Archives par étiquette : film américain

Three billboards outside Ebbing, Missouri, de Martin McDonagh, réjouissant

Près d’un an après le viol et le meurtre de sa fille Angela, crime non élucidé, Mildred Hayes interpelle le shériff et ses concitoyens en mobilisant 3 panneaux d’affichage publicitaire le long d’une petite route. Ce n’est pas le shériff qui sera le plus dérangé de cette initiative tonitruante.

En rentrant du cinéma, j’ai tout d’abord voulu situer Ebbing et le Missouri. Le Missouri existe, je le confirme, au milieu des Etats-Unis un peu à l’est (mais c’est à l’ouest du Mississippi donc il fait partie du Midwest). Mais pas Ebbing, fruit de l’imagination de Martin McDonagh. Ebbing, c’est une ville proprette, typique je ne sais pas, dans un très joli environnement boisé, vallonné et verdoyant. (en vrai le film a été tourné à Salva Caroline du Nord merci Wikipédia).

3 billboards, c’est d’abord une histoire solide, non prévisible, cohérente. Une histoire bien ficelée, sans facilités. Même si je ne suis pas sûr d’avoir clairement compris le dénouement. Ca fait du bien anyway. Une histoire avec son mystère, une histoire qui vous emmène en haut, en bas, une histoire qui vous fait croire des choses, une histoire avec de l’ironie dramatique, tout en finesse. Une histoire qui vous branche sur l’âme des personnages.

3 billboards, c’est aussi des personnages forts, mais pas monolithiques, pas stéréotypés. Des personnages complexes, avec leurs faiblesses, leurs mensonges, leur courage, leurs désirs. Mildred Hayes en a assez de ce qu’elle vit comme un second et lent enterrement de sa fille, avec une enquête à l’arrêt. Elle n’a pas froid aux yeux et le montrera à maintes reprises. Le shériff William Willoughby n’est pas tout à fait l’homme qu’on croit. Et son adjoint, le brutal, raciste, et apparemment semi-simplet Dixon non plus. Pleins de seconds rôles subtils : Peter Dinklage, Caleb Landry Jones, John Hawkes, ….

3 billboards, c’est un film sur le combat du courage contre la lâcheté, de la force d’âme contre la résignation, de la révolte contre l’indifférence, de l’amour contre l’abus de pouvoir, de la colère contre la bienpensance.

Frances McDormand ( Mildred ) a été oscarisée. Sam Rockwell ( Dixon ) aussi. Woody Harrelson ( le shériff ) y est mille fois plus intéressant que dans les Hungergames ou dans Le retour de la revanche du commencement de la bataille finale de la planète des singes.

Ah ! Le titre français est trompeur, il ne reflète pas l’histoire, car il n’y a pas de vengeance dans ce film. J’ai pas pris comme image l’affiche française. Shame on celles et ceux qui ont choisi ce titre.

Vous voulez aller au cinéma ? C’est le bon choix. C’est LE choix pour un film qui va m’accompagner un bout de temps.

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Black Panther, de Ryan Coogler, mouais

L’histoire se passe au Wakanda, royaume africain qui grâce au vibranium – le métal le plus dur sur terre, vous savez celui dont est fait le bouclier de Captain America – a développé une avance technologique considérable sur le reste de l’humanité, mais qui a choisi de vivre caché, à l’abri du monde, de ses conflits et de ses cruautés.

Alors que le prince T’Challa accède au pouvoir après la mort de son père, un complot se trame pour le renverser et mettre fin à l’indifférence wakandienne aux malheurs des Noirs du monde en les aidant à prendre le pouvoir partout où ils sont opprimés (grâce aux super armes wakandiennes).

Ce que j’ai aimé :

+ La manière dont l’univers du film est dessiné en deux minutes habiles au début, qui donnent les règles et lancent l’histoire.

+ La reprise d’un thème marvellien qui serait celui de la faute originelle, de l’injustice fondatrice de l’histoire, injustice qu’il faut purger (comme ici) ou pas (Iron Man 3).

+ Le personnage et les combats avec lance de la Générale Okoye.

Ce que j’ai moins aimé :

+ L’humour qui tombe à plat avec des vannes assez attendues.

