Archives par étiquette : conseil théâtre

Ben&Gus, work in progress #2

2ème présentation de ce travail. C’est l’anniversaire de Gisela. Luc et moi nous sommes chez ses beaux-parents, Diane et Olivier. La terrasse c’est la scène. Une trentaine de fauteuils en contrebas. Nous avons du nous y remettre et répéter 5 ou 6 fois pour nous remémorer les choses.

Après la présentation, nous découvrons que dans l’assistance il y avait un professeur de théâtre, et une comédienne, dramaturge et metteuse en scène. Je comprends que nous produisons du jeu, c’est l’essentiel. Et puis d’autres nous disent : on voyait surtout les personnages, pas les comédiens, vous êtes des amateurs mais des amateurs avec des tripes, qu’est ce que votre personnage est antipathique … j’étais pour l’autre, je suis orthophoniste retraitée et je peux vous dire que vous avez de belles voix.

Bon, j’ai connu pire soirée. Petit bémol, nous ne marquons pas assez de temps de silence comme nous devrions. Je suis sûr qu’une part du texte et de la situation s’évapore, avec les possibilités de jeu associé. Va falloir y remédier.

Bon, nous cherchons de nouvelles opportunités pour présenter ce travail. Avis : nous pouvons jouer en intérieur. Il nous faut un pan de mur avec deux portes et 3 chaises. A bientôt !

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Une poignée de gens (quelque chose qui ressemble au bonheur), de Vélo Théâtre, passager

© Télérama

On descend dans la salle du Théâtre des Sources à Fontenay-aux-roses. Les fauteuils ont été enlevés. Un agent d’une compagnie ferroviaire nous salue avec un grand sourire et nous remet un billet numéroté. Les spectateurs se rangent sur les côtés d’un espace carré délimité par des tentures grises. Au centre de l’espace, un joueur de trombone, un enchevêtrement de chaises pliantes en bois, un petit train circulaire. Un second chef de gare arrive. Ça commence comme ça. Il est question de bonheur, de voyage en train, de chaises numérotées, de lapins et de marguerites. C’est un théâtre qui crée des instants poétiques. Qui cherche peut-être, sans doute, une interaction avec les spectateurs – faible ce soir là -. Qui ne repose pas ou peu sur les mots. J’en suis ressorti détendu, reposé, comme si j’étais allé me faire papouiller le crâne. Le bonheur, c’est quoi ?

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Le misanthrope, par Clément Hervieu-Léger, lent

Mise en page 1

Je m’y étais pris un peu tard pour les places. Corbeille paire. 202-902. Mauvaise pioche. Surtout pour Jules dont le strapontin penchait nettement vers la gauche et qui avait l’angle d’un mur pour adossement. Cette salle Richelieu est pleine de mauvaises surprises quand on n’y met pas le prix fort. A quoi ça rime une salle où le spectacle est à peine visible de tant de places ? Assez honteux. Et puis, le problème, c’est que quand on n’est pas bien installé, et si le spectacle n’est pas prenant, ses défauts vous parviennent vite avec plus de netteté que ses qualités.

Bon, je n’avais jamais vu Le Misanthrope. J’ai trouvé le spectacle lent, très lent. Lent dans une série d’actions complémentaires. Lent dans la façon de parler avec des pauses, un hachage des phrases. Parfois ni le son ni le sens ne me parvenaient. Rares rires. Dommage. Très beau décor mais au bout d’un moment je ne voyais plus que les aller-retours, les explorations, faut bien aller quelque part où on n’a pas encore été. Ambiance quasi-dépressive de bout en bout. Pas joyeux Noël La Comédie française.

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Les damnés, adaptation et mise en scène d’Ivo van Howe, nourrissant

lesdamnes

Je ne sais pas trop quoi dire de ces damnés vus dimanche dernier. Très heureux d’y être, je n’étais pas très bien placé et la pièce ne me parvenait que par fragments. Que m’en reste-t-il une semaine plus tard ?

