser ce qui se présente à nous. Le relier à quelque chose de connu, de rassurant. Ici, on est ailleurs. Dans tous les sens du terme. Depuis notre naissance, l’eau n’est plus notre élément. Confronté à une image abstraite, le spectateur va chercher à la rattacher à quelque chose de plus familier, une image qu’il a déjà vue, ne serait-ce qu’en levant la tête. Je suis frappé par les remarques qui identifient mes images abstraites au domaine de l’aérien. Une vue du ciel, alors que c’est des confins des abysses qu’elles remontent.

Facebooktwittergoogle_plusredditpinterestlinkedinmailby feather

Il n’y en a pas pour tout le monde !

Je ne peux pas toujours écrire des billets sur des films ! Ca fait un moment que ces idées me trottent dans la tête. Ces intuitions, je les confie à ce blog pour les mettre à l’épreuve. Merci de ne pas m’accabler en retour, je ne suis ni sociologue, ni politologue, ni économiste, ni historien.

L’élection de Trump, le Brexit, la montée du FN et d’autres partis semblables dans le monde, je leur donne un sens en disant « Il n’y en a pas pour tout le monde ». Qu’est ce que ça veut dire ?

Les gens sont en colère, dit-on, qu’est ce qui les met en colère ?

Leur état, leurs difficultés, et surtout l’espoir déçu d’une amélioration de leur sort en raison de la finitude du monde. Tant que les ressources étaient perçues comme inépuisables, il y avait toujours l’espoir d’améliorer son sort en y puisant, ou en travaillant dur les utilisant. Mais maintenant c’est fini. Il n’y a pas assez d’eau potable, d’air (bientôt), d’espace, de blé, de travail pour tout le monde, sur une planète envahie de déchets. Les ressources s’épuisent. Le travail est rare. Il faut se restreindre. Et ce dans un monde où la mondialisation a organisé la concurrence de tous contre tous pour l’eau, l’air, le blé, l’espace, le travail. Consciemment ou pas, c’est ça qui met les gens en colère. C’est la déception, c’est l’avenir trahi, c’est le mur, pour eux, pour leurs enfants. C’est le constat qu’il n’y en a pas pour tout le monde. Qu’il n’y en a plus pour tout le monde.

Et attise cette colère, alors que les perspectives sont sombres, la demande faite aux gens :

+ de ne pas trop râler quand ils constatent que les inégalités croissent de manière phénoménale, avec une concentration de la richesse dans les mains d’une poignée d’individus et d’entreprises géantes, expertes en art de ne pas payer d’impôt, expertes en chantage à l’emploi .

+ d’admirer continuellement dans les médias la reproduction des élites fortunées qui constituent le « système » avec leur cortège de fils et filles de, alors même que les enfants des gens rament dans des institutions scolaires fossilisées, s’en font éjecter, ne trouvent ni stage ni boulot, sont exploités, et sont invités à tapiner dans des émissions de télé réalité, ou à dealer.

+ de faire de la place à d’autres qui ont encore moins qu’eux, par exemple les migrants. Et si les gens protestent arrive l’injonction surmoïque : ce sont des racistes, des xénophobes, des indifférents. Alors même qu’il est facile de constater que les plus démunis, c’est encore et toujours pour les plus pauvres. Les élites fortunées n’en veulent pas chez eux. Mon Dieu !

+ d’admirer béatement la digitalisation du monde, qui est à maints égards un moyen de contrôle social massif d’une efficacité redoutable, dans un contexte de finitude où la révolte pointe. Et si tu n’es ni branché, ni connecté, ni Facebooké, ni ci, ni ça, tu es hors jeu, tu es ringardisé.

En d’autres termes, chez des gens déçus, fragilisés, en colère, le « système » rajoute continuellement de l’injure à la blessure. Manière d’arranger les choses.

Quels sont les choix offerts aux gens ?

Premièrement, les tenants du « système ». Hyper-intelligents, ils sont conscients de l’état du monde mais ils ne le changent pas alors qu’ils en ont – au moins un peu – le pouvoir. Hypothèses. Ils n’aiment pas le changement. Ce sont des cyniques. C’est plus simple ou plus marrant de garder tout sous contrôle. Les solutions bousculeraient trop les puissances qui les soutiennent ou leur fiche de paye.