+ Wakanda, aux décors beaux mais peu compréhensibles

+ L’histoire, qui m’a un peu ennuyé

Ce qui m’a laissé perplexe :

+ Tout ce que j’ai lu sur le film après coup, lequel cartonne alors que moi je l’ai trouvé limite ennuyeux, pas à la cheville des Gardiens de la Galaxie, d’un Logan, d’un Deadpool, d’un Iron Man 3, ou même d’un Blade.

Bon, on peut ne pas tout aimer, n’est ce pas ?

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Pentagon Papers, de Steven Spielberg, however

1971, la guerre du Vietnam fait rage, Nixon est à la présidence. Katharine Graham, propriétaire et directrice de la publication du Washington Post, prépare l’introduction en bourse du journal, en vue de rassembler des fonds pour son développement. Ben Bradlee, le rédacteur en chef, qui tient fermement Katharine éloignée des décisions rédactionnelles, se demande ce qu’un des journalistes vedettes du New-York Times prépare. La réponse tombe le lendemain : c’est le début de la publication d’un rapport confidentiel contenant une évaluation de la politique américaine au Vietnam, et qui dévoile ce faisant les mensonges des gouvernements successifs depuis 1947, et l’impossibilité qu’il y a à gagner la guerre.

Le gouvernement américain fait interdire la publication des documents. Le Washington Post se les procure. Publier ou ne pas publier ? En dernier ressort, la décision revient à Katharine Graham, alors que ses conseils lui disent que cette publication pourrait compromettre son entrée en bourse, et que c’est l’un de ses amis qui a commandé ce rapport secret.

Ce que j’ai trouvé le plus étonnant, le plus admirable dans le film, c’est qu’il n’y a ni gras ni maigre. Tous les personnages sont compréhensibles, défendent leur bifteck, sont justes. C’est fluide. Les enjeux sont posés de manière nette.

Ce que j’ai trouvé le plus jouissif, c’est le personnage de Katharine Graham. Richissime veuve et héritière, mais considérée comme un peu falote. Elle se redresse et s’affirme tout le long du film. Jusqu’à cet “however” d’anthologie, cristallin, presque  susurré, qui accompagne sa prise de décision. C’est juste un moment de jeu merveilleux. Un million de mercis à Meryl Streep pour ce seul mot.

J’ai eu du mal à reconnaître Tom Hanks dans Ben Bradlee. Coupe de cheveux, visage un peu empâté et ramolli, de son âge peut-être. Je ne sais pas. Il campe un journaliste d’une grande fermeté.

A l’heure des fake news, et alors que la plupart de nos journaux sont la propriété directe ou indirecte de milliardaires, dont aucun n’a démontré la vertu de Katharine Graham, (je ne fais pas la liste, vous la trouverez partout sans peine, pensez seulement à l’exemple le plus grotesque du moment, La Provence, achetée par Tapie avec l’argent de l’arbitrage Crédit Lyonnais/Adidas), ne perdons jamais de vue que la première ligne de défense de nos libertés, c’est une presse indépendante, curieuse, qui fait son boulot de questionnement.

Film à voir, of course.

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Downsizing, d’Alexander Payne, fun et mélancolie

Alors que la crise écologique mondiale s’accentue, mais on n’en voit pas les effets dans le film, des savants norvégiens mettent au point une technique permettant de rétrécir les organismes vivants. On y voit bientôt une solution à la surpopulation : l’empreinte écologique d’un humain rétréci est divisée par 100 ou plus. A l’inverse, son pouvoir d’achat est multiplié par 1000 ! C’est à vrai dire ce qui attire Paul et Audrey Safranek, américains moyens coincés dans une vie un peu étriquée, avec leurs soucis financiers et la frustration latente de voir leurs projets repoussés. Mais, dans le bus qui les emmène vers leur nouvelle vie de petits humains, Audrey a l’impression d’avoir oublié quelque chose….

C’est un film un peu inclassable, qui démarre comme une comédie d’anticipation, et qui prend un tour plus social, grave, voire apocalyptique, teinté de mélancolie.

Quel regard porte-t-on sur sa vie ? C’est la question amenée par ce film. A quel moment les humains réagiront-ils pour sauver la planète ? Jamais sous-entend le film, parce qu’il n’y a que quand la mort est proche que l’on voit les choses avec suffisamment d’acuité. Autrement dit, ce n’est que quand les gens n’ont plus le choix qu’ils renoncent à leur connerie. Donc trop tard. Enfin, la plupart du temps ( rien ne m’afflige plus que de voir des gens immobiles dans leur douleur, dont souvent ils jouissent par ailleurs, mais ça ils refusent de l’admettre ).

