Archives par étiquette : film américain

Les gardiens de la galaxie 2, de James Gunn, transition

Ce volume 2 des Gardiens de la galaxie résout bon nombre de questions laissées en suspens par le premier opus, sans que cette suspension ne m’ait gêné en quoi que ce soit. Tout ça sur fond de chapardages interplanétaires inconséquents, les héros n’ayant pas foncièrement changé. Un certain renouvellement dans les personnages avec des méchants en moins, de nouveaux méchants, des méchants qui deviennent bons, et des bons qui rencontrent l’amour. A l’honneur les personnages de Drax (un vrai duo clownesque avec Mantis), de Groot-le-jeune et de Yondu. Très drôles. Beaucoup d’action et de baston, évidemment. Et toujours cette BO attendrissante.

Bon, je dirais que c’est un film de transition vers le volume 3 dont les auteurs vont devoir faire preuve de beaucoup d’imagination et de talent. Si vous avez aimé le un (et comment aurait-on pu ne pas l’aimer ?), allez voir le deux. N’allez pas voir le deux sans avoir vu le un.

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Les figures de l’ombre, de Theodore Melfi, biopic

Début des années 60. USA. Présidence Kennedy. Katherine, Dorothy et Mary travaillent comme “calculatrices” à la Nasa laquelle est sous pression en raison des succès spatiaux russes. Leurs talents vont être sollicités pour le programme Mercury, chacune dans un domaine particulier. Dans une Amérique ségrégationniste, difficultés et humiliations s’enchaînent. Le pire étant l’indifférence condescendante de leurs collègues blancs. D’après un livre de Margot Lee Shetterly.

Le plus réussi je crois sont les moments de comédie qui réunissent les trois femmes. Le contraste entre un mode de vie assez conventionnel (début des années 60) et une sorte de bouillonnement interne intellectuel et passionnel est assez jouissif. Réussie aussi la peinture de cette ambiance ségrégationniste pesante, absurde, où la bonne conscience tient lieu d’éthique, où chaque fois les lignes sont poussées plus loin pour freiner la promotion des noirs.

Très impressionné par les trois comédiennes : Taraji P. Henson, Octavia Spencer et Janelle Monáe. A noter Kirsten Dunst qui réussit à être antipathique sans biaiser (ce qui la rend d’autant plus aimable) ce que n’accomplit pas Kevin Costner, bien trop mou, bien trop tiède dans ce rôle. Intéressant aussi la description de l’arrivée des ordinateurs – des IBM – à la Nasa. Voilà, c’est quoi la reconnaissance ? Se faire appeler par son prénom ou par son nom, c’est selon. Distrayant, instructif et émouvant. A voir.

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The lost city of Z, de James Gray, jungle

Début du 20ème siècle. Percival Fawcett, officier anglais dont la carrière est quelque peu engluée, est envoyé en Amazonie par la Royal Geographic Society pour tracer la frontière entre le Brésil et la Bolivie, et ce dans le but de prévenir un conflit entre les deux pays. Parvenu au terme de son voyage, il découvre des vestiges archéologiques; signe selon lui qu’il a existé là une civilisation ancienne. A son retour en Angleterre, il montera une nouvelle expédition. Puis plus tard encore une autre. Il a le talent de partir à peine sa femme tombée enceinte ….

Ce qu’il y a de plus curieux dans ce film, c’est la manière dont la violence est contenue, des flèches des indiens aux rigidités sociales anglaises. The lost city of Z, c’est un peu l’anti Aguirre la colère de Dieu. On en ressort dépaysé. Mais pas sûr que le film m’ait imprégné de quoi que ce soit. On peut voir.

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Logan, de James Mangold, roots

Logan traîne la patte. Logan est à la peine. Logan boit. Logan est chauffeur de limousine. Logan est plus renfermé que jamais. Lui, Charles Xavier également diminué, et un troisième compère mutant (Caliban pour les spécialistes), vivent au Mexique dans une usine désaffectée proche de la frontière. Pourquoi ? On va le comprendre. Un jour, une femme demande à Logan de l’aide pour protéger sa fille. Bien sûr, il refuse.

Logan, c’est une bonne surprise, même et surtout pour les amateurs. C’est un film qui repose sur l’univers X-Men, mais qui développe une histoire dans un genre plus proche du western et de l’action que de la SF ou de l’anticipation. Un genre où l’on s’approche au plus près des personnages, qui ont abandonné toute affectation, toute convenance, toute attente, et qui sont vraiment eux-mêmes. Il suffit de les entendre parler pour comprendre ! Un genre aussi où l’on sait terminer une histoire. Pas mal de bagarres, pas mal de morts, c’est très sanglant : qui s’y frotte, s’y pique, et s’y tranche. Très intéressante évolution de Charles et de Logan. Très beau regard de Dafne Keen (la petite fille). Pas une seconde d’ennui pendant deux heures. Et fun de revoir Eriq La Salle.

