Archives de catégorie : Films

Bob, de Stéphane Crouzet, message

BOB, c’est une allégorie. Une allégorie qui ne se laisse pas faire. Mais sur qui tapons-nous, tous les jours, jusqu’à blesser, gravement, sans s’en rendre compte, avec bonne conscience ? Sur BOB, born in the USA. Sur des groupes, sur des minorités, sur nous-mêmes ? Stéphane Crouzet a des choses à dire, et c’est à nous de les découvrir, de les imaginer. Nous voilà transformés en chassoeuf. Vraie piste, fausse piste, un extrait du discours de Kennedy sur les droits civils de 1963 se glisse dans le film.

BOB, c’est beau et ça parle, c’est donc de l’art. Un art mystérieux, et j’aime suivre le chemin proposé, s’éloignant de la narration explicative, chemin sur lequel Stéphane Crouzet s’est bien entouré : de Louis (that I know) qui propose des choses fortes, de 31dB (that I do not know) qui aime audiblement le travail bien fait, d’une très jolie voix aussi.

Voilà, dans Lipstick, il y avait un personnage. Dans BOB, il y en a deux. Je parie que dans le prochain Crouzet, il y en aura plus. Can’t wait. Bravo.

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Annihilation, d’Alex Garland, anxiogène

Sur la côte est des Etats-Unis, une zone entourée d’une frontière transparente sur laquelle se forment des effets d’irisation et de miroitement s’étend lentement. Les autorités ont fait le vide dans la région. Rien n’en est jamais ressorti : animal, drone, humain …  sauf Kane, membre des forces spéciales, qui y avait été envoyé avec quelques hommes, et qui en ressort gravement malade, sans que son mal puisse être bien défini.

Sa femme Lena, biologiste et militaire, désireuse de tout faire pour sauver son mari, se joint à quatre autres femmes, toutes scientifiques. Leur mission : se rendre au phare où tout a commencé.

Le film est construit comme un retour en arrière, et dans ce retour en arrière il y aura d’autres retours en arrière. Les décorateurs et les spécialistes d’effets spéciaux ont fait un très beau travail pour créer une nature perturbée, et parfois dangereusement perturbée. Le rythme est assez lent, et s’accélère brusquement chaque fois que l’équipe s’enfonce un peu plus dans le cauchemar. Comme on sait par avance que Lena va en ressortir, et pas les autres, ça crée beaucoup d’ironie dramatique à leurs dépends. Ironie qui finira par aller beaucoup plus loin.

J’ai lu après avoir vu le film qu’il reflétait admirablement la vision de la dépression vu de l’intérieur. Je l’ai trouvé angoissant, anxiogène, comme beaucoup de programmes sur Netflix d’ailleurs. Une précision, Annihilation n’est pas une production originale de Netflix. C’est un film que la Paramount n’a pas voulu distribuer tel quel, et dont le producteur a préféré faire affaire avec Netflix pour sa sortie.

Si vous êtes à la recherche de légèreté, passez votre chemin. Si vous voulez pouvoir dire dans les dîners en ville que “Décidément, Netflix bouscule le cinéma !”, regardez-le. Curiosité, goût pour le fantastique, appétit pour toute forme de narration, … plein d’autres raisons de voir ce film.

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Chappie, de Neill Blomkamp, variation

Dans un futur proche en Afrique du Sud, la police est débordée. Elle s’équipe d’auxiliaires robots très efficaces pour lutter contre les gangs qui redoublent de violence. Parmi ces robots, le scout #22 qui se prend pain sur pain et qui, DU COUP, est un habitué de la maintenance. Dans l’usine, l’ingénieur Deon, le créateur des scouts, aimerait bien passer à la vitesse supérieure et tester un programme d’intelligence artificielle. Sa patronne s’y refuse. Et un de ses collègues, adepte d’une manière encore plus forte, voudrait lancer un nouveau modèle de robot de combat, terrifiant de puissance. Tout est sous contrôle. Pas pour longtemps.

