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Le grand bain, de Gilles Lellouche, lâcher prise

Bertrand, cadre dépressif, très dépressif, dont un des tiroirs de sa cuisine est rempli de médicaments, se trouve un jour fasciné par une équipe masculine de natation synchronisée observée à la piscine municipale. Il rejoint l’équipe, entraînée par Delphine, une ancienne championne. Quand une équipe sportive se constitue, elle doit se donner un objectif. La suite dans vos salles.

Je suis sorti du film avec le sourire, reconnaissant envers les auteurs du film de ce bon moment, de cette histoire, de ce regard sur leurs personnages.

J’ai eu envie de remercier ces comédiens qui nous font don de leurs corps quelque peu flasques, à rebours des canons de la beauté. De tous, c’est sans doute Philippe Katerine le plus brillant, le plus clown de la bande. On a aussi envie de remercier Benoît Poelvoorde, qui maîtrise le volcan en lui et qui n’écrase pas les autres.  Et Jean-Hugues Anglade, en looser harmonieux et assumé. Et aussi Leïla Bekhti, qui invente une entraîneuse paraplégique que même des légionnaires endurcis pourraient redouter. Enfin, je parie que quelques répliques du film vont devenir cultes. Moi je les utilise déjà, mais je ne dirai pas lesquelles ne voulant pas passer pour un psychopathe.

L’histoire est bien racontée ? Oui. L’histoire est parfaitement racontée ? Non. Il y a des ellipses arrangeantes ? Oui. Certains personnages sont un peu sous-exploités ? Oui. Le passage de relais entre les deux entraîneuses n’est pas très clair ? Oui, il ne l’est pas. Mais on s’en fout. Ce film cadeau-gâteau, je le mange comme il est.

Ce qui m’a particulièrement intéressé, c’est comment le film se construit, à travers la peinture à petites touches de ses personnages, qui tous – ou presque – commencent par s’enfoncer plus ou moins doucement dans leurs difficultés. Et ce plutôt qu’une construction classique, où l’on voit le recrutement de l’équipe dont on connaît dès le départ la mission (Les sept mercenaires, Les douze salopards,…), etc.

Ce qui m’a particulièrement touché, c’est aussi le message du film – moi j’en ai trouvé un – . Pour réussir quelque chose de grand, il faut lâcher prise. Il faut prendre le risque du dénuement. Il ne faut pas se conformer à ce qu’on attend de soi. Il faut être capable de s’abandonner.

Vivement le prochain Lellouche dont je connaissais très mal la carrière et l’œuvre avant de lire pas mal d’articles consacrés à ce film.

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Le sens de la fête, de Toledano et Nakache, marrant

Max, la soixantaine, est dans l’évènementiel, les mariages. La journée commence mal avec des clients rapiats qu’il envoie sur les roses. Puis on le suit tout le long du mariage de Pierre et d’Héléna, qui va avoir lieu dans un château 17ème où ses équipes s’installent.

C’est très marrant. Bien observé. Un peu méchant mais pas trop. Les comédiens sont très bons. Jean-Pierre Bacri fascinant. Jean-Paul Rouve costaud. Eye Haidara que je découvre. L’histoire se déroule comme une mécanique bien huilée où tous les éléments prennent leur place au bon moment.

Alors pourquoi ce sentiment que c’est marrant sans plus ? Et moins touchant que Nos jours heureux pour comparer avec un film précédent des deux mêmes ?

Je ne sais pas trop. Trop bien huilé ? Pas assez profond ? Trop rapide ? Trop de péripéties et pas assez d’histoire ? Pas assez d’enjeux pour Max qui dit jouer sa vie, mais ça en fait on ne le voit pas vraiment tant il est désabusé ? Va savoir docteur.

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L’enquête, de Vincent Garenq, bien faite

enquete

Fiction quasi documentaire et adroite sur le travail du journaliste Denis Robert à propos de Clearstream. Où il est question de comptes dissimulés, de comptes jumelés, de transactions effacées,…. Si vous avez envie de vous rafraîchir la mémoire et de rassembler les pièces d’un puzzle passablement embrouillé, allez-y. Pour une fois que le cinéma français traite d’un sujet politico/économique contemporain !