Gimme Danger, de Jim Jarmusch, No Fun

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Dans Gimme Danger, James Osterbeg se raconte. Comment il jouait de la batterie dans la caravane familiale, les lettres de 25 mots pas plus, le clown à la télé, son groupe au lycée, comment il devient assez bon batteur pour faire des concerts avec des pros, comment un jour il en a marre de voir le cul des autres, comment il devient chanteur et monte son premier groupe avec les frères Asheton, leurs deux premiers albums, leurs concerts déjantés, la drogue, leur mode de vie, les hauts et les bas, la rencontre avec Bowie et son manager, l’enregistrement à Londres de Raw Power, etc.

Gimme Danger n’est pas un grand documentaire. Le film ne transporte pas par son récit. C’est assez attendu dans sa structure. Ce qui touche, c’est surtout les à côtés, comme par exemple les quelques paroles de James Osterberg sur ses parents et leur caravane. Le message des Stooges comme groupe légendaire, fondateur, inspirateur, ouvrant la voie au punk rock, et aujourd’hui au panthéon du rock and roll me semble plus un élément de langage pour pitch ou critique de cinéma feignant qu’une réalité de l’histoire de la musique. Un peu étrange aussi le manque de questionnement sur les oripeaux nazis en concert des Asheton version des débuts.

Quoiqu’il en soit, les Stooges au panthéon du rock ou pas, on s’en contrefout. L’important c’est leur musique. Surtout pour moi celle de Raw Power, album qu’ils ont enregistré livrés à eux mêmes à Londres ( le film ne parle pas du mixage de l’album). Une musique qui remplit tout l’espace, mais avec plein de détails. Une musique sincère et puissante. C’est la brutalité de ce geste artistique qui touchait dans les années 70, et encore aujourd’hui.

Pourquoi je suis allé voir ce film ? Parce qu’au lycée Voltaire, en 1977 ou en 78 je ne sais plus, j’ai chanté Search and destroy  lors d’un concert dans la salle de cinéma du lycée. On avait répété deux ou trois fois chez Ribac avec des gars que je connaissais à peine. Je ne sais plus comment je m’étais retrouvé dans ce plan. C’était dans l’esprit, je crois. Mais j’avais pas sauté dans la foule. Aujourd’hui, en réécoutant Gimme Danger, je trouve que ça annonçait vraiment la suite d’Iggy Pop.

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