Archives de catégorie : Théâtre

Troupamateur, Visite théâtralisée, sous le signe d’Ellis Island

VisiteTroupamateur

En dépit de l’absence quasi-totale de publicité du théâtre La Piscine sur cette visite théâtralisée dont la réalisation est confiée à la Troupamateur, des curieuses et des curieux sont venus, parfois en famille. Un grand merci à eux. Nous les avons entraînés dans le labyrinthe des couloirs en béton, sous le plateau, dans une loge, au foyer des comédiens, à la salle des machines, dans les locaux de l’administration et au “solarium”. L’accès au plateau nous a été refusé. Nous jouons de petites scènes, nous donnons à entendre quelques courts extraits de textes, comme on dit. Au programme Ellis Island vue par Perec, les mouvements de population, les migrants, et un extrait de la plume féroce d’Hilsenrath. Programme bien vu et qui faisait sens en ces temps troublés.

Nous faisons deux visites, la seconde bien meilleure que la première. Je suis le consul général de Fuck America qui répond à Bronski. Je suis aussi Georges Perec qui essaye de définir sa judéité au cours d’une interview imaginaire d’Aujourd’hui Madame. D’un bord à l’autre en quelque sorte.

Je ne regrette pas cet après-midi de jeu, mais je m’interroge sur le rendement de cette activité en terme de plaisir et de retours. Merci à Aline Le Berre pour son engagement et pour la justesse de ses conseils. Merci à la personne du théâtre qui m’a gentiment dit “bravo” à l’issue de la seconde visite. Merci au spectateur qui s’est dit touché par tout ce qu’il avait entendu. Pas de merci à l’équipe des “pros” qui jouaient cet après-midi là et qui n’ont pas le sens de l’hospitalité très développé. (mais peut-être un peu le melon).

Rendez-vous le 13 avril pour le deuxième lever de rideau.

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Ellis Island, de Georges Perec, souvenirs, tropisme

ellis_island_Perec

Je me souviens de ma grand-mère maternelle me racontant que ses parents avaient voulu émigrer aux Etats-Unis. Qu’ils étaient allés à New-York. Qu’ils ne s’y étaient pas bien trouvés, et qu’ils étaient rentrés en France.
“J’avais deux ans et on m’a dit plus tard que j’étais tombée malade et que les médecins avaient recommandé un retour au pays”.
Ma grand-mère maternelle est née en 1898.
Donc elle est passée par Ellis Island en 1900.
Si elle n’était pas rentrée, je ne serais pas là pour m’en souvenir.
Aujourd’hui, je m’en souviens.

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L’art de la comédie, d’Eduardo De Filippo, par Patrick Pineau, énergétique

Ci-dessus, des images de répétition filmées au Théâtre-Sénart. Evidemment, au théâtre Firmin Gémier / La Piscine à Châtenay-Malabry, le décor est le même.

Italie, dans les années soixante. Un nouveau préfet prend ses fonctions. Comme c’est l’usage, il doit recevoir les notables. Arrive impromptu Oreste Campese, directeur d’une troupe de théâtre, dont la roulotte et les décors ont brûlé. Il vient demander de l’aide, la conversation roule sur le théâtre, mais le préfet fait semblant de ne pas comprendre les difficultés d’Oreste qui n’obtient qu’un sauf-conduit. En partant, Oreste suggère que des comédiens pourraient bien se substituer aux notables. Arrive un premier notable, le médecin. Le délire n’est pas loin.

C’est décidé, je n’irai plus au théâtre le vendredi soir, avec une semaine de labeur acharné. Se retrouver plongé dans l’obscurité assis dans un fauteuil confortable, … il faut résister, et ce d’autant plus que sur scène une conversation semble s’éterniser. Mais tout à coup arrive le médecin – Manuel Le Lièvre – , débordant de problèmes et d’énergie. Et plus tard avec le curé – Marc Jeancourt -, le délire monte encore d’un cran. Et le spectateur épuisé reste éveillé. Voilà, pour celles et ceux qui se demandent ce que c’est que d’avoir de l’énergie sur scène, allez voir cet Art de la comédie.

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Troupamateur, premier lever de rideau, Pulvérisé !

Lever de rideau 1

Premier “Lever de rideau” de la Troupamateur 2015/2016 du théâtre Firmin Gémier La piscine, sous la direction d’Aline Le Berre.

Nous sommes 11 à jouer. Parmi les 200 spectateurs du spectacle du soir (Candide), 33 curieux viennent nous voir au Pédiluve.

