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Peaky Blinders, saisons 1 et 2, substantiel

Birmingham, 1919. Un homme à cheval avance lentement dans une rue. Des deux côtés de la rue, ni commerces, ni habitations, mais les façades de ce qui semble être une usine. Des ouvriers s’affairent, des flammes et des étincelles jaillissent, des bruits d’explosion, de percussion, les ouvriers sont en maillot de corps, ici et là des tas de charbon. Au bout de la rue, un pub, le Garisson. Les gens saluent le cavalier qui passe sans un regard. Lui, c’est Thomas Shelby. le bientôt chef d’un gang local impitoyable, qui coupe la langue des bavards, le gang des Peaky Blinders. Thomas est allé se battre en France avec ses frères et d’autres membres du gang. Ils ont fait preuve de courage. Tommy a récolté deux médailles. Tous sont rentrés avec pas mal de cicatrices, de fêlures, et un courage physique démultiplié.

Alors voilà, Thomas a des projets. Il veut grandir. Il va falloir se frotter à d’autres. Et qui s’y frotte s’y pique.

Peaky Blinders, série créée par Steven Knight, c’est un peu comme un Parrain anglais, 50 ans avant. Des personnages très forts. Des complots, des pièges, des difficultés inouïes. Je me demandais, qu’est ce qui fait identification au héros principal, violent, sans merci, impitoyable, qui vit sur le dos des autres, qui rackette, menace, trompe, escroque, estropie, tue. Qu’est ce qui fait sympathie ? Le besoin de reconnaissance. La lutte contre le dédain, le mépris, l’indifférence dont la société l’accable ou l’accablerait s’il n’était pas le chef des Peaky Blinders. La difficulté de sortir de son milieu, de sa classe, sentiment peut-être plus aigu en Angleterre qu’ici.  A noter le personnage de Polly, servie par Helan McCrory, rayonnante. Et un Sam Neill sombre, torturé, méconnaissable. A noter aussi, la coupe de cheveux des frères. Si j’en croise un comme ça ici, je demande à faire un selfie avec !

C’est très beau : la caméra, la lumière, les décors. Une musique aux sonorités magnifiques, que j’enverrai bientôt à Louis B. pour un prochain projet. Des accents roboratifs.

A voir. By order of the Peaky fookin Blinders

PS : Si vous voulez acheter le Bluray des 3 premières saisons, et si vous n’êtes pas allergique à Amazon, alors voici un lien qui, si vous l’empruntez, contribuera modestement à financer visionnages, lectures, places de théatres, etc : Peaky_fookin_Blinders_S1à3 .

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Homeland, saison 6, very prenant

Carrie Mathison travaille dans une ONG à New-York. Tous les jours, elle rend visite à Quinn en rééducation après son AVC de Berlin. Une nouvelle présidente vient d’être élue. Son projet politique, notamment concernant les interventions militaires extérieures et le rôle des services de renseignement, déplaît fortement à certains, dont le redoutable Dar Adal. C’est parti pour 12 épisodes.

“Si tu ne supportes pas que tes amis te mentent, tu t’es trompé de métier” lance Saul Berenson. La série ne faiblit pas. S’enrichit même de la complexité accrue des personnages, dont celui de Dar Adal qui prend une place centrale dans cette saison 6. D’autres personnages inquiétants font leur apparition, comme le terrible Brett O’Keeffe, prédicateur télévisuel d’extrême droite, prêt à toutes les manipulations, tous les faits alternatifs, et qui est certainement inspiré de personnages réels, que je ne cite pas ici par méconnaissance de la scène politique américaine. De jolies scènes entre Saul et sa sœur, colon israélien fanatisée. La fin, un peu inattendue, et c’est tant mieux.

Pas mal de réflexions sur la situation au Proche-Orient, sur le détournement des réseaux sociaux, sur les dérives de l’état d’exception ( là-bas ils ont le Patriot Act, ici nous avons par exemple l’article 421-2-5-2, créé par la loi du 3 juin 2016 ), sur la fragilité de la démocratie, sur la brutalité de la parole et de l’affrontement politique américain.

La série est prenante, sans temps mort, sans facilité. Vue sur Netflix. Vivement la saison 7 ! Une raison de s’abonner à la concurrence quand elle sortira.

A voir. C’est sûr.

