Archives par étiquette : conseil série

Homeland, saison 7, failles

On avait laissé Carrie trahie par la nouvelle présidente et son chef de cabinet, Saul et Dar en prison,  Quinn au cimetière.

La saison 7, c’est la suite, qui dépeint une intervention russe dans la politique américaine visant à saboter la présidence qui démarre.

C’est tellement d’actualité que ça fait peur. On aurait du passer la série aux américains avant l’élection de Trump. L’avenir nous dira s’il est juste un idiot utile ou un véritable asset des russes comme beaucoup le disent. Quoi qu’il en soit, on a déjà beaucoup perdu.

Carrie Mathison va résoudre au moins un de ses déchirants problèmes : élever une enfant ou sauver son pays. Plus d’actions que dans la saison 6, plus de scènes d’espionnage, plus d’interrogatoires intéressants aussi. Des personnages qui s’approfondissent comme Max et l’horrible Bret O’Keefe. Un dénouement à message à l’attention des citoyens US mais qui peut nous intéresser aussi ici. Une série qui nous en dit long sur nos failles, et sur la facilité qu’il y a à les exploiter, à les agrandir, à y verser du fiel.

Vivement la saison 8 avec le retour, il faut l’espérer, de Dar qui ici ne fait qu’une apparition.

Lost in space, saison 1, de Zack Estrin et Matt Sazama, enfance

En route pour Alpha du Centaure, le vaisseau spatial Résolution rencontre un problème aussi inexpliqué que violent. Des groupes de colons se réfugient – chacun avec leur navette spatiale familiale, les Jupiter – sur une planète proche. Dont la famille Robinson, la mère, le père et leurs trois enfants. C’est une famille de colons. Ils ont tous passé avec succès des tests d’aptitudes et de résistance au stress. Sur cette nouvelle planète, ils vont être mis à l’épreuve. Et plutôt plus que moins.

J’ai regardé cette saison en trois ou quatre jours, profitant de l’absence des unes et des autres.  J’ai eu l’impression de regarder un conte pour enfants, à la sauce science-fiction. Un conte bien raconté. Sans niaiserie. Avec une sorcière. Avec un ogre que l’on domestique. Et pleins de conflits internes et externes à résoudre. Des relations familiales à la fois modernes et originales. Des adolescents pas stéréotypés. Un conte spectaculaire, intéressant et plaisant. Et des comédiens crédibles.

La fonction du conte, c’est, parait-il , d’aider les enfants à surmonter leurs frayeurs et leurs angoisses. Et moi, ça m’a fait quoi ?

On ne perd pas son temps à le regarder en attendant la saison 2 annoncée par Netflix. (si une saison ne marche pas assez, pas de suite avec Netflix, voir Marco Polo).

PS : En creusant un peu, j’ai appris l’existence et la carrière de Brian Steele, comédien spécialisé en monstres, robots, et créatures diverses.

Happy !, de Patrick McManus, décapant

Nick Sax. Un ex-flic au bout du rouleau. New-York. Des idées suicidaires. Et tout de suite une fantaisie pour vous dire que ce qui suit va sortir de l’ordinaire. Une petite fille qui se fait enlever par un Père Noël de cauchemar. Une petite licorne bleue qui s’adresse à Nick : il est le seul à la voir et l’entendre. Des méchants qu’on dessoude salement. Nick est devenu tueur à gages à la suite d’un trauma particulièrement dégueulasse. J’ai vu les 8 épisodes de la saison 1 sur Netflix.

C’est assez sanglant. Loufoque. La résilience de Nick dépasse les bornes. C’est bien fichu. Il y a une vraie chaîne alimentaire des méchants avec au-dessus des principaux méchants, un autre méchant encore plus méchant, plus un autre, etc.

Il me semble que les auteurs ont lu, vu et aimé les mêmes livres, bédés et films que Tarantino. Même goût pour la musique, pour la violence, pour le sadisme, pour le kitch. Même fascination pour la sodomie placée au sommet des tourments que Nick, vivant qui revient des morts, peut endurer.

C’est assez marrant. C’est même très marrant. Et je ne nie pas la fonction cathartique de ce personnage assailli de toutes parts et qui s’en sort, forcément. C’est une série emblématique de ce que Netflix propose : un vent de liberté créative, pas forcément, pas toujours époustouflante, mais assez souvent surprenante et réussie comme ici. Bravo aux auteurs.

