M.A.S.H., de Robert Altman, érosion

MASH

M.A.S.H. se passe en Corée pendant la guerre de Corée, dans un hôpital de campagne (Mobile Army Surgical Hospital ) non loin du front. Des hélicoptères apportent par vagues des blessés. Deux chirurgiens appelés, bientôt rejoints par un troisième, viennent ajouter à la décadence des lieux : ils draguent les infirmières, ils baisent, ils boivent, ils jouent au golf, ils imaginent des blagues de potaches, et ne manquent pas une occasion de manifester leur mépris pour la chose militaire, tout à fait certains que l’armée ne voudra pas se passer de leurs talents chirurgicaux, tellement les besoins sont immenses.

En 1970, le film met en lumière le talent de jeunes acteurs tels Donald Sutherland, Robert Duvall (vite sorti de l’histoire) ou encore Elliot Gould. En pleine guerre du Vietnam, cette comédie satirique sidère et enthousiasme par son sujet, sa liberté de ton, de moeurs, de réalisation, et aussi par son humour corrosif. Palme d’or à Cannes.

Ado, je l’avais vu au lycée avec ma classe. Le film m’avait fait forte impression. 45 ans plus tard, je me suis légèrement ennuyé. Pourquoi ? Parce que je suis devenu con, réac et coincé ? Non papa, me disent les enfants, braves petits ! Plutôt parce que le film n’est pas porté par une histoire. C’est une série de péripéties qui aujourd’hui paraissent moins audacieuses. La satire n’est pas aussi forte. Et l’intérêt s’érode progressivement. Même si certaines scènes sont toujours aussi fascinantes comme le suicide du dentiste. Curiosité satisfaite.

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