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Manhunt Unabomber, de Discovery Channel, passionnant

1995. Aux USA sévit un mystérieux criminel qui envoie des bombes par la poste. Des blessés, des mutilés, des morts. Le FBI le recherche en vain depuis des années et a créé pour cela l’UTF, la Unabomber Task Force.

C’est justement à l’UTF qu’est affecté Jim Fitzgerald, ancien policier devenu profileur, et qui vient de recevoir son diplôme du FBI “avec les plus grands honneurs”. On lui demande d’établir un profil “propre et sans fautes de frappe” sur la base de l’évaluation en cours, profil destiné au Ministère de la Justice. Fitz, comme on l’appelle, se met au travail, et très vite il est amené à contredire la thèse qu’on lui demande de confirmer. Ca n’ira pas sans mal. Il ira de découvertes en découvertes.

Plein de choses intéressantes et séduisantes dans cette série en 8 épisodes, initialement produite par Discovery Channel, et actuellement diffusée sur Netflix. Je les liste.

1 • Le jeu des deux personnages principaux, Sam Worthington et Paul Bettany, en fragilité, en force d’âme, en déchirements intérieurs, en rigidité, en intelligence. Le Sam Worthington de cette série est à l’opposé de ce qu’il a pu faire dans Avatar. Il y a quelque chose dans sa gestuelle, dans sa démarche, dans son regard, qui traduit ses fêlures, son embarras. Autant de vulnérabilité sans affectation, un tour de force.

2• La construction du récit, en aller-retours temporels incessants qui vont s’espaçant plus on avance, qui créent de l’ironie dramatique et de la tension, et qui permettent d’introduire des causalités et du mystère.

3 • Le récit de l’invention d’une nouvelle science humaine : la linguistique criminelle où comment faire le portrait de quelqu’un à partir de ses écrits, de ce qu’il y met, et aussi de ce qu’il n’y met pas.

4 • L’idée que dans le fond l’enquêteur partage en grande partie les vues d’Unabomber, sans approuver ses crimes. Ses idées, sa critique  d’une société où l’homme est dominé par la technologie, la série nous les propose. Pourquoi s’arrêter à un feu rouge alors qu’il n’y a aucune autre voiture, ou que le feu ne protège aucune intersection et que la route est vide ? Le même jour, je lisais un article sur l’extension de la vidéoverbalisation à Bordeaux. On n’arrête pas l’antiprogrès.

Les épisodes sont assez courts, 42 minutes. Le casting est impeccable. La mise en scène inventive. La production à la hauteur. C’est passionnant. A voir.

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Mindhunter, de David Fincher, intéressant

Fin des années 70 aux Etats-Unis. Un jeune agent du FBI, Holden Ford, est amené à s’intéresser à la psychologie de certains criminels. Il fait bientôt équipe avec un agent plus expérimenté, Bill Tench, et l’entraîne dans cette nouvelle direction. A l’insu de leur hiérarchie, ils vont interviewer un homme condamné pour plusieurs crimes à caractère sexuel. “Comment attraper les fous si on ne sait pas comment pensent les fous ?” diront-ils pour leur défense. Ils seront rejoints par le Dr Carr, universitaire criminologue, rigoureuse et pénétrante.

Ce qui est très intéressant dans cette série c’est de voir se construire de manière pratique, et parfois douloureuse, une nouvelle approche en matière de criminologie. A l’époque, le concept de tueurs en série n’existait pas, et ils vont l’inventer.

L’histoire avance sur un rythme assez lent. S’y mêlent leur apprentissage, forcément lent, leurs difficultés, leurs découvertes conceptuelles et pratiques, les quelques enquêtes auxquelles ils participent. Les couleurs sont sombres, un peu grisâtres, un peu beige. Les crimes sexuels, c’est pas la joie nous rappelle ainsi le réalisateur alors que le rôle de là mère dans l’apparition des déviances meurtrières hante les premiers épisodes.

Jonathan Groff un peu doucereux je trouve, Holt McCallany apporte une maturité virile en contrepoint, et Anna Torv ne se laisse pas marcher sur les pieds.

A voir sur Netflix.

PS : Je n’aime pas du tout le générique dont le montage façon “images subliminales” m’agresse.

