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Narcos Mexico S1, par Chris Brancato et Doug Miro, sur Netflix, épopée

Années 80, Mexique. Rafael un est un agriculteur un peu particulier, c’est un spécialiste de la marijuana. Supprimant les plants mâles du champ, il crée une variété sans graines, plus facile à fumer, plus concentrée, meilleure quoi, c’est la Sensamilla dont les consommateurs américains vont raffoler. Son associé et ami Félix, qui remise son uniforme de policier, unifie les narcotrafiquants mexicains jusqu’à créer le cartel de Guadalajara. Félix voit toujours plus grand, car “si on ne contrôle pas le monde, c’est lui qui vous contrôle”. Il propose aux cartels colombiens de faire passer leur cocaïne. Parallèlement débarque à l’antenne locale de la DEA Enrique Camarena, agent tenace et décidé à en découdre. Félix et Kiki vont devoir faire face à la corruption de l’Etat mexicain, chacun de son côté, chacun à sa manière.

Jusqu’à la moitié des 10 épisodes, j’ai trouvé que les deux héros manquaient un peu de charisme, et n’avaient pas l’épaisseur de leurs personnages. Puis, petit à petit, je me suis laissé prendre par l’histoire. Petit à petit, j’ai trouvé la réalisation de plus en plus sophistiquée, précise, surprenante. Et, en même temps – une expression qui risque de perdre de son momentum -, les personnages secondaires prenaient corps, comme Rafa et Don Neto, particuilèrement allumés. J’ai particulièrement aimé revoir Pablo Escobar et les autres personnages de la saison originelle, même brièvement.

A celles et ceux qui ne comprennent pas ce qu’est un état corrompu,  je les invite à regarder la série. A celles et ceux qui fument et s’en mettent dans le nez, je les invite à réfléchir à la “chaîne de valeur” qui précède leurs émois psychotropes, une chaîne qui commence dans le sang, la violence, l’esclavage, la corruption, la pauvreté persistante, la mort. Enfin, je me suis demandé si un jour Netflix produira un “Narcos Marocco”, avec go fast, tarifs de groupe, logistique de quartiers, Etat français pris dans ses intérêts contradictoires, et élites françaises stipendiées. Ca serait marrant, non ?

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Extinction, de Ben Young, prisonnier

Un père de famille fait des cauchemars ce qui trouble le sommeil de sa femme. “Ca commence à bien faire” lui dit-elle, “tu devrais consulter”. “Oui, tu devrais”, renchérit son chef à l’usine. Mais lui, il est têtu, il ne veut pas consulter. La tension monte. Tout à coup, patatras, ses cauchemars deviennent réalité. Des aliens attaquent. Mais qui sont-ils ? En fait ?

Deux remarques :

Une. Il y a une idée intéressante dans l’histoire : les robots humanoïdes ayant évolué grâce à l’IA ont pris la place des hommes, mais ils n’en savent rien (comme le héros jusqu’aux deux tiers du film).  Malheureusement, ce qui est construit à partir de cette idée n’est pas très intéressant. Pas beaucoup de profondeur. Juste une histoire en passant.

Deux. Netflix me propose systématiquement des films aussi apocalyptiques qu’anxiogènes. Oblivion, why not, Extinction, non merci. Les comédies, j’aime aussi. La légèreté, j’ai rien contre. Mais il faut admettre que je suis prisonnier de l’algorithme de Netflix. Comment se faire la belle ? Dites-moi si vous savez.

Seul sur Mars, de Ridley Scott, sur ma faim

Seul sur mars

L’affiche dit tout de l’histoire. Tous les ingrédients de ce film m’attiraient. Mais je suis resté sur ma faim. Quelques impressions :

• Le personnage de Watney (Matt Damon pour une fois pas complètement convaincant) est monolithique. Il tombe de cheval, il se relève, se remet en selle. Il tombe de cheval, il se relève, se remet en selle. Il tombe de cheval, il se relève, se remet en selle…. Faut revoir Rio Bravo.

• Les scènes sur terre sont les plus intéressantes, sans doute parce qu’il y a de l’enjeu, des enjeux, des conflits, ….

• L’histoire est un poil téléphonée. On pressent rapidement ce qui va se passer. Et ça se passe.

• Les souvenirs de Gravity, d’Apollo 13, de Seul au monde, de Space Cowboys ou même de Robinson Crusoé font concurrence au film, et le dépassent.

• Enfin, mauvaise nouvelle, à l’époque où se déroule l’histoire (2050 ?), il n’y a semble-t-il plus d’industrie spatiale européenne que l’on pourrait mentionner, et les chinois sont les quasi égaux des américains en la matière (quasi faut pas pousser non plus c’est un film américain). Il faut bien draguer les spectateurs chinois, plus nombreux que ces européens décadents qu’on peut, dès maintenant, mettre à l’amende, écouter, espionner, ….

Bon, c’est beau, c’est spectaculaire, c’est intéressant, parfois drôle, et vaguement ennuyeux.