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Downsizing, d’Alexander Payne, fun et mélancolie

Alors que la crise écologique mondiale s’accentue, mais on n’en voit pas les effets dans le film, des savants norvégiens mettent au point une technique permettant de rétrécir les organismes vivants. On y voit bientôt une solution à la surpopulation : l’empreinte écologique d’un humain rétréci est divisée par 100 ou plus. A l’inverse, son pouvoir d’achat est multiplié par 1000 ! C’est à vrai dire ce qui attire Paul et Audrey Safranek, américains moyens coincés dans une vie un peu étriquée, avec leurs soucis financiers et la frustration latente de voir leurs projets repoussés. Mais, dans le bus qui les emmène vers leur nouvelle vie de petits humains, Audrey a l’impression d’avoir oublié quelque chose….

C’est un film un peu inclassable, qui démarre comme une comédie d’anticipation, et qui prend un tour plus social, grave, voire apocalyptique, teinté de mélancolie.

Quel regard porte-t-on sur sa vie ? C’est la question amenée par ce film. A quel moment les humains réagiront-ils pour sauver la planète ? Jamais sous-entend le film, parce qu’il n’y a que quand la mort est proche que l’on voit les choses avec suffisamment d’acuité. Autrement dit, ce n’est que quand les gens n’ont plus le choix qu’ils renoncent à leur connerie. Donc trop tard. Enfin, la plupart du temps ( rien ne m’afflige plus que de voir des gens immobiles dans leur douleur, dont souvent ils jouissent par ailleurs, mais ça ils refusent de l’admettre ).

Matt Damon touchant dans son personnage de semi-looser indécis. Kristen Wiig parfaite. Christoph Walz gentiment sardonique. Hong Chau prend la lumière. Film à voir. C’est fun et mélancolique.

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Elysium, par le réalisateur de …

Elysium

Hélas, hélas. Quand sur l’affiche du film, les producteurs indiquent “par le réalisateur de … “, ils sous-entendent “par ce réalisateur qui a auparavant réalisé le très bon film que nous citons sur l’affiche de ce nouveau film, et bien figurez-vous que nous lui avons donné les moyens de s’exprimer avec deux vedettes américaines, dont l’une s’exprime même en français par instants, des effets spéciaux qui nous ont coûté un bras, etc.” Hélas, hélas, hélas, avec “par le réalisateur de … ” il y a souvent un loup. C’est le cas ici avec Elysium, réalisé par Neill Blomkamp, qui est l’auteur du très bon District 9.

Bon, amusons-nous à repérer les points communs entre les deux films :

+ le mercenaire super méchant d’Elysium c’est le héros de District 9 figurez-vous. Mais comme il porte dans Elysium une barbe aussi noire qu’épaisse, je ne l’ai reconnu qu’après coup. Enfin, oui, un grand merci aux producteurs.

+ dans District 9, il y avait une arme alien qui faisait littéralement exploser les corps. Dans Elysium, il y en a plusieurs du même genre. Ouiiiii ! Un grand merci aux producteurs.

+ dans les deux films, on a une population dominée brutalement par une autre, terriens/aliens égarés dans District 9, elyséens en orbite/terriens sur une terre de désolation dans le film du même réalisateur. Re ouiiiii ! Un grand merci aux producteurs.

+ dans les deux films, on a de jolis plans aériens de bidonvilles et de supers engins volants.  Re-re ouiiiii ! Un grand grand merci aux producteurs.

+ dans District 9, le héros se transforme physiquement, pareil dans Elysium.

A part cela, on a beau aimer Jodie Foster et Matt Damon, lesquels font le boulot sans conviction excessive, on a l’impression de se faire un peu balader par l’histoire qui ne nous touche pas. Ce serait quoi la morale cinématographique : des moyens mesurés rendent plus sincère, plus créatif, plus émouvant ? Va savoir. Quoi qu’il en soit ne le dites pas à mes clients.

Vivement le prochain film du réalisateur de District 9.

Interstellar, de Christopher Nolan, on ne sent pas le temps passer.

interstellar

Très beau, intéressant et émouvant. Plus un film sur la relation père-fille que de la science fiction. J’ai lu après coup des critiques, et j’ai bien fait de les lire après-coup, elles m’auraient peut-être découragé. On ne sent pas le temps passer !