Deuxièmement, les anti-système. Eux, ils mettent du sel sur les plaies. Ils proposent de revenir en arrière, avec des recettes qui ne tiennent pas compte de la finitude du monde, du saccage de la planète, et de l’état de rareté qui s’impose. Leur confier le volant, c’est une impasse. Mais en promettant de bousculer le système, les anti-système captent les suffrages des gens en colère.

Troisièmement, il y a une ribambelle d’expérimentateurs, de penseurs qui veulent qu’il y ait une vie avant la mort, d’experts en coopération et en partage. De COP en COP, leur voix n’est guère entendue. Et pourtant, c’est dans cette direction qu’il faut aller. Trop attendre, ça commence à bien faire !

Voilà, fin du billet. Publication limitée dans le temps.

Facebooktwittergoogle_plusredditpinterestlinkedinmailby feather

 

 

 

 

Nulle part en France, de Yolande Moreau, misère 1.0

http://info.arte.tv/fr/nulle-part-en-france-de-yolande-moreau

Yolande Moreau passe quelques jours au début de l’année 2016 dans les camps de Grande Synthe et de Calais. Son film témoigne de la misère qui y règne. Ils et elles fuient la guerre et la mort. Ils et elles veulent aller en Angleterre. Ils sont bloqués dans la boue en France, la côte anglaise visible par beau temps. Un Kurde – géologue de formation – dit sentir la haine des habitants à leur égard. Ce qu’il demande : un peu de patience, le temps qu’il arrive à passer, et après il dira « merci la France ».

Très beaux textes écrits avec Laurent Gaudé que l’actrice-réalisatrice dit, sans pathos. C’est d’autant plus fort. Ce n’est pas un reportage, ce n’est pas un documentaire, c’est un témoignage, un regard, une fenêtre qui s’ouvre dans notre vie sur une misère que nous ne voulons pas voir, mais qui est là, à deux pas, à trois heures de route. De quoi avons-nous peur ? Des aboiements de qui ?

Merci Arte de laisser ce film en ligne !

Facebooktwittergoogle_plusredditpinterestlinkedinmailby feather

Lipstick, de Stéphane Crouzet, réussite !

De Stéphane Crouzet, je connaissais les talents graphiques de « motion artist », et la qualité humaine. Début 2015, en voyant son film de voeux, je m’étais dit qu’il avait envie d’autre chose, ou de quelque chose en plus, en prenant une caméra, en sortant, et en délaissant partiellement son ordinateur.

Début 2016, c’est chose faite avec Lipstick, son premier court-métrage. Une femme devant un miroir. Elle se met du rouge à lèvres. Une voix-off nous dit qu’elle se souvient de quelque chose. Mais de quoi ?

C’est prenant. Très joliment filmé. Très bien fait. Très beau travail aussi de Louis Boulloche à la musique. Stéphane Crouzet s’est ouvert de nouvelles voies pour créer, pour raconter, pour émouvoir, je suis preneur à fond, bravo !

Facebooktwittergoogle_plusredditpinterestlinkedinmailby feather

Drone + robot + caméra = quelque chose m’a mordu

lily_automated_camera_drone

Ca nous pendait au nez. Le 12 mai, deux jeunes californiens et leur équipe ont dévoilé le prototype d’un drone filmeur robotisé répondant au doux nom de Lily. Les performances de leur robot sont étonnantes. On lance le drone en l’air, il démarre automatiquement. Puis, grâce au bracelet que vous portez, il vous suit automatiquement tout en vous filmant. Il est étanche et son autonomie est de 20 minutes. A l’appui de la présentation, des images aériennes de randonneurs, skieurs, kayakeurs. Je n’aurais pu voir dans Lily qu’une forme plus aboutie d’action cam propre à satisfaire les désirs d’images de tous les « héros » du monde, mais quelque chose m’a mordu et me gratte depuis. Ces quelques lignes pour essayer d’y voir plus clair.

Suis-je réfractaire à l’innovation en matière de prises de vues ? Non, sans rentrer dans les détails, c’est tout le contraire. Que pourrait-on raconter avec ce nouveau truc ? That is plutôt the question.

