Il n’y en a pas pour tout le monde !

Je ne peux pas toujours écrire des billets sur des films ! Ca fait un moment que ces idées me trottent dans la tête. Ces intuitions, je les confie à ce blog pour les mettre à l’épreuve. Merci de ne pas m’accabler en retour, je ne suis ni sociologue, ni politologue, ni économiste, ni historien.

L’élection de Trump, le Brexit, la montée du FN et d’autres partis semblables dans le monde, je leur donne un sens en disant « Il n’y en a pas pour tout le monde ». Qu’est ce que ça veut dire ?

Les gens sont en colère, dit-on, qu’est ce qui les met en colère ?

Leur état, leurs difficultés, et surtout l’espoir déçu d’une amélioration de leur sort en raison de la finitude du monde. Tant que les ressources étaient perçues comme inépuisables, il y avait toujours l’espoir d’améliorer son sort en y puisant, ou en travaillant dur les utilisant. Mais maintenant c’est fini. Il n’y a pas assez d’eau potable, d’air (bientôt), d’espace, de blé, de travail pour tout le monde, sur une planète envahie de déchets. Les ressources s’épuisent. Le travail est rare. Il faut se restreindre. Et ce dans un monde où la mondialisation a organisé la concurrence de tous contre tous pour l’eau, l’air, le blé, l’espace, le travail. Consciemment ou pas, c’est ça qui met les gens en colère. C’est la déception, c’est l’avenir trahi, c’est le mur, pour eux, pour leurs enfants. C’est le constat qu’il n’y en a pas pour tout le monde. Qu’il n’y en a plus pour tout le monde.

Et attise cette colère, alors que les perspectives sont sombres, la demande faite aux gens :

+ de ne pas trop râler quand ils constatent que les inégalités croissent de manière phénoménale, avec une concentration de la richesse dans les mains d’une poignée d’individus et d’entreprises géantes, expertes en art de ne pas payer d’impôt, expertes en chantage à l’emploi .

+ d’admirer continuellement dans les médias la reproduction des élites fortunées qui constituent le « système » avec leur cortège de fils et filles de, alors même que les enfants des gens rament dans des institutions scolaires fossilisées, s’en font éjecter, ne trouvent ni stage ni boulot, sont exploités, et sont invités à tapiner dans des émissions de télé réalité, ou à dealer.

+ de faire de la place à d’autres qui ont encore moins qu’eux, par exemple les migrants. Et si les gens protestent arrive l’injonction surmoïque : ce sont des racistes, des xénophobes, des indifférents. Alors même qu’il est facile de constater que les plus démunis, c’est encore et toujours pour les plus pauvres. Les élites fortunées n’en veulent pas chez eux. Mon Dieu !

+ d’admirer béatement la digitalisation du monde, qui est à maints égards un moyen de contrôle social massif d’une efficacité redoutable, dans un contexte de finitude où la révolte pointe. Et si tu n’es ni branché, ni connecté, ni Facebooké, ni ci, ni ça, tu es hors jeu, tu es ringardisé.

En d’autres termes, chez des gens déçus, fragilisés, en colère, le « système » rajoute continuellement de l’injure à la blessure. Manière d’arranger les choses.

Quels sont les choix offerts aux gens ?

Premièrement, les tenants du « système ». Hyper-intelligents, ils sont conscients de l’état du monde mais ils ne le changent pas alors qu’ils en ont – au moins un peu – le pouvoir. Hypothèses. Ils n’aiment pas le changement. Ce sont des cyniques. C’est plus simple ou plus marrant de garder tout sous contrôle. Les solutions bousculeraient trop les puissances qui les soutiennent ou leur fiche de paye.

Deuxièmement, les anti-système. Eux, ils mettent du sel sur les plaies. Ils proposent de revenir en arrière, avec des recettes qui ne tiennent pas compte de la finitude du monde, du saccage de la planète, et de l’état de rareté qui s’impose. Leur confier le volant, c’est une impasse. Mais en promettant de bousculer le système, les anti-système captent les suffrages des gens en colère.

Troisièmement, il y a une ribambelle d’expérimentateurs, de penseurs qui veulent qu’il y ait une vie avant la mort, d’experts en coopération et en partage. De COP en COP, leur voix n’est guère entendue. Et pourtant, c’est dans cette direction qu’il faut aller. Trop attendre, ça commence à bien faire !

Voilà, fin du billet. Publication limitée dans le temps.

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