Chappie, sorti en 2015, et que je découvre sur Netflix, c’est une variation sur le thème de l’intelligence qui vient à la machine. Ici, c’est plus que l’intelligence, c’est la conscience. Plutôt séduisant de voir Chappie – c’est le nom qui sera donné au scout 22 AI-upgraded – tiraillé entre ses différents éducateurs.

Petit à petit, quelque chose de familier est venu me chatouiller. Oui, je reconnaissais quelque chose de la patte d’un réalisateur. Celui de District 9 ? Gagné ! Vérification faite, c’était bien lui. Alors, cette patte, sa patte, de quoi est-elle faite ? Un goût pour l’action violente, pour les effets spéciaux très aboutis, pour les personnages de laissés pour compte qui se reprennent, pour les méchants qui abusent de leur pouvoir, pour le sens du sacrifice des héros. Et aussi pour un style visuel que je ne pourrais définir qu’au prix d’une observation plus attentive.

Dans la distribution, des vedettes : Sigourney Weaver (avec un petit rôle), Hugh Jackman qui pour une fois fait le méchant, et Dev Patel qui fait le héros. Et aussi l’acteur fétiche de Neill Blomkamp : Sharlto Copley qu’on ne voit pas mais qui anime Chappie.

Pas aussi réjouissant que District 9, mais solidement intéressant.

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Ready Player One, de Steven Spielberg, codes

Quand les jours sans vent se succèdent, il faut savoir lâcher sa pagaie. Je suis allé voir Ready Player One.

2045. Columbus, Ohio. La réalité virtuelle est partout, tant la réalité est chaotique, et surtout celle du quartier des “Piles”, sorte de bidonvilles verticaux où s’empilent mobil-homes, caravanes, camionnettes, ….

Comme presque tous les terriens, Wade, adolescent orphelin, fréquente L’OASIS, gigantesque monde virtuel aux possibilités infinies. Son créateur, Halliday, est mort il y a quelques années. Il a légué L’OASIS à quiconque y trouvera l’œuf de Pâques numérique qu’Halliday y a dissimulé. Depuis des années, beaucoup cherchent, dont Sorrento patron de la puissante société IOI, concurrente de L’OASIS, et psychopathe à ses heures. Mais personne jusque ici n’a rien trouvé. Wade, dont l’avatar s’appelle Parzival, poursuit ses recherches. Une rencontre dans L’OASIS lui ouvre un jour de nouvelles perspectives. Pour Wade et Parzival, c’est le début d’ennuis en mode démultiplié.

C’est bien tout : écrit, filmé, joué, visuellement, FXement, etc. C’est beau, c’est hyper distrayant. On peut même y trouver un message si on veut. Et il me semble que les connaisseurs de jeux vidéo – dont je ne fais pas partie – y trouveront encore plus de plaisir que moi. Question de culture et de codes.

Ceci dit, il y a deux ou trois petites choses dans l’histoire que je n’ai pas comprises. Par exemple, le rôle de l’ancien associé d’Halliday. Ou encore le personnage d’I-R0k dont j’ai attendu vainement l’arrivée dans le monde réel. Mais pourquoi avait-il donc un torticolis dont il est plusieurs fois question ? Bon, c’est pas bien grave. Je demanderai à mes enfants de m’expliquer quand ils iront le voir. Ou alors je demanderai à Eric R.

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The disaster artist, de James Franco, rigolo

1998. A San Francisco, dans un cours d’art dramatique, un apprenti comédien coincé – Greg – rencontre un autre apprenti, un peu plus âgé, et plutôt extraverti – Tommy – . Ils se soutiennent l’un et l’autre dans leurs rêves d’une carrière de comédien et un jour ils partent pour Los Angeles dans la Mercedes blanche de Tommy, Tommy pour qui l’argent n’est pas un problème.

Les mois passent. Les déconvenues s’amoncèlent. Pour s’affranchir du désir des autres, Tommy décide d’écrire, de réaliser, et de produire son propre film, dans lequel lui et Greg joueront. Il s’agit de The room. Le film a vraiment existé, on le comprend grâce à la séquence introductive, les personnages aussi.