+ le jeu vénéneux de Christophe Montenez, comédien tout à fait impressionnant dans le rôle de Martin von Essenbeck,

+ le dispositif scénique où scène et coulisses se fondent,

+ la caméra sur le plateau pour que scène et écran se complètent, s’enrichissent, même si l’image m’a semblé parfois un peu en retard sur le son,

+ ce grand sol orange, comme du métal en fusion,

+ les micros dont sont équipés les comédiens et qui, me semble-t-il, ne supportent pas bien les cris, le son devient plat, les propos indistincts, à moins que ce ne soit moi qui soit un client potentiel d’Audika ( si concordance des temps bafouée, merci de me l’indiquer, je corrigerai, 😉 ),

+ la caméra dans les cercueils, l’agonie des uns et des autres, insoutenable,

+ et puis, il y a dans cette histoire de dévoration familiale et politique quelque chose qui m’a impressionné, sans même que je m’en rende compte, et qui doucement murit en moi. Peut être une phrase au début sur la nécessité de parler et d’agir avant qu’il ne soit trop tard.

Voilà, un grand merci à qui se reconnaîtra peut-être de m’avoir offert une place et cette chance de voir ce spectacle.

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Les élans ne sont pas toujours des animaux faciles, de Frédéric Rose et Vincent Jaspard, la poésie ne raconte pas d’histoire, elle chante

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Un fauteuil, 2 chaises, un piano, une guitare, une valise qui se donne des airs de contrebasse. Pas mal de bouteilles d’alcool et trois hommes. L’un prétend avoir croisé Verlaine la veille au soir. Puis ils chantent. Puis ils nous parlent de la voisine rousse, du “regard qui en dit long”, d’un “prototype” que l’un a dragué, femme d’un côté, homme de l’autre, etc. Entre chaque conversation plutôt arrosée, ils chantent, parfois du rock mais surtout des airs de jazz, qui font chaque fois écho à leur conversation.

J’ai trouvé le spectacle dans la liste des pièces géniales du site www.aubalcon.fr. Je ne sais pas si la pièce était vraiment “géniale” mais je me suis bien amusé.  Très très jolie trouvaille des mains qui font les marionnettes. Trois comédiens/musiciens subtils : Pascal Neyron, Emmanuel Quatra et Benoît Urbain.  Au Lucernaire. Mise en scène Laurent Serrano.

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L’art de la comédie, d’Eduardo De Filippo, par Patrick Pineau, énergétique

Ci-dessus, des images de répétition filmées au Théâtre-Sénart. Evidemment, au théâtre Firmin Gémier / La Piscine à Châtenay-Malabry, le décor est le même.

Italie, dans les années soixante. Un nouveau préfet prend ses fonctions. Comme c’est l’usage, il doit recevoir les notables. Arrive impromptu Oreste Campese, directeur d’une troupe de théâtre, dont la roulotte et les décors ont brûlé. Il vient demander de l’aide, la conversation roule sur le théâtre, mais le préfet fait semblant de ne pas comprendre les difficultés d’Oreste qui n’obtient qu’un sauf-conduit. En partant, Oreste suggère que des comédiens pourraient bien se substituer aux notables. Arrive un premier notable, le médecin. Le délire n’est pas loin.

C’est décidé, je n’irai plus au théâtre le vendredi soir, avec une semaine de labeur acharné. Se retrouver plongé dans l’obscurité assis dans un fauteuil confortable, … il faut résister, et ce d’autant plus que sur scène une conversation semble s’éterniser. Mais tout à coup arrive le médecin – Manuel Le Lièvre – , débordant de problèmes et d’énergie. Et plus tard avec le curé – Marc Jeancourt -, le délire monte encore d’un cran. Et le spectateur épuisé reste éveillé. Voilà, pour celles et ceux qui se demandent ce que c’est que d’avoir de l’énergie sur scène, allez voir cet Art de la comédie.

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Le poisson belge, de Confino par Schaub, de miel et d’encre

Lavoine Martineau - Le poisson belge

Vu au Théâtre de la Pépinière. Sur un banc, une petite fille affamée se colle à un homme. Puis il la laisse s’inviter chez lui. Qui est-elle ? Qui est-il ? Qui sont-ils l’un pour l’autre ? C’est le sujet de la pièce où l’on parlera pas mal de poissons. C’est drôle, c’est surprenant, c’est émouvant.

Découverte de Géraldine Martineau dont le jeu est fascinant : physique de petite fille, des allures de schtroumpfette, un grain de voix un peu étrange, regard étonnant, plasticité totale, énergie à revendre, …. Elle a le génie de son rôle. Marc Lavoine est juste et touchant.