Christopher Meloni : puissant, iconoclaste, un air de folie dans l’œil.

Patrick Fischler : maître tortionnaire d’anthologie

Bryce Lorenzo : l’incarnation du courage

A voir.

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Lie to me, créée par Samuel Baum, bingée sur Netflix

La série américaine a presque 8 ans. Je l’ai regardée en quelques jours de mai, les 48 épisodes. A la suite de quoi j’ai tenté d’appliquer tout ce que j’avais appris sur le mensonge et les micro-expressions faciales sur mon entourage. Peine perdue, j’étais déjà hyper-bon en détection à l’état de nature (et faut surtout pas qu’on pense le contraire). J’ai aussi essayé d’être un peu brusque de manières histoire de m’affirmer. Mais ça ne m’allait pas trop au teint m’a-t-on fait remarquer. J’ai pris bonne note. je trouverai un autre moyen.

Bon, je suis assez fan de Tim Roth avec son personnage du Dr Cal Lightman provocateur, d’un grand courage physique, malin plus que de raison, et quand même en apesanteur histrionique désarticulée pendant quelques épisodes de la saison 2.

Je suis surtout fan de sa fille Emilie, Em comme il l’appelle. C’est le personnage le plus intéressant. Elle défie son père. Elle est beaucoup plus intelligente et courageuse que lui. Lui c’est de la lumière sombre. Elle c’est de la lumière claire. Et c’est Emilie qui révèle à la fin ce qu’on pressentait le long des 48 épisodes, et dont on n’aura l’annonce que dans la dernière réplique, le big crush de Cal pour Gillian.

Bon, à moi, ne me mentez pas. Et si quelqu’un a déjà mangé des tartines aux fèves, qu’il m’en parle que je sois moins idiot.

A voir.

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La casa de papel, saison 2, miam !

Eric R., érudit des séries et de bien d’autres choses, m’a expliqué qu’en fait il n’y avait qu’une saison à l’origine et que c’est Netflix qui en avait fait deux saisons, et remonté des choses au passage.

Anyway, j’attendais avec impatience la suite et de savoir comment ce braquage allait tourner. La question étant, vont-ils se faire capturer/tuer ou pas ? Cameroun ou Brésil ?

Cette deuxième saison se concentre sur l’affrontement entre Raquel et Salva, entre l’inspectrice et le professeur. La tension n’est pas la même que dans la première saison. Il y a quelque chose de plus humain, de plus personnel. Ca se regarde, ça se déguste, comme une bonne bouteille d’un vin léger dont on redemande.

Trois petites critiques :

+ les scènes d’affrontement sont quand même peu réalistes,

+ je suis resté un peu sur ma faim, j’attendais plus de profondeur dans la piste donnée par le Bella Ciao final de la première saison. Résistants, résistants, un peu vite dit.

+ la fin sent l’écurie – je veux dire le désir d’en finir avec l’histoire -. Le montage est quelque peu mensonger, le destin de Raquel n’est pas très clair et les retrouvailles sortent un peu de nulle part. Un peu dommage ces dernières minutes pas complètement abouties.

A voir quand même, amigos.

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La casa de papel, d’Álex Pina, prenant

8 braqueurs investissent la Maison Royale de la Monnaie à Madrid. Ils y prennent 67 otages et, masque de Dali sur le visage, attendent l’arrivée des forces de l’ordre. Ils sont pilotés de l’extérieur par “le Professeur”, lequel a tout prévu, y compris de manipuler la police. Mais quel est le but réel du braquage, et comment comptent-ils s’échapper ?

Au début, ça fait penser à Inside Man, avec le même jeu de confusion vestimentaire, une dissimulation des objectifs réels du braquage, la manipulation de la police, …. Mais, comme c’est une série, on a le temps d’aller beaucoup plus loin, et c’est tant mieux, on ne perd pas son temps.

Grande réussite, le personnage du Professeur qui a conçu le braquage et le dirige à distance. Quand événements et imprévus le mettent sous pression, c’est vraiment jouissif. Qui est-il ? D’où vient-il ? De quoi est-il fait ? Entre filiation et résistance, les deux derniers épisodes de la première saison, et le générique du 13ème épisode nous donnent quelques indices. Mais c’est peut-être trompeur.

