Pentagon Papers, de Steven Spielberg, however

1971, la guerre du Vietnam fait rage, Nixon est à la présidence. Katharine Graham, propriétaire et directrice de la publication du Washington Post, prépare l’introduction en bourse du journal, en vue de rassembler des fonds pour son développement. Ben Bradlee, le rédacteur en chef, qui tient fermement Katharine éloignée des décisions rédactionnelles, se demande ce qu’un des journalistes vedettes du New-York Times prépare. La réponse tombe le lendemain : c’est le début de la publication d’un rapport confidentiel contenant une évaluation de la politique américaine au Vietnam, et qui dévoile ce faisant les mensonges des gouvernements successifs depuis 1947, et l’impossibilité qu’il y a à gagner la guerre.

Le gouvernement américain fait interdire la publication des documents. Le Washington Post se les procure. Publier ou ne pas publier ? En dernier ressort, la décision revient à Katharine Graham, alors que ses conseils lui disent que cette publication pourrait compromettre son entrée en bourse, et sue c’est l’un de ses amis qui a commandé ce rapport secret.

Ce que j’ai trouvé le plus étonnant, le plus admirable dans le film, c’est qu’il n’y a ni gras ni maigre. Tous les personnages sont compréhensibles, défendent leur bifteck, sont justes. C’est fluide. Les enjeux sont posés de manière nette.

Ce que j’ai trouvé le plus jouissif, c’est le personnage de Katharine Graham. Richissime veuve et héritière, mais considérée comme un peu falote. Elle se redresse et s’affirme tout le long du film. Jusqu’à cet “however” d’anthologie, cristallin, presque  susurré, qui accompagne sa prise de décision. C’est juste un moment de jeu merveilleux. Un million de mercis à Meryl Streep pour ce seul mot.

J’ai eu du mal à reconnaître Tom Hanks dans Ben Bradlee. Coupe de cheveux, visage un peu empâté et ramolli, de son âge peut-être. Je ne sais pas. Il campe un journaliste d’une grande fermeté.

A l’heure des fake news, et alors que la plupart de nos journaux sont la propriété directe ou indirecte de milliardaires, dont aucun n’a démontré la vertu de Katharine Graham, (je ne fais pas la liste, vous la trouverez partout sans peine, pensez seulement à l’exemple le plus grotesque du moment, La Provence, achetée par Tapie avec l’argent de l’arbitrage Crédit Lyonnais/Adidas), ne perdons jamais de vue que la première ligne de défense de nos libertés, c’est une presse indépendante, curieuse, qui fait son boulot de questionnement.

Film à voir, of course.

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