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Avant que de tout perdre, de Xavier Legrand, souffle coupé

Caché sous un pont, un garçonnet sèche l’école. Sa mère passe le prendre en voiture. Ils vont chercher la grande sœur. Les trois se rendent au supermarché où la mère travaille. Ils fuient. Mais quoi ?

Le film m’a coupé le souffle. Je venais d’avoir une conversation avec Julie sur Jusqu’à la garde, du même Xavier Legrand. J’ai eu envie de voir ce film fait avant l’autre. Plus court, il préfigure le long-métrage, comme une répétition générale, mais une répétition totalement aboutie, et qui a sa propre vie, sa singularité, sa propre histoire.

La tension monte petit à petit. D’un côté l’urgence de la mère et de ses enfants, de l’autre les collègues, qui comprennent ou pas, qui prennent la pleine mesure de la situation ou pas, qui se fendent d’un conseil lénifiant ou pas, qui aident ou pas, qui rejettent cette irruption dans leur confort ou pas. Déjà, une poignée de plans fixes remarquables, comme cette attente devant la porte fermée et là, Xavier Legrand ne se dégonfle pas, il ne bouge pas d’un poil, et nous on est avec eux !

Vers la fin, arrivée du geôlier, du monstre, de la menace, du tyrannosaure. Il s’appelle Antoine (tous les Antoine ne sont pas des mecs biens 😉 ! ).

Avant que de tout perdre, c’est plus qu’une fuite, c’est une évasion. C’est très fort. Vu sur iTunes pour 2 euros 49. A voir séance tenante.

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Jusqu’à la garde, de Xavier Legrand, frissons

Dans le bureau d’une juge aux affaires matrimoniales ( c’est comme ça qu’on dit ? ), un couple vient régler la question de la garde des enfants. On écoute la juge lire le témoignage du fils de 11 ans. On écoute l’avocate de la femme. On pense que c’est cuit pour le mari. Son avocate prend la parole. Peut-être pas si cuit.

C’est un film sur la menace. Qui ne cesse de grandir. C’est aussi un film sur le jugement que l’on peut porter sur les choses, sur la difficulté qu’il y a à juger les choses. C’est un film sur le courage. Et aussi une description de ce qu’est un pervers narcissique, et de comment il se conduit quand il est blessé de voir sa proie lui échapper.

Ce film est très beau, très intéressant, très construit, très maîtrisé. De longues scènes. Des scènes géniales comme l’audience du début,  la visite de l’appartement, le concert vu par la fille, le test de grossesse, … Des plans fixes envoutants. Oui, on peut faire des plans fixes qui racontent mille choses. Le bruit comme moteur de la situation, comme signe du dérèglement et de l’oppression : l’alarme de ceinture de sécurité, le bruit de l’ascenseur, …. C’est aussi un premier long métrage, mais pas un premier film puisqu’avec un court-métrage sur le même thème, et la même distribution, Avant que de tout perdre, Xavier Nicolas avait récolté de nombreux prix.

J’ai aimé toute la distribution : Léa Drucker, Denis Ménochet (massif, terrifiant, fragile) et Thomas Giora, le fils de onze ans qui affronte son père pour protéger sa mère, et les autres.

C’est assez universel comme histoire me semble-t-il. On attend maintenant avec envie le prochain film de Xavier Legrand qui lui sait raconter une histoire, et où placer sa caméra pour la raconter. Mais, comme par hasard, c’est aussi un acteur. A voir.

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