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Downsizing, d’Alexander Payne, fun et mélancolie

Alors que la crise écologique mondiale s’accentue, mais on n’en voit pas les effets dans le film, des savants norvégiens mettent au point une technique permettant de rétrécir les organismes vivants. On y voit bientôt une solution à la surpopulation : l’empreinte écologique d’un humain rétréci est divisée par 100 ou plus. A l’inverse, son pouvoir d’achat est multiplié par 1000 ! C’est à vrai dire ce qui attire Paul et Audrey Safranek, américains moyens coincés dans une vie un peu étriquée, avec leurs soucis financiers et la frustration latente de voir leurs projets repoussés. Mais, dans le bus qui les emmène vers leur nouvelle vie de petits humains, Audrey a l’impression d’avoir oublié quelque chose….

C’est un film un peu inclassable, qui démarre comme une comédie d’anticipation, et qui prend un tour plus social, grave, voire apocalyptique, teinté de mélancolie.

Quel regard porte-t-on sur sa vie ? C’est la question amenée par ce film. A quel moment les humains réagiront-ils pour sauver la planète ? Jamais sous-entend le film, parce qu’il n’y a que quand la mort est proche que l’on voit les choses avec suffisamment d’acuité. Autrement dit, ce n’est que quand les gens n’ont plus le choix qu’ils renoncent à leur connerie. Donc trop tard. Enfin, la plupart du temps ( rien ne m’afflige plus que de voir des gens immobiles dans leur douleur, dont souvent ils jouissent par ailleurs, mais ça ils refusent de l’admettre ).

Matt Damon touchant dans son personnage de semi-looser indécis. Kristen Wiig parfaite. Christoph Walz gentiment sardonique. Hong Chau prend la lumière. Film à voir. C’est fun et mélancolique.

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Westworld, de J.J. Abrams et Jonathan Nolan, compliqué

Série inspirée de Mondwest (livre puis film). Sur HBO. Quelque part dans l’ouest américain un parc d’attraction ramène les visiteurs au temps du far-west. Ils y croisent des hôtes, des robots humanoïdes, qui animent les lieux. Ils peuvent vivre toutes sortes d’aventures et laisser libre cours à leurs instincts. Jouissances et violence débridée au programme. Les hôtes blessés ou tués sont réparés avant d’être remis en service pour un nouveau cycle touristique. Le parc est dirigé par l’un de ses deux fondateurs. Il y a le département du “comportement des hôtes”, celui des “scénarios”, celui de la sécurité, etc. Quand on rentre dans l’histoire, il y a pas mal de tension entre les différents services. Et une récente mise à jour du système d’exploitation des hôtes induit chez eux des rêveries. Des rêveries, ou des souvenirs, voire un début de conscience ? Ca commence comme ça et l’histoire se développe en 10 épisodes de 52 minutes pour la saison 1.

Les 3 premiers épisodes sont brillants, prenants. Ensuite il y a comme un faux plat avec une sensation de répétition et de complications un peu inutiles au plaisir du spectateur. Puis la conclusion prend forme dans les 3 derniers épisodes. Autrement dit, ça tire un peu à la ligne. Mais ça reste brillant, intéressant, et pas du tout fait à l’économie. Attention aux différents niveaux temporels de narration, faut comprendre et suivre. Ou l’inverse. Pas du tout sûr d’y être arrivé ! Casting de choix. Dolores (la photo ci-dessus), Maeve et Bernard impressionnent. Qu’est ce qu’un être vivant ? Qu’est ce qui définit la conscience ? Donc des locomotives à vapeur, des robots, de la métaphysique, de la baston. A voir.

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The lobster, de Yórgos Lánthimos, pas de deux

Lobster

Dans le monde de The Lobster, la norme sociale est d’être en couple, avec un “partner”. Elle est si impérieuse que la police veille. Les célibataires sont envoyés dans un hôtel accueillant d’autres esseulés pour y trouver un “match”. Ils ont 45 jours. Faute de quoi ils sont transformés en l’animal de leur choix.  La grande difficulté est de trouver quelqu’un qui vous ressemble : c’est ce qui va fonder le couple, que l’on cimentera en lui adjoignant un enfant au besoin. Le héros – Colin Farrel –  arrive à l’hôtel avec son chien en laisse, son frère. Tout ce petit monde a l’air d’avoir beaucoup de mal à éprouver des sentiments. Faut-il tricher pour s’en sortir ?

