Archives par étiquette : film anglais

I, Daniel Blake, de Ken Loach, it’s not enough !

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Daniel Blake, charpentier, la soixantaine, a eu une crise cardiaque au boulot. Ses médecins lui demandent de ne pas travailler le temps qu’il se remette complètement, l’affaire d’une poignée de mois. En attendant de reprendre son travail, il demande à bénéficier d’une pension d’invalidité. Laquelle lui est refusée par le Ministère du travail. Il fait appel, mais dans l’intervalle, il doit s’inscrire au chômage et rencontre Katie – Hayley Squires -, jeune mère célibataire fraîchement arrivée en ville avec ses deux enfants, et qui elle aussi va se confronter à la cruauté du “pôle emploi” anglais.

I, Daniel Blake, c’est une histoire d’entraide. Entraide, à ne pas confondre avec charité. C’est une histoire où ce qui est donné ne s’achète pas. Où ce qui est vendu ne devrait pas l’être. C’est la dénonciation simple, sans emphase, factuelle, implacable de l’idéologie libérale où les chômeurs sont a priori considérés comme des parasites qu’il convient de décourager à tout prix de se satisfaire de leur état. Comme si c’était possible de s’en satisfaire. C’est la simplicité du film qui fait sa beauté, sa valeur. Difficile de ne pas être hanté par le personnage campé par Dave Johns.

Enfin, le film de Ken Loach m’a permis de peaufiner ma classification du personnel politique. Je place plus que jamais ceux et celles qui font leur miel de la dénonciation de “l’assistanat”, âmes fangeuses, boueuses, ignobles, tout en bas de l’échelle. Les amis, faites comme moi SVP.

A voir, bien sûr.

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Les Suffragettes, de Sarah Gavron, le combat continue

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Les Suffragettes se passe à Londres au début du 20ème siècle. Une jeune ouvrière blanchisseuse va s’intéresser à la cause des Suffragettes, ces femmes qui luttent pour obtenir le droit de vote, et plus généralement des droits pour les femmes (lesquelles à l’époque n’en ont quasiment aucun, si si).  Ce premier intérêt lui apporte des ennuis, lesquels renforcent son intérêt et font naître en elle un sentiment d’injustice et de révolte, et du coup ses ennuis s’aggravent, etc. Elle finit par rejoindre la cause et entre en clandestinité. Elle perdra ce qu’elle avait au passage. Et elle y gagnera sa dignité.

C’est un film historique et un portrait de femme. Carey Mulligan est très convaincante. Ainsi que son contre-protagoniste Brendan Gleeson (l’ami d’enfance de William Wallace dans Braveheart). Belles reconstitutions. C’est un film en équilibre entre drame, mélodrame, historique et thèse. Et c’est sans doute cet équilibre qui ne m’a pas complètement emporté.

Bon, générique de fin, les Anglaises commencent à avoir le droit de vote en 1918, les Australiennes et Néozélandaises bien avant, les Turques en 1934 et les Françaises, les Françaises, en ? En ? En ? En 1944 les amis.

Bon, n’en déplaise aux grincheux et grincheuses, avant c’était pas forcément mieux et le boulot est pas fini.

 

 

The lobster, de Yórgos Lánthimos, pas de deux

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Dans le monde de The Lobster, la norme sociale est d’être en couple, avec un “partner”. Elle est si impérieuse que la police veille. Les célibataires sont envoyés dans un hôtel accueillant d’autres esseulés pour y trouver un “match”. Ils ont 45 jours. Faute de quoi ils sont transformés en l’animal de leur choix.  La grande difficulté est de trouver quelqu’un qui vous ressemble : c’est ce qui va fonder le couple, que l’on cimentera en lui adjoignant un enfant au besoin. Le héros – Colin Farrel –  arrive à l’hôtel avec son chien en laisse, son frère. Tout ce petit monde a l’air d’avoir beaucoup de mal à éprouver des sentiments. Faut-il tricher pour s’en sortir ?

Une fois par semaine, les pensionnaires vont chasser des solitaires dans les bois. On découvrira qu’il s’agit de célibataires qui refusent la norme sociale, prônant l’individualisme, l’absence de solidarité, le refus de la vie en couple. Ils défendent leur propre règle avec une extrême cruauté. Léa Seydoux absolument glaçante.

Colin – David – va passer d’un monde à l’autre. Finira-t-il par trouver l’amour, le vrai ? Allez voir le film !

C’est un film fantastique, une forte de fable d’anticipation sociétale. De quoi est-ce la métaphore ? Et bien l’intérêt du film c’est que justement cette question n’est que partiellement fléchée. Les portes sont ouvertes. Maintenant si vous cherchez une comédie sentimentale distrayante et souriante, passez votre chemin !

Prix du Jury du 68ème Festival de Cannes

Les jardins du roi, d’Alan Rickman, jolies rencontres.

les jardins du roi

L’histoire commence en 1682. André Le Nôtre cherche un nouveau talent pour concevoir et construire le Jardin des rocailles, salle de bal à ciel ouvert de Versailles, très attendue par le roi. Il choisit Sabine de Barra, paysagiste roturière aussi talentueuse que déterminée. Les jardins du roi est un film sur les rencontres entre ceux et celles qui ne devraient pas se rencontrer, ou du moins pas comme ça : elle, Le Nôtre, le roi, … L’histoire est une fiction, presque tout est faux, mais on a envie d’y croire !  A voir. Très belle Kate Winslet. Et Alan Rickman, vous l’avez déjà vu, mais il le fait oublier.