Archives par étiquette : Jean Dujardin

I feel good, de Benoît Delépine et Gustave Kervern, lassant

Après trois ans sans donner de nouvelles, Jacques débarque en peignoir dans la communauté d’Emmaüs dont sa sœur Monique est un des piliers. Le truc de Jacques c’est de monter un business, encore faut-il avoir une bonne idée. Et là, il croit l’avoir : rendre les pauvres beaux grâce à de la chirurgie esthétique super low-cost. Encore faut-il trouver des clients. Il tente de les recruter parmi les compagnons.

I feel good, c’est une histoire qui se déploie, et de temps en temps comme une série de sketchs façon Groland qui s’entremêlent. C’est le télescopage entre l’idéologie libérale incarnée et ridiculisée par Jacques à l’insu de son plein gré, et une communauté faite de partage, de bienveillance et de solidarités.  C’est la rencontre entre un Jean Dujardin vedette oscarisée au teint hâlé et une Yolande Moreau sans fards. C’est une image peu sophistiquée, assez brute, proche d’un reportage télé, un peu vilaine quand même. Il y avait peut-être autre chose à trouver pour raconter cette histoire.

En dépit de l’abattage de Dujardin qui ne se ménage pas (et qui est vraiment très bronzé on dirait Séguéla), de quelques trouvailles (la piscine du copain d’enfance, le bronzage de sa femme, le pédiatre, la fin, … ), et de toutes les bonnes volontés réunies, l’histoire finit par doucement patauger. On ne saura pas grand chose de toutes ces silhouettes Emmausiennes. On ne comprendra pas vraiment les motivations de Monique. Une certaine lassitude s’installe, en dépit d’une excursion en Bulgarie et en Roumanie qui relance un peu la machine sur le tard.

Bon, on peut aller voir par curiosité. Si on est un grand fan de Groland, on ne s’ennuiera sans doute pas. C’est pas mon cas.

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Le retour du héros, de Laurent Tirard, marrant et vite oublié

1812. Pour guérir sa jeune sœur qui dépérit d’être sans nouvelles du capitaine Neuville, lequel est parti à la guerre le jour même où il a demandé sa main mais ne lui a jamais écrit comme promis, Elisabeth Beaugrand se lance dans une fausse correspondance décrivant les aventures extraordinaires du capitaine. Elle finit par le faire passer de vie à trépas dans une dernière lettre. Deux ans plus tard, alors que sa sœur s’est finalement consolée et mariée, Elisabeth tombe sur un Neuville clochardisé, de retour au pays. Gros problème.

C’est très marrant. On se demande comment les acteurs ont réussi à garder leur sérieux au tournage. Mais, le lendemain, j’avais presque complètement oublié le film. Pourquoi ? Quelques hypothèses :

+ il y a beaucoup de facilités dans le récit comme, par exemple, la rencontre des deux protagonistes. Pourquoi Elisabeth (Mélanie Laurent) déballe-t-elle tout si ce n’est pour arranger les billes des deux scénaristes ? Moi, spectateur lambda, ça m’a échappé. Et, ce genre de gêne,  n’y a-t-il personne pour la ressentir, pour leur en parler avant même la production ? Question de finalités peut-être. Donc, on a un film avec une bonne histoire, mais pas une super histoire qui impressionne, qui imprime.

+ les imperfections du récit sont massivement gommées par le jeu des acteurs, mais ils sont tellement bons que paradoxalement, ils révèlent les pistes inabouties de l’histoire comme, autre exemple, l’érotomanie de la petite sœur. Au delà des rôles principaux, il faut regarder l’extraordinaire travail d’Evelyne Buyle et aussi celui de Fabienne Galula qui dit des choses avec des petits mouvements de ses doigts.

+ je suis bien en peine de dire ce qu’il aurait fallu faire, mais il m’a semblé que la mise en scène, la façon de filmer, tout cela était un peu plat, ne faisait pas tant d’effet que cela.

+ dans Neuville (Jean Dujardin), je me demandais parfois si je ne voyais ou n’entendais pas Hubert (les afficionados ont compris), et à quelques instants, FX ! (il se reconnaîtra 😉 ) Ca trouble un peu ce sentiment au beau milieu d’une scène se déroulant du début du 19ème siècle.

Pour résumer, Le retour du héros, c’est marrant, ça aurait pu être un chef d’œuvre, un nouveau film culte, et puis en fait non. Dommage.

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