Une fois par semaine, les pensionnaires vont chasser des solitaires dans les bois. On découvrira qu’il s’agit de célibataires qui refusent la norme sociale, prônant l’individualisme, l’absence de solidarité, le refus de la vie en couple. Ils défendent leur propre règle avec une extrême cruauté. Léa Seydoux absolument glaçante.

Colin – David – va passer d’un monde à l’autre. Finira-t-il par trouver l’amour, le vrai ? Allez voir le film !

C’est un film fantastique, une forte de fable d’anticipation sociétale. De quoi est-ce la métaphore ? Et bien l’intérêt du film c’est que justement cette question n’est que partiellement fléchée. Les portes sont ouvertes. Maintenant si vous cherchez une comédie sentimentale distrayante et souriante, passez votre chemin !

Prix du Jury du 68ème Festival de Cannes

Seul sur Mars, de Ridley Scott, sur ma faim

Seul sur mars

L’affiche dit tout de l’histoire. Tous les ingrédients de ce film m’attiraient. Mais je suis resté sur ma faim. Quelques impressions :

• Le personnage de Watney (Matt Damon pour une fois pas complètement convaincant) est monolithique. Il tombe de cheval, il se relève, se remet en selle. Il tombe de cheval, il se relève, se remet en selle. Il tombe de cheval, il se relève, se remet en selle…. Faut revoir Rio Bravo.

• Les scènes sur terre sont les plus intéressantes, sans doute parce qu’il y a de l’enjeu, des enjeux, des conflits, ….

• L’histoire est un poil téléphonée. On pressent rapidement ce qui va se passer. Et ça se passe.

• Les souvenirs de Gravity, d’Apollo 13, de Seul au monde, de Space Cowboys ou même de Robinson Crusoé font concurrence au film, et le dépassent.

• Enfin, mauvaise nouvelle, à l’époque où se déroule l’histoire (2050 ?), il n’y a semble-t-il plus d’industrie spatiale européenne que l’on pourrait mentionner, et les chinois sont les quasi égaux des américains en la matière (quasi faut pas pousser non plus c’est un film américain). Il faut bien draguer les spectateurs chinois, plus nombreux que ces européens décadents qu’on peut, dès maintenant, mettre à l’amende, écouter, espionner, ….

Bon, c’est beau, c’est spectaculaire, c’est intéressant, parfois drôle, et vaguement ennuyeux.

 

 

 

 

 

Edge of tomorrow, bien joué !

edge

Ils m’avaient dit : “si tu as aimé Un jour sans fin et Starship Troopers (et aussi Le jour le plus long), alors tu aimeras Edge of tomorrow“, et ils avaient raison. Et ça pourrait bien s’appliquer à vous.

Interstellar, de Christopher Nolan, on ne sent pas le temps passer.

interstellar

Très beau, intéressant et émouvant. Plus un film sur la relation père-fille que de la science fiction. J’ai lu après coup des critiques, et j’ai bien fait de les lire après-coup, elles m’auraient peut-être découragé. On ne sent pas le temps passer !

Le soldat de l’hiver, d’Anthony et Joe Russo, vivement le prochain, merci Marvel !

CaptainAmerica_TWS-poster

J’ai pas tout compris, mais c’est très bien !

Ah oui, quand même, on peut y voir en filigrane une critique de la guerre par drones d’Obama : je passe par erreur un coup de fil à quelqu’un qui est le cousin d’un ancien voisin d’un supposé terroriste et crac, on me bombarde ! J’exagère de combien ?

Un bonheur insoutenable d’Ira Levin (1970), réflexion sur le contrôle social

bonheurinsoutenable

Par l’auteur de Rosemary’s baby. J’ai lu ce livre quand j’avais 15 ans. A l’époque, l’idée d’une société totalement régulée où le contrôle social s’effectue au moyen de bracelets me paraissait un décor intéressant pour un roman d’anticipation. Aujourd’hui, on y arrive. Pas à la régulation, mais pour le contrôle social la technologie est là. Lisez ce livre et n’achetez pas de montre connectée !