Autre réussite, la solidité des personnages et tout le casting qui les incarne : braqueurs, otages, policiers. Il se dégage de ces personnages que l’histoire construit petit à petit une sorte de sensualité troublante.

Grand plaisir : entendre de l’espagnol, ça change de l’anglais ! D’où la sensualité peut-être aussi.

Enfin, j’ai beaucoup aimé aussi la manière narrative, mêlant voix-off rétrospective, flash-backs, création de tonnes d’ironie dramatique, etc.

Petit bémol, de temps en temps on se demande quand même qui garde les otages !

Enfin, sentiment très personnel : je retrouve dans Miguel Herràn quelque chose de Jean-Michel, et c’est assez troublant.

Bon, à la fin de la saison 1, le Professeur est en mauvaise posture, mais on ne peut s’empêcher de penser qu’il avait prévu cette possibilité ….

A voir en ces derniers jours de l’hiver où le temps est revenu ici à la pluie, et à la neige aussi annonce-t-on.

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Occupied, saison 2, page turner

Occupied de retour sur Arte ! J’ai découvert ça fortuitement en zappant comme un zombie ! La diffusion en était à l’épisode 5 ! Arghhh ! Mais là, merveilleuse surprise, on peut regarder tous les épisodes de la saison 2 sur le site d’Arte, disponibles jusqu’à la mi mars (2018). Arte, chaîne merveilleuse.

Donc, deux ans après la prise de contrôle de l’industrie du Oil & Gas norvégienne par les russes, avec la bénédiction et même commanditée par une Union Européenne affamée d’énergie, les russes sont toujours en Norvège où ils n’auraient du rester que 6 mois. Et la plupart des Norvégiens n’aiment pas ça.

Alors que Jesper Berg (Henrik Mestad), l’ancien premier ministre norvégien réfugié en Suède est sur le point de reprendre le pouvoir, le Parlement nomme au poste son ancienne chef de cabinet et amante, l’encore jeune Anita Rygg (Janne Heltberg). Une priorité pour elle, que le sang ne coule pas, alors que sa principale interlocutrice est la redoutable ambassadrice russe, Irina Sidorova (Ingeborga Dapknaite), et que si la sécurité intérieure collabore, d’autres aident la résistance.

C’est vraiment passionnant et réussi. Réussi surtout parce que c’est subtil, et absolument pas manichéen. C’est très fort parce que toutes les scènes ou presque sont des duels. Parce que le comportement de tous les personnages est questionnable. Parce qu’ils se salissent les mains, ou trahissent leur idéal, ou sont fidèles à eux mêmes en dépit de tout, ou font semblant de l’être. Trois beaux personnages : l’ambassadrice russe, Bente (Ane Dahl Torp) qui a vendu son restaurant pour acheter un hôtel de luxe fréquenté par des Russes et aussi le commissaire européen ( Hippolyte Girardot) qui se dévoilera en nous parlant de Marius Trésor. D’autres personnages très présents, les pays : la Russie, la Norvège, la Finlande, la Pologne et même la France.

Une petite interrogation. On passe sans arrêt d’un lieu à un un autre, d’un pays à l’autre, et chaque fois un court titre nous  l’indique. Il me semble que l’intensité de ce découpage est juste à la limite de ce que moi je pouvais supporter, avant de réclamer de pouvoir suivre plus longtemps tel ou tel personnage.

A la fin de la saison 2, qui semble bien dénouer l’histoire, je me suis demandé si j’étais plutôt une Anita Rygg ou un Jesper Berg. Bonne question. Vous qui me connaissez, vous en pensez quoi ? Et vous, de quel côté auriez-vous été ? Quoi qu’il en soit, merci aux créateurs de la série et aux scénaristes de nous interroger. A voir, à voir.

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Peaky Blinders, saison 4, goût italien

Peaky Blinders saison 4. Le principe reste le même. Deux ans ont encore passé et la famille Shelby va devoir affronter un ennemi encore plus puissant, encore plus cruel, encore plus déterminé, puisqu’il s’agit là de vengeance, de vendetta venue d’outre-atlantique.

Les italo-américains de la saison nous rapprochent encore un peu plus du Parrain. Mais c’est dans la philosophie d’un gangster juif que Thomas Shelby trouvera son salut.