Une référence traverse le film, celle de Shane, livre puis western connu en France sous le titre  L’homme des vallées perdues. D’ailleurs, c’est plus qu’une référence. C’est un hommage. C’est un geste de respect, d’affection, d’amitié. Envers qui ? Georges Stevens ? Alan Ladd ? Jack Schaefer ? Patrick Stewart ? Hugh Jackman ? Wolverine ? Moi, tuyauté par ma fille aînée, je mise sur ….. Je dis pas. Oui, oui. Non, non.

A voir. Très bon film.

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Split, de M. Night Shyamalan, frissons

Trois jeunes filles sont enlevées et enfermées dans un sous-sol par un homme étrange. Ajoutant à l’angoisse des filles, leur ravisseur a une personnalité changeante, tour à tour monomaniaque, gamin de 9 ans, jeune femme, etc. Casey, une des trois filles, trouve dans ses souvenirs d’enfance des forces pour affronter son ravisseur. De son côté, la psychothérapeute du ravisseur, qui est elle plutôt en relation avec Barry, styliste, reçoit par mail des demandes urgentes de rendez-vous. Chaque fois, face à elle, Barry minimise les choses. Ça l’inquiète de plus en plus…. A juste titre pour le bonheur du spectateur.

Split, ça fait peur, mais pas trop, ça inquiète mais pas trop, ça impressionne, mais pas trop. Pas trop, ça veut dire qu’à aucun moment je ne me suis caché derrière mon écharpe.

Split, ça tourne bien. Pas de faille dans la manière dont l’histoire nous est racontée. Et on s’intéresse à la question que pose le film : dans la schizophrénie les personnalités qui coexistent dans un même corps peuvent-elles changer ce corps, jusqu’à lui donner des caractéristiques propres à la personnalité en question ?

Split, c’est aussi trois comédiens très intéressants : James McAvoy (que les fans d’X-Men connaissent), Anya Taylor-Joy au regard fascinant, et surtout Betty Buckley qui est l’incarnation du courage.

Voilà, Split, à classer entre Incassable, Signes et Le sixième sens, un peu au-dessus de Le village, très au-dessus de Phénomènes. A noter, le clin d’œil final fait à un autre de ses films, à croire que M. Night Shyamalan se prend pour Marvel.

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Moonlight, de Barry Jenkins, éclosion

A Miami, un enfant harcelé par d’autres collégiens rencontre un dealer et sa compagne. Du père on ne sait rien, la mère est accro au crack. Puis l’enfant devient adolescent et découvre sa sexualité. Devenu un jeune adulte, éloigné de Miami, il retrouvera son ami d’enfance.

Moonlight, c’est une histoire sur l’identité. L’identité qu’on reçoit, celle que l’on se découvre, celle que l’on assume. C’est un film sur ce qu’on décide d’être. Un film sur ce qu’on reconnaît chez les autres de soi et qui vous rapproche d’eux. C’est aussi une histoire d’amitiés et d’amour. C’est assez lent. Beaucoup dans les silences, les regards. La possibilité d’une matérialisation de la violence sous-jacente crée une tension qui monte dans le film. C’est beau. C’est très éloigné du cinéma de distraction. C’est à voir.

PS : Au Trianon, une nouveauté : lors de la séance, présentation par un des membres de l’équipe d’un film à venir. Il est filmé dans la salle. Il est enthousiaste avec la pointe de maladresse qui rend convaincant. Cool.

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Silence, de Martin Scorsese, épreuves

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XVIIème siècle. Deux jeunes jésuites portugais décident de se rendre au Japon pour retrouver le père Ferreira, un missionnaire qui les a formés et dont on reçoit des nouvelles inquiétantes et troublantes. Mais, au Japon, les chrétiens sont persécutés et, dans le meilleur des cas, passés au fil de l’épée s’ils refusent d’abjurer leur foi. Un matin,  guidés par Kichijiro un pêcheur pour le moins tourmenté, les pères Rogrigues et Garupe débarquent sur une petite plage. La vraie mise à l’épreuve de leur foi va bientôt commencer.

J’ai beaucoup aimé l’élégance constante du récit, la manière dont les choses vous arrivent, avec une sorte de tact et de justesse, même quand c’est violent.

J’ai trouvé les paysages japonais envoutants.

Je me suis intéressé aux débats entre la subtile, patiente et sadique inquisition japonaise et les prêtres.

J’ai aimé comment la prise au pied de la lettre des évangiles par les paysans japonais semble parfois bousculer les prêtres, et j’aurais aimé que ça aille plus loin.

J’ai scruté les visages des acteurs japonais, que j’ai trouvés plus intéressants que les occidentaux.

