Archives par étiquette : film américain

La ballade de Buster Scruggs, des frères Coen, sur Netflix, plombé

Un cowboy chantant, un hors la loi, un entrepreneur de spectacle et son artiste phare, un chercheur d’or, une caravane de pionniers, une diligence crépusculaire. 6 courtes histoires de l’Ouest américain, à une époque où les indiens attaquaient encore, qui forment un tout.

C’est assez sombre, assez cruel, toutes ces histoires qui se retournent toujours contre quelqu’un, de manière surprenante ou téléphonée. Un peu comme dans Fargo. C’est tellement sinistre et répétitif que ça en devient un peu lassant. Pour moi, même pas le plaisir d’une joie mauvaise à voir un personnage se traîner à terre et recevoir de surcroît quelques coups de pied dans les côtes. Bon, j’ai bien aimé l’histoire avec James Franco, au sadisme un peu burlesque. Et celle du chercheur d’or, surtout par l’imagerie d’un espèce d’Eden momentanément perturbé, qui m’a vaguement rappelé le plateau du Cuscionu.

Les frères Coen au sommet de leur art claironne dans le métro l’affiche du film en citant les Zinroks. Au sommet de l’ennui, j’ai envie de dire. 6 histoires plombées quelque peu plombantes, au budget qui semble aller diminuant.

La diffusion sur Netflix a fait l’objet d’un débat, le film n’étant pas diffusé en salle du moins en France. Me serais-je moins ennuyé dans une salle de cinéma ? Pas sûr. C’est pas le meilleur des Coen. C’est pas le meilleur de Netflix. Loin s’en faut.

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Thunder road, de et avec Jim Cummings (II), égocinéma

J’étais dans la file d’attente pour aller voir I feel good. Derrière moi, une dame voyant l’affiche de Thunder road dit à son compagnon : “Oh Thunder road, je l’ai vu à Deauville, c’est génial, si drôle, et si émouvant à la fois !”. Tenté, j’étais.

Jimmy Arnaud, officier de police dans une petite ville américaine, enterre sa mère, experte-comptable et professeur de danse. Il prend longuement la parole dans l’église. Pour rendre hommage à sa maman, chacun fait son deuil comme il peut, il esquisse quelques pas de danse.

On retrouve Jimmy dans sa vie de tous les jours. Jimmy a l’air quand même tout à la fois très émotif, assez tendu, un peu naïf, assez rigide, la tête près du bonnet. Et les ennuis commencent à s’accumuler, avec sa fille, sa femme qui veut divorcer, son chef, ses amis, etc.

Chère Madame qui allez au Festival du film américain de Deauville, je n’ai ni ri, ni pleuré, ni pleuré de rire. Les aspects comiques et mélodramatiques de l’histoire m’ont laissé de marbre, l’âge ou la fatigue de la journée peut-être. J’ai vu une œuvre tout à la fois écrite, réalisée et interprétée par Jim Cummings (II)  – je rajoute le (II), ça doit avoir son importance, je ne suis pas doué en prénoms américains -. Jim Cummings (II) braque la caméra sur lui et se filme dans de longs plans séquences où il soliloque. Ca fait des économies de montage me direz-vous. Régulièrement, il a une sorte de rictus quand l’émotion prend son personnage, le rictus qu’on a quand on fait semblant d’avoir envie de pleurer. De temps en temps, sans doute pour ne pas qu’on pense qu’il s’agit d’un spectacle de stand-up filmé, il nous montre les autres personnages qui attendaient patiemment d’y être. Définitivement sympas.

Quels sont les auteurs qui se sont abondamment filmés eux-mêmes ? Charlie Chaplin. Woody Allen. Jerry Lewis. Clint Eastwood. Jim Carrey. Je ne veux pas être désobligeant, mais Jim Cummings (II) ne me semble pas encore à la hauteur de ces grands hommes. Ca va peut-être venir. La MGM ne s’est pas faite en un jour.

Bon, en sortant, je me suis dit que j’avais vu de l’égocinéma. Et je n’étais pas mécontent de ma trouvaille linguistique que je partage ici. La soirée n’est pas fichue, c’est l’essentiel.

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BLACKkKLANSMAN, de Spike Lee, sur ma faim

Années 70, Colorado Springs. La police invite les minorités à présenter leur candidature. Ca tombe bien, Ron Stallworth a envie d’être policier. Il est embauché. D’abord affecté aux archives, où il se frotte au racisme ordinaire de ses collègues, il est promu au service des renseignements (Intelligence), l’équivalent local de nos anciens renseignements généraux. Et là, un beau jour, il décide d’appeler le numéro local du Ku Klux Klan pour voir ce que l’organisation traficote dans le coin. Mais, comme il est noir, ce sera un de ses collègues – qui se trouve être juif – qui établira le contact physique, lui se réservant les échanges téléphoniques. Comme l’intelligence des deux compères est bien au-dessus de la moyenne (du moins de celle des membres du Klan), il(s) est(sont) vite promis à un bel avenir dans l’organisation dont certains membres confits de haine préparent semble-t-il un mauvais coup : massacrer des Noirs, le rêve de toute une vie !

