Archives de catégorie : Théâtre

Ben&Gus, work in progress #2

2ème présentation de ce travail. C’est l’anniversaire de Gisela. Luc et moi nous sommes chez ses beaux-parents, Diane et Olivier. La terrasse c’est la scène. Une trentaine de fauteuils en contrebas. Nous avons du nous y remettre et répéter 5 ou 6 fois pour nous remémorer les choses.

Après la présentation, nous découvrons que dans l’assistance il y avait un professeur de théâtre, et une comédienne, dramaturge et metteuse en scène. Je comprends que nous produisons du jeu, c’est l’essentiel. Et puis d’autres nous disent : on voyait surtout les personnages, pas les comédiens, vous êtes des amateurs mais des amateurs avec des tripes, qu’est ce que votre personnage est antipathique … j’étais pour l’autre, je suis orthophoniste retraitée et je peux vous dire que vous avez de belles voix.

Bon, j’ai connu pire soirée. Petit bémol, nous ne marquons pas assez de temps de silence comme nous devrions. Je suis sûr qu’une part du texte et de la situation s’évapore, avec les possibilités de jeu associé. Va falloir y remédier.

Bon, nous cherchons de nouvelles opportunités pour présenter ce travail. Avis : nous pouvons jouer en intérieur. Il nous faut un pan de mur avec deux portes et 3 chaises. A bientôt !

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Ben&Gus, work in progress

L’été dernier, avec Luc, las des ateliers de théâtre amateur, nous avions décidé de monter une pièce tous les deux. La fin de l’année arrivant, nous avons eu une proposition de montrer où nous en étions de notre travail aux collègues de Luc. Une proposition que nous ne pouvions pas refuser : nous rassemblons quelques éléments de décors dans la cafeteria, les filages s’enchaînent tous les soirs, et nous jouons le 21 juillet pendant la pause déjeuner.

Dans cette pièce il y a un clown blanc, nommé Ben, c’est moi, et un Auguste, qui s’appelle Gus, c’est Luc. Ils attendent un client. Qui peut arriver n’importe quand. Pour faire un travail. Quel travail ?

Ben, c’est, je trouve, un rôle très difficile, même si je dis ça un peu pour accroître mes mérites. Ben a peu de texte. Il passe son temps à lire son journal perché sur sa chaise. Il cherche à repousser les assauts de curiosité d’un Gus à la logorrhée angoissée et angoissante. Dès la première seconde de jeu, Ben est au bout du rouleau, et pourtant il faut aller crescendo. Faire exister un Ben immobile face à un Gus virevoltant et bavard. Faire vivre son personnage avec peu de choses, avec tout ce qu’on a en magasin. Des regards, échangés, fixes, perdus. L’inclinaison de la tête, la manière de tourner une page, la manière de lire ou ne pas lire le journal, la dureté croissante de la voix, la crispation d’une main, du corps. M’avait-on vu, me suis-je demandé, quelques instants égaré dans un doute inapproprié et improductif.

Bon, nous ne nous sommes pas trop trompés, et nous avons beaucoup inventé de jeu lors de cette première livraison. Notre travail a plu à ce public cultivé, plutôt abonné à Télérama qu’au Sun. Un travail qui maintenant aurait bien besoin d’un oeil extérieur pour progresser. Et puis il y a quelques problèmes d’accessoires à régler pour pouvoir donner tout le texte.

Prochain objectif, régler ces questions artistiques et logistiques, aller roder les choses ici et là, en jouant chez des amis, maigrir un peu, avant, peut-être, d’officialiser la démarche. Rendez-vous fin août début septembre.