Matt Damon touchant dans son personnage de semi-looser indécis. Kristen Wiig parfaite. Christoph Walz gentiment sardonique. Hong Chau prend la lumière. Film à voir. C’est fun et mélancolique.

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Tout l’argent du monde, de Ridley Scott, plat

Paul Getty, le petit-fils du richissime fondateur de la Getty Oil, est enlevé à Rome. Le grand-père, par avarice et tactique de négociation, refuse de payer la rançon demandée. Il envoie son chef de la sécurité auprès de la mère de Paul pour suivre la situation et les négociations avec les ravisseurs.

Tu vois un film super bien joué, super bien filmé, et où rien n’est trop beau, trop grand ou trop bien reconstitué pour t’en donner pour le prix de ta place. Et pourtant tu t’ennuies un peu. Pourquoi ?

A mon avis parce que les auteurs se sont trompés d’histoire et de héros. La vraie histoire, celle qui pointe sans arrêt le bout de son nez, et qui chaque fois a réveillé mon attention, c’est celle de Cinquanta, le ravisseur qui a une conscience. Joué par un Romain Duris qui prend beaucoup de lumière avec ce personnage sombre, tourmenté, courageux, humain, qui prend des risques. Mais peut-être, dans cette reconstitution, est-il un personnage purement fictif ? Faudrait interroger les auteurs à ce sujet, une fois les tiroirs caisses de Sony refermés. On peut ne pas voir, on ne s’en portera pas plus mal.

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Bright, de David Ayer, plan B

Le film était annoncé à grand renfort de publicité par Netflix. L’histoire se passe à Los Angeles. Y cohabitent tant bien que mal des humains, des elfes et des orques, ces derniers peu aimés des policiers humains. Pour la première fois, un orque est devenu policier, c’est Jakoby. Il est l’équipier de Ward, joué par Will Smith. Partenariat difficile. Détestation des collègues. Lors d’une patrouille, Ward et Jakoby tombent sur un objet magique que tout le monde va se mettre à convoiter. C’est le début de graves problèmes pour eux.

Le film commence bien. La description de ce Los Angeles fantastique intéresse. On cherche le symbole, la métaphore, la correspondance  avec notre univers à nous. Mais tout ce qui brille n’est pas de l’or. Petit à petit, on se rend compte qu’aucune des promesses de ce début n’est tenue. On glisse insensiblement vers un film d’action plat, peu inventif, qui va de facilité en facilité. Le plus décevant ?  La relation Ward Jakoby qui au bout du film aura toujours l’épaisseur d’une feuille de papier. Sans parler du personnage de Tikka qui n’est qu’un rouage narratif sans couleur, sans saveur, sans odeur. Bright ? Moins bon qu’un bon Europacorp qui s’assume. Dommage. Ne tombez pas dans le panneau (publicitaire). Sur Netflix aussi on peut cultiver des navets. Ah, quand même, pas mal de bons acteurs méconnaissables.

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Star wars, The last jedi, de Rian Johnson, distrayant

Le dernier épisode de la série avait laissé Rey face à un Luke vieillissant sur son île. Ce nouvel épisode mène deux histoires en parallèle. Les vaisseaux de la résistance poursuivis par la flotte impériale d’un côté, laquelle se joue de l’hyperespace, et Rey de l’autre qui découvre petit à petit ce qu’est la force.

Pas mal de trouvailles scénaristiques comme la possibilité donnée à Kylo Ren et à Rey de communiquer à distance via la force. Et aussi la bagarre finale qui se joue des attentes du spectateur. Des trouvailles visuelles aussi comme les gardes rouges de Snoke, et la séquence où Rey visite le côté obscur de l’île. Des effets spéciaux impeccables aussi. Et dire adieu à Carrie Fischer.

Quelques messages de notre temps, avec une amirale aux commandes, Chewbacca qui comprend que son machin rôti est un cadavre, et des marchands d’armes qui s’empiffrent dans une ville qui pourrait faire penser à Monaco : casinos, bord de mer, circuit de course en pleine ville, police locale réactive, ….

