Dheepan, de Jacques Audiart, prenant

Dheepan

Dheepan, ancien des Tigres tamouls qui ont été défaits, passe en France accompagné d’une jeune femme – Yalini – laquelle a trouvé dans leur camp de réfugiés une orpheline Illayaal. Les trois reconstituent la famille détruite de Dheepan ce qui leur donne plus de chance d’obtenir le droit de rester à leur arrivée. Ca marche, même si Yalini aurait préféré aller rejoindre sa cousine en Angleterre. En attendant leurs papiers, Dheepan devient le gardien d’une barre HLM dans une cité où des dealers font la loi et la police.  On ne verra jamais les clients (lesquels n’habitent pas là comme chacun sait). Illayaal est scolarisée. Yalini trouve du travail : assistante de vie du père (du frère aîné ?) du chef des dealers. Les trois ont fuit la guerre; ils vivent avec le secret de leurs fausses identités; la violence va les rattraper car les dealers, en commerçants simples et radicaux, règlent leurs différents marketing pistolet au poing.

Dheepan est un récit à la jointure de plusieurs univers, de plusieurs cultures, de plusieurs langues. Comme Un prophète, c’est un cinéma de tectonique des plaques. Les plaques se rencontrent, la tension monte, la terre tremble et un monde nouveau émerge des décombres. L’exposition est rapide, visuelle, forte, toute en action.

Dheepan est prenant, captivant. Curieusement, le vrai protagoniste est moins Dheepan que Yalini. C’est plus elle qui agit, provoque, rencontre, désire. Il y a dans le titre du film et certaines de ses affiches quelque chose qui n’est pas complètement fidèle à l’histoire. A voir.

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