Dans ce film, j’ai aimé les comédiens, leur beauté, leur charisme. J’ai même trouvé que John David Washington (lumineux d’intelligence et de charme) et Adam Driver (solid as a rock) étaient un peu grands pour leurs personnages.

Mais je me suis un peu ennuyé. C’est venu petit à petit. Pourquoi ? Peut-être parce qu’il n’y a jamais vraiment de danger auquel on peut croire. Parce que les petits coups de pression apparaissent un peu artificiels, un peu fades. Parce que nos héros dominent en tout les méchants, écrasés chaque seconde par l’ironie dramatique de la situation. Parce que leurs conflits intérieurs sont un peu des tempêtes dans un verre d’eau. Parce qu’au final une certaine absence de nuance devient perceptible. Peut-être aussi parce que ce récit est d’abord pour l’auteur le moyen de nous faire passer un message : il y a une identité entre les thèmes de campagne de Donald Trump et la rhétorique du Ku Klux Klan. Par exemple, Make America great again équivaut à Make America white again. Bon, je me souviens que ça avait été dit avant l’élection américaine et que ça n’a pas empêché Trump d’être élu. On verra bien en novembre si, maintenant en toute connaissance de cause, les américains endossent la responsabilité de cette politique trumpienne désastreuse à tous égards. Tout ça pour dire que j’ai soif d’histoires surprenantes et bien cuisinées, pas de propagande, et que je préfère Inside man à Blackkkansman, Michael Moore au Spike Lee démonstratif.

On peut voir comme dit Le Canard.

PS : Je n’ai pas vu Naissance d’une nation. Je sais maintenant que c’est un film raciste.

Mission impossible : Fall out, de Christopher McQuarrie, parlotte

Ethan Hunt résout à nouveau de graves problèmes.

Au bout de combien de temps ce film m’a-t-il envoyé un signal négatif ?

Au bout de deux minutes. Ethan Hunt reçoit une nouvelle mission. De la parlotte à n’en plus finir. Ca se prend au sérieux. C’est mal parti, toutes ces paroles en lieu et place de scènes d’actions et de caractérisation convaincantes. De la parlotte, le film en est bourré. Pour faire avancer les choses, les débloquer, quand on n’a pas d’autres idées. Et on vous répète deux fois les mêmes choses pour être sûr que vous avez bien compris. Première déception.

Deuxième déception. Dans l’opus précédent, les auteurs avaient mis un soupçon d’autodérision présent dès le début. Ca donnait la note, c’était marrant. Là, même ingrédient, mais qui arrive à partir de la moitié du film. Trop tard. La mayonnaise ne prend pas, il me semble.

Troisième déception. Plus de 10 minutes de poursuite en voiture dans Paris. Un peu sans queue ni tête.  Pas aussi bien filmé que la poursuite de La mémoire dans la peau.

Quatrième déception. A force de vouloir faire compliqué, on ne comprend plus rien. Qui est qui ? Qui fait quoi ? Qui double qui ? Qui descend qui ? Il y a des moments où être bon public, voire très bon public, ne suffit plus.

Un espoir. Il y a deux personnages forts que l’on retrouve : Ilsa Faust (espionne sur le fil du rasoir) et Solomon Lane (super méchant à message). Espérons que les scénaristes du prochain épisode sauront mieux les mettre en valeur. Prions pour que ce prochain épisode soit plus inspiré et inspirant.

Mamma Mia ! 2, de OI Parker, à la gélatine de porc

Sophie prépare l’inauguration de l’hôtel qu’aurait voulu sa mère – Donna – disparue il y a un an. Parallèlement, nous revivons les évènements qui ont conduit Donna sur l’île 20 ans avant, et la rencontre avec les trois pères de Sophie.

J’y suis allé beaucoup pour Meryl Streep, un peu pour l’île grecque où avait été tourné le premier film, un peu aussi pour Abba.