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Westworld, de J.J. Abrams et Jonathan Nolan, compliqué

Série inspirée de Mondwest (livre puis film). Sur HBO. Quelque part dans l’ouest américain un parc d’attraction ramène les visiteurs au temps du far-west. Ils y croisent des hôtes, des robots humanoïdes, qui animent les lieux. Ils peuvent vivre toutes sortes d’aventures et laisser libre cours à leurs instincts. Jouissances et violence débridée au programme. Les hôtes blessés ou tués sont réparés avant d’être remis en service pour un nouveau cycle touristique. Le parc est dirigé par l’un de ses deux fondateurs. Il y a le département du “comportement des hôtes”, celui des “scénarios”, celui de la sécurité, etc. Quand on rentre dans l’histoire, il y a pas mal de tension entre les différents services. Et une récente mise à jour du système d’exploitation des hôtes induit chez eux des rêveries. Des rêveries, ou des souvenirs, voire un début de conscience ? Ca commence comme ça et l’histoire se développe en 10 épisodes de 52 minutes pour la saison 1.

Les 3 premiers épisodes sont brillants, prenants. Ensuite il y a comme un faux plat avec une sensation de répétition et de complications un peu inutiles au plaisir du spectateur. Puis la conclusion prend forme dans les 3 derniers épisodes. Autrement dit, ça tire un peu à la ligne. Mais ça reste brillant, intéressant, et pas du tout fait à l’économie. Attention aux différents niveaux temporels de narration, faut comprendre et suivre. Ou l’inverse. Pas du tout sûr d’y être arrivé ! Casting de choix. Dolores (la photo ci-dessus), Maeve et Bernard impressionnent. Qu’est ce qu’un être vivant ? Qu’est ce qui définit la conscience ? Donc des locomotives à vapeur, des robots, de la métaphysique, de la baston. A voir.

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Narcos, de Netflix, sanglant

Par un agent de la DEA, le récit  de la vie et de la mort de Pablo Escobar, narcotrafiquant colombien. En 2 saisons de 10 épisodes sur Netflix.

Ce qui m’a vraiment plu :

  • le charisme de Wagner Moura ( vu dans Elysium ),
  • le casting très bon,
  • le talent de reconstitution et le mélange d’archives et de fiction,
  • l’impression de voyage dans le temps,
  • le générique du début, amis motion artists, allez voir,
  • la musique,
  • la scène avec le père.

Ce qui m’a déplu :

  • trop de sang,
  • la mort de Maritza,
  • trop d’empathie pour Escobar.

Est-ce que regarder des séries en binge ça fait grossir ? A voir même si oui.

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Designated survivor, ABC sur Netflix, fuyez !

designatedsurvivor

Lors d’un discours du Président américain au Capitole, boum, tout saute, 1 000 morts, tout l’exécutif et le législatif américain anéanti. Sauf Tom Kirkman – Kiefer Sutherland -, Secrétaire d’Etat peu charismatique et de peu de poids politique, jamais élu, sur le point de se faire virer, et qui avait été choisi avant la réunion du Congrès américain comme “Designated survivor”, c’est à dire celui qui devrait prendre la relève en cas de catastrophe. Laquelle se produit. Il devient président. Début de l’histoire.

Le problème, c’est que la suite, vous pouvez vous même l’imaginer, tellement elle est attendue. Les scénaristes piochent sans vergogne dans Homeland et sans doute dans House of cards. Mais sans leur arriver à la cheville. Mention passable pour le personnage de Maggie Q, peu convaincant. Claire Danes, c’est quand même autre chose.

Et puis, tous ces lieux communs sur les USA, son président, sa mystique du sacrifice, sa bonne conscience, aucune ambiguïté de quiconque, … très lassant, très vite très lassant. ABC et Netflix, peuvent mieux faire. Passez votre chemin les amis.

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Homeland, créée par Howard Gordon et Alex Gansa, accro

homeland

Netflix. Je regarde avec 5 ans de retard la série Homeland. Après 8 ans de captivité dans les griffes d’Abu Nazir, membre éminent d’Al Qaïda, le sergent des Marines Nicholas Brody est libéré lors d’une opération commando. Carrie Mathison analyste de la CIA pense qu’il pourrait bien être “l’américain retourné” dont l’existence lui a été révélée par une source. Elle en parle à Saul, son patron et mentor à la CIA. Et c’est parti avec ces trois là pour 3 saisons pleines de rebondissements.