Aline a fait un collage de textes sur le thème de l’errance. Nous avons une demi-heure. Luc joue une belle scène de Koltès où il boit du whisky parce que sinon on se dessèche. Je termine avec une des scènes de Pulvérisés d’Alexandrea Badéa : la femme qui met les voiles pour aller prendre l’avion pour quelque part. Oui maintenant je prends des rôles de femme.

Je crois que nous nous sommes tous bien débrouillés. L’équipe du théâtre attentive. Beaucoup de travail et de temps quand même pour une poignée de minutes sur scène. Peut-on imaginer allonger notre temps de jeu pour les prochains levers de rideau ? On va voir. Vivement la suite.

Le poisson belge, de Confino par Schaub, de miel et d’encre

Lavoine Martineau - Le poisson belge

Vu au Théâtre de la Pépinière. Sur un banc, une petite fille affamée se colle à un homme. Puis il la laisse s’inviter chez lui. Qui est-elle ? Qui est-il ? Qui sont-ils l’un pour l’autre ? C’est le sujet de la pièce où l’on parlera pas mal de poissons. C’est drôle, c’est surprenant, c’est émouvant.

Découverte de Géraldine Martineau dont le jeu est fascinant : physique de petite fille, des allures de schtroumpfette, un grain de voix un peu étrange, regard étonnant, plasticité totale, énergie à revendre, …. Elle a le génie de son rôle. Marc Lavoine est juste et touchant.

Après le féroce Ring, ou le corrosif Building, Léonore Confino explore à nouveau les fêlures des âmes et des corps. Avec Le poisson belge, elle a mis un peu de miel dans son encrier, et c’est bon ! A voir. Mise en scène par Catherine Schaub.

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Le porteur d’histoire, d’Alexis Michalik, tourbillon éblouissant

Le-Porteur-d-histoire_reference

Au Studio des Champs Elysées le vendredi 25. Le Porteur d’histoire. Deux femmes disparaissent d’un petit village algérien. Dans la nuit sous la pluie, un homme cherche le village des Ardennes où vivait son père qui vient de mourir. Et puis on va remonter le temps, revenir au présent, repartir, changer de lieu, d’époque, de continent, rencontrer Alexandre Dumas, entendre l’écho très lointain de thèmes dont naguère le Da Vinci Code avait fait son miel, …. Présent et passé s’imbriquent, c’est à dire que dans une même scène le personnage au temps présent côtoie le personnage dans un autre temps, joué par un autre acteur. Le sujet de la pièce : la force de l’imaginaire.

Il y a 5 comédiens sur scène, avec une distribution qui tourne. Ce soir là : Michel Scotto di Carlo, Justine Moulinier, Charles Lelaure, Julien Jacob et Mounya Boudiaf. Cinq qui ne se sont pas trompés en trouvant leur vocation. Actrices et acteurs virtuoses. Ils passent d’un personnage à l’autre, d’un costume à l’autre, ils changent d’époque et d’état émotionnel en un clin d’oeil. Sans forcer, sans à-coup, sans trébucher. C’est une virtuosité qui n’est pas gratuite, pas démonstrative. A ce niveau, le théâtre est tellement fluide qu’il en devient presque de la musique. On sentait la concentration totale de la salle. Alexis Michalik est-il musicien ?

Curieusement, après le spectacle, l’émotion est arrivée encore plus forte. Comme une vague qui m’aurait rattrapé. Spectacle très fort. A voir, à voir, à voir. Ou à revoir avec une autre distribution, pour voir.

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Ctrl-X, de Pauline Peyrade, par Patrick Azam, ça m’a plu

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Crtl-X de Pauline Peyrade raconte la nuit d’une jeune femme en pleine tourmente psychologique, aggravée par les médocs et l’alcool. Elle se confronte via son ordinateur et internet au souvenir de Pierre K., un photographe dont elle est amoureuse, et à ses pulsions. Par téléphone et SMS, elle repousse sa soeur qui tente de veiller sur elle, elle butine avec un amant de fraîche date qui vient de quitter son domicile et qui la rappelle, tout à son émoi érotique. Elle est paumée.

Ctrl-X est une pièce radiophonique adaptée pour la scène par Patrick Azam, avec l’atelier “adultes amateurs” qu’il anime au Théâtre des sources . J’en parle parce que j’ai joué dans la pièce. Nous avons joué deux fois, la seconde nous étions bien meilleurs. Petit bilan, essayons.