Déception sur toute la ligne ! Les trois premiers quarts d’heure les plus poussifs de l’histoire du cinéma. Meryl Streep absente jusqu’à une des dernières scènes. Cher telle une momie avec deux apparitions qui sentent bon les clauses de son contrat. La musique, les chorégraphies, les décors, on s’en fiche. Andy Garcia, qu’est-il allé faire dans ce navet ? Pierce Brosnan n’a plus la ligne, Colin Firth l’a gardée. Lily James, quelque chose de dur dans la mâchoire et le regard à mille lieues de sa mère de comédie (Meryl). Du quasi mélo et des bons sentiments que les quelques transgressions verbales des amies de Donna n’arrivent pas à pimenter. Et le tournage a eu lieu en Croatie et pas à Skopellos m’a expliqué Eric R. (qui s’y connaît).

Quand tu te dis que dans un bonbon il y a de la gélatine de porc, tu le recraches ! A fuir.

Extinction, de Ben Young, prisonnier

Un père de famille fait des cauchemars ce qui trouble le sommeil de sa femme. “Ca commence à bien faire” lui dit-elle, “tu devrais consulter”. “Oui, tu devrais”, renchérit son chef à l’usine. Mais lui, il est têtu, il ne veut pas consulter. La tension monte. Tout à coup, patatras, ses cauchemars deviennent réalité. Des aliens attaquent. Mais qui sont-ils ? En fait ?

Deux remarques :

Une. Il y a une idée intéressante dans l’histoire : les robots humanoïdes ayant évolué grâce à l’IA ont pris la place des hommes, mais ils n’en savent rien (comme le héros jusqu’aux deux tiers du film).  Malheureusement, ce qui est construit à partir de cette idée n’est pas très intéressant. Pas beaucoup de profondeur. Juste une histoire en passant.

Deux. Netflix me propose systématiquement des films aussi apocalyptiques qu’anxiogènes. Oblivion, why not, Extinction, non merci. Les comédies, j’aime aussi. La légèreté, j’ai rien contre. Mais il faut admettre que je suis prisonnier de l’algorithme de Netflix. Comment se faire la belle ? Dites-moi si vous savez.

Infinity war, de Joe et Anthony Russo, mélancolie

Thanos a un projet : rétablir l’équilibre dans un univers qui court à sa perte, en raison de la surpopulation et de l’exploitation effrénée des ressources. Thanos est un écolo visionnaire. Pour ce faire, une solution, supprimer la moitié de la population. Thanos est un meurtrier de masse. Pour y arriver en un claquement de doigts, il lui faut réunir les pouvoirs de 5 pierres, dont deux sont sur notre bonne planète Terre. Entrée en scène des Avengers.

Infinity war, c’est un film drôle, un bon film d’action, et aussi un film mélancolique traversé par une habile ambiguïté. Le méchant est très méchant, mais ses motivations, nous les partageons (pas ses solutions). Les gentils sont eux très courageux, mais ils n’opposent rien au constat du méchant, ils ne proposent rien, ils n’en parlent pas.

D’où une position difficile pour moi spectateur : je suis en partie d’accord avec le méchant, et les gentils peinent à me faire adhérer à leur cause. Tout ça et la fin engendrent, me semble-t-il, une forme de mélancolie. Et, après tout, on l’aurait pas un peu mérité, non ? (on = l’espèce humaine)

Bon, sans divulgâcher, j’avais hésité à y aller, cœur d’artichaut que je suis, parce que j’avais lu un article du Figaro spéculant sur la mort de 3 ou 4 personnages au cours de l’histoire, dont mes figures héroïques préférées. Je dois avouer qu’à un moment du film, j’étais au bout de ma vie …. Voilà, Thor et son lapin, très bons ! Et Hulk peut se vexer. Vous savez tout ce qu’il y a à savoir avant d’y aller.

A voir.

PS : Considérations purement théoriques. Ou exercice de maths au baccalauréat 2018 ( ça ferait le buzz ! ). Sachant qu’il y a sur notre planète une grande disparité des empreintes écologiques des populations (voir répartition dans le document joint), la solution de Thanos, à savoir zigouiller au hasard un humain sur deux, permettrait-elle de rétablir la soutenabilité de l’humanité sur la Terre ? Oui ? Non ? Argumentez.

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Annihilation, d’Alex Garland, anxiogène

Sur la côte est des Etats-Unis, une zone entourée d’une frontière transparente sur laquelle se forment des effets d’irisation et de miroitement s’étend lentement. Les autorités ont fait le vide dans la région. Rien n’en est jamais ressorti : animal, drone, humain …  sauf Kane, membre des forces spéciales, qui y avait été envoyé avec quelques hommes, et qui en ressort gravement malade, sans que son mal puisse être bien défini.

Sa femme Lena, biologiste et militaire, désireuse de tout faire pour sauver son mari, se joint à quatre autres femmes, toutes scientifiques. Leur mission : se rendre au phare où tout a commencé.

