Archives par étiquette : James Franco

La ballade de Buster Scruggs, des frères Coen, sur Netflix, plombé

Un cowboy chantant, un hors la loi, un entrepreneur de spectacle et son artiste phare, un chercheur d’or, une caravane de pionniers, une diligence crépusculaire. 6 courtes histoires de l’Ouest américain, à une époque où les indiens attaquaient encore, qui forment un tout.

C’est assez sombre, assez cruel, toutes ces histoires qui se retournent toujours contre quelqu’un, de manière surprenante ou téléphonée. Un peu comme dans Fargo. C’est tellement sinistre et répétitif que ça en devient un peu lassant. Pour moi, même pas le plaisir d’une joie mauvaise à voir un personnage se traîner à terre et recevoir de surcroît quelques coups de pied dans les côtes. Bon, j’ai bien aimé l’histoire avec James Franco, au sadisme un peu burlesque. Et celle du chercheur d’or, surtout par l’imagerie d’un espèce d’Eden momentanément perturbé, qui m’a vaguement rappelé le plateau du Cuscionu.

Les frères Coen au sommet de leur art claironne dans le métro l’affiche du film en citant les Zinroks. Au sommet de l’ennui, j’ai envie de dire. 6 histoires plombées quelque peu plombantes, au budget qui semble aller diminuant.

La diffusion sur Netflix a fait l’objet d’un débat, le film n’étant pas diffusé en salle du moins en France. Me serais-je moins ennuyé dans une salle de cinéma ? Pas sûr. C’est pas le meilleur des Coen. C’est pas le meilleur de Netflix. Loin s’en faut.

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The disaster artist, de James Franco, rigolo

1998. A San Francisco, dans un cours d’art dramatique, un apprenti comédien coincé – Greg – rencontre un autre apprenti, un peu plus âgé, et plutôt extraverti – Tommy – . Ils se soutiennent l’un et l’autre dans leurs rêves d’une carrière de comédien et un jour ils partent pour Los Angeles dans la Mercedes blanche de Tommy, Tommy pour qui l’argent n’est pas un problème.

Les mois passent. Les déconvenues s’amoncèlent. Pour s’affranchir du désir des autres, Tommy décide d’écrire, de réaliser, et de produire son propre film, dans lequel lui et Greg joueront. Il s’agit de The room. Le film a vraiment existé, on le comprend grâce à la séquence introductive, les personnages aussi.

D’abord, c’est super bien joué, notamment par un James Franco méconnaissable avec son accent indéfinissable, ta tête de vampire violeur, sa manière de friser constamment avec la grande folle sans jamais franchir le pas. Mais, petit à petit, on prend conscience de rire aux dépends de vraies personnes, et ça devient moins facile. Trop plein d’empathie peut-être.

Bref, j’ai admiré la performance des comédiens, et celle du metteur en scène. Je n’ai pas été fasciné par l’histoire de cette amitié, et je ne suis pas sûr d’avoir un jour envie d’aller voir The room pour rire aux dépends de Tommy Wiseau. Et puis voilà.

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Every thing will be fine, de Wim Wenders, qui paie ses dettes s’enrichit

everythingwillbefine

Tout à ses préoccupations, un jeune écrivain en mal d’écriture et d’harmonie conjugale roule sur une route de campagne au Canada. Il neige. Surgi de nulle part, un garçon en luge traverse devant la voiture. Accident. Bouleversements. “Si je peux faire quelque chose” dira plus tard l’écrivain à la mère laquelle est restée seule avec son deuxième enfant. Dans cette phrase est le sujet du film. L’écrivain va – comme de toutes choses – se nourrir de ce drame et il se trouve que sa plume va bientôt lui apporter succès, notoriété, bien-être matériel, et une nouvelle compagne. La mère elle, désarmante de pardon, de maîtrise et d’espoir, poursuit sa vie hantée par la tristesse et l’inquiétude. Comment l’homme/l’écrivain peut-il s’acquitter de sa dette ? Le voudra-t-il ?

Every thing will be fine est un film réalisé. Une lenteur maîtrisée. Des paysages beaux et simples, contrepoints aux déchirements de l’âme. Des comédiennes – Charlotte Gainsbourg, Marie-Josée Croze et Rachel McAdams – à qui un regard ou une respiration suffisent pour en dire beaucoup. Un James Franco au visage quasi-impassible, dont les mouvements de son corps massif et les yeux disent la fragilité. Une très belle musique qu’on a envie d’entendre jusqu’à la dernière note, jusqu’au bout du générique.

Ces dernières années, je m’étais désintéressé de l’oeuvre de Wim Wenders. Je vais reprendre au début avec Alice dans les villes.

Voici un lien vers le site de Wim Wenders qui présente son travail.

Voici la bande-annonce du film :