Archives par étiquette : Holt McCallany

Mindhunter, de David Fincher, intéressant

Fin des années 70 aux Etats-Unis. Un jeune agent du FBI, Holden Ford, est amené à s’intéresser à la psychologie de certains criminels. Il fait bientôt équipe avec un agent plus expérimenté, Bill Tench, et l’entraîne dans cette nouvelle direction. A l’insu de leur hiérarchie, ils vont interviewer un homme condamné pour plusieurs crimes à caractère sexuel. « Comment attraper les fous si on ne sait pas comment pensent les fous ? » diront-ils pour leur défense. Ils seront rejoints par le Dr Carr, universitaire criminologue, rigoureuse et pénétrante.

Ce qui est très intéressant dans cette série c’est de voir se construire de manière pratique, et parfois douloureuse, une nouvelle approche en matière de criminologie. A l’époque, le concept de tueurs en série n’existait pas, et ils vont l’inventer.

L’histoire avance sur un rythme assez lent. S’y mêlent leur apprentissage, forcément lent, leurs difficultés, leurs découvertes conceptuelles et pratiques, les quelques enquêtes auxquelles ils participent. Les couleurs sont sombres, un peu grisâtres, un peu beige. Les crimes sexuels, c’est pas la joie nous rappelle ainsi le réalisateur alors que le rôle de là mère dans l’apparition des déviances meurtrières hante les premiers épisodes.

Jonathan Groff un peu doucereux je trouve, Holt McCallany apporte une maturité virile en contrepoint, et Anna Torv ne se laisse pas marcher sur les pieds.

A voir sur Netflix.

PS : Je n’aime pas du tout le générique dont le montage façon « images subliminales » m’agresse.

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Sully, de Clint Eastwood, 208 secondes

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Le fait divers. Le 15 janvier 2009, un Airbus A320 décolle de La Guardia à New-York avec 155 passagers. Peu après, à 3200 pieds, l’avion traverse un vol d’oies sauvages. Perte des deux réacteurs. Le commandant de bord, Chesley Sullenberger dit « Sully », réussit un amerrissage forcé sur les eaux glacées de l’Hudson. Les passagers et l’équipage sont saufs. Sully devient un héros célébré en boucle dans les médias.

Le film. Après l’accident, comme c’est la règle, une enquête est lancée par les autorités américaines. Les premiers éléments sèment le doute sur la pertinence des décisions de Sully. Est-il un héros ? Ou au contraire est-il un commandant de bord qui aurait pu poser son avion sur un aéroport voisin en toute sécurité mais qui a pris la mauvaise décision d’amerrir, faisant courir un grand risque aux passagers – tant la manœuvre est réputée difficile -, et entraînant la perte de l’avion ? Dans ce second cas, sa carrière est finie; c’est retraite sans pension.

Sully, c’est un film sur ce doute, sur la bataille contre ce doute. Pourquoi est-ce si réussi ?

Parce que le film nous tient en haleine. En commençant par nous faire adopter le point de vue de Sully. Puis il l’ébranle. Fissure son récit. Et au passage nos convictions, notre sympathie. On a envie d’avoir le fin mot de l’histoire, alors même qu’on le connaît avant même d’entrer dans la salle de cinéma. Très fort. L’histoire nous est livrée petit à petit. Au fur et à mesure que l’enquête progresse et met la pression sur Sully. Au fur et à mesure que lui reviennent instants de l’accident et souvenirs plus anciens. Tout ça sur une poignée de jours.

Le scénario, sans faille, captivant, est écrit par Todd Komarnicki, à qui devrait revenir une bonne part des lauriers du film. C’est d’ailleurs un point constant de l’œuvre de Clint Eastwood. Il réalise le plus souvent des films dont le scénario est écrit par d’autres. A chacun son métier ! On est bien loin du « cinéaste-auteur » – lequel a prospéré dans le cinéma français – , scénariste et réalisateur, juge et partie, parfois incapable de détecter, ou pire s’accommodant, des faiblesses, lacunes et incohérences de son scénario. Pour le plus grand déplaisir du spectateur. A contrario, j’imagine que si un scénario présente une faiblesse, Clint Eastwood n’a pas d’état d’âme à exiger qu’on y remédie !

Voilà, Sully m’a rappelé Apollo 13, où Tom Hanks doit aussi ramener son équipage à la maison, mais dans des conditions assez différentes ! Il m’a fait penser à L’homme qui tua Liberty Valence, où il est question de légende et de réalité. On imprime quoi ?

A voir les yeux fermés.

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PS : Vu au Gaumont Alésia, flambant neuf, et qui a quelque chose d’un aéroport….

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