Le film est construit comme un retour en arrière, et dans ce retour en arrière il y aura d’autres retours en arrière. Les décorateurs et les spécialistes d’effets spéciaux ont fait un très beau travail pour créer une nature perturbée, et parfois dangereusement perturbée. Le rythme est assez lent, et s’accélère brusquement chaque fois que l’équipe s’enfonce un peu plus dans le cauchemar. Comme on sait par avance que Lena va en ressortir, et pas les autres, ça crée beaucoup d’ironie dramatique à leurs dépends. Ironie qui finira par aller beaucoup plus loin.

J’ai lu après avoir vu le film qu’il reflétait admirablement la vision de la dépression vu de l’intérieur. Je l’ai trouvé angoissant, anxiogène, comme beaucoup de programmes sur Netflix d’ailleurs. Une précision, Annihilation n’est pas une production originale de Netflix. C’est un film que la Paramount n’a pas voulu distribuer tel quel, et dont le producteur a préféré faire affaire avec Netflix pour sa sortie.

Si vous êtes à la recherche de légèreté, passez votre chemin. Si vous voulez pouvoir dire dans les dîners en ville que “Décidément, Netflix bouscule le cinéma !”, regardez-le. Curiosité, goût pour le fantastique, appétit pour toute forme de narration, … plein d’autres raisons de voir ce film.

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Ready Player One, de Steven Spielberg, codes

Quand les jours sans vent se succèdent, il faut savoir lâcher sa pagaie. Je suis allé voir Ready Player One.

2045. Columbus, Ohio. La réalité virtuelle est partout, tant la réalité est chaotique, et surtout celle du quartier des “Piles”, sorte de bidonvilles verticaux où s’empilent mobil-homes, caravanes, camionnettes, ….

Comme presque tous les terriens, Wade, adolescent orphelin, fréquente L’OASIS, gigantesque monde virtuel aux possibilités infinies. Son créateur, Halliday, est mort il y a quelques années. Il a légué L’OASIS à quiconque y trouvera l’œuf de Pâques numérique qu’Halliday y a dissimulé. Depuis des années, beaucoup cherchent, dont Sorrento patron de la puissante société IOI, concurrente de L’OASIS, et psychopathe à ses heures. Mais personne jusque ici n’a rien trouvé. Wade, dont l’avatar s’appelle Parzival, poursuit ses recherches. Une rencontre dans L’OASIS lui ouvre un jour de nouvelles perspectives. Pour Wade et Parzival, c’est le début d’ennuis en mode démultiplié.

C’est bien tout : écrit, filmé, joué, visuellement, FXement, etc. C’est beau, c’est hyper distrayant. On peut même y trouver un message si on veut. Et il me semble que les connaisseurs de jeux vidéo – dont je ne fais pas partie – y trouveront encore plus de plaisir que moi. Question de culture et de codes.

Ceci dit, il y a deux ou trois petites choses dans l’histoire que je n’ai pas comprises. Par exemple, le rôle de l’ancien associé d’Halliday. Ou encore le personnage d’I-R0k dont j’ai attendu vainement l’arrivée dans le monde réel. Mais pourquoi avait-il donc un torticolis dont il est plusieurs fois question ? Bon, c’est pas bien grave. Je demanderai à mes enfants de m’expliquer quand ils iront le voir. Ou alors je demanderai à Eric R.

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The disaster artist, de James Franco, rigolo

1998. A San Francisco, dans un cours d’art dramatique, un apprenti comédien coincé – Greg – rencontre un autre apprenti, un peu plus âgé, et plutôt extraverti – Tommy – . Ils se soutiennent l’un et l’autre dans leurs rêves d’une carrière de comédien et un jour ils partent pour Los Angeles dans la Mercedes blanche de Tommy, Tommy pour qui l’argent n’est pas un problème.

Les mois passent. Les déconvenues s’amoncèlent. Pour s’affranchir du désir des autres, Tommy décide d’écrire, de réaliser, et de produire son propre film, dans lequel lui et Greg joueront. Il s’agit de The room. Le film a vraiment existé, on le comprend grâce à la séquence introductive, les personnages aussi.

D’abord, c’est super bien joué, notamment par un James Franco méconnaissable avec son accent indéfinissable, ta tête de vampire violeur, sa manière de friser constamment avec la grande folle sans jamais franchir le pas. Mais, petit à petit, on prend conscience de rire aux dépends de vraies personnes, et ça devient moins facile. Trop plein d’empathie peut-être.

Bref, j’ai admiré la performance des comédiens, et celle du metteur en scène. Je n’ai pas été fasciné par l’histoire de cette amitié, et je ne suis pas sûr d’avoir un jour envie d’aller voir The room pour rire aux dépends de Tommy Wiseau. Et puis voilà.

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