Suis-je agacé par le plaisir qu’ont de jeunes sportifs à filmer leurs exploits ? Non, pas vraiment. La part de l’humanité qui vit en prenant la pose, je trouve ça débile, le président compris, mais je peux regarder avec plaisir des vidéos d’action cam.

Alors quoi ? Alors je vois dans mon domaine professionnel l’émergence d’un robot qui supplante largement le travail jusqu’alors réalisé par un humain : la prise de vues. Même si le champ d’application est encore limité, un robot a mis le pied dans la porte. Faut-il s’en inquiéter ou s’en réjouir ?

Combien de temps faudra t-il pour développer un robot caméraman obéissant au doigt, à l’œil et à l’oreille au réalisateur ? Un robot caméraman qui ne se fatiguerait pas ? Qui ne dirait pas après quelques heures de travail intensif : « faisons une pause, je ne suis pas un robot » ? Qui ne ferait jamais d’erreur de point, de diaph, de température de couleur ? Qui pourrait en même temps et tout seul faire un pano, changer la focale, le point et l’exposition ? (pour autant que ça serait souhaitable …). C’est sans doute pour après-demain.

Est-ce souhaitable ? Je ne crois pas. D’abord ce que j’aime dans mon travail c’est l’échange avec les autres dans la création. Et parmi ces autres il y a celui qui manœuvre la caméra. Quelle complicité vais-je établir avec un robot ?

Et puis, surtout, faire une photo, filmer quelque chose ou quelqu’un, c’est prendre une responsabilité, c’est prendre position. Dans mon métier de la communication d’entreprise par l’image, cette idée n’est pas du tout théorique. Mais un robot peut-il assumer une responsabilité morale ? Où en est l’éthique de la robotique ? Où en est le droit de la robotique ?

Il y a bien longtemps, je lisais avec délice les romans et nouvelles d’Asimov sur les robots. La robotique avait trois lois, avait inventé Asimov, la suivante ne pouvant contredire la précédente, et elles formaient un système implacable. L’écrivain construisait pourtant des situations le mettant en difficulté. Où en est la réflexion des concepteurs de robots à ce sujet ? Pas très loin à la lecture de la prose circulaire des concepteurs de Lily, par exemple :

« Cameras require an operator. Even today, whether shooting with a smartphone or an expensive DSLR, each shot has to be manually composed. This is limiting … (because) … the kind of shots one can create is bound to his/her own skills. »

Voilà, maintenant je sais ce qui m’a mordu. Ma création est en effet limitée par ma propre habileté. Je cherche à l’augmenter mais elle est limitée. Et c’est ça qui me caractérise en tant qu’humain. Et ça me va.

 

Daredevil de Netflix, je me suis décroché de l’hameçon

daredevil-590x900

Le premier épisode m’a appâté, alors j’ai mordu à l’hameçon. Mais à la fin du 3ème, j’ai décroché : trop de sang, trop d’os brisés, trop de torture, trop de violence. Et puis, trop de choses prévisibles.

C’est pas ma came. Passons à autre chose.

Daredevil, la série, premier épisode très réussi

Gamin je lisais Pif Gadget, puis jeune ado la BD Marvel avec Hulk, Spiderman, les 4 fantastiques, X-men et aussi Daredevil.

Daredevil, le film fut une déception. Mais le premier épisode de la nouvelle série sur Netflix donne envie de voir ceux qui suivent. Le plus surprenant ce sont les combats très sombres et très longs, où l’utilisation des sens hyperdéveloppés du héros sont parfaitement rendus. On sent aussi que le personnage est très très fêlé, et que les méchants sont très très méchants, c’est exactement ce dont on raffole.

Enfin, pour les amateurs de graphisme animé, beau générique où les décors rouge sang se construisent du haut vers le bas en dégoulinant. Un peu beurk mais beau quand même.

Vivement les prochaines vacances pour trouver le temps de goûter à l’ensemble !

Ps : je me rends compte que je vais devoir ajouter une autre catégorie/rubrique. Comment l’appeler ? Séries TV ? Web séries ? Séries tout court ? Please help.