Toujours aussi crédible, menaçant et beau. Même si bien sûr les méchants parlent toujours trop au lieu d’agir, et sinon il n’y aurait pas de série, ça ne finirait tout de suite. La fin ouvre de nouvelles perspectives, vers des prédateurs toujours plus gros.

A voir sans l’ombre d’une hésitation. Plus qu’un an à attendre pour la saison 5, annoncée comme la dernière.

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Peaky Blinders, saison 3, goût russe

Deux ans ont à nouveau passé. Les affaires de la famille Shelby ont prospéré. Elles sont de plus en plus légales. Thomas se marie. Mais une dispute avec des italiens de Birmingham, et surtout une affaire en cours avec des russes blancs, en lutte contre les bolcheviques, affaire à laquelle est mêlée une sombre organisation politique, et aussi le gouvernement anglais, vont lui compliquer la vie. Un peu, beaucoup, tragiquement.

Le pardon, le compromis, les excuses, tout cela a-t-il une place dans nos vies .? En général oui. Ce qu’il y a de bien avec les Shelby, c’est qu’ils rejettent en bloc ces notions, en bloc ou pas tout à fait ce qui ouvre la porte à quelques conflits intrafamiliaux croustillants.

Les russes blancs de cette saison sont bien décadents, pour ne pas dire dégénérés. Les italiens trop arrogants. Les méchants sont encore plus méchants, puissants et brutaux. Les personnages devenus un peu faiblards sont éliminés sans pitié (scénariste, c’est comme jardinier, il faut savoir tailler dans l’histoire ). Ici pas de place pour la niaiserie ou même pour l’idée de quiétude.  A l’inverse, les personnages les plus forts montent en puissance, comme celui d’Alfie Salomon, gangster juif philosophe et caractériel. Polly, de plus en plus magnifique.

Ce que j’ai le moins aimé ? La fin. Ça se fait pas.

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Peaky Blinders, saisons 1 et 2, substantiel

Birmingham, 1919. Un homme à cheval avance lentement dans une rue. Des deux côtés de la rue, ni commerces, ni habitations, mais les façades de ce qui semble être une usine. Des ouvriers s’affairent, des flammes et des étincelles jaillissent, des bruits d’explosion, de percussion, les ouvriers sont en maillot de corps, ici et là des tas de charbon. Au bout de la rue, un pub, le Garisson. Les gens saluent le cavalier qui passe sans un regard. Lui, c’est Thomas Shelby. le bientôt chef d’un gang local impitoyable, qui coupe la langue des bavards, le gang des Peaky Blinders. Thomas est allé se battre en France avec ses frères et d’autres membres du gang. Ils ont fait preuve de courage. Tommy a récolté deux médailles. Tous sont rentrés avec pas mal de cicatrices, de fêlures, et un courage physique démultiplié.

Alors voilà, Thomas a des projets. Il veut grandir. Il va falloir se frotter à d’autres. Et qui s’y frotte s’y pique.

Peaky Blinders, série créée par Steven Knight, c’est un peu comme un Parrain anglais, 50 ans avant. Des personnages très forts. Des complots, des pièges, des difficultés inouïes. Je me demandais, qu’est ce qui fait identification au héros principal, violent, sans merci, impitoyable, qui vit sur le dos des autres, qui rackette, menace, trompe, escroque, estropie, tue. Qu’est ce qui fait sympathie ? Le besoin de reconnaissance. La lutte contre le dédain, le mépris, l’indifférence dont la société l’accable ou l’accablerait s’il n’était pas le chef des Peaky Blinders. La difficulté de sortir de son milieu, de sa classe, sentiment peut-être plus aigu en Angleterre qu’ici.  A noter le personnage de Polly, servie par Helan McCrory, rayonnante. Et un Sam Neill sombre, torturé, méconnaissable. A noter aussi, la coupe de cheveux des frères. Si j’en croise un comme ça ici, je demande à faire un selfie avec !

C’est très beau : la caméra, la lumière, les décors. Une musique aux sonorités magnifiques, que j’enverrai bientôt à Louis B. pour un prochain projet. Des accents roboratifs.

A voir. By order of the Peaky fookin Blinders

PS : Si vous voulez acheter le Bluray des 3 premières saisons, et si vous n’êtes pas allergique à Amazon, alors voici un lien qui, si vous l’empruntez, contribuera modestement à financer visionnages, lectures, places de théatres, etc : Peaky_fookin_Blinders_S1à3 .

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