Archives par étiquette : Camélia Jordana

Le brio, d’Yvan Attal, pas tant que ça

Premier cours de sa première année à Assas pour Neïla Salah. Elle arrive 5 minutes en retard. Le prof, Pierre Mazars, l’humilie devant l’amphi et ses centaines d’étudiants. Mais ses propos, provocateurs, limites, finissent en ligne. Scandale. Le président d’Assas, ami de Mazars, a une idée. Que Mazars coache Neïla pour le concours annuel d’éloquence, et le conseil de discipline qui le convoque s’en trouvera amadoué. Mais que va-t-il se passer ?

Ce que j’ai aimé :

  • Les deux personnages, leur affrontement.
  • Le naturel de Camélia Jordana. Le cynisme de Mazars (Daniel Auteuil).
  • Les vannes et les provocations de Mazars.
  • Les réparties de Neïla.
  • La famille et les amis de Neïla.
  • D’en apprendre un petit peu sur les stratagèmes de l’éloquence.
  • La dénonciation d’une forme de victimisation.

Ce que j’ai moins aimé :

  • La superficialité de l’ensemble. Ca pourrait aller beaucoup plus loin il me semble. J’ai eu sans arrêt l’impression que le film ouvrait des portes, les laissait ouvertes, restait  à leur seuil, sans explorer, sans aller plus avant, avec beaucoup d’implicite du genre “vous comprenez ce qu’on veut vous dire, hein ?”. Moi, j’aime bien quand ça va au bout des choses. Chacun sa cuisine.
  • L’ellipse sur les progrès de Neïla.
  • Le démarrage foudroyant de l’histoire, un peu capillotracté, qui atténue le conflit intérieur de Mazars. C’est l’acte un le plus rapide que j’ai jamais vu.
  • Les dernières scènes qui laissent penser que les auteurs ne savaient pas très bien en fait où ils voulaient nous emmener avec leur film et ce qu’ils avaient à nous dire sur la transmission, les immigrés, la culture, les banlieues, la bêtise du monde, etc.

Dommage. On serait passé de bon à très bon, voire captivant ! On peut voir. Ou pas.

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Nous trois ou rien, de Kheiron, histoire d’histoires

Nous_Trois_ou_Rien

Les parents de Kheiron (l’auteur du film) lui ont raconté leur histoire. Son père – Tabib – militant révolutionnaire iranien luttant contre le Shah est emprisonné plus de 7 ans. C’est un homme de parole(s), de conviction et de courage. Il sera brutalisé pendant des mois pour avoir refusé de manger un gâteau le jour de l’anniversaire du Shah. Il est libéré. Il rencontre celle qui va devenir sa femme, Fereshteh. Au Shah succède Khomeini et une dictature qui fait reculer les limites de la férocité sanguinaire. Tabib est recherché, menacé de mort. Tabib, Fereshteh et leur fils Nouchi (Kheiron c’est son nom d’artiste) finissent par quitter l’Iran pour la Turquie, puis pour la France. Là, à Pierrefitte sur Seine et à Stains, ils refont leur vie. Tabib et Fereshteh deviennent travailleurs sociaux. Autres lieux, autres problèmes, autres conflits.

Nous trois ou rien n’est pas une reconstitution de la vie des parents de l’auteur, mais un film sur le récit de cette vie où cohabitent faits historiques, imaginaire, burlesque, comédie, drame. Ce récit, c’est celui qu’on a fait à Kheiron, et qu’il a sans doute complété, interprété, imaginé, … Ca introduit continuellement une sorte de décalage.  C’est drôle. C’est émouvant. C’est très réussi. Kheiron m’a pris par la main et ne m’a pas lâché une seconde, de Téhéran à Pierrefitte sur Seine.

J’ai beaucoup aimé tous les acteurs. Kheiron d’abord qui joue le rôle de son père Tabib. Gérard Darmon père et beau-père, comédien à fleur de peau, Leïla Bekhti lumineuse et décidée,  Zabou Breitman, tendre et franche, Camélia Jordana, Khereddine Ennasr, Michel Vuillermoz, Alexandre Astier, ….

Vers la fin du film, Tabib donne sa définition de l’intégration. Si j’ai bonne mémoire : “Vous avez votre histoire, nous avons la nôtre, écrivons ensemble une nouvelle histoire”. C’est ce que fait le film de Kheiron. A voir.

 

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