Archives par étiquette : Iran

Homeland, créée par Howard Gordon et Alex Gansa, accro

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Netflix. Je regarde avec 5 ans de retard la série Homeland. Après 8 ans de captivité dans les griffes d’Abu Nazir, membre éminent d’Al Qaïda, le sergent des Marines Nicholas Brody est libéré lors d’une opération commando. Carrie Mathison analyste de la CIA pense qu’il pourrait bien être “l’américain retourné” dont l’existence lui a été révélée par une source. Elle en parle à Saul, son patron et mentor à la CIA. Et c’est parti avec ces trois là pour 3 saisons pleines de rebondissements.

J’ai regardé les  36 épisodes en deux semaines. C’était parfait vu l’état de mes neurones. C’est une histoire qui donne envie d’être regardée. Il y a quelques moments où ça patine un peu, mais les scénaristes font l’effort d’aller de l’avant, quitte à sacrifier quelques protagonistes au passage. Je me suis attaché aux personnages principaux : Carrie, Nicholas et Saul. Et aux personnages secondaires, et un peu aussi aux méchants qui sont très méchants, mais à peine plus salauds que certains des gentils.  Le doute constant sur le vrai camp des uns et des autres, c’est un des intérêts de la série. Beaucoup de confrontations. Beaucoup de scènes d’action. Des problèmes monumentaux, comme s’il en pleuvait, mais résolus de manière crédible.  Enfin, ce qui m’a séduit, c’est que Homeland c’est avant tout une histoire d’amour.

Bon, quelques invraisemblances comme par exemple que Al Qaïda et l’Iran puissent marcher la main dans la main. Enfin une question reste en suspens. Qui a déplacé la voiture de Brody ? Et comment ?

Vous qui avez peut-être vu les saisons 4, 5 et 6, c’est expliqué ? J’en doute. Tant pis. Passons à autre chose pour le moment.

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Nous trois ou rien, de Kheiron, histoire d’histoires

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Les parents de Kheiron (l’auteur du film) lui ont raconté leur histoire. Son père – Tabib – militant révolutionnaire iranien luttant contre le Shah est emprisonné plus de 7 ans. C’est un homme de parole(s), de conviction et de courage. Il sera brutalisé pendant des mois pour avoir refusé de manger un gâteau le jour de l’anniversaire du Shah. Il est libéré. Il rencontre celle qui va devenir sa femme, Fereshteh. Au Shah succède Khomeini et une dictature qui fait reculer les limites de la férocité sanguinaire. Tabib est recherché, menacé de mort. Tabib, Fereshteh et leur fils Nouchi (Kheiron c’est son nom d’artiste) finissent par quitter l’Iran pour la Turquie, puis pour la France. Là, à Pierrefitte sur Seine et à Stains, ils refont leur vie. Tabib et Fereshteh deviennent travailleurs sociaux. Autres lieux, autres problèmes, autres conflits.

Nous trois ou rien n’est pas une reconstitution de la vie des parents de l’auteur, mais un film sur le récit de cette vie où cohabitent faits historiques, imaginaire, burlesque, comédie, drame. Ce récit, c’est celui qu’on a fait à Kheiron, et qu’il a sans doute complété, interprété, imaginé, … Ca introduit continuellement une sorte de décalage.  C’est drôle. C’est émouvant. C’est très réussi. Kheiron m’a pris par la main et ne m’a pas lâché une seconde, de Téhéran à Pierrefitte sur Seine.

J’ai beaucoup aimé tous les acteurs. Kheiron d’abord qui joue le rôle de son père Tabib. Gérard Darmon père et beau-père, comédien à fleur de peau, Leïla Bekhti lumineuse et décidée,  Zabou Breitman, tendre et franche, Camélia Jordana, Khereddine Ennasr, Michel Vuillermoz, Alexandre Astier, ….

Vers la fin du film, Tabib donne sa définition de l’intégration. Si j’ai bonne mémoire : “Vous avez votre histoire, nous avons la nôtre, écrivons ensemble une nouvelle histoire”. C’est ce que fait le film de Kheiron. A voir.

 

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Taxi Téhéran, de Jafar Pahani, original et surprenant, à voir !

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Jafar Pahani, cinéaste iranien proscrit dans son propre pays, prend le volant d’un taxi. S’y succède une série de personnages. L’habilité des enchaînements et la force des situations laissent penser qu’il s’agit pour la plupart de comédiens, ou de volontaires, mais peut-être pas tous. Le sujet du film ? Que peut-on dire au cinéma en Iran aujourd’hui ? La réponse c’est : quasiment rien. Il y a des règles, et les suivre, c’est s’empêcher de parler du réel. “Ils le créent et après ils ne veulent pas qu’on en parle” dit la petite fille.

En sortant, on se dit qu’on a de la chance de vivre dans un pays démocratique. Dans un pays où tant de gens choisissent de ne pas voter.

On se dit aussi qu’il n’y a pas besoin de centaines de millions de dollars ou d’euros pour faire un film original et surprenant.

Même si le film m’a semblé un peu long vers la fin, je pense qu’il va revenir me rendre visite ces jours-ci. A voir.