Qu’est-ce qui m’a plu dans cet exercice choral ?

  • Etre en jeu au plateau pendant près d’une heure, se concentrer pour être à la fois présent, vif et juste.
  • Jouer des éléments ou personnages de pages internet pour lesquels l’intention de jeu c’est en gros “naturel, souriant, convaincu”. Ca a l’air simple mais c’est en fait assez difficile d’y arriver. On recherche d’abord une sorte de “jeu” qui ne sert à rien. Il faut finir par “lâcher prise”.
  • Chanter quelques couplets d’une chanson de l’immense Tom Waits, Dead and lovely. Un grand merci à Azam pour m’avoir donné la possibilité de me frotter au jazz. Un grand merci à Louis Boulloche pour m’avoir aidé à trouver les temps de départ. Il y a quelques semaines je me lançais en ânonnant. Petit à petit et surtout à la fin, des paroles chaleureuses sont venues. De ma famille, de mes camarades, de parfaits inconnus. Ni Dove ni André Manoukian n’étaient dans la salle, il va falloir aller à eux !  😉
  • Travailler avec Patrick Azam. Inventivité. Humour. Carré. Direction d’acteur par touches petites et directes au bon moment. En fallait-il plus ?
  • Mes camarades d’atelier. Des regards bienveillants. L’envie de théâtre. Le désir de produire du jeu.
  • Découvrir que l’on pouvait prendre du plaisir à jouer alors même que pour certains spectateurs, “le spectacle est intéressant, mais l’histoire un peu ennuyeuse”. Il faut donc se méfier du point de vue du comédien.

Dans le théâtre amateur, c’est au moment où l’on communie le plus avec ses camarades que l’on est le plus proche de la séparation. C’est un peu cruel. Ca peut rendre mélancolique. C’est pas mon état d’esprit.

Voilà. Crtl – X avec mes camarades et Azam, ça m’a plu. Théâtre, suite au prochain épisode.

Pour les curieux :

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La liste de mes envies, par Mikaël Chirinian et Anne Bouvier, pourquoi suis-je aimé(e) ?

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Vu au Théâtre des Sources hier.  Je ne connaissais pas Mikaël Chirinian, seul en scène, ni Anne Bouvier, metteuse en scène avec qui Mikaël Chirinian a adapté La liste de mes envies, livre à grand succès de Grégoire Delacourt, que je ne connaissais pas non plus. Je ne connais pas grand chose.

Jocelyne, mercière à Arras, est l’épouse de Jocelyn, ouvrier dans la chimie. Ni belle ni moche, elle n’a jamais perdu les kilos pris lors de sa deuxième grossesse. Puis, après, il y a eu une petite fille morte née, Nadège. Jocelyn ne la touche plus et rêve de Porsche Cayenne en descendant ses bières sans alcool. Mais ils s’aiment. Patatras, Jocelyne gagne le gros lot de l’Euromillions. Elle ne veut pas que sa vie change. Que faire ?

Tous les personnages sont joués par Mikaël Chirinian : Jocelyn, Jocelyne, la psy de la Française des jeux, les enfants, …. Virtuosité au programme. On y croit, on marche, on est touché par cette nouvelle variation sur le thème du pourquoi suis-je aimé(e). Assez fort quand même pour Chirinian de faire oublier qu’il est un grand costaud barbu quand il joue Jocelyne tricotant ou l’une et l’autre des copines jumelles. Belles trouvailles de mise en scène. Un micro pour la voix.

 

La mégère apprivoisée, adaptée par Mélanie Leray, aux Gémeaux

photo_lamegereapprivoisee_christianberthelot-2carrousel © Christian Berthelot

Transposée dans un univers kitch (60-70 ?) avec chant, caméras sur le plateau, en coulisse et dans les cintres avec retransmission géante en fond de scène, un peu de nudité, pas mal de work-out des comédiens, la mégère qui gueule plus qu’elle ne parle, …. Pour résumer, c’est très bien … et légèrement ennuyeux. Donc, the question is : pourquoi tant de talents et d’invention finissent-ils par créer de l’ennui ? Je propose : parce qu’ils finissent par prendre le pas sur l’histoire qui ne nous parvient plus. A débattre.

Le révizor, mise en scène Paula Giusti

revizor

Vu au Théâtre des sources. Mise en scène et comédiens virtuoses au service d’une histoire dont je me suis senti un peu éloigné. Le matin, atelier avec Paula Giusti qui nous initie au travail avec un faux nez, proche du masque.

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