Après le féroce Ring, ou le corrosif Building, Léonore Confino explore à nouveau les fêlures des âmes et des corps. Avec Le poisson belge, elle a mis un peu de miel dans son encrier, et c’est bon ! A voir. Mise en scène par Catherine Schaub.

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Le porteur d’histoire, d’Alexis Michalik, tourbillon éblouissant

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Au Studio des Champs Elysées le vendredi 25. Le Porteur d’histoire. Deux femmes disparaissent d’un petit village algérien. Dans la nuit sous la pluie, un homme cherche le village des Ardennes où vivait son père qui vient de mourir. Et puis on va remonter le temps, revenir au présent, repartir, changer de lieu, d’époque, de continent, rencontrer Alexandre Dumas, entendre l’écho très lointain de thèmes dont naguère le Da Vinci Code avait fait son miel, …. Présent et passé s’imbriquent, c’est à dire que dans une même scène le personnage au temps présent côtoie le personnage dans un autre temps, joué par un autre acteur. Le sujet de la pièce : la force de l’imaginaire.

Il y a 5 comédiens sur scène, avec une distribution qui tourne. Ce soir là : Michel Scotto di Carlo, Justine Moulinier, Charles Lelaure, Julien Jacob et Mounya Boudiaf. Cinq qui ne se sont pas trompés en trouvant leur vocation. Actrices et acteurs virtuoses. Ils passent d’un personnage à l’autre, d’un costume à l’autre, ils changent d’époque et d’état émotionnel en un clin d’oeil. Sans forcer, sans à-coup, sans trébucher. C’est une virtuosité qui n’est pas gratuite, pas démonstrative. A ce niveau, le théâtre est tellement fluide qu’il en devient presque de la musique. On sentait la concentration totale de la salle. Alexis Michalik est-il musicien ?

Curieusement, après le spectacle, l’émotion est arrivée encore plus forte. Comme une vague qui m’aurait rattrapé. Spectacle très fort. A voir, à voir, à voir. Ou à revoir avec une autre distribution, pour voir.

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La liste de mes envies, par Mikaël Chirinian et Anne Bouvier, pourquoi suis-je aimé(e) ?

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Vu au Théâtre des Sources hier.  Je ne connaissais pas Mikaël Chirinian, seul en scène, ni Anne Bouvier, metteuse en scène avec qui Mikaël Chirinian a adapté La liste de mes envies, livre à grand succès de Grégoire Delacourt, que je ne connaissais pas non plus. Je ne connais pas grand chose.

Jocelyne, mercière à Arras, est l’épouse de Jocelyn, ouvrier dans la chimie. Ni belle ni moche, elle n’a jamais perdu les kilos pris lors de sa deuxième grossesse. Puis, après, il y a eu une petite fille morte née, Nadège. Jocelyn ne la touche plus et rêve de Porsche Cayenne en descendant ses bières sans alcool. Mais ils s’aiment. Patatras, Jocelyne gagne le gros lot de l’Euromillions. Elle ne veut pas que sa vie change. Que faire ?

Tous les personnages sont joués par Mikaël Chirinian : Jocelyn, Jocelyne, la psy de la Française des jeux, les enfants, …. Virtuosité au programme. On y croit, on marche, on est touché par cette nouvelle variation sur le thème du pourquoi suis-je aimé(e). Assez fort quand même pour Chirinian de faire oublier qu’il est un grand costaud barbu quand il joue Jocelyne tricotant ou l’une et l’autre des copines jumelles. Belles trouvailles de mise en scène. Un micro pour la voix.

 

La mégère apprivoisée, adaptée par Mélanie Leray, aux Gémeaux

photo_lamegereapprivoisee_christianberthelot-2carrousel © Christian Berthelot

Transposée dans un univers kitch (60-70 ?) avec chant, caméras sur le plateau, en coulisse et dans les cintres avec retransmission géante en fond de scène, un peu de nudité, pas mal de work-out des comédiens, la mégère qui gueule plus qu’elle ne parle, …. Pour résumer, c’est très bien … et légèrement ennuyeux. Donc, the question is : pourquoi tant de talents et d’invention finissent-ils par créer de l’ennui ? Je propose : parce qu’ils finissent par prendre le pas sur l’histoire qui ne nous parvient plus. A débattre.