J’ai regardé les  36 épisodes en deux semaines. C’était parfait vu l’état de mes neurones. C’est une histoire qui donne envie d’être regardée. Il y a quelques moments où ça patine un peu, mais les scénaristes font l’effort d’aller de l’avant, quitte à sacrifier quelques protagonistes au passage. Je me suis attaché aux personnages principaux : Carrie, Nicholas et Saul. Et aux personnages secondaires, et un peu aussi aux méchants qui sont très méchants, mais à peine plus salauds que certains des gentils.  Le doute constant sur le vrai camp des uns et des autres, c’est un des intérêts de la série. Beaucoup de confrontations. Beaucoup de scènes d’action. Des problèmes monumentaux, comme s’il en pleuvait, mais résolus de manière crédible.  Enfin, ce qui m’a séduit, c’est que Homeland c’est avant tout une histoire d’amour.

Bon, quelques invraisemblances comme par exemple que Al Qaïda et l’Iran puissent marcher la main dans la main. Enfin une question reste en suspens. Qui a déplacé la voiture de Brody ? Et comment ?

Vous qui avez peut-être vu les saisons 4, 5 et 6, c’est expliqué ? J’en doute. Tant pis. Passons à autre chose pour le moment.

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Stranger things, des frères Duffer, j’ai ma dose

strangers

Hawkings, Indiania, 1983, les années Reagan. Un soir, en rentrant chez lui, Will un jeune garçon fait une rencontre terrifiante et disparaît. Sa mère – Winona Rider, méconnaissable –  supplie le shérif d’entamer des recherches sérieuses. De leur côté, les copains le cherchent et tombent sur une jeune fille étrange aux cheveux ras, avec un 11 tatoué sur le bras. Dans la petite ville d’Hawkings, les événements étranges se succèdent. La saison 1 fait 8 épisodes sur Netflix.

J’ai bien aimé :

+ tous les personnages que j’ai trouvé justes, authentiques pas caricaturaux,

+ le visage de Millie Bobby Brown,

+ les multiples références à des oeuvres antérieures, d’E.T. à Super 8 en passant par Alien (je spoile pas là !)

+ la nervosité du récit,

+ les décors, naturels ou inventés, avec soin.

Voilà, c’est très bien fait, c’est distrayant, ça ne dit pas grand chose sur quoi que ce soit, et  j’ai un peu ma dose de Netflix pour l’instant.

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The get down, de et par Baz Luhrmann, time machine

thegetdown

Ca se passe en 1977, dans le Bronx, le disco est a son apogée. Zeke, ado orphelin qui ne sait pas très bien ce qu’il veut écrit des poèmes et est amoureux de Mylene, qui elle veut chanter mais son papa pasteur ne veut pas alors que son oncle riche entrepreneur communautaire dur à cuire l’encouragerait bien. Zeke est notamment copain avec Marcus (le frère d’une des copines de Mylene), graffeur émérite, qui admire un autre graffeur, Shaolin Fantastic qu’il n’a jamais rencontré.

Un soir, Zeke et ses copains rencontrent Shao. Ils découvrent alors une autre forme de musique naissante, faite de rythmes empruntés à d’autres morceaux sur lesquels des “forgeurs de mots” balancent leurs rimes. Pour Zeke c’est une révélation. Mais dans un Bronx qui est comme un panier de crabes où toujours quelqu’un te fait retomber dans le panier, ont-ils lui ou Mylene la moindre chance de vivre leur musique ?

Le plus étonnant dans cette série c’est l’appel constant à des images d’archives dans lesquelles on croise des silhouettes qui sont telles les personnages de l’histoire. Comme une façon de dire au spectateur : vous voyez, c’est vraiment arrivé, ils ont vraiment existé !

Le plus intéressant, c’est la présence de la ville, du Bronx avec ses immeubles en ruine, ses immeubles qui brûlent parce que l’assurance rapporte plus que les loyers, ses rames de métros graffitées et porteuses de messages. Une ville symbolisée par une maquette porteuse de tous les espoirs, si on veut bien comprendre qu’il ne faut pas confondre “home” et “housing”.

Le plus réjouissant, c’est la musique, omniprésente, originale ou inventée – Set me free – , et c’est aussi l’explication de ce qu’est le hip hop, et aussi le disco.

Le plus rafraîchissant, c’est l’élan vital des protagonistes, en dépit de tout.

Le plus drôle, ce sont les personnages de Jacky Moreno et de Francisco Cruz.

Le plus profond c’est la réflexion sur la création, comme un nouvel opus en 6 épisodes de Lettre à un jeune poète.

Voilà, c’est sur Netflix en 2016 et ça m’a été conseillé par Eric S.. Alleluïa. A voir !

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