Archives par étiquette : Léa Seydoux

Juste la fin du monde, de Xavier Dolan, puissant et bouleversant

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Après 12 ans d’absence, Louis, devenu écrivain, revient dans sa famille pour leur dire adieu. Il est malade, s’attend à mourir bientôt, mais eux ils ne le savent pas. Sa famille : sa mère, sa soeur (si jeune quand il est parti qu’elle ne se souvient qu’à peine de lui), son frère aîné et sa femme (qu’il ne connaît pas non plus). Son retour réveille les sentiments, l’amour, les douleurs, les ressentiments. Peut-il leur dire ce pourquoi il est venu ? Peuvent-ils traverser tout ça, mourir ou renaître ?

En sortant du cinéma, je me suis dit que j’avais vu l’oeuvre d’un génie créatif. Avec un parti pris de réalisation au moins aussi fort que celui de Mommy.

En se mettant au plus près de ses personnages, Dolan nous entraîne dans leur regard, dans leur respiration, dans leur rythme, dans leur sincérité absolue. Un seul regard fait basculer le film.

A ce jeu, j’ai trouvé Marion Cotillard sublime ( si je dis que ça m’a surpris, je passe pour un abruti ? ), Nathalie Baye d’une force incroyable, meilleure de film en film, Léa Seydoux bouleversante, Vincent Cassel plus juste tu meurs, Gaspard Ulliel  tout en vibrations ( Meryl Streep sors de ce corps !).

Go for it !

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007 Spectre, de Sam Mendes, au shaker on vous dit !

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Après un début à se cramponner à son fauteuil, et une heure et demi d’aventures et de spectacle, 007 Spectre s’essouffle soudain. Et je me suis mis à refaire mes lacets. Etait-ce la mayonnaise amoureuse entre Craig et Seydoux qui ne prenait pas, ou le scénario qui mélangeait à la cuillère des péripéties au goût de déjà vu ? Ou encore ces méchants jusque là impitoyables et expéditifs qui soudainement se mettent offrir du champagne et à deviser aimablement pour permettre à l’histoire de continuer ?

Je ne sais pas. Il ne suffit pas de piocher dans les thèmes de Sky Fall pour faire du Sky Fall. Et j’ai connu Christopher Waltz plus inspiré et inspirant.

 

The lobster, de Yórgos Lánthimos, pas de deux

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Dans le monde de The Lobster, la norme sociale est d’être en couple, avec un “partner”. Elle est si impérieuse que la police veille. Les célibataires sont envoyés dans un hôtel accueillant d’autres esseulés pour y trouver un “match”. Ils ont 45 jours. Faute de quoi ils sont transformés en l’animal de leur choix.  La grande difficulté est de trouver quelqu’un qui vous ressemble : c’est ce qui va fonder le couple, que l’on cimentera en lui adjoignant un enfant au besoin. Le héros – Colin Farrel –  arrive à l’hôtel avec son chien en laisse, son frère. Tout ce petit monde a l’air d’avoir beaucoup de mal à éprouver des sentiments. Faut-il tricher pour s’en sortir ?

Une fois par semaine, les pensionnaires vont chasser des solitaires dans les bois. On découvrira qu’il s’agit de célibataires qui refusent la norme sociale, prônant l’individualisme, l’absence de solidarité, le refus de la vie en couple. Ils défendent leur propre règle avec une extrême cruauté. Léa Seydoux absolument glaçante.

Colin – David – va passer d’un monde à l’autre. Finira-t-il par trouver l’amour, le vrai ? Allez voir le film !

C’est un film fantastique, une forte de fable d’anticipation sociétale. De quoi est-ce la métaphore ? Et bien l’intérêt du film c’est que justement cette question n’est que partiellement fléchée. Les portes sont ouvertes. Maintenant si vous cherchez une comédie sentimentale distrayante et souriante, passez votre chemin !

Prix du Jury du 68ème Festival de Cannes

Journal d’une femme de chambre, de Benoît Jacquot

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Nouvelle adaptation du célèbre roman d’Octave Mirbeau publié en 1900, et plusieurs fois porté à l’écran et à la scène. En dépit de la force potentielle du sujet (la violence des rapports de classe fin 19ème, début 20ème; la domesticité comme une forme d’esclavage, la cruauté faite aux femmes, la passion et le désir, …), et du talent des deux interprètes principaux (Léa Seydoux et Vincent Lindon), je me suis laissé gagner par l’ennui. Pourquoi cet ennui ? Parce que chaque fois que j’ai voulu me laisser emporter par le film, quelque chose dans le film est venu s’opposer à cet abandon et me maintenait à distance : la manière de montrer les choses, des moments de jeu approximatif, une déconnexion avec Célestine, ….