D’abord, c’est super bien joué, notamment par un James Franco méconnaissable avec son accent indéfinissable, ta tête de vampire violeur, sa manière de friser constamment avec la grande folle sans jamais franchir le pas. Mais, petit à petit, on prend conscience de rire aux dépends de vraies personnes, et ça devient moins facile. Trop plein d’empathie peut-être.

Bref, j’ai admiré la performance des comédiens, et celle du metteur en scène. Je n’ai pas été fasciné par l’histoire de cette amitié, et je ne suis pas sûr d’avoir un jour envie d’aller voir The room pour rire aux dépends de Tommy Wiseau. Et puis voilà.

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Avant que de tout perdre, de Xavier Legrand, souffle coupé

Caché sous un pont, un garçonnet sèche l’école. Sa mère passe le prendre en voiture. Ils vont chercher la grande sœur. Les trois se rendent au supermarché où la mère travaille. Ils fuient. Mais quoi ?

Le film m’a coupé le souffle. Je venais d’avoir une conversation avec Julie sur Jusqu’à la garde, du même Xavier Legrand. J’ai eu envie de voir ce film fait avant l’autre. Plus court, il préfigure le long-métrage, comme une répétition générale, mais une répétition totalement aboutie, et qui a sa propre vie, sa singularité, sa propre histoire.

La tension monte petit à petit. D’un côté l’urgence de la mère et de ses enfants, de l’autre les collègues, qui comprennent ou pas, qui prennent la pleine mesure de la situation ou pas, qui se fendent d’un conseil lénifiant ou pas, qui aident ou pas, qui rejettent cette irruption dans leur confort ou pas. Déjà, une poignée de plans fixes remarquables, comme cette attente devant la porte fermée et là, Xavier Legrand ne se dégonfle pas, il ne bouge pas d’un poil, et nous on est avec eux !

Vers la fin, arrivée du geôlier, du monstre, de la menace, du tyrannosaure. Il s’appelle Antoine (tous les Antoine ne sont pas des mecs biens 😉 ! ).

Avant que de tout perdre, c’est plus qu’une fuite, c’est une évasion. C’est très fort. Vu sur iTunes pour 2 euros 49. A voir séance tenante.

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Moi, Tonya, de Craig Gillespie, lutte des classes

L’histoire de Tonya Harding, championne américaine de patinage artistique, racontée par ….

C’est la trouvaille narrative du film. D’abord rencontrer les principaux personnages, les interviewer, puis mettre en scène ces récits contradictoires avec des interviews où ce sont les comédiens qui s’expriment. Cerise sur le gâteau, de temps en temps, ils s’adressent directement au spectateur pour commenter ou torpiller ce qu’un autre a dit. Ça marche très bien.

Autre intérêt du film, c’est cette lutte entre les nantis américains qui dirigent le patinage artistique (ici on dirait les bourgeois) et Tonya Harding, fille de pauvres, redneck comme elle dit, passionnée, surdouée du patinage (première américaine à passer un triple axel en compétition), mais qui “n’a pas sa carte”. Elle le sait, ça l’exaspère, mais ça ne suscite pas en elle de révolte existentielle. Marche ou crève. C’est d’abord une battante.

Et puis il y a aussi le personnage de la mère (Allison Janey Oscar du second rôle féminin), abominable de méchanceté, d’égocentrisme, de dureté, qui choisit toujours ses moments pour dire les pires choses à sa fille, laquelle, par exemple,  est une “mauviette”, “chouine”, “patine comme une grosse gouine”. Son but affiché : endurcir sa fille pour qu’elle ait la volonté de réussir. Si vous vous plaignez de votre mère, allez voir le film, ça vous fera relativiser.

Ma mère, la mienne, fan de patinage, aurait-elle aimé le film, et le personnage de Tonya ? I think so.

A voir.