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Une poignée de gens (quelque chose qui ressemble au bonheur), de Vélo Théâtre, passager

© Télérama

On descend dans la salle du Théâtre des Sources à Fontenay-aux-roses. Les fauteuils ont été enlevés. Un agent d’une compagnie ferroviaire nous salue avec un grand sourire et nous remet un billet numéroté. Les spectateurs se rangent sur les côtés d’un espace carré délimité par des tentures grises. Au centre de l’espace, un joueur de trombone, un enchevêtrement de chaises pliantes en bois, un petit train circulaire. Un second chef de gare arrive. Ça commence comme ça. Il est question de bonheur, de voyage en train, de chaises numérotées, de lapins et de marguerites. C’est un théâtre qui crée des instants poétiques. Qui cherche peut-être, sans doute, une interaction avec les spectateurs – faible ce soir là -. Qui ne repose pas ou peu sur les mots. J’en suis ressorti détendu, reposé, comme si j’étais allé me faire papouiller le crâne. Le bonheur, c’est quoi ?

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Le misanthrope, par Clément Hervieu-Léger, lent

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Je m’y étais pris un peu tard pour les places. Corbeille paire. 202-902. Mauvaise pioche. Surtout pour Jules dont le strapontin penchait nettement vers la gauche et qui avait l’angle d’un mur pour adossement. Cette salle Richelieu est pleine de mauvaises surprises quand on n’y met pas le prix fort. A quoi ça rime une salle où le spectacle est à peine visible de tant de places ? Assez honteux. Et puis, le problème, c’est que quand on n’est pas bien installé, et si le spectacle n’est pas prenant, ses défauts vous parviennent vite avec plus de netteté que ses qualités.

Bon, je n’avais jamais vu Le Misanthrope. J’ai trouvé le spectacle lent, très lent. Lent dans une série d’actions complémentaires. Lent dans la façon de parler avec des pauses, un hachage des phrases. Parfois ni le son ni le sens ne me parvenaient. Rares rires. Dommage. Très beau décor mais au bout d’un moment je ne voyais plus que les aller-retours, les explorations, faut bien aller quelque part où on n’a pas encore été. Ambiance quasi-dépressive de bout en bout. Pas joyeux Noël La Comédie française.

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Les damnés, adaptation et mise en scène d’Ivo van Howe, nourrissant

lesdamnes

Je ne sais pas trop quoi dire de ces damnés vus dimanche dernier. Très heureux d’y être, je n’étais pas très bien placé et la pièce ne me parvenait que par fragments. Que m’en reste-t-il une semaine plus tard ?

+ le jeu vénéneux de Christophe Montenez, comédien tout à fait impressionnant dans le rôle de Martin von Essenbeck,

+ le dispositif scénique où scène et coulisses se fondent,

+ la caméra sur le plateau pour que scène et écran se complètent, s’enrichissent, même si l’image m’a semblé parfois un peu en retard sur le son,

+ ce grand sol orange, comme du métal en fusion,

+ les micros dont sont équipés les comédiens et qui, me semble-t-il, ne supportent pas bien les cris, le son devient plat, les propos indistincts, à moins que ce ne soit moi qui soit un client potentiel d’Audika ( si concordance des temps bafouée, merci de me l’indiquer, je corrigerai, 😉 ),

+ la caméra dans les cercueils, l’agonie des uns et des autres, insoutenable,

+ et puis, il y a dans cette histoire de dévoration familiale et politique quelque chose qui m’a impressionné, sans même que je m’en rende compte, et qui doucement murit en moi. Peut être une phrase au début sur la nécessité de parler et d’agir avant qu’il ne soit trop tard.

Voilà, un grand merci à qui se reconnaîtra peut-être de m’avoir offert une place et cette chance de voir ce spectacle.

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Les élans ne sont pas toujours des animaux faciles, de Frédéric Rose et Vincent Jaspard, la poésie ne raconte pas d’histoire, elle chante

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Un fauteuil, 2 chaises, un piano, une guitare, une valise qui se donne des airs de contrebasse. Pas mal de bouteilles d’alcool et trois hommes. L’un prétend avoir croisé Verlaine la veille au soir. Puis ils chantent. Puis ils nous parlent de la voisine rousse, du « regard qui en dit long », d’un « prototype » que l’un a dragué, femme d’un côté, homme de l’autre, etc. Entre chaque conversation plutôt arrosée, ils chantent, parfois du rock mais surtout des airs de jazz, qui font chaque fois écho à leur conversation.

