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Les frères Sisters, de Jacques Audiard, North by Northwest

L’histoire commence dans l’Oregon du milieu du 19ème siècle : la conquête de l’ouest est finie, on est maintenant en pleine ruée vers l’or. Deux frères, Eli et Charlie Sisters, deux hommes de main, deux tueurs à gage, adroits, impitoyables, implacables, sont chargés par leur patron, le Commodore, de mettre la main sur Warm, un prospecteur aux trousses duquel a déjà été envoyé pour le ralentir Morris, un détective qui tient un journal, et qui laisse des messages à l’intention des deux frères sur sa route. Morris rattrape Warm. Les frères sont à deux jours de cheval. La suite dans la salle de cinéma la plus proche.

Ce que j’ai aimé :

+ Le personnage d’Eli, en tueur attendri  et attendrissant,  (par John C. Reilly candidat crédible à un Oscar selon moi)

+ Le personnage de Charlie, en petit frère teigneux qui en rajoute dans la dureté, sans que Joaquin Phoenix, le plus connu des 4 acteurs principaux, ne tire toute la couverture à lui

+ Le personnage de Warm, immédiatement sympathique et ouvert, incarné par Riz Ahmed, une énorme présence que je découvre (mais je ne sors pas assez certainement 😉 )

+ Le personnage de Morris, qui va devoir faire un choix ( Jake Gyllenhaal)

+ L’histoire, sans temps mort, sans invraisemblance, pleine de trouvailles

+ Les paysages de ce nord-ouest américain (reconstitué au Canada, en Roumanie ?)

+ La musique (Alexandre Desplat), aux sonorités peu usuelles, uniques, qui façonnent le caractère singulier du film

+ La réalisation qui se fait complètement oublier, signe d’élégance, de justesse et de maîtrise

+ La relation entre les deux frères, à la fois conflictuelle, violente, confiante et tendre

+ L’humour noir qui pointe le bout de son nez de temps en temps, comme un clin d’œil à Eastwood

Ce que j’ai pas aimé :

+ Rien

Dans le Jacques Audiard, tout est bon.

L’homme irrationnel, de Woody Allen, laborieux

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L’homme irrationnel fait un récit rétrospectif à deux voix, celles de Jill et d’Abe. Abe, professeur de philosophie, arrive dans une université américaine du Connecticut. Brillant et coureur de jupons, sa réputation le précède. Il est en fait semi-alcoolique, dépressif et légèrement bedonnant, en panne d’inspiration, de libido, de désir de vivre. Son état émeut une étudiante – Jill -, et une de ses collègues – Rita -. Elles s’amourachent de lui. Un jour, Abe est amené à former un projet criminel qui lui paraît moralement juste. Ce projet lui redonne goût à la vie. Et si vous voulez connaître la suite, il faut lire des critiques ou aller voir le film.

Pourquoi me suis-je autant ennuyé ?

+ c’est un film de parlotte à 99%. Tout avance par la parole. C’est purement intellectuel. Un genre de roman photos filmé. Au moins dans les Tarantino, entre deux parlottes, on a du sadisme et/ou de l’action. Ca réveille.

+ la mise en scène (on a le droit de dire un mot de travers sur la mise en scène d’un maître du cinéma quand on est un moustique ?) des parlottes finit par sembler fastidieuse (quand on s’ennuie, on regarde les coutures), avec les comédiens qui viennent obligeamment se placer là où il faut pour que le mouvement de caméra soit chouette et le cadre bien composé. Y’a pas à dire d’ailleurs, les comédiens sont tous très bons. Une scène est à la limite du ridicule : Jill et son petit copain discutent dans la bibliothèque, et tour à tour prennent et remettent des livres dans les rayonnages, en les regardant à peine, tout ça pour rendre leur conversation un peu moins statique. Enfin, le moustique imagine que c’est pour ça.

+ l’histoire reste très sage, sans folie, sans dérapage. Un peu tiède à mon goût.

Bon, dans l’assemblée que nous étions, mon sentiment était assez (tout à fait) minoritaire. Je suis un genre de lanceur d’alerte !

 

 

Inherent vice, de Paul Thomas Anderson, déception

vice

La bande-annonce, avec sa promesse d’un film déjanté et palpitant, Joaquin Phoenix que j’avais aimé dans The Yards, Gladiator, Signs et Her, et le souvenir de “films de détective” comme Le grand sommeil, Le privé ou même Chinatown, m’avaient donné envie de voir Inherent vice, et je me promettais une séance du tonnerre. Hélas ! De rythme point. Mais des péripéties. Des scènes de parlotte pour tenter de relancer l’histoire. Une voix-off fastidieuse. Une scène d’action pour le moins bâclée. De surprenant, le film est, en dépit des acteurs qui font le boulot, devenu amusant, puis pittoresque, puis lassant, puis ennuyeux. Enfin, après 2h30, et 2149 joints, le générique de fin n’est pas une délivrance mais un peu quand même. Bon, je l’ai vu, je peux en parler.

Her, de Spike Jonze, bien plus chouette que HAL 9000 !

her

Peut-on tomber amoureux d’un système d’exploitation doté d’une intelligence artificielle ? Et lui, elle, peut-elle tomber amoureux de vous ? Et, si oui, peut-on faire l’amour avec un Operating System ? Réponses dans le film de Spike Jonze. Avec un beau Joaquin Phoenix à moustache. Vraiment intéressant.