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Ni juge, ni soumise, de Jean Libon et Yves Hinant, dignité

A Bruxelles, dans le bureau de la juge d’instruction Anne Gruwez, prévenus, témoins, collaboratrices et policiers se succèdent. Incarcération, remise en liberté, la juge doit prendre des décisions. Parallèlement, une affaire de viols et de meurtres est réactivée après 20 ans.

Aux commandes du film, les deux auteurs de l’émission Striptease. C’est à dire que c’est un documentaire, filmé sans interviews, au naturel, les caméras se faisant oublier.

Au début, j’ai ri. Du naturel de la juge. De l’embarras des prévenus, pas très sympas, bien fait pour eux. J’ai pensé à Jos Houben qui explique lors de ses conférences d’où provient le rire : d’une perte de dignité par rapport à un référentiel commun. Et là, les sarcasmes de la juge font perdre leur dignité à beaucoup, sarcasmes teintés parfois d’une touche d’autodérision et, aussi, d’histrionisme (je viens d’inventer le mot, débrouillez-vous).

Progressivement, je commençais à saisir la psychologie de la juge : indulgente avec ceux qui semblaient avoir conscience de la gravité de leurs actes, au moins un peu, impitoyable avec d’autres chez qui transparaissait de la toute-puissance.

Mais, petit à petit, j’ai moins ri, alors qu’au Trianon une grande partie de la salle continuait à se gondoler. Cette misère humaine qui défile devant la juge, c’est vraiment drôle ? C’est vraiment un spectacle de les voir à nu ces types, de les voir, des connards pour la plupart, patauger, s’enfoncer encore plus ? Et quasiment pour seuls plans d’interséquence ces plans de militaires, de gens d’ordre lourdement armés, ça voulait dire quoi ? Qu’il y a un lien entre des délinquants belges d’origine étrangère, allez, majoritairement proche-orientaux ou maghrébins, et ces casques, ces fusils d’assaut, ces gilets pare-balles ?  Va savoir ce que Jean Libon et Yves Hinant veulent dire, ou pas.

Bon, à la fin, on ne rit plus du tout. Mais alors plus du tout. Cette mère de famille musulmane qui a vu Satan dans son fils de 8 ans, qui l’étrangle, le poignarde, et l’enterre sous un arbre en ville. Et qui raconte ça doucement à la juge. Sans s’énerver. Sans regrets. Glaçant. Et la juge qui la fait venir auprès d’elle, elle qui refuse au début du film de serrer la main d’un malfrat. Ça dit quoi cette proximité avec la super givrée infanticide ? Que la juge est une super pro qui garde son sang-froid en toute circonstance ? Ou qu’elle est elle aussi, à sa manière, dans la toute puissance ? Je ne sais pas.

Bon, à la fin, on ne sait toujours pas qui a tué ces deux prostituées il y a 20 ans, et c’est un peu frustrant.

On peut voir et se faire son avis.

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Three billboards outside Ebbing, Missouri, de Martin McDonagh, réjouissant

Près d’un an après le viol et le meurtre de sa fille Angela, crime non élucidé, Mildred Hayes interpelle le shériff et ses concitoyens en mobilisant 3 panneaux d’affichage publicitaire le long d’une petite route. Ce n’est pas le shériff qui sera le plus dérangé de cette initiative tonitruante.

En rentrant du cinéma, j’ai tout d’abord voulu situer Ebbing et le Missouri. Le Missouri existe, je le confirme, au milieu des Etats-Unis un peu à l’est (mais c’est à l’ouest du Mississippi donc il fait partie du Midwest). Mais pas Ebbing, fruit de l’imagination de Martin McDonagh. Ebbing, c’est une ville proprette, typique je ne sais pas, dans un très joli environnement boisé, vallonné et verdoyant. (en vrai le film a été tourné à Salva Caroline du Nord merci Wikipédia).