C’est distrayant, l’attention ne se relâche pas une seconde. Mais pas aussi émouvant que d’autres épisodes. Il manque quelque chose de substantiel dans le rapport aux autres des personnages. Pour ne pas dire que les nouveaux personnages manquent parfois de profondeur et de charisme. Au premier rang desquels Poe Dameron (Oscar Isaac). Quelques facilités scénaristiques aussi comme l’excursion de Finn et de Rose qui démarre en sortant de nulle part. Une déception, le combat avec les gardes rouges, qu’un réalisateur de Hong-Kong n’aurait pas raté. Et toujours les bestioles craquantes pour peluches de Noël.

“Elle est bien la chanson du nouveau Disney ?”, nous demandait un jeune homme brillant et sarcastique. En fait, voir un Star Wars, c’est prendre la mesure de l’enfant de huit ans qui reste en soi. A voir.

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Blade runner 2049, de Denis Villeneuve, kind of boring

L’histoire se passe 20 ou 30 ans après la première histoire nous apprend un texte introductif. Il y a eu une catastrophe éco-nucleo-planétaire. Il y a toujours des répliquants. Des anciens qui se sont rebellés et qui sont traqués. Et des nouveaux, dociles, dont les blade runners chargés de “retirer” les rebelles. Au cours d’une mission d’élimination d’un Nexus 8, un blade runner – notre héros, l’officier K – fait une découverte propre à bouleverser l’équilibre fragile de la société. Le film est lancé.

Qu’est ce que j’ai aimé ?
D’abord la bande son, assez extraordinaire, impressionnante, grinçante parfois, qui affirme le caractère oppressant de l’environnement dévasté.
Et aussi les décors, magnifiques, radicaux, sauf peut-être les locaux de la Wallace Corporation que j’ai trouvé quelque peu bon marché.
Les acteurs, solides, surtout Ryan Gosling et Ana de Armas.
Certaines des trouvailles du film et beaucoup de très jolies scènes : K et sa compagne avatar, les scènes entre ces deux là, les figures géantes publicitaires, la survie d’une célèbre marque française, ….
La question que le film travaille : Qu’est ce qui fait “âme” chez une créature ?

Pourquoi je me suis ennuyé au final ?
Je pense que c’est du à la lente accumulation d’invraisemblances et de facilités dans le récit. A toutes ces choses, petites ou grandes, qu’il faut admettre pour continuer à y croire. Chez moi ça fait hysteresis. C’est à dire que passé un certain point je décroche, et qu’il en faudrait alors des tonnes pour me faire raccrocher.
Et puis je suis sorti du Trianon avec l’impression que le sujet – que j’aurais du mal à définir – n’avait pas été traité, comme si les concepteurs du film avaient voulu en donner à tout le monde.

Dommage, dommage.

Bon, tout est réuni pour une suite. Non ?

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A ne pas regarder si vous êtes seul chez vous ou si avez peur du noir

Voici un premier film saisissant :

Et un autre encore plus saisissant :

 

C’est fou ce qu’on peut faire peur avec un film quand on est doué (et qu’on a aussi un fond de sadisme pour le spectateur)  !

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Les proies, de Sofia Coppola, remake

Guerre de Sécession. Un soldat nordiste, blessé, est recueilli dans une pensionnat de jeunes filles, où demeurent la directrice, une professeur, et cinq élèves.
Doit-on le livrer ? Doit-on le soigner ? Cette présence masculine va semer le trouble, réveiller les désirs, exacerber les frustrations. Bientôt, le soldat qui n’a aucune envie de repartir au front entreprend de profiter de la situation. A ses risques et périls.

Je me suis un peu ennuyé et lassé..

De ces images désaturées, de ces plans fixes. Du manque de tension. Du flou dans la direction.

J’ai eu une vague réminiscence du film de Don Siegel, avec Clint Eastwood. N’était-il pas plus franchement salaud et sexuel que Colin Farrell ? Le film de 1971 n’était-il pas plus violent ? Plus cru ? Plus décidé ?

Bon, on peut voir ou ne pas voir ces proies. Pas matière à s’extasier selon moi. Ni à se scandaliser.

PS : J’ai appris depuis que le film était au cœur d’une polémique aux USA, situation résumée ici.

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