J’ai trouvé le spectacle dans la liste des pièces géniales du site www.aubalcon.fr. Je ne sais pas si la pièce était vraiment « géniale » mais je me suis bien amusé.  Très très jolie trouvaille des mains qui font les marionnettes. Trois comédiens/musiciens subtils : Pascal Neyron, Emmanuel Quatra et Benoît Urbain.  Au Lucernaire. Mise en scène Laurent Serrano.

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Bigre, de et avec Pierre Guillois, au Théâtre Tristan Bernard, so much fun !

Bigre

3 minuscules chambres de bonne les unes à côté des autres, ouvertes à nos yeux. Trois intérieurs qui laissent imaginer la personnalité de leurs trois occupants. Ils arrivent. Vite, on se rend compte qu’il y a en fait au moins 6 personnages sur le plateau tant humains et décors interagissent sans cesse, et il faut ajouter à cette distribution quelques animaux, et aussi le vent jouant avec des vêtements.

L’histoire ? Il n’y en a pas. C’est une tranche de vie partagée, une chronique de ces 3 jeunes adultes avec leurs espoirs, leurs projets, leurs succès et, surtout, leurs échecs.

Pourquoi aller voir Bigre ?

Parce que c’est très drôle, très inventif, toujours surprenant.

Parce que c’est un spectacle total où se conjuguent effets spéciaux, bruitage, musique, chant, facéties des décors et jeux d’acteurs à grande vitesse.

Parce que les comédiens (Pierre Guillois, Agathe L’Huillier, Olivier Martin-Salvan) en disent beaucoup, sans quasiment prononcer aucune ligne de dialogue. C’est le masque revisité. Une bonne manière d’aller à l’essentiel et de nous embarquer.

Parce que l’air de rien Bigre ouvre des portes et nous suggère quelques petites choses sur les absurdités et la cruauté de nos temps. On entend ou on n’entend pas, comme on veut.

A noter la grande hospitalité du Théâtre Tristan Bernard qui a prévu des petites bouteilles d’eau à un euro à l’entrée, des ventilateurs puissants et silencieux dans la salle, et des verres d’eau fraîche à la sortie plus que bienvenus. On a l’impression d’être chez quelqu’un. Un grand merci donc à ce quelqu’un. Et un grand merci à Anne G. pour m’avoir signalé se spectacle.

Allez voir Bigre et dites-moi en quelle langue est le deuxième karaoké !

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Le porteur d’histoire, d’Alexis Michalik, mise en scène Christelle Pontié, beau travail !

porteur

C’est Christelle Pontié qui m’a fait découvrir Le porteur d’histoire, pièce captivante d’Alexis Michalik, vue en septembre 2015 au Studio des Champs Elysées.

Quand au même moment elle m’a annoncé vouloir monter la pièce avec l’un des trois ateliers amateurs qu’elle anime à Sceaux, je me suis dit, je me suis dit, je me suis dit … je ne me suis rien dit parce que connaissant sa détermination, je pensais bien qu’elle arriverait au bout de son projet.

Christelle Pontié a obtenu à titre exceptionnel l’autorisation de l’auteur. Et après des mois de travail, la première a eu lieu ce samedi. Je suis allé voir mes anciens compagnons de théâtre : Bassam Almoussa, Anne et Vincent Flipo, Bénédicte Nadaud, Béatrice Paillat, Béatrice Robert, et tous les autres.

Beau travail ! Enorme travail ! Ca se tient bien. Christelle a eu l’idée d’ajouter quelques repères visuels pour faciliter la compréhension de la situation. Ca marche. Elle met constamment en abîme le récit, en juxtaposant sur le plateau la narration et la reconstitution, ça marche. Les comédiens et comédiennes se succèdent dans les mêmes rôles, il en faut pour tout le monde, un dress code simple, et ça marche aussi ! Des décors sont projetés sur un écran en fond de scène … elle aurait pu en mettre plus ! … Christelle Pontié met en scène !