3 billboards, c’est d’abord une histoire solide, non prévisible, cohérente. Une histoire bien ficelée, sans facilités. Même si je ne suis pas sûr d’avoir clairement compris le dénouement. Ca fait du bien anyway. Une histoire avec son mystère, une histoire qui vous emmène en haut, en bas, une histoire qui vous fait croire des choses, une histoire avec de l’ironie dramatique, tout en finesse. Une histoire qui vous branche sur l’âme des personnages.

3 billboards, c’est aussi des personnages forts, mais pas monolithiques, pas stéréotypés. Des personnages complexes, avec leurs faiblesses, leurs mensonges, leur courage, leurs désirs. Mildred Hayes en a assez de ce qu’elle vit comme un second et lent enterrement de sa fille, avec une enquête à l’arrêt. Elle n’a pas froid aux yeux et le montrera à maintes reprises. Le shériff William Willoughby n’est pas tout à fait l’homme qu’on croit. Et son adjoint, le brutal, raciste, et apparemment semi-simplet Dixon non plus. Pleins de seconds rôles subtils : Peter Dinklage, Caleb Landry Jones, John Hawkes, ….

3 billboards, c’est un film sur le combat du courage contre la lâcheté, de la force d’âme contre la résignation, de la révolte contre l’indifférence, de l’amour contre l’abus de pouvoir, de la colère contre la bienpensance.

Frances McDormand ( Mildred ) a été oscarisée. Sam Rockwell ( Dixon ) aussi. Woody Harrelson ( le shériff ) y est mille fois plus intéressant que dans les Hungergames ou dans Le retour de la revanche du commencement de la bataille finale de la planète des singes.

Ah ! Le titre français est trompeur, il ne reflète pas l’histoire, car il n’y a pas de vengeance dans ce film. J’ai pas pris comme image l’affiche française. Shame on celles et ceux qui ont choisi ce titre.

Vous voulez aller au cinéma ? C’est le bon choix. C’est LE choix pour un film qui va m’accompagner un bout de temps.

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L’insulte, de Ziad Doueiri, blessures

Des travaux de voirie ont lieu dans une rue de Beyrouth. Le chef de travaux veut faire réparer une gouttière comme c’est la loi. Le propriétaire s’y oppose violemment. “Sale con”, lance le contremaître. C’est un réfugié palestinien. L’autre un libanais chrétien. Il porte plainte. Début de l’histoire.

Très beau film, inattendu et prenant. A la fois une comédie, un drame, un film psychologique et aussi politique. Le sujet : la fierté, l’orgueil, les blessures qui ne passent pas, qui passent mal, qui se rouvrent. Jolie réflexion aussi sur les victimes oubliées. Sur les victimes qui deviennent des bourreaux et vice et versa. Sujet libanais, et aussi universel. Jolie trouvaille dans l’opposition des deux avocats.

Tous les comédiens sont lumineux, beaux, avec des regards exceptionnels. L’histoire, très bien construite, m’a emporté, avec ses surprises, ses contrepieds, sa profondeur. En fait, quand j’y pense, les films proche-orientaux ont souvent plus de goût que bien d’autres.

Une question irrésolue pour moi. Au début du film, la femme du personnage chrétien, enceinte, lui indique qu’elle aimerait bien s’installer dans la région d’origine de son mari, le village de Damour. Il refuse catégoriquement. Pour un libanais, ou pour un connaisseur de l’histoire du Liban, ça fait sens : Damour est le lieu d’un des pires massacres commis en janvier 1976 par des milices palestiniennes. D’où sans doute sa haine des palestiniens qui ressurgit lors de sa rencontre avec le contremaître. Mais pour moi, au moment où je vois le film, cette information ne fait pas sens. Je ne la comprends que bien plus tard dans le film. Ma question c’est, qu’est ce que ça aurait changé pour moi spectateur d’intégrer la profondeur de cette information pour comprendre les personnages ? Aurais-je perçu le film, aurais-je compris le film différemment ? Pour trouver une réponse, il faudrait aller le revoir.

Anyway, je guetterai le prochain film de Ziad Doueiri.

A voir sans hésiter.

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