Je n’ai pas tellement ressenti le silence et la souffrance du silence dont il est question.

J’ai été un peu gêné par l’utilisation de l’anglais par tous les personnages.

J’ai pensé qu’il faudrait partir à la recherche d’entretiens avec Scorsese pour bien apprécier son propos, et ça c’était pas bon signe.

En sortant, je me suis souvenu de La controverse de Valladolid, et aussi du Nom de la rose. Il me semble que j’avais bien plus été pris.

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La La Land, de Damien Chazelle, et pourtant

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Dans La La Land, tout est bien : le charme fou des deux interprètes principaux, l’image, les décors, les chorégraphies, la musique, la mise en scène …. Et pourtant. Et pourtant je n’ai pas été transporté. Pourquoi ? Je ne sais pas trop.  Peut-être parce que l’histoire met longtemps à démarrer. Peut-être parce qu’on est trop concentré sur les deux héros. Parce que peut-être qu’en fait l’histoire se termine là où elle aurait pu commencer et se développer, sur la question de la fidélité à l’amour de jeunesse. Cette question est assez expédiée, brillamment, mais expédiée quand même.

Bon, on se ressouvient de quoi ? De Splendor on the grass ? De New York, New York ? C’était bien plus bouleversant ou je me fais vieux ?

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Gimme Danger, de Jim Jarmusch, No Fun

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Dans Gimme Danger, James Osterbeg se raconte. Comment il jouait de la batterie dans la caravane familiale, les lettres de 25 mots pas plus, le clown à la télé, son groupe au lycée, comment il devient assez bon batteur pour faire des concerts avec des pros, comment un jour il en a marre de voir le cul des autres, comment il devient chanteur et monte son premier groupe avec les frères Asheton, leurs deux premiers albums, leurs concerts déjantés, la drogue, leur mode de vie, les hauts et les bas, la rencontre avec Bowie et son manager, l’enregistrement à Londres de Raw Power, etc.

Gimme Danger n’est pas un grand documentaire. Le film ne transporte pas par son récit. C’est assez attendu dans sa structure. Ce qui touche, c’est surtout les à côtés, comme par exemple les quelques paroles de James Osterberg sur ses parents et leur caravane. Le message des Stooges comme groupe légendaire, fondateur, inspirateur, ouvrant la voie au punk rock, et aujourd’hui au panthéon du rock and roll me semble plus un élément de langage pour pitch ou critique de cinéma feignant qu’une réalité de l’histoire de la musique. Un peu étrange aussi le manque de questionnement sur les oripeaux nazis en concert des Asheton version des débuts.

Quoiqu’il en soit, les Stooges au panthéon du rock ou pas, on s’en contrefout. L’important c’est leur musique. Surtout pour moi celle de Raw Power, album qu’ils ont enregistré livrés à eux mêmes à Londres ( le film ne parle pas du mixage de l’album). Une musique qui remplit tout l’espace, mais avec plein de détails. Une musique sincère et puissante. C’est la brutalité de ce geste artistique qui touchait dans les années 70, et encore aujourd’hui.

Pourquoi je suis allé voir ce film ? Parce qu’au lycée Voltaire, en 1977 ou en 78 je ne sais plus, j’ai chanté Search and destroy  lors d’un concert dans la salle de cinéma du lycée. On avait répété deux ou trois fois chez Ribac avec des gars que je connaissais à peine. Je ne sais plus comment je m’étais retrouvé dans ce plan. C’était dans l’esprit, je crois. Mais j’avais pas sauté dans la foule. Aujourd’hui, en réécoutant Gimme Danger, je trouve que ça annonçait vraiment la suite d’Iggy Pop.

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Premier contact, de Denis Villeneuve, non linéaire

premier-contact-affiche

Une femme nous parle de sa mémoire, on voit ce qui semble être un souvenir. Elle se rend à son travail. Elle enseigne la linguistique. On apprend alors que des vaisseaux spatiaux viennent d’arriver sur terre. Elle n’est pas n’importe quelle linguiste. Elle est le Dr Louise Banks, la meilleure linguiste du pays. Le gouvernement fait appel à elle pour tenter d’entrer en contact avec les occupants du vaisseau arrivé dans le Montana. C’est le tout début du film.

Premier contact est un film dont la construction narrative coïncide avec le fond de l’histoire. Assez étonnant. Il faudrait sans doute le revoir pour le vérifier et pouvoir réécrire la phrase précédente en étant totalement sûr de soi !

C’est très beau. Ca se démarque de la quasi totalité des représentations du genre et ça n’est pas le moindre de ses attraits. C’est doux même quand c’est inquiétant. C’est très intéressant. C’est quand même un peu plus intellectuel que sensuel ou émouvant. A voir.

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