Et sur le plateau, comédiens et comédiennes assurent, chacun là où il en est de son art théâtral. Grand plaisir à les voir ou revoir.

Deux autres représentations sont prévues : le dimanche 29 mai à 17h00, et le vendredi 1er juillet à 20h30, à l’Agoreine de Bourg-la-Reine. Allez-y !

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Troupamateur, 2ème lever de rideau, produire du jeu

LR troupamateur 13 AVRIL

2ème lever de rideau monté en un peu plus d’un mois, sur le thème de l’exil. Nous commençons par Ellis Island, nous poursuivons avec des « textes de guerre » actuels, nous revenons au legal desk d’Ellis Island, puis nous nous transportons des décennies plus tard alors qu’un homologue de Robert Bober rencontre à New-York un couple de vieux juifs russes. Pas sûr que les spectateurs aient saisi ces mouvements temporels.

Je suis Jean Duval, qui joue sa vie face à l’officier d’état civil américain, joué par Luc. Je crois que ce Jean Duval là était le meilleur que nous ayons vu et entendu. Je suis Dimitri, qui aide sa femme Olga à retrouver ses souvenirs.  C’est notre quasi-impro qui conclut le spectacle. Bonne complicité avec Valérie. Produire or not produire du jeu, that is the question. A l’issue des trente minutes de spectacle, pas mal de réactions positives.

Il va y avoir un 3ème lever de rideau de la Troupamateur fin mai. Je ne suis pas sûr que mes activités professionnelles me laissent le loisir d’y participer. Et même si c’est toujours sympa de jouer devant un public – mon objectif quand j’ai rejoint la Troupamateur -, ces derniers temps je me suis un peu ennuyé à l’atelier. Mais comme chacun sait, l’ennui est le début du bonheur.

PS : Epilogue le 26 mai, comme je le pressentais, je n’ai pu concilier mon travail et la préparation du 3ème lever de rideau. J’ai donc rendu mon tablier de Troupamateurien fin avril. Au final, et j’en suis désolé, la Troupamateur est pour moi un pari théâtral plutôt perdu.

 

 

Troupamateur, Visite théâtralisée, sous le signe d’Ellis Island

VisiteTroupamateur

En dépit de l’absence quasi-totale de publicité du théâtre La Piscine sur cette visite théâtralisée dont la réalisation est confiée à la Troupamateur, des curieuses et des curieux sont venus, parfois en famille. Un grand merci à eux. Nous les avons entraînés dans le labyrinthe des couloirs en béton, sous le plateau, dans une loge, au foyer des comédiens, à la salle des machines, dans les locaux de l’administration et au « solarium ». L’accès au plateau nous a été refusé. Nous jouons de petites scènes, nous donnons à entendre quelques courts extraits de textes, comme on dit. Au programme Ellis Island vue par Perec, les mouvements de population, les migrants, et un extrait de la plume féroce d’Hilsenrath. Programme bien vu et qui faisait sens en ces temps troublés.

Nous faisons deux visites, la seconde bien meilleure que la première. Je suis le consul général de Fuck America qui répond à Bronski. Je suis aussi Georges Perec qui essaye de définir sa judéité au cours d’une interview imaginaire d’Aujourd’hui Madame. D’un bord à l’autre en quelque sorte.

Je ne regrette pas cet après-midi de jeu, mais je m’interroge sur le rendement de cette activité en terme de plaisir et de retours. Merci à Aline Le Berre pour son engagement et pour la justesse de ses conseils. Merci à la personne du théâtre qui m’a gentiment dit « bravo » à l’issue de la seconde visite. Merci au spectateur qui s’est dit touché par tout ce qu’il avait entendu. Pas de merci à l’équipe des « pros » qui jouaient cet après-midi là et qui n’ont pas le sens de l’hospitalité très développé. (mais peut-être un peu le melon).

Rendez-vous le 13 avril pour le deuxième lever de rideau.

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